Soumission à l’autorité : le retour

Cette semaine sera diffusé à la télé un jeu reconstituant – je ne sais pas encore comment –  la célèbre expérience du psychologue américain Stanley Milgram, « culte » en SES, qui permet de mieux comprendre pourquoi des individus et des groupes civilisés peuvent se livrer à des violences extrêmes, y compris sur des innocents, quand on leur en donne l’ordre, notamment en temps de guerre. 

Milgram, hanté par les régimes totalitaires du XXe siècle comme le nazisme, a mené son expérience entre 1960 et 1963, à la prestigieuse université de Yale : un homme devait poser des questions à un autre homme, et devait lui envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes (jusqu’à près de 500 volts !) si l’autre ne répondait pas correctement, dans le cadre d’une expérience portant officiellement sur la mémoire… En réalité, la « victime » était un comédien, et le « bourreau » était le véritable sujet de l’expérience : jusqu’à quel point était-il prêt à torturer quelqu’un qui ne lui avait rien fait, pour une expérience idiote, et même pas pour de l’argent (les individus recrutés recevait une faible somme).
 
Cette expérience, analysée par Milgram dans son ouvrage Soumission à l’autorité, a été renouvelée de multiples fois, dans différents pays, pour aboutir à chaque fois à des résultats très proches. La vidéo suivante, extraite du film d’Henri Verneuil « I comme Icare », reconstitue fidèlement l’expérience ; regardez-la attentivement (durée : 20 mn).
 
De multiples variantes ont été introduites dans l’expérience, afin d’observer les réactions des sujets : l' »élève » est visible ou pas par le « professeur », celui-ci doit le toucher ou pas, il est en contact plus ou moins proche avec l »expérimentateur » (le chef), etc. Ainsi, le « taux d’obéissance » peut varier selon les circonstances de l’expérience, mais en définitive, les résultats chiffrés sont terribles…
 
Voici, pour exercer votre anglais et voir l’expérience dans les conditions réelles (ce qui la rend encore plus saisissante), un extrait (22′) d’un film de Milgram lui-même .

En définitive, le principal enseignement de cette expérience n’est pas que l’homme soit mauvais, mais qu’il déteste perdre la face, avouer qu’il s’est trompé, qu’il a eu tort d’obéir : aussi, enchaîné par son engagement, un individu pourrait aussi bien commettre des actes héroïques…

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