Faut-il en finir avec les 35 heures ?

Jeudi 20 janvier 2011

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, était interviewé il y a quelques jours sur le bilan des 35 heures :

Guillaume Duval revient pour Radio Nova sur les causes de la popularité mitigée de la réduction du temps de travail. Bien que les 35 heures aient été un succès sur le plan économique, elles ont aussi généré une stagnation du salaire mensuel et une pression à la productivité.

La polémique n’avait quasiment jamais cessé mais avec les déclarations de Manuel Valls qui veut « déverrouiller les 35 heures », elle est repartie de plus belle. Cela vous étonne ?

Pas vraiment. La seule chose qui m’étonne encore c’est qu’il ne se soit trouvé personne pour affirmer que le scandale du Mediator c’était en fait la faute aux 35 heures…

Il y a quand même bien des raisons pour que les 35 heures soient aussi impopulaires…

Oui. Les 35 heures sont un excellent exemple d’un problème classique : ce qui est bon pour la société dans son ensemble ne l’est pas forcément pour chacun des individus qui la composent… Elles ont permis en effet de créer directement 350 000 emplois supplémentaires entre 1997 et 2001. Elles ont entraîné une hausse des salaires horaires de quasiment 10 %. Et cela sans déséquilibrer les comptes des entreprises du fait des abaissements de cotisations consentis en parallèle. Grâce à ce pouvoir d’achat supplémentaire, les 35 heures ont dopé la croissance. Ce qui fait qu’au total 2 millions d’emplois ont été créés durant cette période, un niveau jamais atteint, même pendant les fameuses « Trente glorieuses »…

Mais elles ont dégradé la compétitivité de la France

Rien n’est moins sûr. Les salariés français restent parmi les plus productifs au monde et dans la plupart des pays qu’on nous donne en exemple, à commencer par l’Allemagne, les salariés travaillent en fait globalement moins longtemps qu’en France. Simplement cela se fait par la multiplication du travail à temps très partiel pour les femmes. Ce n’est ni juste – ça accroît les inégalités entre hommes et femmes – ni efficace car la coordination de nombreux temps partiels est toujours très difficile.

Oui mais Lionel Jospin a été éliminé en 2002 à cause des 35 heures et Nicolas Sarkozy a gagné en 2007 grâce au « travailler plus pour gagner plus ».

Et Manuel Valls espère marquer des points cette année en continuant à taper sur les 35 heures… La contradiction n’est qu’apparente. Ce qui a été bon pour l’économie française dans son ensemble l’a moins été pour beaucoup de ses membres qui avaient déjà un emploi : les salaires mensuels ont été bloqués. La pression à la productivité s’est accrue avec des pauses supprimées, le temps de travail a été annualisé, les horaires devenant plus dépendants de l’état des commandes… Du coup, il y a bien eu deux millions de gagnants mais aussi 16 millions de ronchons. Surtout chez ceux, particulièrement nombreux en France, dont la rémunération reste collée au SMIC. Pas étonnant donc qu’électoralement cela ne paie pas…

Bon mais avec la crise, est-ce qu’il ne faut pas quand même accepter de travailler plus ?

Sûrement pas. C’est au moment où il y a plus de quatre millions de chômeurs, pour la première fois depuis 1999 qu’on voudrait allonger le travail de ceux qui en ont déjà un ? On marche vraiment sur la tête… Il faut au contraire, au minimum, cesser de subventionner grassement les heures supplémentaires. Les 177 millions d’heures sup subventionnées  effectuées au troisième trimestre 2010 représentent l’équivalent de 390 000 emplois à temps plein. Et les 4 milliards d’euros qu’on dépense chaque année pour ces heures sup permettraient de financer entièrement 100 000 emplois supplémentaires…

Guillaume Duval | Article Web – 14 janvier 2011
Tags : ,

Etudes supérieures et emploi : une relation complexe

Lundi 13 décembre 2010

Ca ne sert plus à rien de faire des études supérieures ?… On entend cela souvent de nos jours. Est-ce vrai ?

Un blog économique et social propose une analyse intéressante.

Tags : , , ,

Le gouvernement britannique voudrait forcer les chômeurs… à travailler

Lundi 8 novembre 2010

Ben voyons, c’est si simple… Les chômeurs ne font rien, il suffit de les remettre au travail, éventuellement de force, en échange des allocations chômage.

