Tous les billets de juin 2011

Documentaire de… 1936 !

Mardi 14 juin 2011

UN DOCUMENT RARE SUR LES GREVES AVEC OCCUPATIONS D’ENTREPRISES EN JUIN 1936 :

Le documentaire insiste sur les coulisses, le climat de bonne humeur et l’humour présents dans ces grèves… mais on sent bien aussi l’organisation stricte et parfois contraignante de la part de la CGT et du Parti communiste, que ce soit sur les lieux de travail ou dans les quartiers populaires : gare à celui qui ne suivrait pas le mouvement général ! L’identité de classe était forte (le poing levé étant un signe communiste), et l’individualisme était très mal vu à l’époque…

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Des riches plus riches, des pauvres plus pauvres

Vendredi 10 juin 2011

DANS « ALTERNATIVES ECONOMIQUES » DU MOIS DE JUIN :

Les riches toujours plus riches

Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 303 – juin 2011
couverture

L’écart de niveaux de vie s’est creusé entre les plus pauvres et les plus aisés depuis 2003. En cause, la Bourse et l’immobilier.

Les inégalités se creusent en France. Pas par le bas, du fait de l’accroissement de la part des pauvres dans la population, mais par le haut, les riches devenant sans cesse plus riches. Les chiffres que vient de publier l’Insee [1] sont sans appel. Dans le bas de la pyramide sociale, la proportion des personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passée de 14,5 % à 13 % entre 1996 et 2008 (dernière année connue). Comme le seuil de pauvreté est calculé chaque année en fonction du niveau de vie médian (la moitié des personnes disposant de moins, la moitié de plus), cette baisse implique que, au moins entre 1997 et 2001 (années durant lesquelles a eu lieu la totalité de la baisse constatée), le niveau de vie du bas de la pyramide sociale a progressé plus vite que la médiane. Cela s’explique principalement par la diminution du taux de chômage, qui durant ces années-là est passé de 11 % à 8 %.

Depuis 2002, on observe une quasi-stabilité du taux de pauvreté, liée au fait que le chômage ne recule plus, aux retraits du marché du travail et à la proportion croissante de personnes isolées et de familles monoparentales. Mais s’il n’y a proportionnellement pas plus de pauvres en 2008 qu’en 2002, leur pauvreté s’est accentuée. En 1996, l’intensité de la pauvreté était de 19,2 %. Cela signifiait que la moitié des pauvres disposaient d’un niveau de vie inférieur d’au moins 19,2 % au seuil de pauvreté de l’époque. Six ans après (2002), elle s’était réduite à 16,6 %. La pauvreté n’avait pas seulement reculé, elle était devenue moins intense. Encore six ans après (2008), cette intensité était revenue à 18,5 %.

L’envolée des dividendes

Dans le haut de la pyramide, c’est un paysage bien différent que l’on peut découvrir. Dans le dixième le plus aisé de la population, on dispose en 2008 d’un niveau de vie très confortable, puisqu’il est d’au moins 3 000 euros par mois [2]. Jusqu’en 2003, le niveau de vie de ce dixième aisé évoluait à peu près au même rythme que celui du dixième le plus modeste. La société évoluait alors  » en sablier « , selon les termes d’Alain Lipietz : les plus modestes et les plus aisés voyaient leur niveau de vie évoluer plus rapidement que celui des couches intermédiaires. Mais à partir de 2003, la donne change : les plus modestes voient leur niveau de vie suivre celui des couches intermédiaires, tandis que les plus aisés connaissent un envol de leurs revenus. Ces derniers disposaient en 2003 de 23,4 % des revenus totaux des ménages après impôts, mais de 24,3 % en 2008. Alors que le niveau de vie moyen de ce dixième le plus favorisé était, en 2003, en moyenne 6,07 fois supérieur au niveau de vie moyen du dixième le plus modeste, l’écart est de 6,67 en 2008 : un dixième de plus. Soit une accentuation de 5 000 euros par an de l’écart moyen.

