Tous les billets de décembre 2010

Très beau documentaire sur Peugeot-Sochaux

mardi 21 décembre 2010

Ne pas manquer l’excellent document « Sochaux : cadences en chaîne », qui aborde plusieurs thèmes du programme de terminale, à partir d’une entreprise française de premier plan.

1ère partie

http://www.dailymotion.com/video/xf0g94

2ème partie

http://www.dailymotion.com/video/xf0gn1

3ème partie

http://www.dailymotion.com/video/xf0gsp Tags : , , , , , ,

McDonald’s contre la mairie de San Francisco

mardi 14 décembre 2010

DEPECHE AFP :

Le patron de McDonald’s en colère contre la «police alimentaire»

Jim Skinner réagit dans le Financial Times à un vote de la municipalité de San Francisco visant les menus pour enfants.

L'arche est partout dans le monde. Que fait la police alimentaire?

L’arche est partout dans le monde. Que fait la police alimentaire? (REUTERS)

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    Le PDG du géant américain de la restauration rapide Mc Donald’s, Jim Skinner, s’est emporté contre les ennemis de son menu enfants, estimant dans un entretien avec le Financial Times lundi qu’il avait la confiance des parents qui franchissent la porte de ses restaurants.M. Skinner réagissait dans cet entretien à un vote de la municipalité de San Francisco, en octobre, pour interdire à partir de décembre 2011, au nom de la lutte contre l’obésité, d’offrir des cadeaux avec un menu enfants s’il ne respecte pas certaines limites en calories, sel, graisse et sucre.Il s’est insurgé contre « la police alimentaire » et les tentatives « de dicter les comportements à travers la législation ». »Nous continuerons à vendre des Happy Meals », les menus pour enfants de la chaîne, qui « ont le soutien des parents depuis les années 1970″, a-t-il affirmlé. »Nous vendons un choix sur le menu qui rend nos consommateurs plus satisfaits de leur style de vie », a-t-il expliqué.L’arrêté pris à San Francisco « enlève véritablement le choix personnel à des familles qui sont plus que capables de prendre leurs décisions toutes seules », a estimé M. Skinner.La ville californienne est pour le moment isolée dans cette initiative malgré le débat national sur l’obésité, qui ne cesse de progresser chez les enfants. D’après les statistiques officielles, elle touchait 19,6% des enfants de 6 à 11 ans en 2008, soit un triplement en 30 ans.McDonald’s a tenté d’améliorer son image en mettant sur sa carte des pommes pour remplacer les frites ou des salades, mais reste l’emblème du « fast-food ». (source AFP)

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    Etudes supérieures et emploi : une relation complexe

    lundi 13 décembre 2010

    Ca ne sert plus à rien de faire des études supérieures ?… On entend cela souvent de nos jours. Est-ce vrai ?

    Un blog économique et social propose une analyse intéressante.

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    « Working class hero » de John Lennon

    jeudi 9 décembre 2010

     

    http://www.dailymotion.com/video/x2xf9q

    Working Class Hero (Héros De La Classe Ouvrière), magnifique chanson de John Lennon, dont on commémore ces jours-ci l’assassinat il y a trente ans à New York.
     
    Dès que tu nais ils te rabaissent
    En ne t’accordant pas le moindre temps du tout
    Jusqu’à ce que la douleur soit si grande que tu ne sentes plus rien du tout
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
     
    Ils te font souffrir chez toi et te battent à l’école
    Ils te détestent intelligent et te méprisent idiot
    Jusqu’à ce que tu sois si cinglé que tu ne ne puisses plus suivre les règles
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
     
    Quand ils t’ont torturé et effrayé pendant vingt bonnes années
    Ils s’attendent à ce que tu embrasses une carrière
    Quand tu ne peux pas tu es empli d’une grande crainte
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
     
    Ils te gardent drogué avec la religion, le sexe et la télévision
    Et tu te crois alors si intelligent, hors-classe et libre
    Mais tu es toujours un putain de paysan à ce que je vois
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
     
    Ils ne cessent de te dire qu’il y a de la place en haut
    Mais tu dois d’abord apprendre à sourire en tuant
    Si tu veux ressembler aux gens sur la colline
    C’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
     
    Oui, c’est quelque chose d’être un héros de la classe ouvrière
    Si tu veux être un héros tu n’as qu’à me suivre
    Si tu veux être un héros tu n’as qu’à me suivre

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    Le grand retour des rentiers

    lundi 6 décembre 2010

    Lisez un intéressant (et court) article du site L’Observatoire des inégalités, concernant la montée actuelle des inégalités de patrimoine.

