Tous les billets de janvier 2011

A propos du fameux « modèle allemand »

lundi 31 janvier 2011

L’Allemagne est souvent présentée comme un modèle en matière de compétitivité, de reprise de la croissance, de qualification de la main-d’oeuvre, de syndicats, etc.

Qu’en est-il en réalité ? Ce modèle existe-t-il seulement ?

Le quotidien économique La Tribune fait le point sur le « modèle allemand ».

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Un point sur la démographie française et mondiale

vendredi 28 janvier 2011

DANS « LE MONDE » :

Démographie mondiale : la croissance ralentit

LEMONDE | 27.01.11

En janvier, tradition bien établie, les sondeurs nous assènent une batterie de sondages pessimistes sur le moral du pays, plus que jamais en berne, paraît-il. Les Français n’ont pas confiance dans l’avenir. Ils pensent que leurs enfants vivront plus mal qu’eux. Ils jugent que l’économie va mal ; le chômage des jeunes les hante, à juste titre. Pourtant, au baromètre de l’humeur nationale, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient d’apporter une note positive, très positive : la France – un peu moins de 65 millions d’habitants – est la championne d’Europe de la natalité. Moral en baisse, libido à la hausse ?

Tout a été excellemment dit par notre consoeur Anne Chemin (Le Monde du 15 janvier) sur les raisons qui peuvent expliquer ces chiffres. Avec 828 000 naissances, la France affiche en 2010 un indicateur de fécondité de 2,01 enfants par femme. Poétique à souhait et un rien opaque, la formule mérite un décryptage : il est né, en 2010, 20 000 bébés de plus qu’il y a dix ans ; la France connaît son plus fort taux de natalité depuis la fin du baby-boom de l’après-guerre.

Les économistes et les démographes aiment ces chiffres. Ils y voient un atout majeur pour la France – de la garantie du financement de son Etat social au renouvellement de sa population. Prudents, ils ne se risquent pas à sonder les mystères de la décision la plus privée qui soit (avoir des enfants ou non), mais certains osent émettre ce jugement : cela pourrait ressembler à un signe de confiance dans l’avenir…

La natalité française est une exception sur le Vieux Continent, qui n’a jamais été aussi bien nommé. La plupart des pays européens connaissent une grave crise de la natalité. Au sud catholique comme à l’est de l’Union européenne, les indicateurs de fécondité stagnent ; ils descendent parfois en deçà des naissances nécessaires pour assurer le simple maintien de la population à son niveau actuel.

L’exception française est plus remarquable encore si l’on observe les grandes tendances de la démographie mondiale. Selon les estimations de l’ONU (www.un.org/esa/population/), l’Europe est dans la norme d’une planète vieillissante où les candidats à la carte senior – 60 ans et plus – constituent une part sans cesse croissante de la population.

Que les disciples de l’économiste britannique Thomas Malthus (1766-1834) se rassurent : la peur est en passe de changer de nature. Les malthusiens redoutaient une surpopulation que les ressources de la planète n’arriveraient pas à nourrir ; les démographes craignent une population mondiale qui ne compterait pas assez de jeunes pour prendre en charge les vieux.

Explication : la croissance démographique ralentit. Dans son édition spéciale « Le monde en 2011 », l’hebdomadaire The Economist annonce « la fin du baby-boom mondial ». Certes, 2011 verra, probablement vers la moitié de l’année, « la naissance du sept milliardième être humain ». Mais le chiffre masque le début d’une décélération du rythme de l’accroissement de la population mondiale. Celle-ci « a mis environ 250 000 ans pour atteindre 1 milliard de personnes (aux alentours de 1800). Plus d’un siècle s’est écoulé avant qu’elle n’atteigne 2 milliards (en 1927), mais il n’a fallu que trente-trois ans pour atteindre le milliard suivant (1927-1960) et quatorze ans seulement pour le milliard d’après, écrit The Economist. Les deux dernières étapes, pour passer à 5, puis à 6 milliards, n’ont respectivement pris que treize et douze ans ». Cette dynamique va s’inverser.

D’ici à 2050-2060, la population mondiale devrait se stabiliser autour de 9 milliards d’habitants, résultat d’une baisse progressive des taux de natalité et d’une hausse générale de la durée de la vie. « Vers 2050, l’élan démographique ralentira presque à zéro, prédit The Economist, et le monde sera à la veille de connaître, pour la première fois depuis des siècles, un plafonnement de sa population. »

« La planète grisonne », titre joliment la revue américaine Foreign Policy (novembre 2010). La baisse de la natalité ne concerne pas que les pays industrialisés. Elle est assez générale. La Russie de ce début de siècle a perdu 7 millions d’habitants par rapport à sa population de 1991. « Sur les 59 pays où la natalité n’est plus suffisante pour assurer le maintien de la population, 18 sont qualifiés par l’ONU de « pays en voie de développement » » – autrement dit, des pays du Sud.