C’est le projet du gouvernement britannique, qui s’est engagé dans des réformes à côté desquelles les politiques de MM. Sarkozy et Fillon semblent rédigées par le Front de Gauche : suppression de 400 000 fonctionnaires en cinq ans, et aujourd’hui ce projet de mise au travail des chômeurs, à raison de 30 heures par semaine sans supplément d’allocations chômage, donc gratuitement.

Cette idée est ancienne dans la pensée libérale ou néolibérale : remplacer le welfare (protection sociale, Etat providence) par le workfare (« mériter » les aides sociales en travaillant). Pourquoi pas, mais concrètement, comment organiser la prise en charge de centaines de milliers de chômeurs par les entreprises ?

Il faudra trouver des emplois vacants, former les individus, les suivre, ne pas gâcher leurs qualifications – et pendant qu’ils travaillent, ils ne pourront chercher un véritable emploi. A court terme, il est donc possible de faire baisser le chômage, mais à long terme, la productivité et la compétitivité de l’économie britannique risque d’en pâtir, sans que les chômeurs ne sortent de la pauvreté et de la précarité…

Tags : , ,

Révisions bac : les inégalités entre générations face à l’emploi

Vendredi 11 juin 2010

Dans le contexte de vos révisions pour le bac, voici un article d’actualité utile, du mensuel Alternatives Economiques : « Emploi : les vieux restent et les jeunes trinquent ».

En effet, la dernière enquête trimestre de l’INSEE sur l’emploi indique que le taux d’emploi des plus de 55 ans augmente en ce moment, mais l’emploi des jeunes se dégrade… Un effet pervers du recul de l’âge de départ à la retraite, qui n’est pas encore définitif dans la loi, mais qui est déjà anticipé par les salariés et les entreprises.

 

Tags : ,

Les retraites, d’accord, mais si on parlait des jeunes ?

Jeudi 27 mai 2010

Le sociologue Louis Chauvel, que nous avons étudié en cours de terminale, dans le chapitre sur les inégalités, vient de publier un article dans Le Monde. Il reprend un thème qu’il a beaucoup étudié, depuis plusieurs années : le fait que la jeune génération actuelle (ceux qui ont 30 ans environ aujourd’hui) soit dans une situation bien plus mauvaise que la génération précédente.

Une bonne lecture en période de révisions de SES… 😉

Point de vue
Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse, par Louis Chauvel
LE MONDE | 26.05.10 
 

Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Les enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent depuis deux ans un pessimisme exceptionnel de nos concitoyens vis-à-vis de notre avenir. Au-delà des indicateurs de la conjoncture, les questions structurelles préoccupantes pour le long terme de notre pays s’accumulent et nous ne voyons dans ce contexte avec quels moyens les nouvelles générations pourraient améliorer leur sort. 
 
L’échec de la France à l’entrée dans la société de connaissance, la misère de l’université low cost, la situation toujours plus problématique de nos banlieues, voilà parmi bien d’autres les difficultés que doit affronter notre jeunesse, qui exigeraient des financements urgents et un effort de l’ensemble de la collectivité pour surmonter le défi de la décennie qui vient. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l’avenir de « notre retraite ». Peu importe l’horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d’argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens.
 
Dans ce contexte, quelques voix timides s’entendent à droite et à gauche pour rappeler le relatif bien-être des retraités d’aujourd’hui, et leur capacité à contribuer ne serait-ce que modestement à l’effort de la nation : la décote de 10 % pour « frais professionnels » de l’impôt sur le revenu des retraités, l’alignement du taux de la CSG des seniors sur celle des cotisants, voilà de bien modestes propositions en regard des efforts qu’il faudrait mener urgemment pour financer notre avenir collectif. La discipline gouvernementale à droite et le bon sens politique à gauche font taire ces voix isolées qui tendent à rappeler, brisant ainsi un tabou, que les jeunes seniors auraient les moyens de contribuer à notre avenir, eux qui ont plus que profité du passé des « trente glorieuses » dans leur jeunesse et qui, souvent, leur a mis le pied à l’étrier.
 
