Documentaire de… 1936 !

mardi 14 juin 2011

UN DOCUMENT RARE SUR LES GREVES AVEC OCCUPATIONS D’ENTREPRISES EN JUIN 1936 :

Le documentaire insiste sur les coulisses, le climat de bonne humeur et l’humour présents dans ces grèves… mais on sent bien aussi l’organisation stricte et parfois contraignante de la part de la CGT et du Parti communiste, que ce soit sur les lieux de travail ou dans les quartiers populaires : gare à celui qui ne suivrait pas le mouvement général ! L’identité de classe était forte (le poing levé étant un signe communiste), et l’individualisme était très mal vu à l’époque…

http://www.dailymotion.com/video/xcykd3_greves-d-occupations-en-1936_school#from=embed&start=486 Tags : , ,

Le « mouvement des Indignés » en Espagne et en France

mardi 24 mai 2011

UN ARTICLE DANS LE QUOTIDIEN « L’HUMANITE » : un mouvement né sur Internet :

Le mouvement arrive à Lyon : Les rassemblements-campements se renouvellent chaque jour Place Bellecour à 19H, depuis dimanche, en solidarité avec des manifestations similaires en Espagne.

Lire les deux textes espagnols de référence ci-dessous, cités par les manifestants de Lyon :

Manifeste de democracia real Ya!
Nous sommes des personnes simples et ordinaires. Nous sommes comme toi. Des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, pour travailler ou pour chercher du boulot ; des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et offrir un meilleur futur à ceux qui les entourent.
Parmi nous, cer­tains se consi­dè­rent pro­gres­sis­tes, d’autres plutôt conser­va­teur-trice-s. Certains sont croyant-e-s, d’autres pas. Certain-e-s ont des idéo­lo­gies affirmées, d’autres sont apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous préoc­cupé-e-s et indi­gné-e-s par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale actuelle. Par la cor­rup­tion des poli­ti­cien-ne-s, des patron-e-s, des ban­quier-e-s… qui nous laissent impuissant-e-s et sans voix.
Cette situa­tion nous fait souffrir au quotidien ; mais si nous nous unissons nous pouvons la modifier. C’est le moment de nous mettre en marche pour bâtir ensemble une société meilleure. Pour ce faire, nous sou­te­nons fermement que :

Les priorités de toute société développée doivent être l’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement durable et le bien-être des personnes.

Il existe des droits fondamentaux que la société a le devoir de garantir : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à l’engagement politique, à l’épanouissement personnel et le droit à l’accès aux biens nécessaires à une vie saine et heureuse.

Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.

La démocratie, par essence, émane et appartient au peuple, mais, dans ce pays, la majorité de la classe politique ne lui prête pas attention. Le rôle des politicien-ne-s devrait être de faire entendre nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyen-ne-s grâce à des voies de démocratie directe pour le bénéfice de l’ensemble de la société. Et non celle de s’enrichir et prospérer à nos dépens, en se pliant aux exigences des pouvoirs économiques et s’accrochant au pouvoir par la dictature partitocratique du PPSOE[*].

La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-un-e-s créent inégalités, tensions et injustices, ce qui mène à la violence et que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale qui se consomme par elle-même en enrichissant une minorité et en plongeant les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.

L’accumulation d’argent est la finalité du système, sans prendre en considération le bien-être de la société et de ceux qui la composent ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des personnes frustrées.

Nous sommes les rouages d’une machine destinée à enrichir une minorité qui ne sait plus reconnaître nos besoins. Nous sommes des citoyen-ne-s anonymes, mais sans nous rien ne serait possible car nous faisons tourner le monde.

Nous ne devons plus placer notre confiance en une économie qui ne tourne jamais à notre avantage. Il nous faut éliminer les abus et les carences que nous endurons tous.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. L’argent ne doit plus être au dessus tout, mais simplement à notre service. Nous sommes des êtres humains, pas des marchandises. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour toutes ces raisons, je suis indigné-e.
Je crois que je peux changer les choses.Je crois que je peux aider.
Je sais que tous ensemble nous le pouvons.
Il ne tient qu’à toi de nous rejoindre.

[*] Contraction des deux partis PP et PSOE, un peu comme si on disait UMPS chez nous.

Manifeste féministe de l’assemblée féministe de la Puerta del Sol
La Révolution sera féministe ou ne sera pas : traduction du manifeste rédigé sur la Puerta del Sol.