L’Asie, vantée comme l’eldorado de demain, est l’un des continents démographiquement les plus mal partis. Le politologue Phillip Longman écrit dans Foreign Policy : « Ceux qui nous annoncent un siècle asiatique n’ont pas réalisé que cette région entre dans l’ère d’un vieillissement accéléré de sa population. » Le cas japonais est connu, mais on oublie que la situation de la Corée du Sud et celle de Taïwan, par exemple, s’en rapprochent, tout comme celle de la Chine.

Avec sa politique de l’enfant unique, un taux de natalité extrêmement bas et les incessants progrès de la santé publique, « la Chine évolue rapidement, explique M. Longman, vers ce que les démographes appellent une société 4-2-1, où un enfant va avoir la responsabilité, une fois adulte, de prendre en charge ses deux parents et ses quatre grands parents ». Le vieillissement d’une population finit à terme par peser sur son développement économique. La Chine devra inventer l’Etat-providence pour des dizaines de millions de plus 75 ans… Elle sera vieille avant d’être riche, prophétisent les pessimistes.

Le bon exemple vient des Etats-Unis, où un solide taux de natalité et une immigration dynamique assurent un remarquable équilibre démographique. Il vient aussi de Scandinavie, où, comme en France et en Grande-Bretagne, les politiques familiales mises en oeuvre par l’Etat ont relancé la natalité. En somme, rien ne sert de sonder trop longuement les mystères de la natalité, mieux vaut créer des crèches et le congé parental…

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Le fameux documentaire de France 2 sur la crise, maintenant sur Dailymotion

mardi 25 janvier 2011

LE DOCUMENTAIRE « FRIC, KRACH ET GUEULE DE BOIS », diffusé mardi dernier, est visible sur Dailymotion. A ne pas manquer, même s’il y a des choses à critiquer, forcément…

1re partie :

2e partie :

3e partie :

4e partie :

5e partie :

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Rappel : l’évolution des conditions de travail selon la meilleure spécialiste française

lundi 24 janvier 2011

UN RAPPEL D’UN ARTICLE PARU ICI LE 1ER DECEMBRE, sur Danielle Linhart, puisque nous étudions actuellement en terminale le monde du travail : allez le consulter, il y a une interview et une vidéo.

Avec tous les articles de ce blog, depuis deux ans et demi, il faudrait penser à exploiter cette véritable base de données au plan pédagogique…

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Les Français ont doublé leur patrimoine en dix ans

lundi 24 janvier 2011

Cette année, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), impôt qui touche en gros les patrimoines à partir d’environ 1 million d’euros, a été particulièrement rentable pour l’Etat, avec 400 millions d’euros de recettes au-delà des prévisions.

A ce propos, LIRE L’ARTICLE DANS LE QUOTIDIEN LE MONDE (paru le 21 novembre 2010) :

Les Français investissent massivement dans la pierre et dans l'assurance-vie.

Les Français investissent massivement dans la pierre et dans l’assurance-vie.AFP/THOMAS COEX

Le patrimoine des Français a doublé en dix ans pour dépasser 10 000 milliards d’euros, selon les résultats d’une étude publiés vendredi par le Figaro. La richesse des Français, qui investissent massivement dans la pierre et dans l’assurance-vie, se chiffre précisément à 10 060 milliards d’euros, soit huit années de revenus ou cinq années de PIB, rapporte le quotidien, qui cite des chiffres pour l’année 2009 communiqués par la direction du Trésor à quelques parlementaires de la majorité.

Les Français sont ainsi plus riches que les Allemands ou les Américains, dont le patrimoine représente six années de revenus, mais moins que les Britanniques (onze années), note le quotidien. La flambée des prix de l’immobilier explique largement cette envolée du patrimoine dans la décennie écoulée, les appartements, maisons et terrains représentant 61 % du patrimoine privé, écrit le Figaro.

La publication de ces chiffres intervient alors que le gouvernement planche sur la fiscalité du patrimoine. Un rapport commandé par l’UMP propose notamment de taxer davantage les résidences principales et secondaires des Français.

