Tous les billets de juin 2011

La haute bourgeoisie se met en scène à Chantilly

mercredi 29 juin 2011

REPORTAGE VIDEO POUR « MEDIAPART » avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot, à l’occasion du Prix de Diane, l’un des concours hippiques les plus prestigieux et les plus chics de l’année.

Un TD grandeur nature sur la classe dominante.  🙂

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Corrigés de tous les sujets du bac SES 2011

mardi 28 juin 2011

REALISES PAR L’EQUIPE DU WEB PEDAGOGIQUE. Merci à eux !

CORRIGE DES SUJETS D’ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE ET DE SPECIALITE

Pour le plan de la dissert, les deux parties pouvaient être inversées bien sûr : « Il y a des problèmes liés aux mutations de l’emploi… Mais l’emploi reste important… » Mais attention, ne pas confondre « travail » et « emploi » 😉

Pour la QSTP, il ne fallait pas sortir des limites du sujet – et il y avait déjà beaucoup à dire, venant du cours…

J’ai trouvé les sujets tous bons, et très faisables pour un(e) candidat(e) ayant travaillé régulièrement toute l’année

Personnellement, je trouve que la dissertation avait un dossier documentaire plus riche (avec des documents parfois techniques à lire, mais intéressants), et un sujet plus stimulant, que la QSTP (toujours choisie par au moins deux tiers des candidats, alors qu’elle n’est pas toujours le sujet le plus « payant »…).

RV mardi 5 à 9h pour les résultats au Lycée Condorcet !

J’y serai, pour discuter avec vous, vous féliciter ou vous donner des conseils pour le choix des disciplines à l’oral de rattrapage…

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Les discriminations analysées par Eric Fassin

lundi 27 juin 2011

UNE INTERVIEW LUMINEUSE DU SOCIOLOGUE ET ANTHROPOLOGUE ERIC FASSIN, l’un des meilleurs spécialistes français des discriminations de tout type (racisme, sexisme, homophobie…) : l’interview date de 2007, mais elle est toujours valable pour préciser certaines problématiques, et casser certaines idées reçues…

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Les marges de la grande distribution sur les produits agricoles sont toujours énormes

lundi 27 juin 2011

DANS LE QUOTIDIEN ECONOMIQUE « LES ECHOS » :  27/06 

L’Observatoire des prix et des marges agricoles pointe la responsabilité de la distribution

Philippe Chalmin, expert des matières premières agricoles, présente aujourd’hui son rapport final sur l’évolution des prix et des marges dans l’alimentation. Il met en lumière l’importance et la constance des marges de la distribution sur dix ans quels que soient les prix payés aux agriculteurs.

Philippe Chalmin, professeur d’économie à Dauphine, expert des matières premières, présente aujourd’hui le rapport final très attendu de l’Observatoire des prix et des marges alimentaires, du champ à la fourchette au cours des dix dernières années. Le fruit d’un travail complexe et considérable de 250 pages effectué avec le concours de l’Insee, d’Agrimer et du service statistique du ministère. L’objectif de cette enquête était de voir si les industriels et les distributeurs répercutaient les chutes de prix à la production. En d’autres termes, à qui les crises agricoles bénéficient, même si la loi de modernisation agricole élaborée par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation ne le dit pas dans ces termes. Officiellement la mission assignée à l’Observatoire est de mieux informer les parlementaires sur le sujet. Et de clarifier un débat extrêmement polémique entre les acteurs de la filière, qui a souvent conduit à l’exaspération de part et d’autre, le tout finissant par des actions violentes des agriculteurs dans les supermarchés. « Il y a peu de pays où les relations entre fournisseurs et clients sont l’objet de tant de tensions, de tant de dissensions sur les prix, mais aussi sur les conditions et les délais de paiement », écrit le rapporteur. « Peu de pays où l’accumulation de textes soit arrivée à un tel niveau de contrôle administratif et d’infantilisation des partenaires commerciaux. » Des références aux multiples rencontres entre fournisseurs et industriels n’ayant pas réglé les problèmes, malgré les interventions de l’Etat au plus haut niveau. Si bien que chacun rejette la balle dans le camp de l’autre et l’accuse d’empocher les gains, entretenant ainsi une méfiance extrême dans la relation commerciale entre des acteurs qui gagneraient tous à oeuvrer dans le même sens.

