Emission radio sur le masculin et le féminin

samedi 3 septembre 2011

Cette semaine, une polémique s’est développée autour de la question de l’enseignement du genre, en SVT en première – à l’instigation de certains députés et certaines associations catholiques traditionalistes : le « masculin » et le « féminin » sont-ils des caractères biologiques, ou sont-ils construits socialement ?

Une émission intéressante sur le sujet, à écouter sur FRANCE INTER : avec des sociologues et des anthropologues spécialistes du sujet.

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Une sociologue à propos de l’affaire DSK

lundi 23 mai 2011

UN TEXTE D’UNE GRANDE SOCIOLOGUE SPECIALISTE DE LA FAMILLE, IRENE THERY, pour prendre du recul face à l’événement, et réfléchir…

La femme de chambre et le financier, par Irène Théry

LEMONDE.FR | 23.05.11

Ce matin du dimanche 15 mai, la surprise, l’incrédulité et la consternation nous ont littéralement saisis. Face à une forme inédite d’adversité politique et morale, on a senti partout le besoin de se hausser à la dimension de l’événement comme pour conjurer, dans l’union sacrée d’un silence suspendu, l’image salie de notre pays. Passé ce moment d’étrange stupeur, le débat a repris ses droits pour explorer ce qu’on nomme désormais  » l’affaire DSK « . Dans le maelstrom des commentaires, comment s’y retrouver ? Si l’on se souvient que l’enjeu de tout cela n’est pas de jeter aux chiens la vie privée ou la personnalité d’un homme à terre, mais une inculpation sexuelle précise dans le cadre d’une procédure criminelle définie, on aperçoit qu’un clivage nouveau est apparu dans le débat français. Evident d’une certaine façon, tant on s’accuse mutuellement aujourd’hui de n’avoir de considération que pour un maître de la finance mondiale ou de compassion que pour une pauvre femme de chambre immigrée, il n’est pourtant pas si simple à comprendre.

D’un côté, il y a ceux qui soulignent avant tout la valeur fondamentale de la présomption d’innocence à laquelle a droit l’auteur allégué des faits. Ils ont semblé, dans les premiers jours, si majoritaires parmi les ténors qui font l’opinion en France et si indifférents au sort de la victime présumée qu’on n’a pas manqué de les traiter de défenseurs patentés de l’ordre patriarcal. Il est vrai que des réflexes machistes assez cognés ont fleuri ici et là pour défendre à leur manière l’innocence virile : « il n’y a pas mort d’homme », « un troussage de domestique »… Mais on aura peine à nous faire croire que ces insanités d’un autre âge soient le révélateur providentiel d’un complot masculin caché sous la défense intransigeante des droits des justiciables. Ce n’est pas la défense des mâles dominants qui est préoccupante chez ceux qui croient trouver dans la présomption d’innocence la boussole unique guidant leurs réactions; c’est plutôt un certain aveuglement mental aux défis nouveaux surgis du lien social contemporain.

Car de l’autre côté, il y a ceux – au départ plus souvent des femmes, féministes et engagées – qui s’efforcent de porter au plus haut des valeurs démocratiques une forme nouvelle de respect de la personne, qui n’a pas encore vraiment de nom dans le vocabulaire juridique, et qu’on pourrait appeler son droit à la présomption de véracité. C’est la présomption selon laquelle la personne qui se déclare victime d’un viol ou d’une atteinte sexuelle est supposée ne pas mentir jusqu’à preuve du contraire. Le propre des agressions sexuelles, on le sait, est qu’à la différence des blessures ou des meurtres, leur réalité  » objective «  ne s’impose pas d’elle-même aux yeux des tiers. Ont-elles seulement existé ? Avant même qu’un procès n’aborde les terribles problèmes de la preuve et de la crédibilité des parties en présence, la question spécifique que posent ces affaires judiciaires s’enracine très exactement là : ce qui est en jeu au départ n’est jamais seulement la présomption d’innocence du mis en cause, mais la possibilité même qu’une infraction sexuelle  alléguée prenne assez de réalité aux yeux de tiers qualifiés pour ouvrir la procédure. Cette possibilité passe en tout premier lieu par la possibilité donnée à une victime présumée d’être vraiment écoutée. On accueille de mieux en mieux, dans nos commissariats, les victimes sexuelles qui déposent plainte. Mais sommes-nous prêts, dans la culture politique française, à considérer la présomption de véracité  comme un véritable droit ? Rien n’est moins sûr.