Ce tabou est bien étrange, puisque ce n’est pas un secret statistique : par rapport au reste de la population, les 55-64 ans n’ont jamais bénéficié d’un niveau de vie aussi élevé, en moyenne. Alors que, en une vingtaine d’années, les quadragénaires n’ont connu aucun accroissement de leur niveau de vie et stagnent autour de 16 000 euros, les jeunes sexagénaires sont passés de 15 500 à 20 000 entre 1985 et 2005 (+ 29 %). Il est d’usage de s’apitoyer sur les modestes pensions des seniors, mais il est habituel de ne mentionner que la pension principale de la Caisse nationale d’assurance- vieillesse (CNAV) des titulaires de revenus sociaux qui sont souvent fort diversifiés, en omettant aussi les nombreux revenus plus ou moins défiscalisés de la propriété. Généralement, on feint d’ignorer, comme Henri Sterdyniak, que les ménages de retraités sont aussi de petite taille : alors que les salaires des quadras font vivre aussi leur progéniture, les jeunes seniors, de plus en plus d’anciens couples biactifs, sont l’exemple modal des « Dinks » (« double income no kids », deux revenus pas d’enfant) du marketing américain.
 
La réalité est que jamais le taux de pauvreté des seniors n’a été aussi bas par rapport à une jeunesse paupérisée. Jamais leur revenu moyen n’a dépassé si nettement celui des générations de travailleurs, jamais leur patrimoine net moyen accumulé n’a été aussi élevé, comparé à celui des nouvelles générations. Jamais le taux de propriété ne les a mieux protégés de la crise du logement vécue par les jeunes. Jamais le taux de suicide des jeunes retraités n’a été aussi faible, relativement à celui des quadragénaires. Jamais ils ne sont partis plus longtemps en vacances, aussi, alors que, depuis 1979, cette pratique a régressé chez les adultes d’âge actif.
 
Evidemment, ce constat tracé aujourd’hui est historiquement exceptionnel : inédit, il ne pourra se prolonger puisque les futurs jeunes seniors de 2020 connaîtront le retournement de toutes ces tendances. Générations de la crise économique, du chômage de masse à l’entrée dans la vie adulte et des salaires nets amputés par l’explosion des coûts salariaux, de la moindre accumulation patrimoniale au cours de la vie active, les jeunes seniors de 2020 seront la variable d’ajustement des problèmes de retraite, comme les jeunes chômeurs et précaires sont celle du monde du travail.
 
Nous pourrions feindre de nous étonner du silence, voire des dénégations des politiques devant le contraste des difficultés des générations actives et du festin des générations de jeunes retraités. Mais la réalité appelle non au pessimisme mais à la lucidité. Dans l’ordre des idées, la gauche devrait se préoccuper de justice sociale et remédier à ces inégalités entre générations. La droite, dans un souci légitime d’efficacité, devrait chercher les solutions pour donner plus d’incitations au travail et à l’effort, par exemple en rétribuant mieux le travail et moins le loisir, dès aujourd’hui, en agissant sur le stock des retraités aisés de maintenant.
 
Pourtant, dans l’ordre de la réalité, ni les uns ni les autres, par pragmatisme électoraliste sans doute, n’ont intérêt à heurter les sensibilités d’une population de retraités qui n’ont jamais été aussi actifs politiquement. Le Parti socialiste a rendu son verdict : sa position est celle du maintien, le plus longtemps possible, des apparences de la retraite à 60 ans. Arc-boutée sur sa position fondée sur le symbole de l’héritage mitterrandiste, Mme Aubry va jusqu’à proposer à chaque Français l’horizon radieux d’une « révolution de l’âge » où les jeunes n’existent semble-t-il que pour recevoir une aide de leurs anciens. L’augmentation du taux de cotisation et l’invention de nouvelles taxes sur le capital serviraient bien sûr à combler le gouffre. Mais ces moyens nouveaux feront défaut à des besoins collectifs bien plus urgents, comme la formation efficace de nos jeunes et de nos salariés. En réalité, l’effort reposera pour l’essentiel sur les cotisations alourdies des salariés, notamment les plus jeunes, bien mal défendus par la gauche. Le gouvernement quant à lui compte bien sanctuariser les ressources économiques de seniors dont le vote sera décisif : faut-il rappeler que sans le vote des plus de 68 ans, Mme Royal eût été élue. Il n’est donc pas question de manoeuvrer le curseur le plus efficace : le niveau des pensions des retraités d’aujourd’hui.
 
C’est la force des idéologies que de fourvoyer les plus faibles, ceux qui n’y ont aucun intérêt, dans des directions qui leur seront néfastes. Le débat sur les retraites correspond bien à cela, puisque, à droite comme à gauche, les positions semblent en profonde contradiction avec la logique qui devrait guider les deux camps, à la défaveur des jeunes travailleurs, groupe social sans support politique. Du point de vue de la justice sociale, les retraités aisés doivent contribuer, mais, d’un point de vue pragmatique, ils en seront exonérés. C’est ici la conséquence du fonctionnement politique français, fondé sur un faux libéralisme qui réserve la liberté à ceux qui peuvent l’acheter et sur un faux socialisme qui a oublié ses enfants.
 