    Globalement, depuis vingt ans, l’écart de richesse entre les 10 % de la population les plus riches, et les 10 % les plus pauvres, a peu varié ; cependant, les 1 % (ou les 0,1 %) les plus riches se sont considérablement enrichis, grace  à la progression des hauts salaires, et aux revenus de leur patrimoine. Le poids de l’héritage dans la richesse nationale ne cesse de croitre (20 % du PIB aujourd’hui), ce qui reflète le retour des rentiers du début du XXe s.

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    « Manifeste pour un système bancaire citoyen »

    samedi 4 décembre 2010

    En écho à la déclaration d’Eric Cantona, qui n’est pas forcément pertinente au plan économique mais qui a eu le mérite de poser une vraie question, voici la contribution de Paul Jorion : spécialiste de la finance, c’est l’un des rares économistes à avoir prévu l’ampleur de la crise financière de 2008. Il vient de rédiger un Manifeste, à lire ci-dessous – si vous y adhérez, laissez-nous un commentaire, et nous transmettrons :

    Quelques remarques de l’auteur, recueillies sur son blog, en guise de préambule :

    Je le réaffirme très clairement : je suis opposé, parce que la crise progressant on ait l’obligation ardente de le faire, à ‘sauver’ les épargnants, dont une part, mineure mais très ‘possédante’, a contribué à alimenter un système spéculatif.

    S’ils sont conscients, à fortiori. S’ils ne sont pas, qu’ils le deviennent.

    Ce n’est PAS à la collectivité, aux citoyens, dont une grande part ne sont tout bonnement pas ‘épargnants’ et s’ils le sont, le sont très peu, à payer la note de ces goinfres : on ne jette pas de gâteaux aux porcs. Point.

     Deuxièmement, il me semble, comme l’affirme à juste titre Vigneron, nécessaire de dépasser le stade du pétitionnisme de bon aloi et de déclarer un ‘manifeste’.

    La grande différence, la voici : dans un cas, le pétitionnaire ne s’engage pas (sauf moralement sans doute mais la moralité et les placements financiers, les ‘petits’ épargnants se sont déjà assis dessus), il signe. Avec un manifeste qu’il signe, il s’engage bien plus : il s’engage à réaliser des actions dès maintenant, sans pour autant que ses exigences aient ou non (encore) vues le jour.

    Ce manifeste ne traite pas de l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix, ni de la monnaie, ni de l’UE ni même des paradis fiscaux ou des marchés à terme, il traite du système bancaire que l’on pourrait souhaiter et qui existe parfois déjà mais a bien du mal à émerger.

    Ce manifeste a pour but d’agir. Et de montrer les causes, les responsabilités, de promouvoir un autre système. C’est possible. Cela existe déjà, en partie. Ensuite, pour les exigences et une fois que le mouvement, concret, sera pris, les politiques devront s’en saisir. Ils n’auront pas le choix.

    Et ce n’est qu’un début.

    PS : si je parle des impôts et des cotisations, c’est bien parce que d’une part les revenus et les sources de revenus financiers ne sont pas imposés comme le sont les autres revenus et sources de revenus et que cela doit cesser, pour ne pas favoriser l’attractivité de la finance sur les autres sources de revenus. Et qu’ensuite, si on parle Etat, on parle aussi finances puisqu’on l’appelle au secours : il est donc rationnel de parler des finances de l’Etat, soit, les nôtres.


    Manifeste pour un système bancaire citoyen

    Conscients que la crise financière actuelle est en grande partie due à l’appétit spéculatif du système financier,

    Conscients que le système financier s’appuie en grande partie sur le système bancaire,

    Conscients que le système bancaire s’alimente en partie par les dépôts des citoyens, notamment sur des ‘placements’ financiers (OPCVM, SICAV, PEA, etc.) ;

    Conscients que la recherche maximale de profits, bénéfices, plus-values financières pour nos ‘placements’ financiers est en partie la cause de la crise financière en ce qu’elle alimente sans cesse le système spéculatif qui nous a conduit là où nous en sommes actuellement ;

    Conscients néanmoins que provoquer un ‘bank run’ (retirer tous ses avoirs immédiatement) n’aurait pour but que de précipiter la fin du dit système financier sans toutefois avoir répondu à l’exigence de construire des solutions citoyennes alternatives, sans compter les risques induits que ce type d’opération induirait pour toutes les personnes qui l’effectueraient ;

    Conscients, enfin, qu’il n’est pas dans l’intérêt général que :

    –          un intérêt puisse être versé sur des dépôts financiers, ni qu’un intérêt soit versé à un organisme bancaire, mais bien que des services bancaires réalisés soient correctement rétribués en tant que prestations de services, lisiblement et parfaitement identifiables ;

