Tous les billets de la catégorie ‘Conjoncture & finance’

« L’Argent-Dette II » : documentaire à ne pas manquer

Samedi 30 juillet 2011

A l’heure où l’on parle des problèmes des dettes publiques, dans tous les pays développés, et en particulier en Europe et aux Etats-Unis, c’est l’occasion de revenir sur le travail du réalisateur québécois Paul Grignon, qui a réalisé il y a quelques années un documentaire intitulé « L’Argent-Dette », qui a fait beaucoup parler de lui, à la fois pour ses qualités pédagogiques, et certains défauts.

Mais il n’en reste pas moins que ce documentaire est très utile pour comprendre les mécanismes de la création monétaire.

Voici aujourd’hui la suite : « L’Argent-Dette II : Promesses chimériques » : qui présente les mêmes phénomènes d’une autre manière, et pose des questions importantes aux citoyens que nous sommes tous :

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Faut-il avoir peur des banques ?

Vendredi 3 juin 2011

Une nouvelle vidéo de l’économiste Alexandre Delaigue, sur les phobies économiques : « J’ai peur de… »

Aujourd’hui, la peur des banques.

Nous avons déjà mis en ligne d’autres vidéos du même auteur : sur la peur de l’immigration, du pouvoir d’achat et des dépenses de santé.

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Keynes versus Hayek : deuxième round !

Vendredi 27 mai 2011

LA SUITE DU MATCH, sous forme de battle de rap entre les deux grands économistes du siècle… Ils reviennent avec un flow d’enfer et des paroles à bien retenir pour le bac… J’adore :

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A voir : le Parlement européen comme si vous y étiez

Mercredi 25 mai 2011

Le quotidien Libération met en ligne un Web-documentaire intéressant, consacré au travail du Parlement européen face à la grande crise économique et sociale depuis 2008 – en suivant la députée européenne PS Pervenche Berès.

Le documentaire est balisée par des parenthèses, sous forme d’explications, de précisions… Il montre les coulisses réelles de la vie politique (avec des mécanismes valables aussi en dehors du Parlement européen).

Et en plus, cela vous fera travailler votre anglais !  🙂

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La finance disqualifiée par ses escroqueries

Mardi 10 mai 2011

Un chercheur spécialiste des marchés financiers, PAUL JORION – l’un des rares auteurs à avoir prévu la crise de 2008 -, rappelle dans Le Monde que le secteur financier a volontairement trompé ses clients, et ne peut plus inspirer confiance aux autorités publiques. On peut ajouter qu’aucun de ces quelques dizaines de spéculateurs, qui par leurs agissements frauduleux ont coûté chacun des milliards de dollars au système financier mondial, n’est allé en prison…

Lloyd Blankfein, PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs, lors d’une audience devant une commission d’enquête du Sénat américain en avril 2010.

La finance s’est disqualifiée

LE MONDE ECONOMIE | 09.05.11

Tous les efforts menés en vue d’une nouvelle régulation de la finance recourent à une même stratégie : consultation du monde financier par les autorités, puis négociation pour que se dégage un compromis entre les exigences des uns et des autres.

Mais la condition essentielle pour qu’une telle stratégie réussisse est que l’industrie financière s’identifie à l’intérêt général, qu’elle reconnaisse et promeuve la nécessité de garantir un cadre qui maintienne la pérennité des institutions financières sans affecter pour autant la bonne santé de l’économie.

Existe-t-il des éléments pour étayer l’hypothèse que chaque établissement financier fera prévaloir l’intérêt général sur son intérêt particulier ?

Hélas, non : le déroulement de la crise en 2007 et 2008 suggère au contraire qu’il s’agit d’une croyance infondée.

Le rapport du Sénat américain rendu public le 13 avril confirme ce qu’avaient déjà mis en évidence les auditions de dirigeants de la banque Goldman Sachs en avril 2010.

CONFIANCE DES MEILLEURS CLIENTS TRAHIE

A savoir qu’elle – et plusieurs autres, dont, au premier rang, la Deutsche Bank – a non seulement trahi la confiance de certains de ses meilleurs clients en leur vendant des produits financiers (les « collateralized debt obligations » – CDO) structurés de manière à être de la plus mauvaise qualité possible, mais qu’elle a mis au point de nouveaux produits dérivés (les CDO « synthétiques ») pour parier sur la perte de l’ensemble du secteur du crédit hypothécaire américain.

Elle a ainsi précipité la chute de tous ceux qui eurent la naïveté de se positionner sur l’autre versant du pari, mais aussi celle du système financier mondial dans sa globalité !

