Tous les billets de la catégorie ‘Alternatives Economiques’

A qui appartient la biodiversité ?

Mardi 19 octobre 2010

LISEZ CET ARTICLE D' »ALTERNATIVES ECONOMIQUES » (la revue économique la plus proche de l' »esprit SES ») dans le numéro de ce mois-ci, sur la biodiversité et les tentatives de certains de lui donner un prix, et de l’échanger sur un marché (comme on le fait pour l’énergie par exemple, ou les droits à polluer) :

 

Alors que se déroule, du 18 au 30 octobre 2010, la Conférence de la Convention sur la Biodiversité à Nagoya, la protection des droits des peuples sur les ressources génétiques présentes sur leurs territoires et utilisées à des fins commerciales peine à se mettre en place.

Le changement climatique menace gravement notre environnement. Mais ce n’est pas le seul défi majeur auquel nous soyons confrontés: la biodiversité, indispensable à la vie sur Terre, est elle aussi en grand danger. Mieux la protéger, c’est l’objet de la Convention internationale sur la diversité biologique, signée en 1992 dans le cadre du Sommet mondial de Rio. Ce texte entend en particulier lutter contre la biopiraterie, en codifiant les droits des peuples sur les ressources génétiques que recèlent leur pays. Mais la mise en oeuvre de cette convention se révèle très insatisfaisante pour l’instant.

Dans les années 80, les débuts des biotechnologies laissent espérer un eldorado, avec la création de nombreux nouveaux médicaments ou cosmétiques. A côté des produits de synthèse et de la modification génétique d’organismes déjà connus, les laboratoires se mettent alors en recherche de ressources génétiques de base encore inexploitées. Les chercheurs des pays du Nord se ruent vers les pays du Sud, en particulier vers les zones tropicales, les plus riches en biodiversité et les plus mal connues. Leur mission: recueillir le savoir traditionnel des populations sur les plantes et identifier ainsi les végétaux dont les molécules pourraient posséder des propriétés commercialement intéressantes. Certains chercheurs et certaines multinationales déposent dans la foulée des brevets sur les biomolécules qu’ils jugent les plus prometteuses, profitant de nouvelles règles plus favorables à la propriété intellectuelle mises en oeuvre parallèlement, notamment aux Etats-Unis.

 
Origines non vérifiées

C’est alors que surgissent les problèmes, car les populations locales ne sont généralement pas associées aux retombées financières des produits issus de ces brevets. Ces pratiques sont très anciennes, comme dans le cas de la quinine, par exemple. Mais le phénomène a pris une ampleur nouvelle au cours des décennies récentes, même si personne ne sait au juste ce que représente le marché des produits issus de la bioprospection. Dans le cadre d’une étude soutenue par l’Union européenne, deux chercheuses, Kerry Ten Kate et Sarah A. Laird, ont tenté de l’évaluer en 1999: à l’époque, il aurait pesé entre 500 et 800 milliards de dollars chaque année. Une fourchette très large.Du coup, de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) se sont mises à dénoncer ce qu’elles qualifient de « biopiraterie ». L’une des affaires les plus connues en la matière concerne l’arbre de Neem, que l’on trouve en Inde et dont on tire un fongicide. Les vertus antiparasitaires de cet arbre sont connues et utilisées par les Indiens depuis plusieurs siècles. La société américaine G. R. Grace & Company a cependant déposé un brevet sur ce produit en 1990 aux Etats Unis. Un procès retentissant s’en était suivi, que Grace a définitivement perdu en mai 2005. La justice a reconnu que la multinationale n’avait rien inventé. On peut citer également le cas de l’Hoodia, un cactus d’Afrique du Sud grâce auquel Pfizer souhaitait mettre au point un traitement contre l’obésité, ou l’Ayahuasca de l’Equateur, sur lequel le chercheur américain Loren Miller de l’International Plant Medecine Corporation revendique des droits.