    –          l’impôt sur les revenus et les cotisations sociales et patronales exonèrent les dits ‘placements’ financiers, totalement ou partiellement et qu’il relève de l’intérêt général que TOUS les revenus et sources de revenus, quelque soit leurs origines (travail, ‘placements’ financiers, immobiliers, succession, mobiliers, …), soient enfin soumis totalement à la progressivité, que ce soit pour l’impôt sur le revenu ou pour les cotisations sociales, afin que l’intérêt général puisse être préservé et financé ;

    Nous, citoyens :

    1- Décidons :

    1-1 de liquider dès maintenant nos ‘placements’ financiers dont l’intérêt reçu est soit supérieur à 1%, soit supérieur à 1% et dont les intérêts produits ne servent pas à financer des actions d’intérêt général ou solidaires, quelque soit la nature de ces ‘placements’ financiers ;

    1-2 de transférer ces avoirs, hormis le cas où ces avoirs respecteraient les conditions définies au 1-1, vers des organismes bancaires qui respecteraient les conditions suivantes :

    – 1 homme = 1 voix, quelque soit son capital ;

    – les dirigeants sont élus et les sociétaires ont le droit de vote, défini dans la condition ci-dessus ;

    – verser des intérêts nuls ou inférieurs à 1% ou supérieurs à 1% mais dont l’objectif est de reverser le différentiel à des actions d’intérêt général ou solidaires ;

    – possédant des ressources financières propres à garantir 15% à minima des dépôts,

    – non cotés sur des marchés financiers et indépendants d’organismes bancaires ne respectant pas les conditions ci-dessus ;

    1-3 de ne laisser sur les organismes bancaires autres que ceux du 1-2 que des comptes courants de dépôts, dans la mesure où les organismes visés au 1-2 ne seraient pas en capacité d’offrir les mêmes services et jusqu’au moment où ils le seront.

    2- Exigeons :

    2-1 que tout versement d’intérêt supérieur à 1% (et dans les conditions précisées au 1-1) soient déclarés sans action par la loi (exception de jeu lié aux paris), que ce soit pour l’organisme bancaire ou pour la personne (physique ou morale). Les organismes bancaires ou les personnes (physiques ou morales) qui pratiqueraient des taux d’intérêts autres que dans les conditions ainsi définis ne bénéficieront pas de la garantie de l’Etat pour la partie supérieure de leurs engagements à ces conditions, la loi ne leur donnant pas d’action. La partie inférieure de leurs engagements pourra éventuellement bénéficier de la garantie de l’Etat, sous conditions définies en 2-4 ;

    2-2 que l’impôt progressif concerne TOUS les revenus et sources de revenus et que la progressivité soit étendue aux cotisations sociales et patronales, afin de préserver l’emploi et le travail créé, dans des conditions que la loi définira ;

    2-3 que l’Etat, dans le cas où des restructurations de dettes s’avèreraient incontournables, quelles soient privées ou publiques et dont l’Etat aura la charge, se retourne en priorité vers les détenteurs de placements financiers dont les caractéristiques ne correspondraient pas au 1-1, qu’ils soient citoyens ou non ;

    2-4 que l’Etat réserve sa garantie uniquement aux organismes répondant aux critères définis au 1-2 et/ou aux ‘placements’ financiers définis au 1-1 ;

    2-5 que le législateur définisse les critères permettant d’attribuer un label public, afin que les citoyens puissent identifier les organismes et les placements financiers qui répondraient respectivement aux critères énoncés au 1-2 et au 1-1.

    2-6 que l’Etat engage une procédure de restructuration des organismes bancaires le nécessitant, en en devenant le liquidateur. La procédure de restructuration s’effectuera sur la base de ‘stress test’, effectués immédiatement par les services de l’Etat et contrôlés par l’Assemblée Nationale. L’Etat valorisera l’actif et les dépôts correspondant au 1-1 seront garantis et, au choix de chaque citoyen concerné, demeureront au sein de l’organisme bancaire restructuré ou seront transférés au sein d’organismes bancaires définis en 1-2.

    L’Etat devra alors, soit :

    –          valoriser les créances au niveau des actifs, imposer une valorisation fictive des actions (proche de zéro) et réaliser un apport en capital, pour devenir propriétaire de l’organisme bancaire ainsi nationalisé,

    –          transformer les créances, en tout ou partie, en actions, afin d’obtenir le ratio suffisant de capitalisation requis.

    2-7 qu’en aucun cas, l’Etat ne compense, d’une manière ou d’une autre, les éventuelles pertes des actionnaires et des déposants dont les ‘placements financiers’ ne correspondraient pas à la définition en 1-1.

    Ces exigences sont évidemment non limitatives et ne doivent pas freiner l’action des citoyens et/ou de leurs représentants élus quant aux actions nécessaires à la refondation globale du système financier et bancaire.

