Un très beau petit film sur l’emploi

Lundi 8 février 2010

J’ai découvert sur le site de Marianne un très beau court-métrage de Pierre Pinaud, « Les Miettes« , sorti en décembre dernier et qui évoque les thèmes de l’emploi et des délocalisations.

Dans un univers inspiré du cinéma des années 20 et 30 (Fritz Lang, Murnau, Chaplin, ou les films sociaux français : René Clair, Jean Renoir…), ces « miettes » (symbolisant le salaire) sont une belle allégorie du néolibéralisme – qui justement nous rappelle étrangement, aux plans économique, social, politique, le climat des années 30… Mais la fin du film n’a pas l’optimisme des films d’avant-guerre, elle est noire… (durée totale : 31 mn)

 1ère partie :

2e partie :

 

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« Le syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot : Insoutenable !

Lundi 5 octobre 2009

En arrivant – en Velov bien sûr – à cette avant-première lyonnaise réservée aux enseignants, ce dimanche matin ensoleillé, j’avais un a priori positif à l’égard de Nicolas Hulot, qui a su imposer le thème du développement durable – ou « soutenable » comme disent les Anglo-saxons – pendant la dernière campagne présidentielle et juste après avec le Grenelle de l’Environnement, et qui accomplit avec sa Fondation Nicolas Hulot un travail de recherche et de communication intéressant.

Le premier quart d’heure du film installe un rythme très lent et un discours très général, Nicolas Hulot nous faisant partager quelques états d’âme illustrés par des images décoratives à la manière d’Arthus-Bertrand. Je me dis que c’est l’introduction, que nous allons en venir à l’essentiel : des faits, des témoignages, un raisonnement, des solutions pour l’avenir. Je ne verrai rien de tout cela pendant l’heure et demie que dure le film. Ayant approché depuis mon enfance toutes sortes de discours militants, de tous registres et de tous bords, j’ai rarement vu un documentaire engagé aussi creux, confus et pour tout dire ennuyeux.

D’abord, du point de vue du cinéma documentaire, il n’y en a aucun, justement, de point de vue. Une séquence constituée de plans fixes dans une salle de tribunal filmée par Raymond Depardon est infiniment plus significative et vraie – parce que construite sur des choix de cinéaste – que ce grand clip, qui nous propose une succession d’images de différents pays, différents paysages, différents milieux sociaux, mais sans jamais s’arrêter pour suivre les personnes concernées, et surtout leur donner la parole. C’est ce qui m’a le plus gêné en premier lieu : aucun témoignage ni de la part des riches ni de la part des pauvres, ni des gens du Nord (à part une SDF américaine à la fin du film) ni des gens du Sud, aucun visage parlant, même pas celui de Nicolas Hulot, qui – sans doute par crainte d’être accusé de se mettre en scène comme dans son émission « Ushuaïa » – n’est présent que par une voix off. Tous les propos d’intervenants célèbres (Muhamad Yunus l’inventeur du microcrédit, l’astronome Hubert Reeves, l’anthropologue Théodore Monod, etc. etc.) sont également présentés en voix off sous-titrée, ce qui est agaçant, étant donnée la vacuité des images par ailleurs. On a échappé aux clichés les plus grossiers (ours polaire dérivant sur un bloc de glace, carcasses de bateaux sur la mer d’Aral, enfant africain affamé, tsunami…) mais c’est tout juste ; en dehors de quelques séquences assez originales et fortes – comme des touristes photographiant et filmant les habitants d’un village en Namibie -, les plans n’ont aucun style, aucune profondeur de champ. Ils nous plongent dans un ennui profond, ce qui est un comble, vu l’urgence de la question écologique.