Nous sommes sur la place car :
– Nous vou­lons une société dont le centre soit les per­son­nes et non les mar­chés finan­ciers. Nous reven­di­quons donc la gra­tuité des ser­vi­ces publics et vitaux que sont l’éducation et la santé face aux réduc­tions sociale et à la réforme du tra­vail.
– Nous exi­geons l’usage d’un lan­gage non sexiste qui nomme toutes les per­son­nes sans trace d’homo­pho­bie, de machisme et de racisme.
– Nous vou­lons un com­pro­mis d’hommes et de femmes afin de cons­truire une société qui n’admette pas la vio­lence machiste.
– Notre corps nous appar­tient, c’est pour­quoi nous accep­tons les mul­ti­ples formes de vivre le sexe et la sexua­lité (les­bien­nes, gays, inter­sexuel­les, bisexuel­les, tran­sexuel­les, tans­gen­res, queers…)
– Nous reven­di­quons l’avor­te­ment libre et gra­tuit.
– Il est indis­pen­sa­ble de d’incor­po­rer l’appro­che fémi­niste au sein des poli­ti­ques économiques, au sein du ser­vice public, dans la créa­tion d’un autre modèle de ville et au sein des poli­ti­ques de l’envi­ron­ne­ment afin de sortir de la crise.
– Nous exi­geons que les Employées domes­ti­ques ou Employées du foyer soient inclues au sein du régime géné­ral de la sécu­rité sociale.
– Nous exi­geons que la tran­sexua­lité ne soit plus traité comme une mala­die.
– Nous exi­geons des papiers pour toutes et que les femmes migran­tes jouis­sent des tous les droits.
La révo­lu­tion sera fémi­niste, écologiste, répu­bli­caine, laïque et non du Capital.

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« Questions insurrectionnelles et nouveaux mouvements sociaux »

samedi 21 mai 2011

POUR SE DETENDRE, VOICI UN CLIP SYMPA de Keny Arkana : comme souvent avec le rap, les paroles sont difficiles à comprendre, mais écoutez bien, car elles sont bien écrites…

http://www.dailymotion.com/video/xig0nx_keny-arkana-v-pour-verite_music Tags : , ,

Documentaire sur le féminisme

mardi 17 mai 2011

A voir, en relation avec le chapitre sur les « Conflits sociaux » (et en particulier la question des « nouveaux mouvements sociaux ») : les intervenantes sont des féministes bien connues dans le débat public français. Le sociologue Eric Fassin est spécialiste des discriminations, notamment en matière sexuelle :

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Révisions : regardez les petites fiches d’Alter Eco !

vendredi 22 avril 2011

Le mensuel Alternatives Economiques a publié un hors-série sur « La Société française » : on peut lire des extraits de ces articles, sous forme de petits articles accompagnés à chaque fois d’un graphique.

Parfait pour les révisions pour le bac !

http://www.alternatives-economiques.fr/la-societe-francaise_fr_pub_1085.html

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Pourquoi militer ?

mardi 5 avril 2011

La revue SCIENCES HUMAINES pose cette question, et d’autres : est-il rationnel de s’engager pour une cause incertaine, pour des intérêts qui ne sont pas strictement individuels ? Les militants sont-ils totalement désintéressés ?…

Lire l’article ci-dessous, très intéressant :

Pourquoi militer ?

Christophe Traïni

Quel motif a-t-on de sacrifier son temps à une cause incertaine, de se joindre à une foule qui proteste, de signer une pétition ? Pour répondre à cette question, on a cru bon d’opposer la raison à l’émotion. Il s’avère que, dans certains cas au moins, on ne peut se passer ni de l’une ni de l’autre.

Pourquoi les gens militent-ils pour des causes dans lesquelles ils n’ont pas d’intérêt direct : les sans-papiers, la protection des animaux de laboratoire ou des taureaux de corrida par exemple ? Ces dévouements mettent à mal les explications classiques des mobilisations collectives. Ils invitent à faire la part de ce qui relève du calcul rationnel dans les engagements militants.

Foule, de l’émotion à la rationalité

À la fin du XIXe siècle, Gabriel de Tarde, auteur des Lois de l’imitation (1890), et Gustave Le Bon, auteur de Psychologie des foules (1895), tendaient à disqualifier les mobilisations populaires en les rabattant sur des phénomènes des plus inquiétants (1). Les individus, ordinairement raisonnables, une fois plongés dans la foule auraient été inéluctablement gagnés par des états affectifs incontrôlables. Pour ces auteurs, les protestations collectives se confondaient avec des déchaînements d’émotions faisant régresser ceux qui y participaient au rang des bêtes fauves, des enfants immatures ou des races prétendument inférieures.

