Tous les billets de la catégorie ‘Education’

La crise de l’école, reflet de la crise de la société

mardi 6 avril 2010

Une professeure de philosophie s’interroge sur la crise éducative et la violence dans les établissements scolaires, symptômes selon elle d’une crise beaucoup plus large de la culture et de la société. Les écologistes se demandent quelle Terre nous allons laisser à nos enfants, mais nous pourrions aussi bien nous demander quels enfants nous allons laisser à cette Terre…

Cela fait longtemps que les enseignants constatent que leurs valeurs et leur travail sont en concurrence avec des valeurs opposées, dans le reste de la société, qui sapent les fondements de la culture et de l’humanisme… Mais aujourd’hui, on pourrait craindre un point de non-retour, si la majorité des élèves de l’enseignement secondaire étaient réellement convaincus de l’inutilité de l’école, comparée aux médias, à internet, et du manque total d’intérêt de la culture « gratuite », de la connaissance pour le plaisir de la connaissance…

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Le nouvel objectif des ZEP : trouver les élèves « à potentiel »

vendredi 2 avril 2010

Un article intéressant, pour mieux comprendre la notion d' »égalité des chances », et l’évolution de la politique éducative dans les quartiers défavorisés, avec un spécialiste de la question, Daniel Frandji :

 

Éducation prioritaire : « On a désormais un nouveau critère de ciblage des politiques, la potentialité des élèves » (Daniel Frandji, INRP)

« On a aujourd’hui une vision essentialiste des politiques d’éducation prioritaire (PEP). On s’occupe des enfants à potentiel avec l’idée que l’École ne peut plus intégrer tout le monde », estime Daniel Frandji, maître de conférences en sociologie à l’INRP et co-auteur de l’ouvrage « Les politiques d’éducation prioritaire en Europe » (1). Il intervient à l’occasion d’une « journée nationale sur l’éducation prioritaire », jeudi 1er avril 2010, organisée par le Snuipp-FSU.

« Les PEP sont en constante évolution. Il y a sans cesse de nouveaux dispositifs en Europe et dans le monde », explique Daniel Frandji qui distingue des nuances selon les différents pays. « En Angleterre, les PEP sont les plus anciennes d’Europe, explique-t-il. On constate également une profusion de dispositifs, à tel point que pour notre étude, on ne savait plus sur quoi se centrer. » « Au Portugal, elles sont apparues plus tardivement, à la fin des années 1990, et ciblent plus particulièrement un territoire », ajoute-t-il. « En Grèce, les politiques sont très axées sur des critères notamment religieux. Dans les pays d’Europe de l’Est, le ciblage se fait davantage en fonction de l’ethnie. »

LES TROIS ÂGES DES POLITIQUES D’ÉDUCATION PRIORITAIRE

« Dans notre étude, nous avons constaté trois grosses évolutions des politiques d’éducation prioritaires depuis les années 1960. La première concerne les politiques de compensation, initiées par les États-Unis. Elles sont nées dans une période optimiste, celle du ‘Welfare State’ [État-Providence], continue Daniel Frandji. L’idée, c’est que le collège unique n’a pas permis de démocratiser l’école. On pense l’échec scolaire en termes d’inégalités sociales et on cible des territoires socio-économiques dans lesquels agir : en France, c’est la naissance des ZEP. »

« Le second âge est la lutte contre l’exclusion, poursuit-il. On gère les conséquences des inégalités scolaires comme l’insertion et le chômage ou la violence à l’école. On parle du ‘sort des vaincus de la compétition scolaire’ mais on ne se demande plus qui sont ces vaincus. On se contente d’essayer de diminuer leur nombre. »

« Le dernier âge est celui de l’éducation inclusive », indique-t-il. « C’est la multiplication des dispositifs selon des catégories d’élèves. En France, cela correspond aux Segpa et aux PRE. » « On ne s’interroge plus sur le fait que l’école n’arrive pas à intégrer tous les enfants mais on essaie d’intégrer par des filières spécifiques le public le plus large possible. »

INTERNAT D’EXCELLENCE ET ÉDUCATION PRIORITAIRE

« Moi, ce qui me frappe, c’est le tri que l’on nous demande maintenant de faire entre les élèves », explique Rachel Schneider, enseignante en ZEP en Seine-Saint-Denis. « Après les évaluations de CM2, on m’a dit que ce serait bien de ‘piocher’ dans les 10 % de très bons résultats et d’envoyer ces élèves dans un internat d’excellence. »

