Enregistrement exceptionnel chez Renault

On observe actuellement une forte augmentation des cas de dépressions chez les salariés – burn out en anglais.

Le déroulement de l’entretien ci-dessous (enregistré à l’insu du cadre mis en cause, et publié par L’EXPRESS il y a une semaine), lors de la fausse affaire d’espionnage chez Renault, est typique des méthodes de direction de beaucoup d’entreprises de nos jours.

L’attitude du directeur face au cadre est hallucinante : accusations floues, (et infondées, puisqu’on sait aujourd’hui que Tenenbaum était en réalité innocent) arrogance, jargon inutile venant de l’anglais (« checker », « capitaliser l’expérience »…), refus d’écouter le point de vue de l’autre… On retrouve certaines caractéristiques des systèmes totalitaires (comme lors des procès staliniens, en URSS ou dans d’autres pays communistes, lorsque les accusés étaient d’avance considérés comme coupables).

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Renault: l’enregistrement de la mise à pied de l’un des cadres

Par Eric Laffitte et Jean-Marie Pontaut, publié le 12/04/2011 à 09:19

Renault: l'enregistrement de la mise à pied de l'un des cadresAFP

Avec la démission de son n°2, Renault paie son aveuglement vis-à-vis de trois cadres injustement accusés d’espionnage industriel. LEXPRESS.fr s’est procuré l’enregistrement secret de la réunion où l’un d’entre eux apprend son licenciement. Un document terrifiant.

C’est un document exceptionnel et très poignant. Le 3 janvier 2011, Matthieu Tenenbaum, cadre supérieur de Renault, est convoqué dans le bureau de Christian Husson, le directeur juridique de l’entreprise. Au fur et à mesure de cet entretien, il découvre visiblement abasourdi qu’on l’accuse d’avoir trahi Renault et d’espionner au profit des Chinois.

Christian Husson le somme d’avouer et de démissionner sans faire de bruit, sous réserve de graves poursuites pénales. Il apprend qu’il doit quitter l’entreprise le jour même et vider son bureau « sans souhaiter les voeux à ses collègues ». Tenenbaum, sonné par ces fausses accusations, ne sait pas qu’en plus, la direction de Renault enregistre cette conversation. Elle est même suivie en direct par d’autres responsables de l’entreprise. Une séance qui fait rétrospectivement froid dans le dos.

Pour Renault, le prix de cet aveuglement s’annonce lourd. Outre le n°2, Patrice Pélata, qui a demandé à être relevé de ses fonctions, trois hauts dirigeants, dont Christian Husson, ont été écartés lors du conseil d’administration extraordinaire du lundi 11 avril. De plus, un accord de principe aurait été trouvé pour l’indemnisation des trois cadres licenciés, dont Matthieu Tenenbaum, qui, selon Marianne, réclamait 2,4 millions d’euros.


http://www.lexpress.fr/actualite/economie/renault-l-enregistrement-de-la-mise-a-pied-de-l-un-des-cadres_981701.html

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