Le « bouclier fiscal » : donner plus à ceux qui ont tout

 

Plusieurs articles dans Le Monde font un bilan d’une des toutes premières mesures de Nicolas Sarkozy (et des plus controversées) à son arrivée au pouvoir en avril 2008 : le « bouclier fiscal » (selon lequel aucun ménage ne devait payer plus de 50 % de son revenu annuel : il concerne donc les foyers fiscaux les plus riches) et la loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat ; qui a également diminué les impôts pour certains revenus, comme les heures supplémentaires ou les donations & successions).

Hier, le ministère des Finances (surnommé « Bercy », du nom du quartier de Paris où il se trouve) a publié, à la demande de la commission des finances de l’Assemblée nationale, quelques chiffres sur le bouclier fiscal qui ne vont pas calmer les polémiques actuelle. Le Monde rapporte ces chiffres :

6 % des bénéficiaires du bouclier fiscal (834 ménages) dotés d’un patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros et figurant parmi les plus riches des contribuables se sont vus restituer par le fisc un montant moyen de 368 000 euros, soit un peu plus de la moitié de leurs impôts (701 000 euros). (Oui, vous avez bien lu : des chèques de remboursement de plusieurs centaines de milliers d’euros, signés par l’Etat)

Mais le bouclier fiscal bénéficie aussi à des ménages plus modestes : 59,5 % des bénéficiaires du bouclier fiscal (8 338 personnes), qui ne sont pas redevables de l’impôt sur la fortune (ISF), se sont partagés 4,8 millions d’euros (580 euros en moyenne) soit une somme quasiment deux fois moindre que celle qui leur était consacrée en 2007.

Lire aussi :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/17/le-bouclier-fiscal-nourrit-le-debat-sur-l-equite-sociale_1168880_823448.html#ens_id=1165736

Il ne faudrait pas sous-estimer l’importance de ce débat actuel, qui semble ne concerner que quelques centaines de riches. Le « bouclier fiscal » apparaît à beaucoup de politiques, y compris de l’UMP, et à encore plus de simples citoyens, comme le « pêché originel » de M. Sarkozy, une bombe à retardement qui pourrait rassembler tous les mécontentements, cristalliser toutes les luttes sociales dispersées actuellement. Selon le journaliste Patrick Jarreau, pour Rue 89, avec le bouclier fiscal, la grève (de demain) se politise.

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