Le trésor planqué par les banques françaises dans les paradis fiscaux

Selon les données de la Banque de France, révélées dans le dernier numéro de l’hebdomadaire Marianne, les avoirs bancaires français dans les places financières dites « off-shore » s’élevaient en juin 2008 à 532 milliards de dollars, soient environ 370 milliards d’euros – plus de deux fois le PIB de la région Rhône-Alpes.

Ce montant (qui représente 12,5 % du total des créances des banques à l’étranger) a augmenté de 300 % depuis cinq ans. Il représente un manque à gagner de 20 Mds€ d’impôts chaque année – soit en gros le montant des prêts préférentiels accordés par l’Etat aux banques françaises depuis l’an dernier, pour les soutenir face à la crise financière !  🙂

On comprend mieux pourquoi la France, comme les autres pays développés, veut la peau de ces paradis fiscaux : recupérer ces impôts… et le prochain G20 le 2 avril à Londres va sans doute engager un processus de démantèlement de ces paradis fiscaux, qui risque tout de même d’être longs, pour une raison bien simple : l’Europe est l’une des grandes régions du monde pour les paradis fiscaux.

C’est Julien Lepers qui nous l’explique : « Top ! Je suis le premier paradis fiscal au monde pour les banques françaises, avec un montant de 130 Mds€ d’avoirs… Spécialisé notamment dans la domiciliation des OPCVM (en gros, les Sicav), je peux délivrer un label européen à des produits financiers qui seront disséminés dans toute l’Europe (comme les produits du fameux Madoff)… Je suis membre de l’Union européenne depuis l’origine, le traité de Rome de 1957… Je suis, je suis… le Luxembourg !  (hausse de 600 % des avoirs bancaires français depuis 5 ans !)

Deuxième paradis fiscal au monde pour l’hébergement des avoirs bancaires français : l’Irlande, avec 100 Mds$ (+ 500 % depuis 5 ans). D’autres pays membres à part entière de l’Union européenne sont des paradis fiscaux en pleine expansion pour nos banques : Malte et Chypre, sans compter les petites territoires satellites du Royaume-Uni (Ile de Man, Jersey, Guernesey, Gibraltar)… Tiens, Monaco n’est plus recensé comme un paradis fiscal, dans le document de la Banque de France (mais il est vrai que la principauté a fait de gros efforts de transparence depuis quelques années).

 

Lire aussi : l’enquête d’Alternatives Economiques sur les placements des sociétés du CAC40 dans les paradis fiscaux.

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