Explication de l’Insee : «  Les revenus du patrimoine du dernier décile [le dixième le plus aisé] augmentent de 11 % par an en moyenne, expliquant la quasi-totalité de l’accroissement spécifique de leur niveau de vie. «  Le bouclier fiscal n’a joué qu’un rôle sans doute très mineur dans cette affaire ; ce qui est en cause, c’est l’accroissement constant des dividendes et des loyers, les uns et les autres profitant essentiellement au dixième le mieux loti.

Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 303 – juin 2011
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Vidéo sur la décroissance

Jeudi 9 juin 2011

UNE INTERVENTION TRES PEDAGOGIQUE DE SERGE LATOUCHE (8 mn), « apôtre » de la décroissance :

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Pour l’égalité réelle

Mercredi 8 juin 2011

UN TEXTE DU JEUNE SOCIOLOGUE CAMILLE PEUGNY, spécialiste des inégalités :

Plaidoyer pour l’égalité réelle*

L’actuelle réception des propositions du Parti socialiste sur “l’égalité réelle” a de quoi laisser rêveur. Il y aurait d’un côté les idéalistes, irresponsables, promettant tout, tout de suite, et de l’autre les réalistes, hiérarchisant et finançant les priorités, rendant ainsi à la gauche sa crédibilité auprès des classes populaires.

Certes, on sait bien depuis Amartya Sen, économiste indien, que l’égalité ne peut se réaliser que par un traitement à la racine des poches d’inégalités sociales, ce qui suppose bien sûr politiquement de hiérarchiser des urgences sociales.

Mais, il n’en reste pas moins que l’égalité réelle est une fin en soi pour une démocratie, le financement de la politique permettant d’y parvenir est un moyen. Or un moyen, aussi important soit-il que le chiffrage d’une politique, ne tient pas lieu de politique. Le temps des projets n’est pas celui de leur réalisation. Pour cela nous avons un gouvernement. Que fait-il aujourd’hui en la matière ? Personne ne semble se poser la question. Mais il faut aller encore plus loin que cette simple question des moyens et des fins et rappeler que nous sommes une société ravagée par les inégalités de tout genre. Si certains ont pu parler autrefois de fracture sociale et si aujourd’hui tout le monde s’accorde sur le fait que le sarkozysme est un inégalitarisme particulièrement implanté (depuis la réforme sur le bouclier fiscal), alors le grand défi de la gauche est bien d’apporter une réponse crédible aux effets terribles de la montée des inégalités.

S’attaquer à cette question et faire un diagnostic de tout ce qui met en péril l’égalité n’est pas manquer de réalisme ; les femmes et les hommes politiques ne retrouveront pas de crédibilité durable s’ils en restent à la rhétorique des valeurs républicaines qui nous rend tous abstraitement égaux et ne masque même plus les situations d’inégalité, d’injustice, ainsi que la violence de la reproduction sociale.

L’égalité n’est pas un mot abstrait. Elle est liée à des contenus précis sur lesquels des bilans peuvent être portés. En un quart de siècle, les enfants d’ouvriers ont gagné quatre années de scolarisation, et pourtant, la reproduction sociale n’a diminué que de quelques malheureux points. Dans notre pays où la cohésion sociale s’est historiquement structurée autour de l’école et du mérite républicain, le système éducatif est impuissant à enrayer des inégalités sociales de réussite, déjà présentes à l’école maternelle, et qui ne font que croître jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Au final, notre système éducatif est un de ceux en Europe dans lequel l’origine sociale pèse le plus sur les résultats scolaires, alors même que les diplômes, délivrés à l’issue d’une compétition socialement biaisée, exercent une emprise étroite sur les carrières professionnelles. L’égalité réelle, dans le domaine de l’école, c’est constater l’échec des politiques d’égalité des chances. Toutes les énergies sont mobilisées pour tenter de rendre moins injuste socialement le recrutement des grandes écoles, qui ne scolarisent que quelques dizaines de milliers d’étudiants, tandis que l’on ignore totalement les 700 000 élèves des lycées professionnels.