Le rapport fait la lumière pour la première fois sur les marges brutes des uns et des autres. On découvre ainsi au fil des pages, en suivant les produits de l’exploitation à l’étal que les marges brutes de la distribution sur dix ans sont à la fois très confortables et peu influencées par l’effondrement des prix aux producteurs. Dans certains cas, l’écart entre la rémunération de l’expéditeur et l’étiquette en magasin est renversant. Ainsi le bigarreau a été facturé jusqu’à 5 fois plus cher au consommateur qu’il n’a été payé par le distributeur.

Plus le produit a subi de transformations, plus il est compliqué de suivre l’évolution de son prix jusqu’au linéaire. La viande bovine est sans aucun doute l’exemple illustrant le mieux ce constat. Comment en effet comprendre le rapport entre le prix d’une vache sur pied et celui du filet de boeuf, le morceau le plus noble de l’animal, entre le prix de départ de l’élevage et celui de morceaux de viande à bouillir. Les intermédiaires sont multiples, les transformations et les services apportés aussi.

Un certain flou demeure sur les facteurs entrant dans la composition de la marge brute, notamment celle distributeurs, qui n’a pas transmis les éléments d’information nécessaires. En revanche les choses semblent plus claires côté industriels et producteurs sur ce point. Les enquêteurs ne désespèrent pas de faire mieux à l’avenir. Leur travail va se poursuivre, afin de dresser chaque année «  un état des lieux » sur les prix et les marges destiné à éclairer les parlementaires sur les relations commerciales dans l’alimentation.

MARIE-JOSÉE COUGARD
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Salaires : le grand écart salariés-patrons

jeudi 23 juin 2011

DANS LE MENSUEL ECONOMIQUE « L’EXPANSION » :

2010, millésime en or pour les grands PDG

Par Franck Dedieu – publié le 01/06/2011

Stock-options, bonus, retraites chapeaux… D’après notre classement exclusif, entre 2003 et 2010, la rémunération des PDG du CAC 40 a augmenté de 20 %, hors inflation. Leurs salariés ont été moins gâtés. La fracture salariale continue de s’aggraver.

Carlos Ghosn. Par rapport à son prédécesseur, les revenus du PDG de Renault-Nissan ont grimpé de 328% depuis 2003. A comparer aux 15% dont ont dû se contenter ses salariés.
REUTERS/Charles Platiau

Prime pour les uns, déprime pour les autres. Même au sein des profitables entreprises du CAC 40, la fracture salariale s’élargit entre les salariés et leurs dirigeants. Selon les calculs exclusifs de L’Expansion, depuis sept ans (entre 2003 et 2010), la masse salariale des entreprises regroupées au sein du CAC 40 ramenée à chaque employé a crû de 13 %, contre 35 % pour la rémunération des patrons. En euros constants – autrement dit, compte tenu de l’inflation -, leurs 4,7 millions d’employés dans le monde voient globalement leurs paies varier d’à peine 1 %, quand celles des dirigeants s’envolent de 20 %.

Derrière cette moyenne se cachent bien sûr des disparités. A Saint-Gobain et à EADS, la paie de la base varie comme celle du PDG. Les deux parties se serrent la ceinture à Veolia et à Alcatel. A Vivendi ou chez Bouygues, le patron perd même du pouvoir d’achat quand le gros de la troupe s’enrichit. Mais, dans la plupart des cas, les écarts se creusent entre le général en chef et ses ouvriers, ses employés et même ses cadres. Si nulle part les fiches de paie individuelles ne baissent, les frais de personnel par employé s’érodent ou stagnent selon un processus à l’oeuvre depuis longtemps : la part des effectifs fond dans les pays riches mais s’accroît dans les zones à bas coûts. Cas d’école avec Schneider Electric : l’Europe et l’Amérique du Nord employaient 78 % des salariés en 2003, contre 57 % aujourd’hui. Idem chez Renault, où le « déplumage » des effectifs français (22 000 salariés depuis 2003) ne se rapporte pas au « ramage » du patron, Carlos Ghosn, nanti d’un salaire multiplié par quatre par rapport à celui de son prédécesseur, Louis Schweitzer. Encore ces émoluments managériaux n’additionnent-ils que le salaire de base et les bonus. Avec les gains sur les stock-options, les actions gratuites, les dividendes et les jetons de présence, la rémunération globale atteint 4,2 millions par PDG. Soit 186 salaires moyens. « Nous sommes dans le même bateau », répète à l’envi Carlos Ghosn à ses salariés. Pas dans la même cabine.

