Comment les financiers pénalisent les Etats qui les ont sauvés

L’un des économistes français les plus connus, Jean-Paul Fitoussi, dénonce l' »immoralité » selon lui de la sortie de crise. Les banques, responsables de la crise financière, ont été largement soutenues par des fonds publics, et recommencent à faire des profits juteux. Dans le même temps, les Etats, qui ont creusé leurs déficits budgétaires et par conséquent se sont lourdement endettés pour sauver le système financier international, sont pénalisés par ces mêmes marchés financiers, qui s’inquiètent de leurs dettes jugées trop lourdes, voire « insoutenables »…

Les « agences de notation », payées pour évaluer les dettes et les entreprises cotées à la Bourse, n’ont pas vu venir la crise financière, l’ont même favorisée par leur malhonnêteté et/ou leur incompétence, mais continuent à donner leurs avis aujourd’hui, et critique l’endettement croissant des Etats, les menaçant (lors de la publication du « grand emprunt » français par exemple) de leur donner une mauvaise note pour leur dette – ce qui augmenterait les taux d’intérêt, et alourdirait encore le poids de cette dette, tout en pénalisant les investissements…

Ainsi, les marchés financiers pénalisent les Etats qui ont déboursé des milliers de milliards de dollars ou d’euros pour les sauver… Comme on dit en Provence : « Fais du bien à Bertrand, il te répondra en cagant »…

Fitoussi, depuis longtemps, critique l’idée que la dette de l’Etat serait le mal absolu, et qu’elle devrait être à tout prix réduite : selon lui, tout dépend de la situation de la conjoncture (l’état de l’économie à un moment donné), les finances publiques n’étant pas un objectif en soi, mais un instrument au service de politiques économiques et de choix collectifs. Or depuis quelques années, les finances publiques se dégradent sans que ces dépenses soient consacrées aux services publics ni au bien-être des catégories populaires…

Tags : , ,

Laisser un commentaire

Vous devez être identifié pour laisser un commentaire.