Le scénario gris foncé de l’avenir des générations de jeunes actifs d’aujourd’hui se confirme. Il en résultera que les jeunes travailleurs d’aujourd’hui sont destinés à se contenter de faibles salaires nets, à rester les victimes d’un coût du travail exorbitant, à bénéficier au bout du compte de maigres pensions, à un âge tardif, dans un contexte où les négociations sur l’aménagement de postes de travail et de conditions moins pénibles pour les actifs vieillissants seront esquivées. Tous ces constats portent vers cette conclusion : les nouvelles générations doivent faire un effort considérable de lucidité de long terme, de façon à comprendre que ce monde qui se fait politiquement sans elles se fera contre elles. Ces déséquilibres massifs exigeront bientôt un lourd réajustement : ce sera le retour du pendule. Mais l’injustice suscite l’injustice, avec l’émergence de générations doublement sacrifiées, dans leur jeunesse d’abord, puis dans leur séniorité ensuite. C’est écrit, pour 2025. 
 
——————————————————————————–
Louis Chauvel, sociologue, professeur à Sciences Po.

Tags : , ,

Le temps partiel : une affaire de femmes

Lundi 8 mars 2010

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, la journaliste Anne Chemin du Monde rappelle que le temps partiel est très majoritairement réservé aux femmes (80 %), comme si le travail féminin demeurait un complément du revenu du conjoint, l’essentiel de l’activité féminine étant de s’occuper du foyer…

Cette situation d’emploi – présente dans toutes les branches d’activité – est loin d’être toujours souhaitée par les intéressées, et elle pénalise à la fois leurs revenus et leurs carrières.

Tags : , ,

Le chômage à son plus haut niveau depuis 1999

Vendredi 5 mars 2010

Dépêche AFP du 04.03.2010

Le chômage a accéléré au quatrième trimestre 2009, à un niveau jamais vu depuis dix ans,
un défi pour le gouvernement.
La violence de la crise a fait remonter le taux de chômage en deux ans à 9,6% en moyenne en métropole, qui comptait ainsi plus de 2,7 millions de chômeurs au quatrième trimestre, et à 10% en incluant les départements d’Outre-mer (DOM), selon l’Insee.
« Le taux de chômage augmente nettement et revient au niveau de 1999 », a  souligné l’Insee dont l’estimation est provisoire, corrigée des variations saisonnières à « plus ou moins 0,4 point ».
En décembre, l’institut prévoyait que la France ne franchirait la barre des 10% DOM inclus, qu’en juin 2010.
Outre la rapidité du choc, atténué en partie par les mesures de chômage partiel, l’Insee enregistre un phénomène jamais vu, dû à la dégradation de l’emploi des jeunes hommes de 15-24 ans ayant achevé ou abandonné leur scolarité et dont près un quart (25,3%) était au chômage fin 2009.
Alors que structurellement, les femmes ont plus de mal à trouver du travail, pour la première fois, le taux de chômage masculin (9,6% en métropole, 10% avec l’outre-mer) est identique à celui des femmes. Celles-ci restent cependant davantage exposées aux petits travaux et à la pauvreté.
« Les jeunes femmes sont plus qualifiées car elles font des études plus longues que par le passé, et s’orientent vers des secteurs moins touchés par la crise comme l’action sociale, contrairement aux hommes assez présents dans l’industrie et la construction », a aussi précisé l’Insee à l’AFP.
L’ensemble des économistes et le gouvernement s’accordent à dire que le chômage continuera d’augmenter jusqu’à la mi-2010, contredisant des assurances données par le chef de l’Etat le 25 janvier.
Jeudi, la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, sont restés discrets avant les annonces de Nicolas Sarkozy sur l’emploi industriel, notamment des avances remboursables sur trois ans aux PMI qui investissent au moins 5 millions d’euros et créent 25 emplois.
Mme Lagarde et M. Wauquiez ont noté dans un communiqué que si le chômage augmentait, la hausse « a été en moyenne trois fois plus faible qu’au début 2009 ». Selon Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « côté social, le plus dur est devant nous, car le
chômage va continuer d’augmenter, moins vite qu’avant, mais les nouveaux chômeurs s’ajoutent aux anciens et de plus en plus de personnes vont tomber en fin de droits ».
Le redémarrage de l’emploi est toujours décalé par rapport à l’activité, et passera d’abord par des temps partiels et de l’intérim. Pour la première fois en vingt mois, le nombre d’intérimaires a faiblement augmenté en février, selon le secteur qui parle de « léger frémissement », pas encore de reprise.
Vendredi à 15h00 une réunion qualifiée de « technique » par l’entourage de M. Wauquiez se tiendra à Bercy avec le patronat et les syndicats pour réfléchir à l’utilisation des centaines de millions d’euros que l’Etat et l’assurance chômage entendent débloquer pour les chômeurs en fin de droits. Le dispositif ne serait pas opérationnel avant fin mars.