Au siècle suivant, les spécialistes des comportements collectifs ont fait preuve d’une approche plus scientifique et moins normative. Neil Smelser et Ted Gurr, par exemple, envisagent les émeutes, révolutions et autres mouvements de foule, comme la résultante de tensions structurelles ébranlant l’ordre ordinaire des sociétés. Les individus engagés dans les mouvements sociaux apparaissent sous les traits d’agents obéissant quasi machinalement à des exigences d’ajustements systémiques qui les dépassent.

Cependant, à compter des années 1960, les universitaires américains sont confrontés aux nombreuses manifestations qui, parfois au sein de leur propre campus, visent à dénoncer les discriminations de race, de genre, la guerre du Viêtnam, etc. Ce sont des mobilisations qui touchent, non plus des milieux sociaux éloignés, mais bel et bien des proches, des collègues se réclamant de valeurs communes. Dans ces conditions, les spécialistes ont du mal à maintenir l’idée que les mobilisations collectives sont des mouvements irrationnels.

De là découle l’accueil très favorable qu’ils réservent au livre La Logique de l’action collective, publié en 1965 par l’économiste et politiste américain Mancur Olson. Dans cet ouvrage, l’auteur envisage les activistes sous les traits d’acteurs rationnels, aptes à sélectionner les conduites les plus conformes à leurs préférences. Sur la base d’un modèle classique de calcul de coûts et d’avantages, il explique qu’un militant ne participe à un groupement qu’à condition d’y trouver un bénéfice personnel : équipements à prix réduits, informations précieuses, conseils techniques, assistance légale, acquisition de savoir-faire, responsabilités gratifiantes, etc. D’évidence, tous ces avantages ne se confondent pas avec le bien revendiqué collectivement.

Emboîtant le pas à l’économiste, les théoriciens de la mobilisation des ressources s’appliquent alors à décrire les mouvements sociaux comme le résultat d’actions obéissant à une rationalité similaire à celle qui prévaut au sein des firmes économiques. Ils désignent la minorité active au sein des organisations comme des « entrepreneurs de causes », qui s’emploient à accumuler un maximum de ressources pour les redistribuer afin d’attirer le maximum d’adhérents.

Quel intérêt à défendre les animaux ?

Cette approche avait l’avantage d’inciter les chercheurs à observer de près les pratiques concrètes permettant à des mécontentements diffus de s’organiser en révolte collective. Toutefois, certains commentateurs, comme le sociologue Alessandro Pizzorno, ont souligné les limites de cette approche (2). En se focalisant sur les moyens employés, le modèle de rationalité importé de l’économie est incapable d’expliquer pourquoi certains citoyens se mobilisent pour des causes qui pourraient tout aussi bien les laisser indifférents et ne leur procurent pas de bénéfice apparent.

C’est particulièrement le cas des militantismes de solidarité, qui se proposent de défendre le sort de « malheureux » incapables de se révolter eux-mêmes : étrangers, demandeurs d’asile, minorités opprimées, exclus et autres « sans voix »… C’est encore plus évident quand les victimes sont des membres d’une autre espèce. Les militants de la cause animale ne cessent ainsi de payer de leurs temps, et souvent de leur argent, pour dénoncer et tenter d’améliorer le sort des chiens et des chats abandonnés par leur maître, ou bien encore des bêtes vouées à la corrida, à la chasse, à la boucherie ou aux expérimentations de laboratoire, etc. S’obstiner à attribuer leurs engagements à des calculs de coûts et d’avantages aboutissant à des bénéfices personnels est aussi peu réaliste qu’éclairant. Pour comprendre les motifs de ces engagements, il faut envisager d’autres logiques. Il faut reconnaître la place cruciale des dimensions affectives, trop souvent tenues pour incompatibles avec la rationalité des comportements politiques (3). Il faut s’interroger sur les différentes manières dont le militantisme de solidarité prolonge des sensibilités que les acteurs doivent à leurs parcours antérieurs. Pour les comprendre, le chercheur fait appel aux méthodes compréhensives : analyses de récits (auto)biographiques, entretiens, observation ethnographique, sans oublier la dimension historique (4).

L’opposition à la tauromachie, par exemple, offre à ses sympathisants la possibilité d’éprouver des états affectifs qui alimentent leur satisfaction de participer à un engagement, tout compte fait, bien plus coûteux que rémunérateur. Ce sont d’abord des réactions immédiates, tels le dégoût et la colère, par lesquelles le corps réagit aux images répugnantes des corridas, mises en exergue à des fins de dénonciation. À celles-ci s’ajoutent des émotions réflexives, qui impliquent une introspection évaluative de nature cognitive, morale ou esthétique.