Le rapport du Sénat décrit le responsable du crédit hypothécaire chez Goldman Sachs promettant à son équipe de commerciaux des primes « ginormous » – une contraction des mots « gigantic » et « enormous » – s’ils parvenaient à vendre ces produits.

Dans un mail, l’un des dirigeants de la banque en Australie dit, à propos de la découverte d’un gogo à qui l’on pourra vendre ces produits avariés : « Je crois avoir trouvé un éléphant blanc, un cochon volant et une licorne, tout en un ! »

Les établissements financiers en question poursuivent aujourd’hui leurs activités en toute quiétude.

Aucun de leurs dirigeants n’a été inculpé. Mieux, on les retrouve assis aux tables de négociation, faisant objection aux propositions des régulateurs qui représentent la communauté dans son ensemble.

Il faut donc changer de méthode. Le régulateur doit rédiger les règles qui permettront de réduire de manière drastique le risque systémique.

Alors que les positions de couverture neutralisent un risque existant dans une perspective assurantielle, les positions spéculatives, du fait de leur nature de pari, créent, elles, un risque là où il n’existait pas préalablement.

L’apport en liquidité du spéculateur, qu’il invoque en général pour justifier sa présence, doit être ignoré : un apport en liquidité à des niveaux de prix spéculatifs est sans objet et, a fortiori, ne compense pas l’accroissement du risque systémique qu’il apporte avec lui.

Une fois définies les mesures à prendre, celles-ci doivent être mises en application, sans négociation avec l’industrie financière : l’incapacité de ses principaux représentants à s’identifier à l’intérêt général a été amplement prouvée au cours de ces trois dernières années.

Paul Jorion, économiste et ethnologue.

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Les entreprises du CAC40 retrouvent leurs profits, grâce aux pays émergents

Jeudi 28 avril 2011

DANS LE MENSUEL « ALTERNATIVES ECONOMIQUES » D’AVRIL 2011 :

Oubliée la crise ! Les grandes entreprises françaises et européennes redeviennent prospères, en grande partie grâce aux pays émergents.

Deux ans après que la crise financière se fut propagée à l’économie réelle, le CAC 40 a presque oublié cette mauvaise passe : cumulés, les profits des 40 plus grosses entreprises françaises cotées ont atteint 83 milliards d’euros pour l’exercice 2010, soit un bond de 85 % par rapport à 2009. Certes, ils n’ont pas encore retrouvé leur niveau de 2007, mais le redressement est spectaculaire. Il ne reste plus qu’une entreprise du CAC 40, Alcatel-Lucent, pour afficher des pertes en 2010.

Nombre de champions durement éprouvés par la crise (Renault, Peugeot mais aussi Arcelor Mittal, STMicroelectronics, Accor ou EADS) ont renoué avec les profits. Pour les banques, les subprime ne sont plus qu’un lointain souvenir : dans leur ensemble, leurs bénéfices ont plus que doublé et BNP Paribas décroche la deuxième place des plus gros profits du CAC 40, avec 7,8 milliards d’euros, derrière l’indétrônable Total (à 10,5 milliards d’euros). Conséquence de cette embellie, le montant des dividendes versés aux actionnaires devrait augmenter et avoisiner les 40 milliards d’euros, selon certaines estimations : un record.

Une santé insolente

Comment expliquer la santé insolente de ces poids lourds alors que le contexte économique reste très morose en France et en Europe ? Avant tout par leur internationalisation. Dans son ensemble, le CAC 40 réalise les trois quarts de son chiffre d’affaires hors de l’Hexagone. La part des revenus qu’il tire des pays émergents est passée en dix ans de 17 à 28 % et dépasse d’ores et déjà les 50 % pour certains fleurons comme Lafarge ou Danone. Le phénomène ne s’observe pas seulement pour les entreprises françaises, mais aussi pour leurs homologues européennes : les experts du gestionnaire de portefeuille Amundi estiment ainsi que d’ici à 2012 ou 2013, plus de 50 % de la marge d’exploitation (*) des entreprises européennes cotées sera produite hors d’Europe, dont 30 % en provenance des pays émergents. Confrontés à la déprime de leurs marchés domestiques, les champions européens vont tous chercher la croissance là où elle est.

A la différence d’autres pays européens, en particulier l’Allemagne, le contraste est saisissant en France entre la situation de ces leaders et celle du reste du tissu productif : les PME françaises croissent peu, exportent peu, innovent peu et sont souvent enfermées dans une relation de sous-traitance, réduite à la discussion sur les prix avec les grands donneurs d’ordres. Le basculement du centre de gravité des très grandes entreprises de l’Europe vers les pays émergents fait donc peser la crainte que l’économie européenne ne s’enfonce durablement dans l’anémie. En France beaucoup plus qu’en Allemagne.