Francis Gurry, vice directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) reconnaît qu’« il faudrait être plus attentif lors de la délivrance d’un brevet pour en vérifier la pertinence, mais les offices sont inondés de demande ». 15 millions de brevets ont en effet été enregistrés dans le monde en 2002, dix fois plus qu’en 1990. Difficile de vérifier avec certitude que les critères d’obtention du brevet sont bien respectés, notamment que l’invention proposée est bien nouvelle. Dans le cas de la biopiraterie, la tâche est d’autant plus ardue que les savoirs des communautés locales ne sont le plus souvent pas écrits, voire n’ont pas vocation à être rendus publics quand ils concernent des pratiques magiques ou religieuses secrètes. « Tout l’outillage juridique actuel concernant la propriété intellectuelle, comme le brevet, est construit à partir de notre vision du monde et est le plus souvent inadapté à la réalité des populations autochtones », rappelle Philippe Karpe, juriste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Ceci dit, les exemples de biopiraterie mis en avant sont un peu toujours les mêmes et en nombre limité. L’ampleur réelle du problème est difficile à appréhender. Pour Catherine Aubertin, économiste à l’Institut de recherche sur le développement (IRD), la dérive est probablement surestimée: « Les ONG assimilent systématiquement la bioprospection à la biopiraterie. En réalité, les procès en biopiraterie sont surtout l’expression de frustrations liées aux inégalités des échanges entre le Nord et le Sud. Les peuples indigènes y trouvent une scène pour faire entendre leurs revendications politiques et territoriales. »

 
Mieux réguler la bioprospection

La Convention sur la diversité biologique a cependant cherché à mieux réguler la bioprospection. Ce texte ne vise pas à l’interdire. La Convention considère au contraire que celle-ci peut contribuer à préserver la biodiversité: les bénéfices tirés de ces activités peuvent en effet apporter des revenus aux populations locales. Ce qui rend alors moins intéressant la surexploitation à d’autres fins des milieux les plus riches en biodiversité et limite ainsi le risque de leur destruction. Pour ce faire, la Convention introduit une innovation juridique majeure: les ressources génétiques présentes sur le territoire d’un pays cessent d’être considérées comme patrimoine commun de l’humanité et deviennent des ressources nationales au même titre que les ressources minières ou pétrolières. La Convention reconnaît aussi la validité en termes de propriété intellectuelle des savoirs traditionnels liés à l’usage de ces ressources génétiques même s’ils ne sont pas écrits. L’objectif est d’encourager la conclusion de contrats de gré à gré entre industriels, organismes publics et populations locales. 

Tags : , ,

Prendre enfin en compte la pénibilité du travail dans les retraites

Lundi 21 juin 2010

Intéressant pour les révisions du bac SES (pour entamer l’introduction d’un devoir, ou trouver une « ouverture » à la fin…) : un article du sociologue Camille Peugny (spécialiste des inégalités) à propos des retraites et de la pénibilité du travail, sur son blog hébergé par Alternatives Economiques.

Il estime que le report de la durée légale de départ à la retraité de 60 ans à 62 ans, annoncé officiellement la semaine dernière, pénalisera surtout les ouvriers, qui terminent leurs études avant 18 ans – et cotiseront donc près de 45 ans avant de prendre leur retraite, alors que leurs emplois sont plus pénibles physiquement, et que leur espérance de vie est inférieure de près de 7 ans à celle des cadres !

Il s’agirait donc d’affecter les années de cotisation d’un coefficient de pénibilité du travail (par exemple 10 ans de travail ouvrier pénible correspondraient à 12 ans de cotisation retraite), et instaurer ainsi des protections collectives (et non simplement individuelles, pour les travailleurs invalides) sachant que de nombreuses statistiques existent dans ce domaine, par professions ou secteurs d’activité (de la part de l’INSEE, ou de la DARES, le centre d’études du Ministère du Travail).

Tags : , ,

Révisions bac : les inégalités entre générations face à l’emploi

Vendredi 11 juin 2010

Dans le contexte de vos révisions pour le bac, voici un article d’actualité utile, du mensuel Alternatives Economiques : « Emploi : les vieux restent et les jeunes trinquent ».

En effet, la dernière enquête trimestre de l’INSEE sur l’emploi indique que le taux d’emploi des plus de 55 ans augmente en ce moment, mais l’emploi des jeunes se dégrade… Un effet pervers du recul de l’âge de départ à la retraite, qui n’est pas encore définitif dans la loi, mais qui est déjà anticipé par les salariés et les entreprises.