Nicolas Hulot fait-il mieux du côté du discours et du scénario ? Là encore règne la plus grande confusion. Aucun scénario, aucun raisonnement appuyé sur des données concrètes – par exemple, les chiffres cités se comptent sur les doigts d’une main ; certes ce n’était pas la priorité du film, mais tout de même… Aucun mécanisme décortiqué, ni – ce qui est plus surprenant de la part de l’auteur – aucune ébauche de solution ! Les exemples les plus triviaux sont associés aux enjeux les plus graves : à côté de jeunes branchés dansant dans une discothèque japonaise – en quoi nuisent-ils au développement durable ? -, ou un groupe pop chantant sur un plateau de télévision, encore asiatique – là encore, où est le mal ? C’est pour illustrer la superficialité de nos besoins, ah bon… -, nous voyons des hommes de peine recyclant des ordinateurs à Lagos au Nigéria en respirant des produits toxiques, des ports et des immeubles en construction en Chine, des tas d’images de chantiers – mais il y a chantier et chantier : aucune réflexion sur les énergies et les matériaux utilisés, l’architecture, l’urbanisme…

Et puis des images de bombes atomiques, de guerre… Je sais bien que « tout est dans tout, et inversement », comme disait Pierre Dac, mais quel rapport avec le sujet ? Et Hulot de nous montrer le mur de la frontière américano-mexicaine, puis juste après le mur entre Israël et les territoires occupés palestiniens : s’agit-il des mêmes murs, des mêmes enjeux ? Le film insiste à raison sur la question de la pauvreté – puisque le développement durable a nécessairement une dimension sociale -, mais la pauvreté du Nord est-elle comparable à celle du Sud ? L’auteur enchaîne les propos gratuits et creux, indiscutables donc sans intérêt ni scientifique ni politique, agrémentés de quelques citations passables dans une copie de philo de terminale. Je ne citerai pas de phrase précise – il serait trop facile de se moquer – mais lorsqu’à la fin, Hulot déclare « Je suis perdu », on est prêt à le croire.

En fin de compte, « Le syndrome du Titanic » me paraît très au-dessous – au plan pédagogique et même purement cinématographique – des autres documentaires existant sur le même thème : moins poignant que « Le cauchemar de Darwin », moins mobilisateur que « Le bien commun », moins drôle que « Nos amis de la Banque », et bien moins séduisant qu’« Une vérité qui dérange » – autant Al Gore y apparaissait comme un excellent pédagogue, autant Nicolas Hulot est un bien piètre orateur, ce qui encore une fois est surprenant de la part d’un animateur-producteur de télévision. Je ne sais pas si Nicolas Hulot a sous-estimé ses spectateurs – les abreuvant d’images et d’émotions faciles, alors qu’ils en sont gavés tous les jours, et qu’ils auraient au contraire besoin d’un décryptage des faits et d’une réflexion nuancée, partagée avec les acteurs concernés. Ou bien le film lui a-t-il échappé en cours de route – en jouant avec les images et les sons chics, il aurait oublié son propos et tout ce qu’il avait fait depuis un an avec sa Fondation ? En tout cas, le film fait figure de cas d’école : on y trouve tout ce qu’on pouvait attendre de pire – ou presque – d’un film écologiste « bobo » du début du XXIe s., rien de ce qui aurait pu être intéressant et éducatif.

 

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Courts-métrages : deuxième séance

Dimanche 26 octobre 2008

Je remets deux courts-métrages qui vous ont peut-être échappé lorsque je les ai mis en ligne il y a 15 jours, et que vous pourrez déguster plus tranquillement en étant en vacances :

Ce sont deux courts-métrages du Festival “Très courts”, de quelques minutes chacun, très réussis, et intéressants pour les SES…

“THE JOB” :
http://www.dailymotion.com/video/x6y6ck_the-job_shortfilms

& un film d’animation polonais, “THE CAGE” :
http://www.dailymotion.com/related/x6y6ck_the-job_shortfilms/video/x50ohi_the-cage_creation

 

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Deux beaux petits films

Mardi 7 octobre 2008

Voici deux courts-métrages du Festival « Très courts », très réussis, et intéressants pour nous…

« THE JOB » :
http://www.dailymotion.com/video/x6y6ck_the-job_shortfilms

& un film d’animation polonais, « THE CAGE » :
http://www.dailymotion.com/related/x6y6ck_the-job_shortfilms/video/x50ohi_the-cage_creation

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