Croit-on vraiment que l’on aura lutté contre la reproduction sociale lorsque 30 % de boursiers peupleront les classes préparatoires ? L’égalité réelle, c’est affirmer que le chemin vers la démocratisation scolaire commence dès les premières années de la scolarité et que, au niveau de l’enseignement supérieur, il se poursuit dans les premiers cycles universitaires, loin des politiques de saupoudrage consistant à offrir à quelques jeunes issus des quartiers populaires la possibilité de tenter leur chance dans des filières prestigieuses, qui par définition ne concerneront jamais qu’une étroite minorité d’étudiants.

Autre exemple, celui de la place que la société refuse à sa jeunesse. Alors que les poches de pauvreté s’étendent chez des moins de 25 ans, largement exclus de la solidarité nationale, l’Etat se défausse sur les familles, chargées de prendre en charge une précarité grandissante. La gauche peut-elle se satisfaire d’une situation qui fait exploser les inégalités entre ceux qui peuvent dépenser le patrimoine de leurs parents lors de semestres d’études à l’étranger et ceux qui doivent étudier tout en travaillant trente heures par semaine ? N’est-il pas temps au contraire de permettre à tous les jeunes d’accéder à une réelle autonomie ?

On le voit, l’égalité réelle est plurielle. Elle ne concerne pas que la question des revenus mais tout autant les possibilités d’accéder à l’éducation, au travail, aux soins, au logement, autant de droits malheureusement oubliés. La captation croissante des richesses par une minorité est accompagnée de plus en plus par une privation des biens communs pour beaucoup et une vision absurde du monde du travail structurée par une fiction, l’individu performant, consommateur et inconscient face aux risques écologiques.

L’égalité réelle ne se départit pas d’une politique réaliste puisqu’elle suppose d’établir des priorités, de reconnaître des urgences sociales, de déterminer des périmètres de lutte contre les inégalités. Elle suppose également un esprit des institutions à l’opposé des politiques publiques qui sont développées actuellement autour du très mal nommé “new management” public, bras armé de la privatisation de l’Etat au service des grands groupes financiers et non des citoyens, usagers des services publics.

Il faut des institutions au service de la tradition républicaine (celle de l’intérêt général) qui puissent répondre (défi français dans un pays à l’étatisme autoritaire renforcé aujourd’hui) au caractère profondément différencié du tissu social, tout en étant suffisamment neutres pour ne pas humilier les gens. Il faut remettre de l’Etat mais d’une façon nouvelle : en collaboration avec la société civile, en ayant le souci de favoriser les capacités d’agir et non la reproduction sociale. Préconiser l’égalité réelle revient à défendre une démocratie des parcours de vie contre toutes les stigmatisations et les discriminations.

Or, repartir des parcours de vie, c’est reconnaître que certains territoires sont actuellement abandonnés par l’Etat par cynisme et par laxisme, que les compétences réelles des gens au travail ou leur capacité d’inventer sont généralement sous-estimées ou non reconnues.

Des pans entiers de la société sont menacés par l’explosion des inégalités qui avive les tensions entre les groupes sociaux et sape les fondements de la cohésion sociale. L’importance de l’enjeu mérite bien un projet à quinze ou vingt ans. Face à cela, certains préfèrent regarder ailleurs : ne cherchons pas plus loin les raisons du manque de crédibilité du Parti socialiste auprès des classes populaires.

* Cette tribune, rédigée avec Fabienne Brugère, philosophe, a été publiée dans le Monde du 30 novembre

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Faut-il avoir peur des banques ?

Vendredi 3 juin 2011

Une nouvelle vidéo de l’économiste Alexandre Delaigue, sur les phobies économiques : « J’ai peur de… »

Aujourd’hui, la peur des banques.

Nous avons déjà mis en ligne d’autres vidéos du même auteur : sur la peur de l’immigration, du pouvoir d’achat et des dépenses de santé.

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Révisions bac : les Objectifs du Millénaire de l’ONU

Jeudi 2 juin 2011

TRES UTILE A LA FOIS POUR L’EPREUVE DE S.E.S. ET DE GEOGRAPHIE :

Voici un petit dossier (avec des courtes vidéos) sur les « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », adoptés par les Nations Unies en 1999, afin de lutter contre l’extrême pauvreté en ce qui concerne la santé, la condition des femmes, l’environnement, etc.

Hélas ces objectifs, fixés pour 2015, sont loin d’être atteints…

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