    Nous, citoyens signataires, nous engageons à mettre en œuvre dès à présent les décisions définies et à continuer à exiger auprès de nos représentant ou futurs représentants élus la mise en œuvre de nos exigences telles que définies.

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    A propos du partage des richesses

    vendredi 3 décembre 2010

    Le magazine L’Expansion, l’une des revues économiques les plus connues en France, l’un des temples du libéralisme – donc tout sauf une feuille de chou gauchiste – vient de publier un dossier explosif, où il préconise l’augmentation générale des salaires :
     
    Parmi les articles… :
     

    Cher capital, pauvre travail

     Par Stéphanie Benz et Franck Dedieu – publié le 24/11/2010

    Et si c’était le grand retour de la lutte des classes ? Le CAC 40 fait la part belle aux actionnaires et laisse les salariés sur leur faim. Plongée dans cette mécanique de répartition des richesses dangereuse pour la croissance.

    Vallourec a fait exploser son dividende par action de 1000% entre 2004 et 2010.
    REUTERS/Charles Platiau
    49 milliards d’euros C’est la somme versée par Total entre 2003 et 2009 à ses actionnaires. Contre 41 milliards payés à ses salariés.

    « Aujourd’hui, le capital démolit le travail. Augmenter les dividendes pour les actionnaires et en même temps mettre les salariés à la porte tient du sacrilège. » Cette diatribe n’est pas proférée par un gréviste CGT à la tête d’un cortège de manifestants, mais par un prêtre, le père Philippe Bachet, lors d’une « procession » organisée à Villemur-sur-Tarn le dimanche 7 novembre avec ceux de ses fidèles qui ont été licenciés de l’usine Molex. Don Camillo transformé en Peppone ! Sans doute un beau folklore, sur cette terre réfractaire du Midi, mais aussi un signe d’exaspération plus profond, palpable dans tout le pays : « Même dans les sociétés les plus puissantes et les plus rentables, les salariés français voient le partage des richesses se déformer au bénéfice des profits. Hier, ils ne comprenaient pas, aujourd’hui, ils ont peur », décrypte l’économiste de Natixis, Patrick Artus.
    Et les chiffres publiés par L’Expansion sur les différences de traitement entre salariés et actionnaires au sein de quelques fleurons français ne vont certainement pas apaiser leurs craintes ni leurs rancoeurs. Sur les sept dernières années (entre 2003 et 2009), 24 groupes du CAC 40 croulant sous les profits ont augmenté leur masse salariale par employé de seulement 8 % en moyenne, alors que les dividendes par action gonflaient de 110 %. Les uns se serrent la ceinture, les autres se livrent à une orgie de coupons. Prototype de ce favoritisme actionnarial : L’Oréal. Les actionnaires valent bien un doublement du dividende entre 2003 et 2009, mais les sommes consacrées aux rémunérations restent désespérément étales.
    Total se surpasse pour ses actionnaires A Vallourec, le clientélisme boursier tient même de la caricature : un rendement en hausse de 1 000 %. « Notre politique de distribution correspond aux meilleures pratiques du CAC 40, se défend Etienne Bertrand, chargé des relations avec les investisseurs. Des dividendes réguliers et suffisamment attractifs – un tiers des résultats du groupe en moyenne – sont appréciés des investisseurs à long terme que nous recherchons, comme les fonds de pension peu spécu-latifs. »
    Mieux – ou pis – avec Total, le champion des profits toutes catégories. Ici, la rente versée aux actionnaires entre 2003 et 2009 – sous forme de dividendes et de rachats d’actions – dépasse de 19 % les sommes dédiées à la rémunération des salariés. Un fait exceptionnel, même parmi les généreux copains du CAC. De quoi ressortir les piquets de grève pour les planter aux portes des raffineries ? « A quoi bon repartir pour un tour ? La lutte entre le capital et le travail ne se fait plus à armes égales. Les investisseurs placent et déplacent leurs milliards sur les carnets d’ordres à la vitesse de la lumière. Ils peuvent mettre les salariés – en particulier français – en concurrence avec une armée de travailleurs sous-payés », précise Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, coauteur d’une étude sur le partage de la valeur ajoutée.

    Entre 1999 et 2009, les employés de Lafarge dans le monde ont augmenté leur productivité de 56 %, quand leurs salaires progressaient d’à peine 26 %.

