Délit d’initié de Forgeard : ça valait le coup

 

Vous avez peut-être entendu parler de l’affaire Forgeard, ancien PDG d’EADS et ancien coprésident d’Airbus, qui avait profité d’informations confidentielles sur la future chute du cours de bourse de l’action EADS (à cause des retards de production de l’A380) pour vendre ses propres actions (stock-options) avant tout le monde, faire profiter sa propre famille de ces infos, et ainsi empocher plusieurs millions d’euros – en plus de son « parachute doré » de 8 millions d’euros, touché à son départ, pour le récompenser d’avoir échoué avec Airbus…

Avec ces gens-là, il est inutile de parler de morale, d’honneur et d’autres valeurs de ce genre ; Forgeard dans ses interviews déclarait ne pas comprendre ce qu’on lui reprochait. La plupart de ces grands patrons sont absolument sûrs de leur bon droit et pensent appartenir à une élite, une caste en dehors du reste de la population, au-dessus des lois au besoin… Cela a peut-être toujours été ainsi, en tout cas ce sentiment de supériorité et d’impunité n’évolue guère dans le bon sens (on le voit avec le rétablissement des bonus exorbitants dans les banques), et l’on ne doit se faire aucune illusion sur une éventuelle « moralisation » des comportements individuels.

Une approche plus originale consiste à comparer la sanction demandée par l’AMF (Autorité des marchés financiers), le « gendarme » de la Bourse française, contre Forgeard – 5,4 millions d’euros d’amende – aux risques qu’il a pris et à ses gains… Un économiste fait ce calcul pour Les Echos : avec un raisonnement microéconomique, purement individualiste et utilitariste (auquel les élèves sont initiés en SES en première), il montre que la sanction est en réalité très légère, et le délit d’initié « valait le coup » : comme disait Coluche, « bien mal acquis ne profite qu’après »…

Tags : , , ,

Laisser un commentaire

Vous devez être identifié pour laisser un commentaire.