Et si la défaite de 1940 avait été voulue ?

La découverte la semaine dernière d’un document autographe du Maréchal Pétain, où celui-ci durcissait lui-même les mesures de discrimination contre les Juifs en 1940, est l’occasion de revenir sur les travaux de l’historienne Annie Lacroix-Riz (ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, professeur d’université) sur l’activité des sociétés secrètes d’extrême-droite dans les années 30, visant à renverser la République et à instaurer un régime fasciste. Celles-ci n’avaient rien de folklorique, et réunissaient des personnalités influentes de la banque, de l’industrie ou de l’armée (Pétain et Weygand en faisaient partie dès les années 30 !) 

Pour ceux qui veulent comprendre l’Histoire, cette vidéo est longue mais passionnante, à ne pas manquer !

http://www.dailymotion.com/video/xztbh

Pour ceux qui ont apprécié : voici une conférence plus longue, plus développée, et tout aussi passionnante :

http://www.dailymotion.com/video/xe30j6_1940-le-choix-de-la-defaite_news

Comment comprendre l’engagement massif du patronat dans la « collaboration économique  » avec les Allemands sous l’Occupation sans s’interroger sur la phase précédente ? Pourquoi Hitler n’a-t-il pas été renversé dans les années 30, alors que tout le monde connaissait son intention de faire la guerre, mais savait que l’Allemagne n’était pas encore prête ?

À la lumière d’archives françaises et étrangères nouvelles, Annie Lacroix-Riz revient sur les origines de Vichy. On peut parler d’une approche marxiste de cette période, qui met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30, et bouleverse notre approche de la défaite française de 1940, et des relations internationales à cette époque. Cet ouvrage montre, documents à l’appui, que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir (dans ces clubs et ces sociétés secrètes) et que la transformation des institutions et la reprise en main des salariés et des syndicats, souhaitées par eux, passait par la défaite française.

L’ouvrage montre ainsi que la très surprenante défaite de 1940 ne l’est peut-être pas tant que cela, et que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions et des complots successifs menés de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin : abandon de l’Espagne républicaine, accords de Munich, trahison de l’alliance avec l’URSS (qui fut alors obligée de signer le « pacte germano-soviétique » pour gagner du temps et se préparer militairement)…

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