Vous êtes français ? Prouvez-le !

vendredi 22 janvier 2010

Dans le prolongement de l’intervention théâtrale d’hier (en TES1), lisez cet article d’un blog du Monde, sur les difficultés de certaines personnes à renouveler leurs papiers d’identité… Il y a quand même un problème politique, et administratif, dans ce pays…

Un autre article, toujours dans Le Monde, analyse le virage de Sarkozy, qui après avoir défendu la diversité se concentre actuellement sur l' »identité nationale »

Et enfin, une fameuse chanson de Georges Brassens, toujours d’actualité, « La ballade des gens nés quelque part » (chanson précédée d’une interview de cet immense chanteur, ce qui ne fait pas de mal)…

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La « haine de l’autre » comme mode de gouvernement ?

lundi 28 décembre 2009

Trois articles à lire absolument sur les relations entre politique et médias, à propos du débat actuel sur l’identité nationale :

Dans une chronique au Monde datée du 18 décembre, l’excellente essayiste  Caroline Fourest montre les « failles de la médiocratie » : dans les dérapages récents dans la vie politique, tout n’est pas de la faute des médias, mais leur responsabilité est de créer les conditions d’un débat sain : on ne peut pas débattre n’importe comment, avec n’importe qui. De nos jours, au contraire, ce sont souvent les extrêmistes qui s’expriment dans les médias, et notamment internet.

Dans un entretien très intéressant au Monde le 26 décembre, Emmanuel Todd, démographe et historien – qui a publié plusieurs ouvrages importants croisant histoire, économie et sociologie, bien dans l’esprit SES donc – critique la politique de Sarkozy qui selon lui développe la « haine de l’autre » et stigmatise des boucs-émissaires (les immigrés, les musulmans) pour masquer les inégalités économiques classiques, qui s’accroissent (à travers notamment les baisses d’impôts qui bénéficient surtout aux riches), et l’échec de la politique de l’emploi.

L’auteur fait également référence au contexte précédent la Seconde guerre mondiale, période qui avait vu la montée des thématiques ethniques et racistes dans la vie politique… Bien sûr, les années 2000 ne sont pas les années 1930, mais il est toujours utile d’avoir bonne mémoire.

Un autre article, dans Alternatives Economiques, traite du même sujet, « La fabrique de l’identité nationale » et sa récupération politique, et revient aussi sur les années 30 et 40.

 

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Pourquoi ne pas nationaliser les banques ?

samedi 14 novembre 2009

Suite à la conférence hier soir à Lyon, dans le cadre des Journées de l’économie, intitulée « Comment sortir de la crise ? », et à laquelle j’ai amené mon groupe de Préparation du concours Sciences Po, je mets en ligne une courte interview d’un économiste non conformiste, et bon connaisseur de la finance, Frédéric Lordon.

Celui-ci propose de nationaliser les banques, et parle aussi de son travail d’économiste, ses doutes sur l’avenir du capitalisme, de la démocratie et de la société… autant de questions que se posent aussi les professeurs de SES…

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A quoi sert un débat sur l’identité nationale ?

jeudi 5 novembre 2009

A l’heure où démarre le « grand débat national » voulu par Eric Besson, ministre de l’identité nationale et de l’immigration, les textes de spécialistes ou de grandes personnalités arrivent, et nous intéressent en SES.

Première source de commentaires : les anthropologues (ou ethnologues) comme l’immense Claude Levi-Strauss, qui vient de mourir. Celui-ci était hostile à la récupération politicienne du thème de l’identité nationale.

En outre, dans Alternatives Economiques, Guillaume Duval demande si les immigrés menacent l’identité nationale (puisque la notion d’identité nationale est systématiquement associée à la question de l’immigration par le gouvernement).

Enfin, l’ancien premier ministre Michel Rocard a donné une interview riche et intéressante au Nouvelobs.com, que je vous invite à lire ci-dessous : 

Faut-il un débat sur l’identité nationale ?