Les militants sont aussi des stratèges

L’engagement contre la corrida permet d’éprouver une gamme très étendue d’émotions réflexives. Il y a ainsi la répulsion, l’indignation et le mépris à l’endroit des aficionados, l’attendrissement et la compassion pour les taureaux martyrs, et la délectation que procurent les textes littéraires, les musiques et les images stigmatisant la tauromachie. La défense des animaux donne aussi le sentiment d’épouser une noble cause, autorise à énoncer des jugements philosophiques généraux et à éprouver la fierté de s’apparenter à de grands précurseurs comme Victor Hugo ou Émile Zola. Il y a aussi l’estime réciproque et l’enthousiasme d’agir de concert que l’on trouve au sein du groupe des militants… Ces derniers apprécient d’autant mieux ces émotions qu’elles prolongent et altèrent les sensibilités qu’ils doivent à des expériences sociales préalables parfois très variées. De fait, l’opposition à la corrida est capable de rallier aussi bien des enseignants laïcs attachés à l’idéal d’éducation du peuple, des évangélistes déterminés à éprouver leur foi, d’anciens gauchistes libertaires valorisant la dénonciation de toute forme de domination, que des dames soucieuses de bienfaisance ou de tendresse animale…

Toutefois, ces sensibilités préexistantes sont des conditions nécessaires mais pas suffisantes pour expliquer un engagement durable au sein des organisations : l’engagement exige en effet un incessant travail militant. Ce dernier contribue autant à la transformation personnelle de ceux qui s’y emploient qu’à l’édification de problèmes publics justifiant la mobilisation du plus grand nombre. Il entraîne l’apprentissage de multiples connaissances et savoir-faire tactiques, dont nous devons reconnaître qu’ils conditionnent le devenir des mobilisations. Ce savoir-faire tactique relève, en grande partie, du calcul. Cependant, cette rationalité instrumentale n’est qu’un effet secondaire de l’engagement et non pas la cause censée pouvoir l’expliquer. Les militants sont aussi des stratèges, mais en matière d’engagement, il ne faut pas confondre le pourquoi et le comment.

NOTES

(1) Susanna Barrows, Miroirs déformants. Réflexions sur la foule en France à la fin du XIXe siècle, Aubier, 1990.
(2) Alessandro Pizzorno, « Considérations sur les théories des mouvements sociaux », Politix, n° 9, 1990.
(3) George E. Marcus, Le Citoyen sentimental. Émotions et politique en démocratie, Presses de Sciences Po, 2008.
(4) Christophe Traïni (dir.), Émotions… Mobilisation !, Presses de Science Po, 2009.

Christophe Traïni

Maître de conférences à l’IEP-Aix-en-Provence, il a récemment publié La Cause animale (1820-1980). Essai de sociologie historique, Puf, 2011.

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Selon le premier sondage public, la majorité des Français soutiennent le mouvement social sur les retraites

vendredi 22 octobre 2010

Ce soutien de l’opinion publique a même tendance à se renforcer, par rapport aux précédents sondages. 69 % des Français interrogés soutiennent « grèves et manifestations ».

Plus surprenant : un peu plus de la moitié des personnes interrogées sont même favorables à la grève dans les transports, et presque la moitié soutiennent le blocage des raffineries.

On observe des différences d’attitude selon les générations : les personnes âgées sont plutôt contre, les jeunes massivement pour… Faut-il rappeler que ce sont les seconds qui sont concernés par ce mouvement social ?

Voir ici les résultats d’un sondage BVA, premier sondage public portant sur le mouvement social actuel, publiés aujourd’hui dans Le Monde.

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Deux responsables lycéens s’expliquent

jeudi 21 octobre 2010

Les responsables des deux principaux « syndicats » lycéens, l’UNL et la FIDL, étaient les invités d’une émission vidéo de Libération, « Parti pris » :

http://www.liberation.fr/politiques/06012546-il-y-a-un-mepris-envers-les-jeunes

Vous pouvez aussi lire le communiqué publié conjointement par les organisations lycéennes et les syndicats concernant les jeunes.

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Grèves et répression… en 1906

mercredi 20 octobre 2010

Un collègue m’a envoyé ceci :

 

En 1906, des grèves très dures ont eu lieu après une catastrophe dans une mine. Georges Clémenceau (grand homme politique de centre-droit) au pouvoir est accusé par les « socialistes » (classés à l’époque à l’extrême-gauche), et notamment Jean Jaurès (grand homme politique de gauche) à la Chambre des députés, d’avoir durement réprimé ces mouvements de grève.