    * Marge d’exploitation : résultat d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires.
Marc Chevallier
Alternatives Economiques n° 301 – avril 2011
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Règlements de comptes dans la microfinance

Vendredi 1 avril 2011

Muhammad Yunus

Nous avons plusieurs fois évoqué sur le blog la question du microcrédit, ou microfinance (de petits crédits accordés à des pauvres, surtout dans les pays en développement).

MUHAMMAD YUNUS, fondateur de la Grameen Bank, banque prêtant aux pauvres aux Bangladesh (et qui a obtenu le Prix Nobel de la Paix pour cela) vient d’être renvoyé de la direction de cette banque, sur demande du gouvernement, officiellement pour des raisons d’âge.

Qu’est devenue la belle idée de Yunus de « banques pour les pauvres » dans les pays en développement ?

LIRE CI-DESSOUS L’ARTICLE SUR LE SITE D’ « ECO 89 » :

Muhammad Yunus viré : une crise profonde pour la microfinance

Par Benoît Granger | Chercheur en microfinance | 22/03/2011

Muhammad Yunus, considéré comme le père du microcrédit contemporain et prix Nobel de la paix en 2006 pour son travail à la Grameen Bank, vient d’en être viré. Officiellement, en raison de son âge. Son départ correspond en fait à une crise profonde de la microfinance : celle-ci peut-elle être une activité de marché comme les autres ?

La semaine dernière, Yunus a été viré de la Grameen Bank sur ordre de la Banque centrale du Bangladesh. Il a contesté la décision devant une première juridiction, qui l’a confirmée. Il vient de faire appel devant la Cour suprême, mais il est peu probable qu’il obtienne réparation.

Yunus n’a pas le droit de poursuivre son mandat car il est trop âgé. Les statuts de la banque prévoient que les directeurs généraux cessent leurs fonctions à 60 ans, et il en a 70. Application du droit, a commenté le ministre des Finances (77 ans).

L’âge de Muhammad Yunus, un simple prétexte

La mise à l’écart de Yunus choque dans le monde entier. Des sénateurs américains viennent d’envoyer une lettre à la première ministre bangladaise ; Jesse Jackson qualifie son départ d’« attaque directe contre la société civile ». En France, Maria Nowak fondatrice de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), a signé une tribune dans Le Monde, en compagnie de Michel Rocard, de Martin Hirsch et d’autres pour protester et appeler à manifester contre cette décision.

L’âge de Yunus est évidemment un prétexte. Il avait eu l’imprudence de se mêler au débat politique dans un pays dominé par des grandes familles. Il s’est attiré la haine de la Première ministre, Sheikh Hasina Wajed, qui, après avoir encensé le microcrédit, estime aujourd’hui que les prêteurs « sucent le sang des pauvres » avec des taux d’intérêt exorbitants.

Yunus est aussi en butte à d’autres critiques, celles de journalistes qui veulent démontrer des malversations (une émission de télé hollandaise a fait long feu sur ce point), ou celles d’analystes qui estiment que la Grameen n’a pas vraiment contribué à la baisse de la pauvreté au Bangladesh, ou encore que, de fait, les taux d’intérêt facturés par la banque sont trop élevés par rapport aux activités financées…

Une crise profonde de la microfinance

Le départ de Yunus intervient au moment d’une crise profonde de la microfinance, au-delà du seul microcrédit. Depuis l’automne dernier, l’Inde vit au rythme des révélations sur les taux d’intérêt et les manières brutales de recouvrement de certaines de ses institutions de microfinance.

Il faut dire que SKS, la principale institution de microcrédit indienne, a connu une période de développement ultra-rapide (7 millions de clients en 2010, 15 millions prévus en 2012), mais qui s’avère désastreuse. Son expansion a débouché sur une introduction en Bourse, en juillet 2010, qui lui a permis de mobiliser 350 millions de dollars, dont une bonne partie venant d’investisseurs américains attirés par les promesses de rendement fantastique. Le management de SKS s’est enrichi au passage, mais le rendement en question était fondé sur des taux d’intérêt des prêts élevés, et sur la brutalité du recouvrement.

Le débat a pris de l’ampleur dans la mesure ou les spécialistes ont craint immédiatement que l’on « jette le bébé avec l’eau du bain » : c’est le thème du vif débat qui a opposé dans Le Monde les Français emmenés par l’universitaire Jean-Michel Servet et Esther Duflo, économiste française mais travaillant aux Etats-Unis.

