L’Etat américain défend l’économie de marché ? Bien au contraire !

L’économiste américain James Kenneth Galbraith – fils d’un autre célèbre économiste, John Kenneth Galbraith, qui critiquait déjà le capitalisme libéral depuis les années 60 – vient de publier un livre très dur contre l’alliance de l’Etat néo-conservateur américain (à la sauce George W. Bush) avec les grandes entreprises, pour se partager le pays : L’Etat prédateur. On l’a bien vu lors du démarrage de la guerre en Irak – qui avait peu de rapport avec les « armes de destruction massive », et bien plus avec de gros marchés juteux pour les amis de la famille Bush…

Contrairement à une idée reçue, le néo-libéralisme contemporain ne vise pas à laisser le marché fonctionner tout seul (dans l’esprit de la fameuse « main invisible » de Smith) ; il s’agit d’une politique volontariste (active) de l’Etat, afin de démanteler les anciennes régulations et les anciennes protections sociales, et instaurer de nouvelles règles du jeu, généralement favorables aux grandes firmes (vous vous souvenez de la notion d' »oligopole ») Jamais les grandes entreprises n’auraient pu faire autant de profits depuis vingt ans, et les riches s’enrichir autant, sans la complicité, consciente ou non, de l’Etat. Les petits producteurs, les consommateurs et les salariés, quant à eux, y ont trouvé beaucoup moins d’avantages…

Ainsi, les vrais défenseurs (naïfs) du marché seraient finalement… les responsables de gauche ! La droite dure, elle, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays, est passée à autre chose, dans l’intérêt de quelques puissants, loin bien sûr de l’intérêt général…

Il faudrait par conséquent, selon l’auteur, revenir à une notion taboue, qui semble renaître de l’époque communiste : la planification !

Lisez l’entretien avec Galbraith fils, stimulant et facile à lire, dans Libération.

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