C’est pour cette raison que nombre de nos concitoyens ont eu le sentiment pénible qu’en France, on n’avait pas accordé à Madame Diallo un respect égal à celui qui fut témoigné à son agresseur présumé, Dominique Strauss-Kahn. Cette situation choquante n’est pas d’abord un problème de morale personnelle, mais de justice et d’institutions communes. On l’entrevoit bien : présomption d’innocence et présomption de véracité sont aussi cruciales l’une que l’autre pour bâtir une justice des crimes et délits sexuels marchant sur ses deux pieds. Mais pour le moment, nous ne les distinguons pas clairement et savons encore moins comment les faire tenir ensemble. Tout se passe alors comme si on ne pouvait choisir l’une que contre l’autre. En se targuant de respecter les grands principes pour DSK au moment où il était cloué au pilori, les partisans sincères de la présomption d’innocence n’ont pas vu qu’ils bafouaient au même instant la présomption de véracité à laquelle avait droit la jeune femme qui l’accuse de l’avoir violentée.

C’est pourquoi il est vain de croire que nous échapperons aux questions de plus en plus fortes que nous posera dans l’avenir la lutte sans merci du coupable allégué et de la victime présumée du Sofitel de New-York, en faisant le procès de la procédure accusatoire américaine. Au moment le plus dramatique de l’affaire d’Outreau on avait, face aux mêmes dilemmes, fait le procès symétrique : celui de la procédure inquisitoire à la française. L’aurait-on déjà oublié ? Pour construire un jour une façon de tenir ensemble les deux présomptions opposées, le premier pas est d’accepter de penser la spécificité des questions sexuelles, et d’élargir le champ de nos réflexions pour reconnaître les responsabilités collectives nouvelles que nous confère, à nous citoyens des démocraties occidentales, les mutations profondes qui ont lieu aujourd’hui.

La France donne souvent aux autres pays le sentiment d’être politiquement  » en retard «  sur les questions de sexe, de genre, de sexualité. Sans aborder ici cette vaste question, soulignons simplement que le procès de New-York ne doit pas nous enfermer dans une frilosité défensive au prétexte des clichés anti-français qui pleuvent sur nous depuis quelques jours. Au contraire, il devrait être l’occasion de nous emparer collectivement des grande questions sociales, historiques et anthropologiques qui sont l’horizon de sens commun à tous les procès pour crimes ou délits sexuels, en France comme ailleurs. En général, nous n’avons d’yeux que pour les ressorts psychologiques des transgressions sexuelles comme si nous ne voulions pas voir qu’elles ont lieu dans le contexte de mutations profondes des valeurs et des normes censées faire référence pour tous. Or, sous l’égide de l’égalité croissante des sexes, nous vivons aujourd’hui des bouleversements sans précédent du permis et de l’interdit sexuels. Les procès pour viol, qui se multiplient partout aujourd’hui, sont à la fois l’expression de ces mutations démocratiques et le symptôme de leur caractère inassumé.

Considérer le viol comme un crime, prendre au sérieux les atteintes sexuelles, participe directement du refus contemporain de l’ordre sexuel matrimonial traditionnel, construit sur la condamnation de la sexualité hors mariage, la diabolisation de l’homosexualité, la double morale sexuelle et la division des femmes en deux catégories : épouses honorables et filles perdues, mères de famille légitimes et filles-mères parias, maîtresses de maison respectées et domestiques qu’on  » trousse « . Comme l’a montré Georges Vigarello dans son Histoire du viol, celle-ci se déploie toujours à la croisée de l’appartenance sociale des individus et des statuts respectifs des hommes, des femmes et des enfants dans une société. Notre attachement à punir ce crime est la trace en creux de la valeur centrale que nous accordons non plus au mariage mais au consentement dans le grand partage entre le permis et l’interdit sexuels.