Pour Servet, ces excès marquent la limite d’un modèle « profitable » de la microfinance. Prêter aux pauvres doit préserver avant tout le rôle social du prêt, donc la prudence et l’accompagnement sous forme de conseils et formations.

Duflo s’est fait connaître par la création de la chaire « Savoirs contre pauvreté » au Collège de France en 2009. Dans le débat actuel, elle estime que l’on « risque de tuer la microfinance », alors qu’il faut encourager un développement mieux organisé, car les avantages sont nettement supérieurs aux incidents ou aux ratés qui émaillent ce développement.

En fait, le débat actuel à propos de Yunus et de l’actualité indienne renvoie à un désaccord plus profond. La microfinance est-elle une activité « de marché », semblable à une autre ?

Son développement et ses succès sont incontestables : 128 millions de personnes (pauvres, pour l’essentiel) ont aujourd’hui accès à des prêts et d’autres services financiers dont elles étaient exclues auparavant. Et une partie d’entre elles sont réellement « sorties de la pauvreté » : des études scientifiques incontestables l’attestent.

La microfinance doit-elle être rentable ?

Pour autant, doit-on laisser les microprêteurs devenir des usuriers au grand jour ? C’est le risque lié au fait que certaines grandes organisations de microfinance sont devenues très rentables : les pauvres remboursent les prêts, et les taux d’intérêt au Sud sont élevés. D’où l’irruption dans ce nouveau « marché financier » d’investisseurs motivés par le rendement autant que par la supposée « bonne action »…

Des excès anecdotiques et provisoires, dit Duflo. Il faut laisser la profession s’organiser et surtout ne pas décourager les investisseurs. En face, Servet et ses amis fixent à la microfinance une fonction sociale beaucoup plus importante. Il faut « arrêter de présenter le microcrédit […] comme un produit miracle pour lutter contre la pauvreté ». Il faut concentrer les prêts sur des projets faisables et des personnes capables, et accompagner les personnes dans leurs projets. Et le prêt n’est qu’un instrument du développement parmi d’autres.

Yunus avait nettement pris parti pour une limitation des taux d’intérêt. Il a aussi contribué au développement d’une jeune organisation, MF Transparency, créée par l’universitaire américain Chuck Waterfield afin de contribuer à la transparence des règles.

Il avait également développé un concept de « social business », qui limite la distribution des profits, avec de grands industriels des pays riches. Danone, notamment, a radicalement modifié ses mode de production de yaourts pour les rendre accessibles aux pauvres du Bangladesh, dans le cadre d’une filiale commune avec Grameen.

En fait, c’est l’image publique de la microfinance qui sort écornée des excès indiens, des débats entre tenants de l’idéologie du marché et tenants de la pédagogie, et du départ de Yunus sur le thème « pas de fumée sans feu ».

La microfinance est restée des décennies durant sous l’influence de grandes organisations très liées aux donateurs et investisseurs du Nord. Le CGAP (Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres), lié à la Banque mondiale, a ainsi eu ce seul discours depuis les années 80 : il faut que ça devienne rentable.

Une petite partie de la microfinance est devenue rentable, mais aujourd’hui, elle commence à payer le prix de l’aveuglement et du cynisme.

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L’ancien président de la FED américaine a-t-il compris la crise financière ?

Jeudi 31 mars 2011

ALAN GREENSPAN, l’ancien président de la FED (Réserve fédérale américaine), considéré comme un « gourou », un magicien de la finance jusqu’à la crise des subprime, a toujours défendu la déréglementation des marchés financiers, et l’absence d’encadrement par l’Etat, en grande partie responsable de la grande crise financière de 2007-2008, et de la crise économique globale qui a suivi.

Greenspan critique aujourd’hui la nouvelle loi destinée à réguler les activités spéculatives des banques.

Crise des subprimes : Alan Greenspan ne fait pas son mea culpa

LEMONDE | 30.03.11

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.REUTERS/JASON REED

Londres, correspondant – Les croisés du libéralisme financier refusent à faire leur mea culpa à propos de leur rôle prépondérant dans le déclenchement de la crise des subprimes, en 2008-2009. Le dernier en date est l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, aux commandes entre 1987 et 2006.

Dans un article publié dans l’édition datée du 30 mars du Financial Times, l’ex-banquier central, âgé de 85 ans, tire à boulets rouges sur la loi Dodd-Frank de re-réglementation définie comme « une création ne pouvant que déstabiliser les marchés et une menace potentielle au niveau de vie des Américains ».