 

Tags : ,

L’économie (pourrie) du foot

Mercredi 9 juin 2010

foot et chômage

Alternatives Economiques fait le point sur les dérives du « foot business » : salaires des joueurs, budgets et endettement des clubs, etc.

On pourrait traiter pratiquement tout le programme de SES à travers ce seul thème… mais cela pourrait en lasser certains, moi en tête…

Ainsi, même pendant la Coupe du Monde, vous pourrez conserver la « SES attitude » !  🙂

J’ajoute un article d’il y a un quinzaine de jours, où plusieurs intellectuels demandaient qu’on cesse de construire des stades en Europe !… J.-M. Aulas, avec son OL Land, appréciera.

Tags :

Les cumulards du CAC 40

Vendredi 28 mai 2010

Alternatives Economiques montre que le capitalisme financier est très concentré, puisque les sociétés du CAC 40 (les 40 plus grosses capitalisations à la Bourse de Paris) entretiennent des liens étroits, en partageant des administrateurs en commun. Certains dirigeants d’entreprises sont administrateurs dans plusieurs autres sociétés du CAC 40. « Alter Eco » a réalisé une belle infographie montrant les liens de consanguinité entre ces entreprises – et mettant en avant les plus grands « cumulards ».

Parfois, ces dirigeants envoient même leurs femmes ou leurs épouses dans les conseils d’administration… Ainsi, une petite centaine de grands patrons constituent-ils une véritable caste, qui a la haute main sur le coeur économique de notre pays.

Rappelons que ces participations ne sont pas bénévoles : les « jetons de présence » dans les conseils d’administration rapportent plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année…

Tags : , ,

3 scénarios possibles dans la zone euro

Samedi 1 mai 2010

Alternatives Economiques, dans son numéro de mai, analyse trois scénarios possibles, à propos de la crise grecque qui fragilise toute la zone euro : lisez le texte ci-dessous, de Christian Chavagneux :

 

L’Union européenne n’a jamais été si mal en point. Elle semble certes prête à passer le test grec, mais les risques qui se profilent à l’horizon augurent mal pour les mois qui viennent.

Le premier scénario est celui d’un nouvel emballement sur le dossier grec. Admettons qu’après le déblocage des fonds du plan d’aide à la Grèce, le calme revienne de façon durable sur les marchés financiers, le pays ne sera pas pour autant sorti d’affaire sur le plan budgétaire. L’austérité supplémentaire qui lui est demandée en contrepartie de l’aide risque, en effet, de provoquer un cercle vicieux déflationniste : une baisse non maîtrisée et durable des prix et de l’activité ? qui entraînera à son tour une chute des recettes fiscales ? accroîtra les taux d’intérêt réels et limitera fortement les effets des mesures d’austérité sur le rétablissement du solde budgétaire et de la dette.

Dans les mois qui viennent, on peut s’attendre à de mauvaises nouvelles sur le front grec. Celles-ci pourraient réveiller le volcan des marchés et lui faire cracher de nouveau ses poussières pour embrumer nos économies. Compte tenu des difficultés rencontrées pour aider les Grecs, on n’ose imaginer la cacophonie qui résulterait de la nécessité d’aider l’Espagne si elle devait être touchée. Et cela d’autant plus qu’une aide à l’espagne réclamerait des sommes bien supérieures : entre 350 et 500 milliards d’euros, selon les estimations. L’absence totale de leadership européen, que ce soit de la part de la Commission européenne, d’Herman van Rompuy ou de la présidence espagnole du Conseil européen, fait craindre le pire pour la suite.

La hausse des taux d’intérêt

Le deuxième scénario à risque est celui d’une hausse trop rapide des taux d’intérêt. L’Europe est la zone qui reste le plus à la traîne de la croissance mondiale. Si le reste du monde repart plus vite, les prix du pétrole et des matières premières vont monter, poussés à la fois par la demande et par la spéculation. De quoi rendre la Banque centrale européenne (BCE) nerveuse ; d’autant plus qu’il est à peu près sûr que, dans l’année qui vient, la Fed américaine annoncera haut et fort qu’elle va remonter ses taux à court terme, pour les remonter effectivement ensuite.