Il rétorque à Jaurès qu’il entendait faire respecter la liberté de ceux qui voulaient travailler et que certaines actions justifiaient amplement une telle répression (par exemple, un propriétaire d’une usine de serrurerie a vu son château incendié). Pour justifier le « maintien de l’ordre », Clemenceau s’adresse directement à Jaurès en lui demandant : « vous êtes à ma place, que ferez-vous si votre préfet vous télégraphie : « On pille la maison d’un mineur » ? »
 

Voici un extrait de la réponse de Jaurès :
 
« Oui, monsieur le ministre ; la violence, c’est chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges.
Le propre de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder, en effet, par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses !

Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. […] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »
(Chambre des députés, séance du 19 juin 1906)
 
Source : La gauche et le pouvoir – Juin 1906 : le débat Jaurès Clemenceau, avec un texte de Gilles Candar et un texte de Manuel Valls, éditions Fondation Jean Jaurès.

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Une commission de déontologie s’était opposée à l’usage des flash-balls dans les manifestations

vendredi 15 octobre 2010

    

 

 

Un article de Libération du 11 mars 2010 (il y a 7 mois donc) rapportait l’avis de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, concernant l’usage du flash-ball, qui avait déjà provoqué des blessures graves lors de manifestations en 2009.

Hier, un lycéen de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a reçu un tir de flash-ball dans la tête ; il pourrait perdre un oeil, alors que les policiers n’étaient en rien en situation de légitime défense. Ce drame aurait pu être évité.

UNE VIDEO D’UN JEUNE MONTRE PRECISEMENT CETTE SCENE :

Pour mieux se rendre compte du comportement de la police, voici ci-dessous le compte-rendu précis et intéressant de la journée du 14, au lycée de Montrouge (Hauts-de-Seine), par une professeure :
 
Les infos suivantes ne sont pas des rumeurs: elles ont été assemblées après une réunion aujourd’hui jeudi à 13h entre des professeurs, le proviseur et son adjoint.
 
 Hier mercredi, des jeunes non scolarisés au lycée sont venus, ont brûlé quelques poubelles et lancé des bouteilles. Les policiers sont restés à distance, les pompiers ont éteint le feu.

 Le JT de France 2 le soir a montré des images des débris, et du portail, avec le nom du lycée visible.
 
L’IA et la Préfecture avaient donc décidé d’une importante présence policière ce matin, aux deux bouts de la rue. Administration et surveillants filtraient l’accès en demandant les carnets de correspondance. Des policiers ont participé de façon peu aimable à ce contrôle.
 
Dans une rue adjacente, un automobiliste non-identifié a distribué à des élèves des badges et drapeaux
CFDT. De l’avis des profs et du proviseur, il s’agit là d’une manip’ grossière, on ne voit pas ce que la CFDT viendrait faire là.
 
Toute manifestation étant ce jour interdite devant le lycée, comme nous avons entendu des policiers le dire fort
à plusieurs reprises, les élèves ainsi équipés se sont fait charger et 4 d’entre eux arrêter. Une élève filmant la scène a été forcée d’effacer ses images, dans un véhicule policier. Des policiers (ou CRS) ont insulté des élèves (« salope, pute ») et ont brandi (sans tirer) des flashballs tout prêt des visages d’élèves.
 
Le calme étant revenu, un face à face s’est prolongé jusqu’à midi dans la rue, avec des professeurs entre les policiers et les élèves.
 
La réunion de 13h a permis d’établir tous ces éléments. Le proviseur n’est pas content qu’aucune
arrestation n’ait eu lieu le jour des violences… et que l’inverse se soit produit aujourd’hui. Il entend éclaircir cette histoire de distribution d’insignes. Et souhaite que le dispositif policier soit différent demain.
 
Vers 16h, 3 des 4 élèves avaient été relachés.
 
Des professeurs ont demandé la fermeture du lycée demain, en passant par le proviseur, pour raisons de
sécurité. L’Inspection académique a refusé.
 
Les élèves semblant préparer un blocus pour demain matin, plusieurs professeurs seront présents dès 8h, on attend aussi des éducateurs de Bagneux et des parents du lycée.
 
Les professeurs mobilisés contre la réforme des retraites regrettent que ce genre d’évènements détourne
l’attention.
 
 
Florence Arié (présente au lycée de 9h à 15h)

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