    Et, dans ce face-à-face inégal, les actionnaires enfoncent le clou depuis le krach boursier. Pris dans le piège de la spéculation, ils auraient pourtant dû en rabattre sur leurs exigences exorbitantes de return on equity. C’est l’inverse qui se produit ! « Pour soulager leur perte en capital sur les marchés, ils veulent garder des dividendes élevés. Cette année, le CAC 40 vient de leur verser 36 milliards d’euros, soit 77 % de leurs bénéfices », calcule Sonia Bonnet-Bernard, expert financier pour le cabinet Ricol-Lasteyrie. Certains patrons de la cote font même du zèle pour s’attirer les bonnes grâces de leurs actionnaires. Malgré ses petits 327 millions de bénéfices en 2009, Carrefour fait ainsi valoir le double de dividendes et puise dans ses réserves, comme une douairière céderait des biens pour doter sa fille.
    Et, au fait, pour qui une telle sollicitude ? Le retraité californien, le trader spéculateur, le gestionnaire de fonds ? Un peu tout le monde à la fois. « Les fonds de pension se trouvent eux-mêmes sous la pression de leurs souscripteurs, retraités ou épargnants. Avec le vieillissement démographique, ils doivent leur servir des rentes en hausse de 6 à 7 % par an. Ils répercutent logiquement cette demande sur les patrons des multinationales, lesquels transmettent les impératifs aux salariés », explique Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président d’Axa Investment Managers, à la tête de 522 milliards d’euros confiés en partie par les fonds de pension. Chacun agit donc d’après les instructions de son mandant.
    Dans cette chaîne financière, des maillons inattendus contribuent à resserrer l’étreinte, tels… les partenaires sociaux. « Les caisses de retraite bien de chez nous, l’Arrco et l’Agirc, m’ont confié une partie de leur argent, et elles aussi, en mal de financement, veulent du rendement à tout prix. Pour arriver à l’équilibre, il leur faut du 9 %. Alors pas question de faire du social », témoigne, sous couvert d’anonymat, un gestionnaire de fonds. D’ailleurs, à la faveur d’astucieux placements en actions, l’Arrco revendique, au titre de l’année 2009, un gain de 12 %. La caisse des salariés de l’automobile, de son côté, affiche une progression de 17,3 %.

    77 % c’est la part des profits 2009 du CAC 40 absorbée par les dividendes (source : Ricol-Lasteyrie).