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Faut-il en finir avec les 35 heures ?

jeudi 20 janvier 2011

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, était interviewé il y a quelques jours sur le bilan des 35 heures :

Guillaume Duval revient pour Radio Nova sur les causes de la popularité mitigée de la réduction du temps de travail. Bien que les 35 heures aient été un succès sur le plan économique, elles ont aussi généré une stagnation du salaire mensuel et une pression à la productivité.

La polémique n’avait quasiment jamais cessé mais avec les déclarations de Manuel Valls qui veut « déverrouiller les 35 heures », elle est repartie de plus belle. Cela vous étonne ?

Pas vraiment. La seule chose qui m’étonne encore c’est qu’il ne se soit trouvé personne pour affirmer que le scandale du Mediator c’était en fait la faute aux 35 heures…

Il y a quand même bien des raisons pour que les 35 heures soient aussi impopulaires…

Oui. Les 35 heures sont un excellent exemple d’un problème classique : ce qui est bon pour la société dans son ensemble ne l’est pas forcément pour chacun des individus qui la composent… Elles ont permis en effet de créer directement 350 000 emplois supplémentaires entre 1997 et 2001. Elles ont entraîné une hausse des salaires horaires de quasiment 10 %. Et cela sans déséquilibrer les comptes des entreprises du fait des abaissements de cotisations consentis en parallèle. Grâce à ce pouvoir d’achat supplémentaire, les 35 heures ont dopé la croissance. Ce qui fait qu’au total 2 millions d’emplois ont été créés durant cette période, un niveau jamais atteint, même pendant les fameuses « Trente glorieuses »…

Mais elles ont dégradé la compétitivité de la France

Rien n’est moins sûr. Les salariés français restent parmi les plus productifs au monde et dans la plupart des pays qu’on nous donne en exemple, à commencer par l’Allemagne, les salariés travaillent en fait globalement moins longtemps qu’en France. Simplement cela se fait par la multiplication du travail à temps très partiel pour les femmes. Ce n’est ni juste – ça accroît les inégalités entre hommes et femmes – ni efficace car la coordination de nombreux temps partiels est toujours très difficile.

Oui mais Lionel Jospin a été éliminé en 2002 à cause des 35 heures et Nicolas Sarkozy a gagné en 2007 grâce au « travailler plus pour gagner plus ».

Et Manuel Valls espère marquer des points cette année en continuant à taper sur les 35 heures… La contradiction n’est qu’apparente. Ce qui a été bon pour l’économie française dans son ensemble l’a moins été pour beaucoup de ses membres qui avaient déjà un emploi : les salaires mensuels ont été bloqués. La pression à la productivité s’est accrue avec des pauses supprimées, le temps de travail a été annualisé, les horaires devenant plus dépendants de l’état des commandes… Du coup, il y a bien eu deux millions de gagnants mais aussi 16 millions de ronchons. Surtout chez ceux, particulièrement nombreux en France, dont la rémunération reste collée au SMIC. Pas étonnant donc qu’électoralement cela ne paie pas…

Bon mais avec la crise, est-ce qu’il ne faut pas quand même accepter de travailler plus ?

Sûrement pas. C’est au moment où il y a plus de quatre millions de chômeurs, pour la première fois depuis 1999 qu’on voudrait allonger le travail de ceux qui en ont déjà un ? On marche vraiment sur la tête… Il faut au contraire, au minimum, cesser de subventionner grassement les heures supplémentaires. Les 177 millions d’heures sup subventionnées  effectuées au troisième trimestre 2010 représentent l’équivalent de 390 000 emplois à temps plein. Et les 4 milliards d’euros qu’on dépense chaque année pour ces heures sup permettraient de financer entièrement 100 000 emplois supplémentaires…

Guillaume Duval | Article Web – 14 janvier 2011
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Documentaire sur la crise, à ne pas manquer

jeudi 13 janvier 2011

Si vous avez manqué le documentaire « Fric, krach et gueule de bois », diffusé mardi soir, lors d’une soirée spéciale sur France 2, dépêchez-vous d’aller le voir – il est disponible pendant quelques jours sur le site de France 2 : très bien fait, c’est un véritable résumé de tout le programme de terminale.

Intéressant, important, nécessaire même, pour comprendre les faits du passé, les débats actuels, et faire son travail de citoyen, tout simplement. Petite précision : le bâtiment à colonnes, sur lequel sont projetées des images, n’est autre que la Bourse de Paris.

Le documentaire a été suivi d’un débat, également très intéressant.

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