 

Michel Rocard : – Cela ne m’inspire pas grand-chose de bon. La France est incontestablement l’un des pays occidentaux qui a la plus forte identité nationale. Des individus comme Louis XIV, Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle sont fortement créateurs de références identitaires. Et puis la France a cette particularité d’être différentes de tous les autres pays d’Europe sur un point majeur. Mais cela nécessite de prendre le temps de parcourir l’histoire.
Les grands empires qui sont apparus à travers le monde – en Amérique, en Afrique, comme au Moyen-Orient ou en Asie – sont presque toujours respectueux des identités linguistiques et religieuses des territoires qu’ils absorbent. Mais nous avons en Europe une autre tradition, beaucoup plus exigeante dans l’unification des territoires. C’est celle des royaumes. Nous n’avons pas d’empire qui réussit, mais huit ou neuf communautés linguistiques et religieuses – linguistiques à titre principal- qui vont créer des nations, chacune avec leurs rois ou leurs princes. Pendant un millénaire et demi, elles devront se défendre les unes des autres et construire une identité. C’est vrai du Portugal. C’est vrai aussi de l’Espagne, même s’il y a une petite difficulté linguistique avec la Catalogne et le Pays Basque. C’est vrai aussi de l’Angleterre et de la communauté néerlandophone, qui va prendre la forme des Provinces unies, les Pays-Bas. C’est vrai de la Pologne, c’est vrai aussi de la Hongrie et de la Russie.
Il y a deux retards dans la constitution des nations: l’Italie et l’Allemagne. Mais tout de même l’Italie et l’Allemagne ont ces caractéristiques d’être des communautés linguistiques, qui se donnent un peu après les autres une structure d’Etat.

La France est un cas absolument unique
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– La France est depuis le milieu du XIXe une terre de dépression démographique. Il y a avait vers 1935-36 déjà 4,5 millions d’étrangers en France. Et la presse de l’époque montre que certaines couches de la population traitaient les immigrés – Italiens, Polonais, Belges…- comme des chiens. La presse d’aujourd’hui n’ose pas, s’agissant des Arabes ou des Noirs, reprendre le vocabulaire, les insultes et les présupposés que colportait la France entre les deux guerres. Tous ces hommes sont devenus citoyens français. La France est faite comme ça! Se poser le problème de l’immigration, c’est se poser la question de la date à laquelle s’arrête la bienvenue que nous avons souhaité à tous ceux qui sont devenus Français en venant d’ailleurs, et qui sont aujourd’hui un bon tiers, sinon la moitié, de notre population totale. Alors à partir de quand on crache dessus ?
Exalter la France est une chose. Je me sens Français comme pas possible. Je suis éperdument fier d’être par hasard né dans ce pays. Mais je n’ai pas envie que la chance que cela représente soit fermée à d’autres, au nom d’un sectarisme qui n’est pas dans notre histoire. Et je crains beaucoup que le fait d’ouvrir le débat ne se traduise, comme souvent en France, par une volonté de formaliser, de décrire et de mettre dans des textes, ce qui va figer. C’est idiot… C’est idiot parce que je n’ose pas caresser l’espoir que dans ce débat sur l’immigration, la victoire aille à cette définition : la France est la seule identité nationale au monde qui soit en définition évolutive et constamment en train d’agglomérer de nouvelles sensibilités et de nouvelles représentations linguistiques ou de couleurs de peau.
  

C’est votre définition ?

 

– Oui. Absolument. En 1789, les Français secouent le joug de la monarchie absolue. Les trois ordres se réunissent, ils écrivent la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, et il ne leur vient pas à l’idée de n’écrire que pour eux. Ils écrivent pour le monde entier. Les deux premiers mots sont « Les hommes« , sans distinction géographique, linguistique ou raciale. « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
C’est un trait culturel. Et toute idée que le cadeau de la France au monde qu’est ce texte puisse être terni, par le fait qu’on donnerait plus d’importante à certains hommes qui sont rassemblés dans l’hexagone sur certains autres, c’est un attentat à la grandeur de la France.
 
 
  

Le débat sur l’identité nationale de la France est-il relancé à des buts électoralistes ?