« C’est dans l’idée de maximiser les capacités déjà existantes des élèves, affirme Daniel Frandji. L’idée d’école commune éclate : elle ne produit plus de compétences. » « On sélectionne dans ces internats des élèves qui ne sont pas ‘violents’, qui ont de bons résultats scolaires : on est loin de l’idéal de permettre à tous de réussir », ajoute Rachel Schneider. « Il existe un nouveau critère de ciblage des politiques d’éducation prioritaire : la ‘potentialité’ des élèves », affirme Daniel Frandji. « Les ZEP étaient conçues pour développer et viser des territoires précis. Avec cette visée d’excellence, on a une vision mortifère des territoires : on enlève les bons élèves pour les mettre ailleurs. »

RÉUSSITE ÉDUCATIVE

« On assiste à un effacement de la politique d’éducation prioritaire territoriale, constate Marc Douaire de l’OZP. On est clairement passé d’une logique de zone à une logique de public. »

« Avec la réussite éducative, on travaille dans des zones en mettant en place des partenariats avec la ville et le quartier », nuance Sylvie Lissorgues, coordinatrice de la réussite éducative de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) et membre de l’Anare. La réussite éducative est un dispositif national qui s’inscrit dans la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005, qui « s’adresse prioritairement aux enfants et aux adolescents de 2 à 16 ans scolarisés dans des établissements des premier et second degrés relevant des zones d’éducation prioritaire et/ou habitant dans des quartiers inscrits dans la géographie de la politique de la ville ».

Pour la majorité des enseignants en ZEP présents, la réussite éducative ne « sert à rien car elle arrive sous l’égide des maires, sur les ruines de tous les autres dispositifs. » « Cette ‘politique’ ne sert à rien. On va proposer à un enfant qui a de graves difficultés de faire du judo : avec la réussite éducative, c’est sûr, tout s’arrange », ironise Charlotte, enseignante en ZEP en Seine-Saint-Denis. « Les personnes référentes, de ce dispositif, arrivent dans l’école et on ne sait pas qui elles sont, ni ce qu’elles font. » « Le problème des politiques éducatives aujourd’hui, c’est que le dispositif est un véritable millefeuille », estime Marc Douaire. « Plus personne ne sait qui fait quoi, ni qui perçoit quoi comme financement. »

L’éducation prioritaire concerne aujourd’hui 1 110 collèges, 254 en RAR, 856 en RRS, soit 20 % des élèves.

(1) « Les politiques d’éducation prioritaire en Europe » de Marc Demeuse, Daniel Frandji, David Greger, Jean-Yves Rochex, INRP, 2008.

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Violence au lycée, violence du lycée

dimanche 14 mars 2010

Un professeur de lettres analyse de manière très franche et pertinente la montée de la violence au lycée, et ses origines : très intéressant.

Réagissez avec vos commentaires !

http://lemonde.fr/opinions/article/2010/03/13/lycee-genese-de-la-violence-par-fabrice-humbert_1318662_3232.html

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Un grand sociologue défend les SES

dimanche 14 février 2010

Pourquoi faire des SES, et être en ES ?

Lisez le bel article de Stéphane Beaud – sociologue, grand spécialiste des quartiers populaires -, dans Libération, à propos des SES :

http://www.liberation.fr/societe/0101617924-lycee-eco-sans-socio-n-est-que-ruine-de-l-ame

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Parler de l’homosexualité dès le plus jeune âge ?

dimanche 14 février 2010

Une polémique a opposé récemment les partisans et les opposants à une initiation à la lutte contre l’homophobie à l’école primaire (l’éducation contre toutes les formes de discrimination faisant partie des missions centrales de l’école de la République).

Un court-métrage, « Le baiser de la lune », qui montre entre autres choses les amours de deux poissons mâles (choquant, n’est-ce pas ?), et destiné aux CM1,  a été interdit par le ministre de l’Education nationale, avec l’appui d’associations « familiales » bien-pensantes… En voici la bande-annonce :

Un directeur de maternelle publie un article dans Le Monde, prônant au contraire une éducation à ces questions dès le plus jeune âge

Bonne Saint Valentin, et que chacun aime qui il veut, comme il veut !   🙂

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Le sociologue François Dubet démissionne de la commission des nouveaux programmes de SES

mardi 2 février 2010

François Dubet, célèbre sociologue, était l’unique représentant de sa discipline dans le « groupe d’experts » chargé de rédiger les nouveaux programmes de SES, en quatrième vitesse – par exemple, il n’a fallu que trois réunions pour concocter le lamentable nouveau programme de seconde. Voici sa lettre de démission, où il évoque notamment l’intervention directe du cabinet du ministre (probablement lui-même sous l’influence de lobbies patronaux très puissants) dans le programme :

 


Chers collègues
 
La publication du projet de programme de SES de la classe de seconde provoque des réactions si fortes que, déjà, la légitimité de ce programme me paraît mise en cause. Or, un programme n’est efficace que si les enseignants y adhèrent.
 