    « Tout doit rapporter », nouvelle devise de l’Etat Même l’Etat – lesté par des déficits publics monstrueux – se montre un actionnaire exigeant. Son mot d’ordre : tout doit rapporter, pour ne pas dire « cracher ». France Télécom (sa filiale à 27 %) vient de détacher un mégacoupon de 3,7 milliards d’euros pour seulement 3 milliards de bénéfices en 2009. La République empoche sa quote-part de 1 milliard. « En tant qu’actionnaire, l’Etat se montre ni plus ni moins exigeant que les investisseurs privés pour la rémunération de ses capitaux », se défend Gervais Pellissier, le directeur financier de l’opérateur.
    Mais un copieux dividende ne suffit pas toujours à combler d’aise les actionnaires. Il faut alors se livrer à quelque sinistre besogne. Sur le maillon faible de cette fameuse chaîne financière : le salarié, en particulier celui des pays riches. « Aux Etats-Unis, les marges des entreprises, revenues à de bons niveaux, résultent de mesures significatives en réaction à la crise : réduction d’effectifs, délocalisations, ou, tout simplement, rationalisations », raconte sans états d’âme le patron de Goldman Sachs en France, Jean Raby.
    Depuis trois ans, le CAC 40 se déleste chaque mois de 1 900 salariés français – les plus coûteux -, mais, dans le même temps, il augmente les effectifs à l’étranger de 7 600 personnes, avec une prédilection pour les prometteuses contrées asiatiques low cost. Cas d’école : Veolia, champion des services aux collectivités locales. Ses effectifs français ont minci de 11 % entre fin 2006 et aujourd’hui, mais ont grossi de 38 % en Asie. Vallourec, de son côté, se tourne plutôt vers l’Amérique du Sud. « On ne peut leur reprocher d’aller chercher la croissance où elle se trouve », explique le consultant Serge Blanchard. Il n’empêche : nos grands groupes font moins pour la France que les grands groupes allemands, plus protecteurs, par exemple, envers leurs sous-traitants.
    Autre technique pour créer de la valeur, vieille comme l’invention de la roue : augmenter les cadences des salariés sans forcément les récompenser à la mesure de leur effort. Une étude du cabinet Détroyat réalisée à la demande de L’Expansion le démontre. En dix ans (1999-2009), les employés de Lafarge dans le monde ont augmenté leur productivité (chiffre d’affaires par personne) de 56 %, quand leurs salaires (charges de personnel par personne) progressaient d’à peine 26 %. Chez Michelin ou à Air liquide aussi, le rendement par tête de pipe croît deux fois plus vite que la masse salariale. Karl Marx parlait de prédation des richesses, les économistes actuels évoquent plus pudiquement « une déformation de la valeur ajoutée ».
    Vers une individualisation des rémunérations Cette déformation suppose qu’on bride les salaires français, même dans les grands groupes très rentables. « Comme partout, la tendance est à l’individualisation des rémunérations et à l’augmentation du poids des parties variables, souvent fixées selon des critères peu transparents », constate Philippe Fontaine, secrétaire national de la CFDT Cadres. Il suffit alors de réviser le mode de calcul de ces bonus pour réduire les montants distribués. Les salariés de France Télécom en ont fait la triste expérience : « Les objectifs des commerciaux ont été revus à la hausse et sont plus difficiles à réaliser. S’ils ne les atteignent que partiellement, ils ne touchent rien. Auparavant, ils percevaient leur variable au prorata de leurs résultats », déplore Sébastien Crozier, responsable CFE-CGC au sein du groupe. Ces petites mesquineries se conjuguent à de modestes budgets d’augmentations : « Entre 2006 et 2009, les enveloppes n’ont jamais véritablement dépassé l’inflation », ajoute le syndicaliste. Encore ont-ils de la chance : ailleurs, on n’hésite pas à remplacer les augmentations par des primes, dont la reconduction, par définition, n’est pas assurée d’une année sur l’autre.
    Certains ont même eu droit au zéro absolu, comme à Air liquide en 2009 : « L’entreprise a réagi très vite à la crise en gelant les augmentations, même celles dues au titre des promotions », grogne Jean-Luc Clément, de la CFE-CGC. En 2010, malgré un redressement des comptes, la hausse a été de 2,8 %, loin du rattrapage espéré. Le syndicaliste ne se fait guère d’illusions sur la capacité du personnel à peser sur la politique salariale du groupe : « Nos rémunérations se tiennent par rapport au marché, et nous avons une relative sécurité de l’emploi. Les salariés n’ont guère intérêt à partir, et la direction le sait. Elle préfère donc chouchouter les actionnaires, qui sont plus mobiles. » Il ne croit pas si bien dire : entre 2003 et 2009, dans son groupe le dividende par action a crû de 78 %.
    Le gel total des salaires reste cependant une exception au sein des groupes français : « On trouve surtout cette pratique dans les filiales des grands groupes américains, ultrarapides pour baisser les coûts en période de crise », note Jean-Pierre Basilien, directeur d’études à Entreprise et personnel. C’est ainsi que les salariés de Xerox-France ont vu leur rémunération stagner en 2009. Cette année-là, ils ont même été incités à prendre des congés sans solde, « alors que la société a toujours été bénéficiaire », souligne Christian Bouchet, représentant CFE-CGC.
    La participation, piètre outil de rééquilibrage La participation et l’intéressement aux résultats permettent-ils de rééquilibrer, au moins partiellement, le partage des fruits de la croissance au profit des salariés ? Dans les groupes les plus rentables, ils arrondissent largement les fins de mois : 6 600 euros en moyenne en 2009 à Total, jusqu’à 10 000 euros à L’Oréal. Mais de là à parler de rééquilibrage… Au titre de l’année 2009, le premier actionnaire de Schneider Electric, le fonds américain Capital Group, perçoit à lui seul un dividende (44 millions) équivalant à la somme totale allouée pour l’intéressement et la participation. Et encore, au niveau national, ces dispositifs améliorent à peine l’ordinaire du salarié moyen : ils représentent 2,2 % de la masse salariale, d’après le rapport sur le partage de la valeur ajoutée réalisé par le patron de l’Insee, Jean-Philippe Cotis.

    1 900 C’est le nombre de salariés français dont le CAC 40 se déleste chaque mois depuis trois ans.