Mais les procès pour viol d’aujourd’hui sont aussi symptomatiques des ambiguïtés du changement, tant ils donnent à voir le vide sidéral que nous avons laissé se développer en lieu et place d’une civilité sexuelle renouvelée, capable d’irriguer la vie ordinaire de nos sociétés et d’inscrire la sexualité au sein d’un monde humain certes pluraliste, mais qui demeurerait un monde commun. C’est la rançon de l’idéologie individualiste et mercantile, qui transforme ce monde en une collection insignifiante d’individus autarciques bons à consommer. Le consentement, coeur de la nouvelle normalité sexuelle, est ainsi à la fois la solution et le problème. Consentir, oui, mais à quoi ? Pourquoi ? Et quand le refus de tout consentement s’est exprimé loin des regards, comment passer à sa dimension publique, sociale, juridique ? Concentrant toutes ces questions, nous interrogeant directement sur la solidité de nos valeurs communes, le procès de New-York incarne à sa manière le changement démocratique. Mais il peut devenir aussi un de ces moments périlleux où, pour reprendre l’expression de Marcel Gauchet,  la démocratie se retourne  » contre elle-même «  .

Pour prendre la mesure du ressort proprement sociologique de ce risque, il faut revenir à la sidération initiale qui fut la nôtre, et qu’une semaine de débat a déjà recouverte. L’image première qui nous a saisis ne s’arrêtait pas au seul DSK. C’était le choc de deux figures, deux symboles, deux incarnations si extrêmes des inégalités du monde contemporain, que la réalité semblait dépasser la fiction. Elle, une femme de chambre immigrée d’origine guinéenne, pauvre, vivant dans un logement social du Bronx, veuve, mère de famille monoparentale. Lui : un des représentants les plus connus du monde très fermé de la haute finance internationale, une figure de la politique française, de l’intelligentsia de gauche, une incarnation aussi, de la réussite sociale, de l’entre-soi des riches et de la jouissance facile. La femme de chambre et le financier, ou le choc de celui qui avait tout et de celle qui n’était rien.

Dans ce face à face presque mythique, les individus singuliers disparaissent, absorbés par tout ce qu’incarnent les personnages. C’est pourquoi il y a quelque chose d’épique dans ce qui s’est passé. En prenant en considération la parole d’une simple femme de chambre et en lui accordant la présomption de véracité, la police new-yorkaise n’a pas seulement démontré qu’elle pouvait en quatre heures renverser l’ordre du pouvoir et saisir au collet le puissant financier. Elle a aussi mis en scène une sorte de condensé inouï des incertitudes, des injustices et des espoirs de notre temps, et engagé un processus où vont venir s’engouffrer toutes les passions qui meuvent les sociétés démocratiques. Au risque de transformer tragiquement deux individus, inégaux à l’extrême, en boucs émissaires de nos désirs frustrés, de nos peurs ancestrales, de nos haines inassouvies.

Irène Théry, directrice d’études à l’EHESS

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Documentaire sur le féminisme

mardi 17 mai 2011

A voir, en relation avec le chapitre sur les « Conflits sociaux » (et en particulier la question des « nouveaux mouvements sociaux ») : les intervenantes sont des féministes bien connues dans le débat public français. Le sociologue Eric Fassin est spécialiste des discriminations, notamment en matière sexuelle :

http://www.dailymotion.com/video/xcygc8 http://www.dailymotion.com/video/xcygcz Tags : , ,

La question des retraites rappelle les inégalités hommes-femmes dans le travail

vendredi 24 septembre 2010

Le report de l’âge de départ à la retraite à taux plein quelle que soit la durée de cotisation – 65 ans aujourd’hui, 67 ans demain si la loi sur les retraites s’impose – est l’occasion de revenir sur un phénomène qui ne s’améliore guère en France : les inégalités entre hommes et femmes dans le monde du travail, et dans le déroulement des carrières.

La société considère souvent comme normal, acceptable en tout cas, que les femmes interrompent leurs carrières pour s’occuper de leurs enfants, souvent durant plusieurs années. De plus, 80 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

Ainsi, leurs évolutions de salaires sont bien moins bonnes que celles des hommes, et finalement le montant moyen de leurs pensions de retraite est inférieure de moitié à celui des hommes… La situation sera aggravée si les femmes sont obligées de cotiser plus longtemps pour avoir une retraite complète. Le gouvernement vient d’entamer des discussions à ce sujet, mais rien n’est encore promis ni décidé.

