La « haine de l’autre » comme mode de gouvernement ?

Trois articles à lire absolument sur les relations entre politique et médias, à propos du débat actuel sur l’identité nationale :

Dans une chronique au Monde datée du 18 décembre, l’excellente essayiste  Caroline Fourest montre les « failles de la médiocratie » : dans les dérapages récents dans la vie politique, tout n’est pas de la faute des médias, mais leur responsabilité est de créer les conditions d’un débat sain : on ne peut pas débattre n’importe comment, avec n’importe qui. De nos jours, au contraire, ce sont souvent les extrêmistes qui s’expriment dans les médias, et notamment internet.

Dans un entretien très intéressant au Monde le 26 décembre, Emmanuel Todd, démographe et historien – qui a publié plusieurs ouvrages importants croisant histoire, économie et sociologie, bien dans l’esprit SES donc – critique la politique de Sarkozy qui selon lui développe la « haine de l’autre » et stigmatise des boucs-émissaires (les immigrés, les musulmans) pour masquer les inégalités économiques classiques, qui s’accroissent (à travers notamment les baisses d’impôts qui bénéficient surtout aux riches), et l’échec de la politique de l’emploi.

L’auteur fait également référence au contexte précédent la Seconde guerre mondiale, période qui avait vu la montée des thématiques ethniques et racistes dans la vie politique… Bien sûr, les années 2000 ne sont pas les années 1930, mais il est toujours utile d’avoir bonne mémoire.

Un autre article, dans Alternatives Economiques, traite du même sujet, « La fabrique de l’identité nationale » et sa récupération politique, et revient aussi sur les années 30 et 40.

 

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