Salariés-dirigeants: le grand écart

Société Patron actuel Evolution de 2003 à 2010 de la masse salariale par personne (*) Evolution de 2003 à 2010 du salaire du PDG (**)
Renault (1) Carlos Ghosn 15 % 328 %
EDF (2) Henri Proglio 15 % 192 %
Essilor Hubert Sagnières – 5 % 171 %
Technip Thierry Pilenko 7 % 155 %
Capgemini (3) Paul Hermelin – 28 % 116 %
ArcelorMittal Lakshmi Mittal – 16 % 114 %
Natixis Laurent Migon 64 % 171 %
LVMH Bernard Arnault 2 % 109 %
Vallourec Philippe Crouzet 51 % 155 %
GDF Suez (2) (4) Gérard Mestrallet 26 % 122 %
Crédit agricole Jean-Paul Chifflet 12 % 85 %
Peugeot Philippe Varin 8 % 79 %
Sanofi-Aventis Christopher Viehbacher 3 % 64 %
Danone Franck Riboud 19 % 76 %
Accor Gilles Pélisson 8 % 63 %
Air liquide Benoît Potier 6 % 61 %
Michelin Michel Rollier 12 % 66 %
Schneider Electric Jean-Pascal Tricoire – 5 % 27 %
BNP Paribas Baudouin Prot – 3 % 20 %
Unibail-Rodamco Guillaume Poitrinal 60 % 70 %
Alstom(3) Patrick Kron 26 % 34 %
Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar 11 % 19 %
PPR François-Henri Pinault 45 % 51 %
Publicis Maurice Lévy 8 % 13 %
Alcatel Ben Verwaayen – 1 % 4 %
EADS Louis Gallois 19 % 22 %
Pernod-Ricard(5) Pierre Pringuet 3 % 3 %
Veolia Antoine Frérot 2 % – 1 %
Société générale Frédéric Oudéa – 15 % – 21 %
Axa Henri de Castries 23 % 16 %
Lafarge Bruno Lafont 20 % 9 %
Carrefour Lars Olofsson 8 % – 4 %
Total Christophe de Margerie 21 % 8 %
Vivendi Jean-Bernard Lévy 7 % – 18 %
Suez Environnement (3) Jean-Louis Chaussade 15 % – 12 %
France Télécom Stéphane Richard 24 % – 8 %
Bouygues Martin Bouygues 35 % 0 %
Vinci Xavier Huillard 18 % -25 %
L’Oréal Jean-Paul Agon 6 % -42 %
Moyenne 13 % 35 %
Moyenne, inflation déduite 1 % 20 %

(1) Y compris la rémunération versée par Nissan au titre de mars 2009-mars 2010. (2) Comparaison 2005-2010, hypothèse d’un bonus maximal pour Henri Proglio. (3) Comparaison 2004-2010. (4) Moyenne du salaire entre le PDG de Suez et celui de Gaz de France. (5) Comparaison 2006-2010. NB : pas d’informations suffisantes pour STMicroelectronics.

Méthodologie

(*) Masse salariale: il s’agit de l’évolution des frais de personnel rapportée au nombre d’employés dans le groupe entre 2003 et 2010. Ce ratio traduit la place accordée sur le plan comptable à la rémunération du travail, il ne représente pas la fiche de paie individuelle par salarié.