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Le temps partiel : une affaire de femmes

lundi 8 mars 2010

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, la journaliste Anne Chemin du Monde rappelle que le temps partiel est très majoritairement réservé aux femmes (80 %), comme si le travail féminin demeurait un complément du revenu du conjoint, l’essentiel de l’activité féminine étant de s’occuper du foyer…

Cette situation d’emploi – présente dans toutes les branches d’activité – est loin d’être toujours souhaitée par les intéressées, et elle pénalise à la fois leurs revenus et leurs carrières.

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Le féminisme par l’image : « La Barbe »

dimanche 7 mars 2010

L’association féministe « La Barbe » organise des manifestations humoristiques et décalées, dans les lieux de pouvoir, occupés en très grande majorité par des hommes…

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Ceux qui voudraient travailler plus…

jeudi 21 janvier 2010

caissiere

… « pour gagner plus », bien sûr (selon l’expression de Nicolas Sarkozy durant la campagne pour l’élection présidentielle).

L’excellent Observatoire des inégalités fait un point court mais riche et très clair sur la situation des salariés qui connaissent le temps partiel subi (ou sous-emploi). Cette notion est importante pour l’étude de l’emploi en terminale… On apprend, sans surprise, que ce sont les femmes qui sont les plus touchées par cela.

 

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Pourquoi les hommes abandonnent-ils leurs femmes à 50 ans ?

dimanche 15 novembre 2009

… Parce qu’ils ont peur de vieillir, selon Sylvie Brunel, géographe et écrivain, qui vient de publier un livre sur les séparations, vécues souvent douloureusement du côté des femmes mûres, que leurs compagnons abandonnent pour refaire leur vie avec une femme plus jeune… C’est ce qui est arrivé à Sylvie Brunel elle-même, ex-femme d’Eric Besson, célèbre ministre de l’Identité nationale et de l’immigration…

Une belle interview, dans Le Monde, sur la question du vieillissement et des rapports hommes-femmes : finalement, avec la dictature du corps et de la jeunesse dans nos sociétés, les hommes voudraient lever toutes les contraintes morales, repousser toutes les limites. Mais ne s’enferment-ils pas dans une sorte d’engrenage, qui les oblige à rester toujours performants (y compris sexuellement), donc toujours angoissés, se masquant à eux-mêmes leur inéluctable déclin physique, au lieu de l’accepter et par conséquent mieux le vivre, en approfondissant la relation avec leur femme sur un autre plan que l’apparence et la satisfaction physique ?

Il faut sans doute relativiser cette thèse d’un abandon massif des femmes mûres par leurs maris, puisque la grande majorité des demandes de divorces sont le fait des femmes – qui veulent elles aussi « revivre », « respirer », quand les enfants sont grands.

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Rencontre avec la femme idéale

dimanche 25 octobre 2009

Oui, elle existe, extrêmement intelligente, extrêmement belle ; de plus, tout un chacun peut passer une heure avec elle, et sa compagnie est extrêmement agréable.

Mais dépêchez-vous, le bonheur passe comme le vent, et la vidéo (à regarder en plein écran 🙂 ) n’est diffusée gratuitement que jusqu’au 30/10 !  Attention, n’essayez pas de l’avancer ou de la reculer, sinon elle se bloque et revient au début : ne touchez à rien, et profitez de ce moment qui vous apportera beaucoup.

« Elisabeth Badinter à contre-courant », de l’émission Empreintes sur France 5
http://www.france5.fr/videos/documentaires/?id=3884#

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Pourquoi les filles réussissent-elles moins bien aux concours ?…

lundi 7 septembre 2009

… Alors qu’elles ont par ailleurs de meilleurs résultats scolaires ? Ont-elles moins l’esprit de compétition que les garçons ?

Une enquête sur le concours d’entrée d’HEC (une des écoles de commerce les plus prestigieuses) tente de mieux comprendre ces écarts :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/07/les-filles-brillent-en-classe-les-garcons-aux-concours_1236895_3224.html

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