Sans doute, les réactions de certaines associations professionnelles d’enseignants de SES sont-elles très excessives. Mais il est vrai que si nous avons travaillé sérieusement et dans un climat apaisé, nous avons travaillé très vite, nous n’avons eu le temps de consulter personne et le Cabinet du ministère a sensiblement transformé notre projet. Peut-être aurait-il été raisonnable de travailler sur l’ensemble du programme des trois années de lycée pour que la cohérence du projet apparaisse plus clairement.
 
J’ai le sentiment que la perspective sociologique en ressort très appauvrie. Je ne peux évidemment pas cautionner ce rétrécissement, non par corporatisme disciplinaire, mais parce que je suis convaincu de ce que les sciences sociales participent à la formation d’un citoyen éclairé tout en préparant à des études supérieures et à des activités professionnelles.Je regrette que le projet de mêler les approches économiques et sociologiques sur les mêmes objets ait été très affaibli. Par exemple, l’entreprise apparait moins comme un monde du travail, comme un monde social, que sous la forme d’une unité de production plus ou moins adaptée à des environnement mouvants.
 
Je souhaite donc me retirer de notre commission en souhaitant qu’à l’avenir la transformation de notre système d’enseignement se fasse de manière plus paisible et plus concertée, y compris avec ceux qui voient un danger dans chaque changement.
 
Bien cordialement
 
François Dubet

Et comme vous avez été sages, j’ajoute une interview du même François Dubet (qui a une approche plutôt individualiste méthodologique, très différente de Bourdieu par exemple… mais qui est un très bon connaisseur de l’école) : comment rendre l’école plus juste ? (durée : 8 mn)

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On parle des SES dans Libération

samedi 30 janvier 2010

Un article du quotidien Libération évoque la disparition de certains thèmes importants, et intéressants pour les élèves, dans le nouveau programme de seconde, et en particulier la question du chômage :

http://www.liberation.fr/societe/0101616311-le-chomage-matiere-a-economies

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Le chômage n’est plus au programme de SES de seconde…

mardi 26 janvier 2010

… ni les PCS, ni les inégalités, ni la famille, ni le pouvoir d’achat, ni l’investissement…

En fait, aucun thème concret, qui fasse sens pour des élèves de 15 ans, n’est abordé…

Le site indépendant Rue 89 examine ce triste  nouveau programme… :

http://eco.rue89.com/2010/01/26/le-chomage-disparait-du-programme-deconomie-de-seconde-135580

Vous aussi, vous pouvez donc vous faire une idée, et laisser des commentaires !

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Un nouveau programme de seconde catastrophique

lundi 25 janvier 2010

Vous trouverez ci-dessous le communiqué de presse de l’Association des Professeurs de SES sur le nouveau programme de seconde de SES (qui devrait s’appliquer à la prochaine rentrée).

Celui-ci se limite à la manipulation de concepts abstraits et d’outils totalement déconnectés des questionnements que nous avons actuellement pour initier les élèves de seconde aux SES : famille, chômage, fonctionnement des entreprises… En démocratie, ce n’est pas aux politiques d’écrire l’histoire (cf colonisation) et il ne leur revient pas le droit d’imposer leur approche de l’économie et de la société (une société sans chômage, sans inégalités, sans conflits, sans organisation du travail…). Merci de faire circuler très massivement ce communiqué et le programme. Par ailleurs on organise une soirée de défense des SES. Elle n’est pas réservée aux profs de SES bien au contraire :

Vendredi 29 janvier 2010 à partir de 18h30
 Soirée de défense festive des SES, « On n’est pas couchés »
 au Café Rive droite, 2 rue Berger  75001 Paris

http://www.apses.org

Communiqué de presse de l’APSES du 23 janvier 2010

Par qui et pour qui a été fait le nouveau programme de SES de seconde ?

Le Ministère vient de communiquer aux éditeurs le projet de nouveau programme de sciences économiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme réoriente profondément les finalités de l’enseignement de SES.

1. Un programme qui gomme systématiquement les enjeux économiques et sociaux contemporains

Le Ministère a choisi délibérément d’évacuer du programme de SES proposé en classe de seconde la plupart des questions de société qui y étaient abordées jusqu’à présent : suppression des questionnements sur l’emploi et le chômage, sur l’investissement, sur les revenus et les inégalités ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l’épargne, la fixation des prix (y compris du prix d’équilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l’économie. Taire les questions de société, c’est renoncer à la dimension citoyenne que véhiculent tous les enseignements généraux du lycée et faire perdre à l’enseignement des SES ce qui fonde son succès depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tenté de faire enseigner les « aspects positifs de la colonisation » en Histoire-Géographie, le Ministère souhaite-t-il faire enseigner les « aspects positifs de l’économie » en SES, bref une « économie Bisounours » ?