Si le chômage n’est pas prêt de quitter la scène sociale et politique, il pourrait en revanche disparaître des manuels de lycée, faisant polémique. En effet, la notion de « chômage », comme celle d' »emploi », d' »inégalités », de « pouvoir d’achat » ne figure pas dans le projet de programme de sciences économiques et sociales (SES) de seconde à la rentrée 2010.

Tags : ,

Et si l’immigration n’était pas un problème, mais une solution ?…

Lundi 1 mars 2010

(en millions de personnes)

Non seulement l’Europe n’est pas obligée de perdre son âme en fermant ses frontières à l’immigration et en chassant ceux qu’on appelle les « sans papiers » (alors que nos économies ne pourraient fonctionner sans eux, dans de nombreuses branches), mais le vieillissement de sa population nécessite, au contraire, une plus grande ouverture !

Comme l’explique le mensuel Alternatives Economiques, une immigration zéro se traduirait, dans une cinquantaine d’années, par une baisse probable de la population de l’Union à vingt-sept de 80 millions de personnes et par un accroissement très sensible de la part des plus de 65 ans (voir graphique) : autrement dit, par un appauvrissement des Européens, au moment où s’accroîtront les dépenses liées à la prise en charge des aînés. Dès aujourd’hui, si la population européenne croît encore un peu (+ 0,3 % chaque année), c’est pour les deux tiers grâce à l’arrivée d’étrangers (+ 0,2 %).

Aujourd’hui le 1er mars est organisée une mobilisation intitulée « Une journée sans nous », destinée à montrer le poids de l’immigration dans l’économie et la société. Il y a deux millions et demi d’immigrés sur le marché du travail – ayant un emploi ou en cherchant un.

Et si les pays les plus compétitifs dans quelques décennies étaient ceux qui auraient su accueillir les formidables ressources humaines des pays actuellement pauvres, les auraient formées et développées, et auraient eu la clairvoyance de considérer l’Afrique, par exemple, non comme une charge inutile (et seulement une réserve de matières premières) mais comme un partenaire d’avenir ?

Tags : , ,

Un très beau petit film sur l’emploi

Lundi 8 février 2010

J’ai découvert sur le site de Marianne un très beau court-métrage de Pierre Pinaud, « Les Miettes« , sorti en décembre dernier et qui évoque les thèmes de l’emploi et des délocalisations.

Dans un univers inspiré du cinéma des années 20 et 30 (Fritz Lang, Murnau, Chaplin, ou les films sociaux français : René Clair, Jean Renoir…), ces « miettes » (symbolisant le salaire) sont une belle allégorie du néolibéralisme – qui justement nous rappelle étrangement, aux plans économique, social, politique, le climat des années 30… Mais la fin du film n’a pas l’optimisme des films d’avant-guerre, elle est noire… (durée totale : 31 mn)

 1ère partie :

2e partie :

 

Tags : , , ,

Les derniers chiffres du chômage, et des solutions pour le combattre

Jeudi 4 février 2010

Un article récent d’Alternatives économiques analyse les derniers chiffres, assez encourageants, du chômage en France.

En réalité, en distinguant les différentes catégories de chômeurs, la revue montre qu’il s’agit plutôt d’une « baisse en trompe-l’oeil ». Lisez l’article, pour ne pas vous laisser abuser…

De plus, pour prolonger le cours d’aujourd’hui sur le chômage en TES1, sur le site d’Orange, deux économistes proposent leurs solutions pour l’emploi : un résolument libéral, Pierre Cahuc, et un plutôt keynésien, Patrick Artus. Ils convergent d’ailleurs sur certaines mesures à prendre, notamment en faveur des jeunes – dont le taux de chômage est le double du taux moyen.

Tags : , ,