Grèce-Irlande-Portugal : les peuples boivent l’austérité jusqu’à la lie, et les banques françaises se prennent le bouillon

En Grèce au printemps dernier, en Irlande la semaine dernière et aujourd’hui au Portugal (où a eu lieu hier la plus grande grève générale depuis 1988), les cures d’austérité se suivent et se ressemblent : diminution des salaires des fonctionnaires et des aides sociales, hausse des impôts…

Les pays sont différents : l’Irlande souffre de l’éclatement d’une bulle immobilière notamment (après avoir connu une période d’expansion économique très rapide, avec des méthodes peu orthodoxes au sein de la zone euro, puisque l’Irlande se comportait quasiment comme un paradis fiscal), alors que la Grèce et le Portugal se trouvent dans un marasme économique depuis plusieurs années. Mais dans tous les cas, c’est le peuple qui paie, alors qu’il n’est pas responsable de la crise financière. Contrairement à la France, ces pays ne bénéficient pas d’un filet de protection sociale, d’où un accroissement rapide de la pauvreté. Les responsables, les financiers qui ont spéculé durant des années et mené ces pays à la catastrophe, non seulement ne sont pas sanctionnés mais reçoivent des milliards d’euros d’aides internationales (85 milliards d’euros par exemple pour le plan de sauvetage du système bancaire irlandais).

LES BANQUES NE PAIERONT RIEN ? PAS SI SUR : LES BANQUES FRANCAISES SONT TRES EXPOSEES A LA CRISE FINANCIERE EN GRECE, EN IRLANDE ET MAINTENANT AU PORTUGAL :

(lire ci-dessous un article dans Slate.fr – mis en gras par moi)

Quelles sont les banques potentiellement les plus affectées par la crise de la dette européenne? C’est la question à laquelle permet de répondre en partie un document de la banque américaine Morgan Stanley, révélé par FT Alphaville, un blog du Financial Times: il chiffre l’exposition (les sommes engagées sous forme de prêts, soit aux Etats —les dettes souveraines—, soit à l’économie en général) des principales banques de l’Union en Irlande, au Portugal et en Grèce.

Et à ce petit jeu, les banques françaises sont placées très haut. L’exposition totale du Crédit Agricole, qui est notamment très actif en Grèce depuis le rachat en 2006 de la banque Emporiki, est en effet évaluée à 35 milliards d’euros (dont un peu plus de 3 milliards d’euros de dette souveraine), soit 123% de sa valeur (actif net). La suit la banque franco-luxembourgeoise Dexia: sauvée de la faillite de justesse à l’automne 2008, celle-ci est exposée sur 119% de sa valeur, dont 75% de dettes souveraines (le courtier KBW, cité sur le site TradingSat, estime qu’elle est la banque française la plus exposée à l’économie portugaise). La troisième de ce «podium» est la britannique Royal Bank of Scotland, très active en Irlande.

Les autres banques françaises citées par le document, Société Générale, BNP Paribas et Natixis (filiale de banque d’investissement des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne), affichent des taux d’exposition de respectivement 29%, 19% et 10%. Récemment sacrée première banque mondiale en termes d’actifs par l’agence Bloomberg (dont les calculs sont contestés), BNP Paribas est la banque la plus exposée du classement aux dettes souveraines de l’Irlande, du Portugal et de la Grèce, avec un total de 8 milliards d’euros.

Et si l’on parle essentiellement des finances publiques irlandaises ces jours-ci, c’est la Grèce qui fait peser les plus gros risques sur les banques françaises: la Banque des réglements internationaux (BRI), citée en mai par le Journal des Finances, faisait état d’une exposition totale du secteur bancaire français à la Grèce de plus de 57 milliards d’euros.

Photo: Jean-Marie Sander, président du Crédit Agricole. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

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