    Certains syndicats vouent même ces dispositifs aux gémonies : « Quand une entreprise verse des sommes confortables à ce titre, les salariés sont moins tentés de revendiquer sur les salaires. Or ceux-ci sont pérennes, alors que la participation et l’intéressement sont aléatoires », s’emporte Mohammed Oussedik, chargé des salaires à la direction de la CGT. Surtout, le dispositif est très inégalitaire. Alors que la participation est obligatoire au-delà de 50 salariés, certains, comme Xerox, ne l’ont toujours pas mise en place grâce à un mécanisme d’optimisation fiscale complexe mais légal. Selon le ministère du Travail, 8 % des entreprises de plus de 500 salariés privent ces derniers de « partoche ». Dans les entreprises plus petites, le tableau est encore plus sombre : seulement 15,9 % d’entre elles offrent de la participation ou de l’intéressement. A leur décharge, il faut dire que la situation des PME n’a rien à voir avec celle des grands groupes cotés : « La profitabilité des grandes entreprises a fortement augmenté ces dernières années, alors que celle des PME recule », selon une étude récente de Natixis.
    Si, face à la crise, les grands groupes ont préservé leurs bénéfices au détriment des salariés en place, les PME ont fait l’inverse. Une enquête réalisée par la Banque de France montre qu’elles ont eu moins tendance à geler les salaires et à diminuer les parts variables que les grands groupes. Et tant pis pour les profits. « Dans une petite société de services comme la mienne, je suis obligé de préserver mon équipe. Perdre des compétences, c’est risquer de ne pas être prêt quand la reprise sera là », explique Philippe Durst, spécialisé dans la location de systèmes informatiques clefs en main pour les entreprises (50 salariés, 110 millions d’euros de chiffre d’affaires).
    Les grands groupes et les PME s’entendent tout de même sur une pratique : réduire fortement l’emploi des intérimaires. Karine Berger, chef économiste de l’assureur de crédit Euler Hermes, le souligne : « Ces bataillons de travailleurs se retrouvent en première ligne. Ce sont eux qui trinquent quand il faut réduire la voilure, ce qui permet aux entreprises de limiter la casse à la fois sur l’emploi et sur les résultats. »
    Conclusion : les profits du CAC 40, réalisés surtout à l’étranger, font le bonheur des actionnaires aujourd’hui, les investissements de demain – essentiellement hors de nos frontières – et les emplois d’après-demain – mais certainement pas chez nous.

    L’investissement « responsable », encore trop modeste pour profiter aux salariés Une nouvelle mode se développe sur les marchés : l’investissement socialement responsable (ISR), qui prend en compte des critères sociaux et environnementaux. Pas de quoi, pourtant, influencer les entreprises et assurer une meilleure redistribution des profits. « Les gérants de fonds ISR doivent aussi préserver la valeur actionnariale et les dividendes. La retombée pour les salariés reste très indirecte », souligne Dominique Blanc, du cabinet Novethic. Ainsi, ces fonds ont beau privilégier les entreprises qui forment leurs salariés, cherchent à réduire les accidents du travail ou limitent les contrats précaires, ils ne représentent que 3 % des actifs investis en France : trop peu pour bouleverser les pratiques…
    Et du côté des « bras armés » de l’Etat, que sont le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et la Caisse des dépôts (CDC) ? Ils agissent surtout comme investisseurs à travers des sociétés de gestion. Depuis 2007, ils poussent les gestionnaires à respecter des critères ISR, mais ceux-ci sont par définition indépendants. Depuis peu, le FSI commence à prendre en compte les aspects sociaux dans les sociétés où il intervient : état du climat social, développement de l’intéressement, politique de formation… Mais cette analyse est récente et n’a pas encore été généralisée.
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    Les dessous du « modèle danois »

    mercredi 1 décembre 2010

    Le Danemark s’est distingué, depuis plusieurs années, comme une sorte de modèle, alliant à la fois une forte protection sociale, une flexibilité forte de l’emploi et un faible taux de chômage.

    Dans un article très intéressant, un blog économique du quotidien Le Monde analyse en profondeur ce « miracle »… et le relativise.

     

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    Pourquoi le travail fait-il souffrir aujourd’hui ?

    mercredi 1 décembre 2010

    Danièle Linhart : “Un salarié en situation d’insécurité serait plus rentable”

    linhartEntretien avec la sociologue Danièle Linhart, sociologue, auteure de Travailler sans les autres ?, Le travail, Perte d’emploi, perte de soi, Pourquoi s’impliquer dans son travail?
    Site Et voilà le travail – Le temps de travail diminue, les pénibilités physiques également, pourtant, ça va mal au travail. Pourquoi ?
    Danièle Linhart –
    Tout d’abord, je tiens à rappeler que le problème des pénibilités physiques n’est pas résolu. Il y a encore beaucoup d’accidents du travail et de maladies professionnelles non reconnus. Simplement, il y a moins d’ouvriers et de personnes exposées, ce qui donne l’impression statistique que ça va mieux.
    Cela dit, c’est vrai, on ne peut pas dire qu’il y avait moins de souffrance durant les Trente Glorieuses. Le harcèlement des chefs n’est pas une nouveauté, ni le déni des compétences réelles. Le travail était particulièrement répétitif. Mais la grande différence, c’est, qu’à cette époque, cette souffrance au travail avait une résonance politique. La souffrance était dite comme telle, et l’idée était qu’elle traduisait des enjeux politiques fondamentaux en terme d’inégalités, de luttes des classes. A partir de cette interprétation de la souffrance au travail pouvait se construire un discours. Les gens souffraient mais il était possible de donner collectivement un sens à cette souffrance, de l’interpréter comme un vecteur de mobilisation idéologique, culturelle, sociale, politique. Parfois même, les brimades qui subissaient les syndicalistes étaient valorisées, héroïsées. C’était un tremplin vers une remise en cause.
    Aujourd’hui, en revanche, le travail est devenu une épreuve personnelle et individuelle. Quand quelqu’un souffre, c’est qu’il est fragile, ou parce qu’il est harcelé personnellement. La souffrance devient alors ingérable, car on ne peut lui donner d’autre sens que celui de l’injustice ou de l’incompétence.