2. Un programme qui marginalise les autres sciences sociales

Les entrées sociologiques du programme sont réduites à la portion congrue et placées à la fin. Or, le document diffusé par le Ministère précise qu’il faudra traiter « au moins les 10 premières questions ». Compte tenu de sa lourdeur, les autres sciences sociales deviennent de facto optionnelles au profit d’un enseignement désincarné d’économie fondamentale. Le ministère relègue la sociologie, l’anthropologie, la science politique au rang d’accessoires alors même que ces disciplines permettent aux lycéens de prendre du recul et donc de mieux comprendre des éléments essentiels de leur environnement quotidien comme la famille, l’école, les médias. Après avoir pourtant rendu un vibrant hommage à Claude Lévi-Strauss, Luc Chatel souhaite-t-il donc à ce point « cacher ces sciences sociales qu’il ne saurait voir » ?. Mais le sort réservé à l’économie n’est pas pour autant plus enviable. C’est une présentation de l’économie atemporelle sans hommes ni institutions, une économie réduite à des courbes, dérivées, élasticités et autre prix d’équilibre. Le Ministère souhaite-t-il vraiment que les lycéens puissent disposer des moyens de se repérer dans l’actualité économique et sociale dans laquelle ils baignent à travers les discussions de famille et la télévision ?

3. Un programme inadapté à des élèves de 15 ans qui découvrent un nouvel enseignement

Ce programme démontre une fois de plus que contrairement à ses déclarations, les questions pédagogiques sont loin d’être une préoccupation pour le Ministère. Nous  avions  déjà pu observer cette contradiction entre la communication et les actes lorsque  le Ministère, tout en affirmant haut et fort  qu’il souhaitait élever la culture économique des Français, avait commencé par réduire à la portion congrue le volume horaire de l’enseignement de SES (90 minutes par semaine seulement et suppression du travail en groupe réduit) ! Mais le choix des notions que le Ministère considère qu’un élève de seconde, doit apprendre en priorité est aussi éloquent :

§         Sur le thème de la consommation, les élèves seront censés se passionner pour la notion « d’élasticité-prix », tandis que dans le même temps, on leur refuse de parler de pouvoir d’achat

§         Sur le thème de l’entreprise, ils devront découvrir les joies des « constructions des courbes de coûts » tandis qu’il leur sera interdit de parler d’innovation ou de la distinction entre chiffre d’affaires et profit

§         Sur le thème du marché, on préférera leur parler de la construction du « prix d’équilibre » plutôt que de ce qu’est une « économie de marché » qui nécessite un ensemble de « règles » que les acteurs doivent respecter.

On demande à des lycéens venant de quitter le collège d’aborder l’économie par l’apprentissage d’outils abstraits. C’est l’idée que l’on fait découvrir et aimer la musique par la répétition préalable des gammes. Or, pour qui connaît le public lycéen, a fortiori en seconde, c’est raisonner à l’envers. C’est au contraire parce qu’on part des questions contemporaines qui font sens pour les lycéens que ces derniers consentent à fournir l’effort nécessaire pour assimiler des outils. Voudrait-on réduire l’attractivité des SES et de la série ES que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Si la confection de tout programme est une succession de choix, le Ministère a préféré imposer les siens, au détriment même du travail réalisé par le groupe d’experts qu’il a pourtant lui-même constitué. On en vient  à croire que le programme était déjà écrit. Cette façon de procéder est proprement inacceptable.

En conséquence, l’APSES appelle les professeurs de SES à exprimer leur refus de ce programme démesuré, inadapté et dénaturé lors de la consultation organisée par le Ministère à partir du 8 février. Si le programme n’était pas profondément remanié, et l’horaire alloué augmenté (pourquoi nombre d’enseignements d’exploration ont 3h ?), l’APSES se verrait dans l’obligation d’appeler les collègues à la désobéissance citoyenne et à ne pas appliquer ce programme à la rentrée 2010. Elle appelle d’ores et déjà tous les citoyens à se mobiliser lors de la semaine d’action pour les SES à compter du lundi 25 janvier, et à participer à la manifestation du 30 janvier pour exprimer ce refus d’une réforme qui marginalise et dénature les SES.

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Ecole française : un élitisme très peu républicain

jeudi 14 janvier 2010

Suite du débat sur le système éducatif français, et en particulier l' »élitisme républicain » à l’entrée des grandes écoles :

Un économiste développe dans Les Echos son point de vue sur les grandes écoles, fondé sur des constats justes, faits par plusieurs spécialistes comme Christian Baudelot ou Eric Maurin, en vue d’améliorer l’enseignement supérieur

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