 

– La perspective électoraliste ne peut pas être dissociée, c’est vrai. Mais dès lors qu’on ouvre le débat, la perspective électoraliste disparait. Il y a le sujet, et il y a ce qu’on va en faire. On pourrait concevoir ce débat comme un simple enrichissement culturel pour chacun, comme un inventaire des faits fondateurs. Si c’était pour reparler de Bouvines, je trouverais cela très bien. On pourrait rigoler ensemble bu baptême de Clovis.
Ma crainte, c’est qu’on mette des frontières là où il n’en faut pas. C’est que parler de l’identité nationale nous convainque qu’il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais habiteraient quand même notre territoire. C’est ça le risque. Car l’enjeu, c’est une insertion décente de tous ces gens, comme nous l’avons toujours fait.
 
 
. Une petite zone militarisée – Ile-de-France, Val de Loire – va produire une collectivité linguistique nationale. La langue française, c’est le Val de Loire, son lieu de naissance. Cette communauté va se militariser à outrance, parce qu’elle est petite et parce qu’elle est exposée dans une zone de plaine. En conséquence, le royaume de France va se développer en s’étendant militairement, bien au-delà de sa communauté linguistique. La naissance de la France se réalise par la conquête militaire d’au moins cinq cultures – j’appelle culture la coïncidence entre une langue et un art de prier. Je veux parler de la Bretagne, de l’Occitanie, de l’Alsace, d’une partie de la Flandre, de la Corse, et puis de notre petit bout du Pays basque. Vous avez le souvenir de la guerre des Albigeois ? Elle aurait fait entre 400 et 500.000 morts, avec les techniques militaires de l’époque – et la gentillesse de Simon de Montfort. C’est la conquête par le Nord de tout le Midi qui, au sud d’une ligne allant de Bordeaux à Grenoble, parlait Occitan.
C’est ça, la France. Le pouvoir central est construit militairement, ce n’est pas le produit d’une communauté. Tout cela est assez fabuleux et donne à la France une identité très spécifique qui est beaucoup moins marquée par le droit du sang. Très tôt, il y a un sentiment national étonnant, par l’échange de souvenir d’événements.
La victoire de Philippe Auguste à Bouvines [en 1214, NDLR] permet une sorte de fierté nationale. Il a un peu du David contre Goliath dans la bataille du petit royaume de France face à cette immensité qui était en train de se confédérer, le Saint Empire romain germanique. Et on a fait craquer l’empire.
Puis le moment de cristallisation nationale formidable, c’est la bataille de Valmy, sous la Révolution [en 1792, NDLR]. Dans les troupes commandées par Dumouriez, on évalue à moins de 20% ceux qui parlaient français.
Et ensuite arrive la IIIe République avec ses hussards noirs [les instituteurs, NDLR] qui imposent le français dans toutes les écoles.
Tout cela nous donne un art de vivre ensemble, parfois avec une assez grande indifférence au droit du sang, et donc une majoration de l’identité de choix de culture et de volonté d’un destin commun, largement façonné par la Révolution. Et tout cela est assez magnifique. On a même fait vivre cette identité à la Martinique, à la Guadeloupe, au Sénégal et à dans presque toutes nos colonies.
L’idée que tout cela fasse doute et qu’il faille en rediscuter me stupéfie. Cela fait une identité absolument merveilleuse, dont il est vrai qu’on la durcie quand on la prend comme Le Pen. Parce que Le Pen, au fond, nie la réalité de l’adhésion à cette nation de gens qui y sont depuis 150 ans. Ma mère était Savoyarde. Ce qui veut dire que moi-même, je dois d’être Français à un succès diplomatique de Napoléon III, tandis que pour Le Pen, je suis un Rital.
Cela ne me fait pas plaisir de rouvrir la conversation. Je trouve ça complètement imbécile. Il faut bien voir que cette logique de fabrication de la France se détruit si on la ferme. C’est une logique d’ouverture. La France se définit comme une sorte d’orgueil permanent. Moi je suis protestant. Cela veut dire que mes ancêtres sont considérés comme Français depuis ce jour mystérieux d’août 1789 où l’Assemblée constituante a fait citoyens français successivement les protestants, les juifs, les comédiens et les gens de couleur.
Dans l’idée d’arrêter ce mouvement de générosité, il y a quelque chose qui me choque. Parce qu’ouvrir le débat, c’est rechercher l’écriture d’une formalisation instantanée de la description de ce qu’est l’identité française. Or, elle a été dans l’histoire complètement évolutive. Et après tout, si on décide que c’est à la date du 3 août 1789 que s’arrête la fabrication de la France, moi je cesse d’être citoyen.
 