L’euro en subira les conséquences en se dépréciant. Cela apportera un soutien aux exportations européennes et à la croissance, mais la BCE ne laissera pas la monnaie commune trop décrocher, surtout si les prix des matières premières alimentent l’inflation. Certes, il n’y aura pas de tensions structurelles sur les prix : l’offre de produits de pays émergents à bas prix sera toujours là, et on voit mal les entreprises qui délocalisent à tour de bras se mettre à augmenter vigoureusement les salaires. Néanmoins, la BCE, toujours soucieuse de protéger les investisseurs détenteurs d’obligations, réagira en augmentant ses taux si des tensions conjoncturelles apparaissent. Au risque d’entraver le retour de la croissance et de l’emploi.

Ce scénario augure également mal pour le coût de la dette publique, si les taux à long terme suivent. Certes, dans un contexte de liquidités mondiales abondantes, le mouvement des taux longs ne reflète plus forcément celui des taux courts. Mais le risque existe que, face à des situations budgétaires tendues et un endettement public élevé, les marchés réclament des taux d’intérêt plus importants pour continuer à prêter aux Etats endettés.

Retour de la rigueur

Ce qui nous amène au troisième scénario de risque : face aux exigences des marchés financiers, les gouvernements peuvent être tentés de montrer leur attachement viscéral à la bonne gestion des deniers publics et de serrer la vis budgétaire par des réductions de dépenses plus rapides. Alors même que l’endettement privé sera encore atone, l’Etat viendrait alors étouffer le dernier moteur interne de la croissance.

Ces trois scénarios de risque font peser une forte menace sur l’Europe. Dès lors qu’aucun mécanisme de solidarité n’existe entre pays européens pour faire face à une crise, la zone euro devient une machine à fabriquer de la divergence entre les économies (comme le soulignent à juste titre Patrick Artus et Marie-Paule Virard, dans leur prochain livre à paraître bientôt Pourquoi il faut partager les revenus), réduisant encore la volonté politique de trouver des solutions communes.

Le pire, c’est précisément le manque de volonté politique. Les dirigeants européens actuels ? à commencer par Jose Manuel Baroso et Herman van Rompuy ?n’ont pas de projet pour relancer la construction européenne. En face, les Etats membres ne veulent pas s’engager dans une évolution qui risquerait de leur enlever la moindre petite parcelle de prérogative nationale. De leur côté, quand elles peuvent s’exprimer, les opinions publiques renvoient surtout une image négative de l’Europe actuelle. On voit donc mal d’où pourrait venir une initiative politique à la hauteur des défis.

Le projet européen n’allait pas bien avant la crise. Depuis, il a pris du plomb dans l’aile.

Tags : , ,

L’enrichissement des « super-riches »

Vendredi 30 avril 2010

Pour la première fois, l’INSEE publie l’évolution des revenus les plus élevés, ceux des « super-riches » pourrait-on dire, jusqu’au seuil de 0,1 % (le 1/1000e le plus riche : 300000 euros par an et par personne en moyenne) et même au seuil de 0,01 % (1 revenu déclaré sur 10 000, le plus élevé, avec 100000 euros par mois et par contribuable en 2007, en moyenne) : voyez la hausse (en pourcentage et en euros) de leurs revenus, comparée aux autres tranches (le 1/1000e le plus riche, le 1/100e, le 1/10e, et les 90 autres pourcents des revenus).

Le tableau est publié dans le numéro de mai d’Alternatives Economiques : sans commentaire… et c’était avant le « paquet fiscal » mis en place en 2007 (et comprenant le fameux bouclier fiscal). Nous saurons dans quelques temps si les « super-riches » auront vu leurs revenus augmenter encore de 40 % entre 2007 et 2010…

Tags : ,

Formidable présentation sur la crise grecque et sur la zone euro

Dimanche 11 avril 2010

La « crise grecque » et les remous qu’elle provoque dans la zone euro ne sont pas simples à comprendre, et pourtant importants à l’heure actuelle et pour l’avenir de l’Europe.