(**) Rémunération du patron: il s’agit de l’évolution du salaire fixe et variable perçu par le président entre 2003 et 2010. Pour les groupes dans lesquels il y a eu des changements de PDG entre les deux périodes, la comparaison se fonde sur les rémunérations perçues par deux personnes différentes mais ayant le même titre de prés

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Documentaire sur l’impact des réseaux sociaux

jeudi 23 juin 2011

« US NOW », documentaire américain sous-titré en français (durée : 1h)

Très intéressant, pour mieux connaître, et se méfier un peu aussi, des réseaux sociaux, qui prennent une place de plus en plus grande dans nos vies…

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La politique aujourd’hui : le « storytelling »

mardi 21 juin 2011

UN DOCUMENTAIRE SUR UN SUJET PASSIONNANT dans le domaine de la communication politique : la technique du « STORYTELLING » (mettre en scène une action, une campagne de communication, sous la forme d’une histoire qu’on raconte, comme un feuilleton, un récit, une épopée…)

On peut ainsi vendre un « candidat », ou même une guerre, et manipuler les foules avec les mêmes techniques utilisées pour lancer une nouvelle voiture ou un film de cinéma… La réalité et la fiction se confondent, avec parfois des dérives terribles (comme lors de la guerre en Irak) :

1ère partie :

2ème partie :

3ème partie :

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Le tsunami au Japon a créé une mer de déchets dans le Pacifique

lundi 20 juin 2011

SUR UN BLOG DU « MONDE » consacré à une « économie sociale et durable »…

Lundi 20 juin 2011

Le tsunami au Japon a donné naissance à une mer de déchets

Ce sont des centaines de milliers de carcasses de voitures et de camions, d’épaves de bateaux et d’avions, de débris d’habitations ou d’installations industrielles que le tsunami du 11 mars, qui a dévasté la côte nord-est du Japon, jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres, a emportés sur son passage. Conséquence : une « gigantesque décharge » d’objets de toute sorte s’est formée en pleine mer et est entrée « dans un infernal cercle océanique, la boucle du Pacifique Nord, dont le tour complet se fait en dix ans », assure l’association Robin des Bois, qui appelle à la prise en charge internationale de ces millions de tonnes de déchets.

Si les déchets les plus lourds ont coulé, ils n’en continuent pas moins à rejeter en mer des hydrocarbures, solvants, acides, pesticides et autres polluants toxiques, comme des PCB ou des composés bromés. « L’océan n’est pas seulement contaminé par la radioactivité, loin de là », alerte l’association de défense de l’environnement. Et d’ajouter : « Les risques de collision entre des gros déchets, conteneurs maritimes et troncs d’arbres, et les navires de surface et les sous-marins ne sont pas négligeables. » Ainsi, après le typhon Morakot qui avait dévasté Taiwan en 2009, 170 000 tonnes de bois avaient été récupérées dans les eaux territoriales du sud du Japon, mais la majorité des bois flottés avaient été entraînés par les courants du Pacifique.

Les détritus les plus légers, eux, comme des dizaines de milliers de bouteilles en plastique ou d’emballages alimentaires, flottent désormais dans le Pacifique. « Ils seront en partie captés et piégés par un courant circulaire et formeront l’Eastern Garbage Patch, une zone d’accumulation où la densité de déchets est élevée », explique l’association. Portés par les courants, ils devraient atteindre les côtes de l’archipel d’Hawaï au printemps prochain. Ils poursuivront ensuite leur course vers les côtes américaines, de l’Alaska à la Californie, d’ici deux ans.

Entre temps, c’est autant de pollution et d’atteintes à la faune et la flore que redoute l’association. Car ces déchets flottants ont tendance à leurrer les oiseaux, les poissons, les mammifères marins qui risquent de s’étouffer en les avalant. Sans compter que, selon Robin des Bois, « les milliers d’engins de pêche arrachés aux quais et aux épaves de bateaux de pêche par le tsunami japonais ne manqueront pas de se livrer pendant des décennies à la ‘pêche fantôme’, capturant par milliers des mammifères marins, des oiseaux, des espèces menacées d’extinction ».

Photos : AFP/YOMIURI SHIMBUN et Robin des Bois

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L’oligarchie financière, selon les Pinçon-Charlot

vendredi 17 juin 2011

ARTICLE DANS « LE MONDE » par un couple de sociologues qu’on aime bien en SES, les Pinçon-Charlot, spécialistes de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie, et qui croient à l’existence des classes sociales, surtout dans les « beaux quartiers » :

Nous vivons sous le régime de l’oligarchie financière

LEMONDE | 17.06.11 | 14h06  •  Mis à jour le 17.06.11 | 17h45

La séparation des pouvoirs est institutionnelle, mais reste en grande partie théorique. Dans la pratique, la classe dominante cumule toutes les formes de pouvoir. Ses membres, au coeur de l’Etat, des grandes entreprises, des banques, de l’armée, des arts et des lettres, entretiennent des relations assez proches pour que chacun, dans sa sphère d’influence, puisse décider dans le sens des intérêts de la classe.