 

 N’est-ce pas aussi la question de l’immigration qui est sous-entendue dans le débat sur l’identité française ?

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La mort des soldats désacralisée par les médias

mercredi 4 novembre 2009

Ces derniers jours a eu lieu un débat dans les médias, à propos de la mort des soldats français en Afghanistan, en particulier lors de l’embuscade d’Uzbin l’an dernier. Les familles des soldats « morts pour la France », selon l’expression consacrée, s’étaient alors déplacées sur place, et certaines avaient exprimé leur colère et leur intention de rechercher des responsables et de les poursuivre devant la justice. Des plaintes ont été déposées à propos de l’embuscade d’Uzbin.

Ainsi, la mort de soldats à la guerre serait traitée par les médias, puis la justice, comme un accident ou n’importe quel fait divers : un événement d’ordre privé, anormal, pour lequel il faudrait sanctionner des responsables, au plan civil (dédommagement des « victimes ») et/ou au plan pénal (au nom de la société toute entière). N’est-ce pas une curieuse manière d’envisager la guerre et le métier des armes ? Les soldats morts en opération sont-ils des victimes ?

Un militaire, sur le blog « Secret défense » de Libération, spécialisé dans les questions militaires, a écrit : 

« A mes parents, à ma famille,

Je suis engagé, je suis conscient des risques de mon métier, je les assume. Si un jour je ne reviens pas, merci de ne pas faire honte à ma mémoire en engageant ce genre d’action. »

Vous remarquerez que l’armée, de son côté, n’est pas restée inactive ces derniers mois : depuis l’été dernier, on a vu se multiplier à la télévision les reportages sur les forces spéciales et autres troupes d’élite, à l’entraînement ou en opération, les campagnes de publicité pour favoriser le recrutement… Il me paraît clair que le gouvernement et les responsables militaires cherchent à rapprocher la population de son armée (désormais professionnelle), et à l’habituer le cas échéant à certains drames hélas inévitables en temps de guerre. On peut être contre telle ou telle guerre, mais on ne peut vouloir mener une guerre (contre le terrorisme par exemple, ou contre les ennemis de la démocratie) sans morts ; et comme toutes les guerres ne sont pas injustes…

Pour mieux comprendre ce nouvel avatar de la société médiatique, cette guerre de la communication autour de la guerre elle-même, je vous invite à lire un article sur la « désacralisation de la mort du soldat », dans le blog « Secret défense » : même si l’on ne s’intéresse pas spécialement à l’armée, c’est très intéressant à propos des médias et de la démocratie.

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Affaire Jean Sarkozy : la naissance de l’e-démocratie ?

samedi 24 octobre 2009

Après une vaste campagne sur internet, par les internautes eux-mêmes (on appelle cela un « buzz » comme vous le savez sans doute), contre sa candidature à la présidence de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (EPAD, qui gère le plus grand quartier d’affaires européen, à l’ouest de Paris), Jean Sarkozy a décidé de ne devenir… qu’administrateur de l’Epad, parmi d’autres. Saluons sa très grande modestie ! 🙂

Plus sérieusement, cette affaire a mis en lumière la puissance nouvelle d’internet comme média politique, non seulement pour la communication, mais pour la mobilisation de citoyens.