Le mensuel Alternatives Economiques vient de réaliser une présentation multimédia très claire, et très réussie esthétiquement., avec plusieurs vidéos des membres de l’équipe de la revue préférée des SES.

Le dossier est technique, et demande un effort et beaucoup de concentration – vous pouvez faire une pause au milieu… Mais il est tout à fait accessible, et en vaut la peine, d’autant que les politiques économiques en Europe constituent le dernier chapitre du programme de terminale… Tout travail paie !  😉

 

Tags : , ,

Retraites : d’autres solutions existent

Vendredi 9 avril 2010

Pour résoudre la question des retraites, la seule solution envisagée actuellement par le gouvernement, et de nombreux économistes, est l’allongement de la durée de cotisation (pour bénéficier d’une retraite à taux plein : aujourd’hui, c’est 41 ans, et on pourrait aller jusqu’à 45 ans…), et par conséquent un recul de l’âge de départ à la retraite (actuellement de 60 ans ; et on pourrait aller au-delà des 65 ans…)

Pourtant, d’autres solutions existent : l’économiste Thomas Piketty, spécialiste des inégalités de revenus (et, il faut le préciser, proche du Parti socialiste), propose la sienne dans Alternatives Economiques.

De plus, la Fondation Copernic (club de réflexion, think tank en anglais, classé très à gauche) a lancé avec l’association ATTAC une pétition pour « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites ».qui propose de les financer en taxant les revenus financiers. Elle a déjà été signée par des centaines d’économistes, de syndicalistes, et de responsables politiques de la gauche radicale.  Je ne vous propose pas d’aller la signer, mais il est intéressant de la lire.

Le Monde explique aujourd’hui dans un article : « Ce sont surtout les quelque 90 économistes présents qui donnent un crédit particulier à l’initiative. On y retrouve des noms connus du milieu de la recherche économique, peu habitués à ce type de démarche engagée : André Orléan, Olivier Favereau et François Eymard Duvernay, fondateurs de l’Ecole de la régulation, Henri Sterdyniak, spécialiste des retraites à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Jean Gadrey, ancien membre de la commission Stiglitz sur les indicateurs de richesse.

L’appel marque ainsi un retour des intellectuels dans le débat politique qu’on n’avait guère plus vus depuis l’appel de solidarité avec les grèves de 1995 de Pierre Bourdieu. »

Faut-il le préciser : tous les auteurs cités sont très proches de la démarche des SES – pas de parti pris idéologique, mais un croisement des sciences sociales, une critique de la « pensée unique » des experts, ça oui… 😉 Les « intellectuels » avaient peut-être ignoré le débat économique depuis quelques temps, mais ce débat reste ouvert dans les classes de SES tous les jours, à chaque heure de cours, pour faire de nos élèves des citoyens bien formés, et allergiques aux manipulations médiatiques ou politiques…

Rappelons enfin que dans ce domaine comme dans tous les autres, il n’y a jamais une seule solution « technique » possible, énoncée par les « experts » appartenant aux « milieux autorisés ». Il s’agit de choisir collectivement dans quelle société nous voulons vivre.

Tags : ,

Les Etats-Unis dépensent plus pour la santé, mais vivent moins qu’en France

Mardi 2 mars 2010

Les Etats-Unis consacrent de plus grand moyens financiers pour la santé par rapport à la France, en valeur absolue et en pourcentage de leur PIB. Est-ce à dire qu’ils sont en meilleure santé ?

En fait, non, c’est même le contraire (malgré le Dr House), comme le montre l’économiste Jean Gadrey, spécialiste entre autres de l’économie des services, dans un dossier passionnant sur son blog, avec des graphiques et des explications très claires ! Mortalité infantile, mortalité par diabète, ou maladies respiratoires… Comme l’écrit J. Gadrey, les Etats-Unis – en dépit de beaux succès dans le traitement de certaines maladies – sont engagés dans « une course-poursuite pour réparer les dégâts sanitaires croissants d’une société et de modes de vie pathogènes, d’une pauvreté endémique et d’un manque criant de couverture maladie. »

Tags : , , , ,