A écouter le champion du « moins d’Etat », cette législation, adoptée en juillet 2010 et destinée à contrôler l’activité des banques, ne permet qu’un « coup d’œil rapide sur les mécanismes internes du plus subtil système financier ».

HOSTILE À LA RÉGLEMENTATION DES PRODUITS DÉRIVÉS

Le message de M. Greenspan n’a pas changé d’un iota : le système est le seul qui fonctionne et il rend tout le monde plus riche, pourvu que l’Etat ne l’étouffe pas. Son hostilité, en 1998, à toute réglementation des produits dérivés l’atteste. La faillite du fonds spéculatif américain Long Term Capital Management et les risques systémiques posés à l’économie américaine reposent alors la question du contrôle des risques.

L’intervention in extremis de la banque fédérale de New York et d’un consortium de banques, pour éviter une réaction en chaîne mettant en difficulté l’ensemble des établissements financiers qui lui avaient fait crédit, soulève des interrogations sur l’absence de législation digne de ce nom sur les produits dérivés.

Brooksley Born, la présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’organisme fédéral de surveillance des marchés à terme, fraîchement nommée par Bill Clinton, propose alors d’inclure la supervision de ces instruments financiers extrêmement dangereux. Alan Greenspan, qui a siégé au conseil d’administration de la banque JP Morgan, l’une des grandes usines à produits dérivés, avant de prendre les commandes de la Fed, sort de son devoir de réserve pour torpiller cette initiative. Or, les produits dérivés adaptés aux produits financiers liés au marché immobilier, les fameux subprimes, seront l’un des facteurs de déclenchement de l’implosion des marchés à l’automne 2008.

« JE SUIS CRITIQUÉ POUR DES CHOSES QUE JE N’AI PAS FAITES »

M. Greenspan a passé la main en 2006 à Ben Bernanke, après dix-neuf ans à la tête de la banque fédérale. Aux louanges ont succédé les critiques acerbes d’une politique de laisser-faire à l’origine du tsunami financier. « J’ai été félicité pour des choses que je n’ai pas faites et je suis critiqué aujourd’hui pour des choses que je n’ai pas faites », répond-il à ses détracteurs.

Outre les apparitions télévisées et les conférences hautement rémunérées, l’expert retraité conseille le spéculateur de haut vol John Paulson – le « sultan des subprimes » – et la Deutsche Bank.

Un peu d’humilité parfois aurait mieux valu qu’une filandreuse plaidoirie. La vieillesse n’est pas une excuse. Le prédécesseur de M. Greenspan à la tête de la FED, Paul Volcker, en témoigne. Le « Maestro », âgé de 83 ans, est l’architecte de la Volcker Rule qui a inspiré le texte Dodd-Frank interdisant aux banques d’affaires de spéculer à l’aide de leurs fonds propres.

Marc Roche

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Le battle Keynes VS Hayek !

Samedi 19 mars 2011

Voici une vidéo plutôt originale : un rap opposant les deux économistes les plus influents du XXe siècle, Keynes et Hayek (le film étant le fruit de l’association d’une producteur d’audiovisuel et d’un professeur d’économie) ! En plus, c’est très bien fait – pardon, ça déchire sa race – dans le fond comme dans la forme :

John Maynard Keynes est un joyeux fêtard, il veut relancer la croissance par les dépenses publiques et la baisse des taux d’intérêt (cad. un crédit pas cher), il veut réguler le marché à court terme (« à long terme, nous sommes tous morts… »), et rétablir la confiance. Selon lui, l’économie n’est pas vraiment fondée sur des calculs rationnels mais sur des « esprits animaux » (sentiments, pulsions)…

Mais à force d’injecter trop de liquidités dans l’économie, on risque de se retrouver avec des bulles financières, et se réveiller avec la gueule de bois…

C’est ce que lui explique Friedrich A. von Hayek, qui a moins de charisme, mais qui pointe les limites de l’approche keynésienne. Hayek prône des mesures exactement opposées : redonner de la valeur à la monnaie et au capital, encourager l’épargne, laisser faire le marché, etc.

Les sous-titrages sont bons mais passent vite, il faut s’accrocher mais des élèves de terminale ES sont capables de comprendre le clip : et c’est ça qui est trop bien !  🙂

http://www.dailymotion.com/video/xc5c82

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A propos du fameux « modèle allemand »

Lundi 31 janvier 2011

L’Allemagne est souvent présentée comme un modèle en matière de compétitivité, de reprise de la croissance, de qualification de la main-d’oeuvre, de syndicats, etc.

Qu’en est-il en réalité ? Ce modèle existe-t-il seulement ?

Le quotidien économique La Tribune fait le point sur le « modèle allemand ».

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