Lire l’article du Monde :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/23/retrait-de-jean-sarkozy-premiere-victoire-de-l-e-democratie_1257757_823448.html#ens_id=1052464

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La démocratie réelle existe-t-elle ?

mercredi 23 septembre 2009

Un professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris, Bertrand Badie, explique que la frontière entre démocratie et régime autoritaire n’est pas toujours facile à tracer : un bon article à lire (résultat d’un chat sur le site du Monde) pour votre culture générale, au carrefour de la philosophie, des SES, de l’histoire, et éventuellement de la préparation au concours d’entrée aux IEP… 

http://www.lemonde.fr/international/article/2009/09/22/aucune-democratie-n-est-a-l-abri-d-une-poussee-autoritaire-meme-en-europe_1243468_3210.html

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Deux grands chercheurs analysent la vidéo d’Hortefeux

dimanche 20 septembre 2009

La vidéo intégrale d’Hortefeux à l’université d’été de l’UMP à Seignosse dans les Landes a été publiée par Public Sénat.

Bien que le sujet soit polémique, et sensible politiquement, je vous invite tout de même, en tant que citoyen s’adressant à d’autres citoyens en devenir, à lire un article dans Le Monde (de deux pages)  intitulé « Le retour du refoulé », de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel.

Stéphane Beaud est sociologue, spécialiste des jeunes des quartiers populaires.

Gérard Noiriel est historien, spécialiste de l’immigration et du colonialisme.

Ces deux auteurs, très connus dans le monde intellectuel, ne sont pas totalement objectifs, car personne ne l’est en sciences sociales – ceux qui prétendent le contraire sont des imposteurs – mais ils sont parfaitement compétents pour analyser la fameuse vidéo de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, en déplacement dans les Landes, et rencontrant un jeune militant UMP d’origine maghrébine. Leur analyse est rigoureuse, et imparable.

« Le retour du refoulé » est une expression de la psychanalyse, qui concerne les pulsions que l’individu cherche à enfouir, à oublier, mais qui surgissent malgré lui et de manière imprévue… S. Beaud et G. Noiriel évoquent Hortefeux, mais également l’UMP et la politique du gouvernement en général, à l’égard des personnes d’origine immigrée – souvent aussi françaises que d’autres, mais stigmatisées par des stéréotypes racistes et coloniaux…

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Brice Hortefeux n’est-il pas raciste ?

jeudi 10 septembre 2009

Une polémique enfle aujourd’hui autour d’une vidéo du ministre de l’Intérieur et ancien ministre de l’Immigration Brice Hortefeux, faisant une blague qu’on peut interpréter comme raciste : « Les Arabes, quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

C’est plutôt gênant de la part d’un responsable politique en général, et notamment de la part du ministre chargé de la sécurité et de l’unité du pays (c’est le ministre de l’Intérieur qui est en charge de la police, et qui par exemple annonce les résultats lors des élections). Il semble que M. Hortefeux ait déjà multiplié ce genre de propos, comme le montre le site d’information indépendant Rue 89 :

http://www.rue89.com/2009/09/10/hortefeux-donne-dans-lhumour-raciste-a-repetition

Il ne s’agit pas pour moi de critiquer le gouvernement ou l’UMP, mais de faire réfléchir sur certaines pratiques politiques assez étonnantes dans une démocratie (qui pourraient tout à fait concerner d’autres partis – par exemple, Manuel Valls, maire socialiste d’Evry, avait déclaré qu’il voudrait voir plus de « blancs » à une brocante qu’il visitait il y a quelques mois…).

Un peu plus tard, le sociologue lyonnais Azouz Begag, ancien ministre délégué à l’Egalité des chances, a enfoncé le clou en confirmant le racisme, selon lui, de M. Hortefeux…

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Réflexions sur la burqa

mardi 30 juin 2009

Voici deux textes intéressants à lire, et rigoureux, sur un sujet d’actualité sensible à propos duquel on entend dire un peu tout et n’importe quoi…

Dans Le Monde, un philosophe musulman montre que la burqa ne peut être assimilée à une prescription religieuse, ni même à une tradition ancrée dans les sociétés musulmanes :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/29/aucune-justification-religieuse-a-la-burqa-par-abdennour-bidar_1213022_3232.html

 

 Sur le site de « La vie des idées », Cécile Laborde se demande si la France est « catho-laïque », et compare sa politique à celle du Canada : http://www.laviedesidees.fr/spip.php?page=print&id_article=427

 

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