La France des héritiers ne peut avancer sous l’étendard de l’héritage. La culture, le mérite, le droit sont appelés à la rescousse. Les châteaux privés, classés monuments historiques, sont un exemple de cette alchimie à l’oeuvre. Les procédures de classement utilisent à la fois le juridique et l’esthétique pour asseoir la légitimité des propriétaires. Les intéressés sont persuadés d’être dans le domaine de la défense du bien commun. Un château classé a, comme une bourgeoise élégante, de la classe. Le classement est la sélection de ce qui, social matérialisé dans les bâtiments ou incorporé dans les personnes, mérite de survivre dans la mémoire des hommes et dans les paysages des villes et des campagnes.

Les faveurs fiscales de la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat de 2007 (TEPA), avec une baisse sans précédent de la fiscalité sur les successions et les donations, profitent aux plus aisés. Ces faveurs manifestent l’importance accordée aux dynasties familiales fortunées, qui inscrivent l’excellence sociale dans le temps long de la lignée et qui accaparent les privilèges sur plusieurs générations.

La notion de patrimoine, ensemble des biens transmissibles, est en phase avec les outils juridiques issus de la financiarisation. Ainsi la société holding, qui permet l’accroissement des richesses au sein de la famille, en même temps que le contrôle d’entreprises par celle-ci, organise la transmission générationnelle en lui assurant de solides avantages fiscaux. Les affaires des familles Bolloré, Arnault ou Pinault, pour ne citer que quelques amis du président, sont structurées de cette manière.

La famille Wildenstein a utilisé un outil juridique anglo-saxon, le trust, pour assurer la transmission d’un important patrimoine composé d’oeuvres d’art de grande valeur, avec des tableaux de Picasso, Bonnard, Van Gogh. Des trusts ont été créés dans des paradis fiscaux auxquels Daniel Wildenstein, mort en 2001, a confié une part importante de son patrimoine. Hervé Morin, alors ministre de la défense, a justifié l’existence de ces trusts par la volonté d’éviter la dispersion des collections. Les Wildenstein sont une dynastie de marchands d’art qui en est à la cinquième génération. Guy Wildenstein est un ami de Nicolas Sarkozy, l’un des fondateurs de l’UMP et l’un des généreux donateurs réunis dans le « premier cercle ».

Label d’utilité publique

Le petit monde des grandes fortunes a toujours été celui des collectionneurs. Ce goût pour l’art et le rôle de mécène ont permis de rendre légitimes des fortunes colossales sans commune mesure avec le travail dont elles étaient censées être le fruit. La culture donne aux grandes richesses le label d’utilité publique chargé de rendre supportable l’accumulation de l’argent à un seul pôle de la société en transformant l’arbitraire de l’héritage en mérite. Le capital symbolique lié à ces investissements artistiques vient parachever la force de la dynastie familiale dans une immortalité symbolique qui se concrétise, dans un musée comme le Louvre, par des plaques de marbre où sont gravés les noms des donateurs ou avec l’ouverture à la visite de leurs châteaux classés.

Malgré la mondialisation, l’oligarchie continue à coopter des dynasties. Les familles de l’aristocratie de l’argent gèrent leurs dynasties dans une forme de collectivisme pratique qui met ensemble les ressources de chacun pour décupler une force commune qui permet de maintenir et de développer un libéralisme économique toujours plus déréglementé.


Ouvrage : « Président des riches » (éd. Zones, 2010).

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues Article paru dans l’édition du 18.06.11

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Qu’est-ce que le libéralisme ?

jeudi 16 juin 2011

ENTRETIEN TRES INTERESSANT AVEC LE PHILOSOPHE JEAN-CLAUDE MICHEA, spécialiste du libéralisme. (durée : 20 mn)

Cet auteur livre quelques réflexions stimulantes, et parfois provocatrices, sur la société libérale :

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