    Qu’est-ce qui a suscité une telle évolution ?

    Cette individualisation du travail est issue d’une stratégie du patronat mise en place après 1968. Le patronat a alors prétendu écouter les revendications d’autonomie de Mai 68, pour l’instaurer dans les entreprises (cf Les Assises du patronat en 73 à Marseille). Mais l’idée était davantage d’atomiser le collectif de travail, pour ne plus avoir à affronter un mouvement ouvrier aussi puissant. L’individualisation qui se fonde sur l’autonomie, et sur la responsabilisation, est ainsi entrée dans l’entreprise comme un véritable cheval de Troie.
    L’autonomie est également arrivée parce que le travail se complexifie. Il est devenu plus tertiaire, et plus informatisé. La concurrence joue de plus en plus sur les différences qualitatives des services et des produits. La possibilité du taylorisme est désormais moindre. Car les travailleurs doivent de plus en plus être en contact avec le public, et interpréter des données.

    Mais l’autonomie n’a-t-elle pas des vertus ?

    C’est magnifique, bien sûr, d’être autonome, et le taylorisme est odieux. Mais l’autonomie devient un piège quand il n’est possible de négocier ni les objectifs, ni les moyens pour les atteindre. C’est là que les salariés se sentent piégés.
    D’autant plus que la hiérarchie, qui tourne sans arrêt, n’a pas le temps de connaître la réalité du travail, les difficultés du terrain. Pourtant, c’est elle qui donne les ordres, qui fixe les objectifs et qui évalue les résultats…

    Quelles en sont les conséquences ?
    Avant, il suffisait de vérifier sur la prescription stricte taylorienne était appliquée. C’était un moyen de contrôle relativement simple. Mais, aujourd’hui, comment contraindre, comment contrôler les travailleurs puisqu’il n’y a plus de prescription stricte, qu’il faut interpréter, s’adapter ? L’un des moyens, c’est de contraindre par la pression. On met les salariés en concurrence, on les juge en permanence, on leur fixe des objectifs plus qu’ambitieux, on ne reconnaît jamais leur travail sinon on craint qu’ils s’endorment. Parallèlement, on diffuse une idéologie vantant les mérites du salarié vertueux : disponible, mobile, flexible. Et, pour convaincre les troupes, on joue sur le registre narcissique (cf Gaullejac) : il s’agit de s’épanouir au travail, de s’y réaliser.

    C’est ce qui s’est passé chez France Télécom ?
    Là, c’en est même la caricature. Car la direction pense avoir hérité d’un corps social totalement inadapté, les fonctionnaires. A qui il faudrait « secouer le cocotier ». C’est une expression qui revient souvent. Pour qu’ils ne se sentent pas à la maison quand ils travaillent. Il s’est donc agi de créer une précarité subjective. Avec l’idée que quelqu’un qui se trouve en situation d’insécurité est plus rentable. Cela conduit plutôt à un état d’épuisement réel, d’autant plus que tous les efforts effectués pour s’adapter sont niés.
    Or, les fonctionnaires s’adaptent si on les forme convenablement, et si on leur laisse les moyens de s’approprier leur travail (cf Ivan du Roy).

    Quelles sont les pistes d’amélioration ?
    Il faudrait réintroduire de la cohérence dans la stratégie manageriale. Si on introduit l’autonomie dans l’entreprise, celle-ci doit concerner aussi la définition des objectifs, la négociation des délais, etc. L’une des plainte qui revient le plus souvent de la part des travailleurs, c’est « On n’est pas écoutés ». L’autonomie devient en réalité un alibi pour sous-traiter aux salariés toutes les difficultés d’un travail devenu trop complexe : c’est à eux de se débrouiller pour atteindre des objectifs trop ambitieux avec des moyens limités, de se défoncer en permanence, sans même en recevoir de la reconnaissance. Car le N+1 qui évalue ne sait pas tout ça, ne connaît rien au drame qui se joue.

    Propos recueillis par Elsa Fayner (2009)

    Et une interview de la même Danièle Linhart, courte mais lumineuse :

    http://www.dailymotion.com/video/xam7u0 Tags : ,