Le « mouvement des Indignés » en Espagne et en France

mardi 24 mai 2011

UN ARTICLE DANS LE QUOTIDIEN « L’HUMANITE » : un mouvement né sur Internet :

http://www.dailymotion.com/video/xis6ve

Le mouvement arrive à Lyon : Les rassemblements-campements se renouvellent chaque jour Place Bellecour à 19H, depuis dimanche, en solidarité avec des manifestations similaires en Espagne.

Lire les deux textes espagnols de référence ci-dessous, cités par les manifestants de Lyon :

Manifeste de democracia real Ya!
Nous sommes des personnes simples et ordinaires. Nous sommes comme toi. Des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, pour travailler ou pour chercher du boulot ; des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et offrir un meilleur futur à ceux qui les entourent.
Parmi nous, cer­tains se consi­dè­rent pro­gres­sis­tes, d’autres plutôt conser­va­teur-trice-s. Certains sont croyant-e-s, d’autres pas. Certain-e-s ont des idéo­lo­gies affirmées, d’autres sont apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous préoc­cupé-e-s et indi­gné-e-s par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale actuelle. Par la cor­rup­tion des poli­ti­cien-ne-s, des patron-e-s, des ban­quier-e-s… qui nous laissent impuissant-e-s et sans voix.
Cette situa­tion nous fait souffrir au quotidien ; mais si nous nous unissons nous pouvons la modifier. C’est le moment de nous mettre en marche pour bâtir ensemble une société meilleure. Pour ce faire, nous sou­te­nons fermement que :

Les priorités de toute société développée doivent être l’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement durable et le bien-être des personnes.

Il existe des droits fondamentaux que la société a le devoir de garantir : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à l’engagement politique, à l’épanouissement personnel et le droit à l’accès aux biens nécessaires à une vie saine et heureuse.

Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.

La démocratie, par essence, émane et appartient au peuple, mais, dans ce pays, la majorité de la classe politique ne lui prête pas attention. Le rôle des politicien-ne-s devrait être de faire entendre nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyen-ne-s grâce à des voies de démocratie directe pour le bénéfice de l’ensemble de la société. Et non celle de s’enrichir et prospérer à nos dépens, en se pliant aux exigences des pouvoirs économiques et s’accrochant au pouvoir par la dictature partitocratique du PPSOE[*].

La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-un-e-s créent inégalités, tensions et injustices, ce qui mène à la violence et que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale qui se consomme par elle-même en enrichissant une minorité et en plongeant les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.

L’accumulation d’argent est la finalité du système, sans prendre en considération le bien-être de la société et de ceux qui la composent ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des personnes frustrées.

Nous sommes les rouages d’une machine destinée à enrichir une minorité qui ne sait plus reconnaître nos besoins. Nous sommes des citoyen-ne-s anonymes, mais sans nous rien ne serait possible car nous faisons tourner le monde.

Nous ne devons plus placer notre confiance en une économie qui ne tourne jamais à notre avantage. Il nous faut éliminer les abus et les carences que nous endurons tous.

Nous avons besoin d’une révolution éthique. L’argent ne doit plus être au dessus tout, mais simplement à notre service. Nous sommes des êtres humains, pas des marchandises. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour toutes ces raisons, je suis indigné-e.
Je crois que je peux changer les choses.Je crois que je peux aider.
Je sais que tous ensemble nous le pouvons.
Il ne tient qu’à toi de nous rejoindre.

[*] Contraction des deux partis PP et PSOE, un peu comme si on disait UMPS chez nous.

Manifeste féministe de l’assemblée féministe de la Puerta del Sol
La Révolution sera féministe ou ne sera pas : traduction du manifeste rédigé sur la Puerta del Sol.

Nous sommes sur la place car :
– Nous vou­lons une société dont le centre soit les per­son­nes et non les mar­chés finan­ciers. Nous reven­di­quons donc la gra­tuité des ser­vi­ces publics et vitaux que sont l’éducation et la santé face aux réduc­tions sociale et à la réforme du tra­vail.
– Nous exi­geons l’usage d’un lan­gage non sexiste qui nomme toutes les per­son­nes sans trace d’homo­pho­bie, de machisme et de racisme.
– Nous vou­lons un com­pro­mis d’hommes et de femmes afin de cons­truire une société qui n’admette pas la vio­lence machiste.
– Notre corps nous appar­tient, c’est pour­quoi nous accep­tons les mul­ti­ples formes de vivre le sexe et la sexua­lité (les­bien­nes, gays, inter­sexuel­les, bisexuel­les, tran­sexuel­les, tans­gen­res, queers…)
– Nous reven­di­quons l’avor­te­ment libre et gra­tuit.
– Il est indis­pen­sa­ble de d’incor­po­rer l’appro­che fémi­niste au sein des poli­ti­ques économiques, au sein du ser­vice public, dans la créa­tion d’un autre modèle de ville et au sein des poli­ti­ques de l’envi­ron­ne­ment afin de sortir de la crise.
– Nous exi­geons que les Employées domes­ti­ques ou Employées du foyer soient inclues au sein du régime géné­ral de la sécu­rité sociale.
– Nous exi­geons que la tran­sexua­lité ne soit plus traité comme une mala­die.
– Nous exi­geons des papiers pour toutes et que les femmes migran­tes jouis­sent des tous les droits.
La révo­lu­tion sera fémi­niste, écologiste, répu­bli­caine, laïque et non du Capital.

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Internet a-t-il tué le journalisme ?

samedi 16 janvier 2010

On parle beaucoup ces temps-ci de la crise des médias, et en particulier de la presse écrite : la plupart des journaux sont dans une situation financière très précaire, et disparaîtraient tout à fait s’ils n’étaient aidés par l’Etat. Serge Halimi se demande si Internet est le principal responsable de la crise qui frappe actuellement les médias. Selon lui le mal est ancien et profond, les médias s’étant laissés aller aux dérives de la « société du spectacle », au détriment des enquêtes approfondies. Voici un extrait de son article du mensuel Le Monde diplomatique de janvier 2010 :

« L’offre de contenus médiatiques progresse annuellement de 30 % : le nombre des chaînes européennes de télévision triplé depuis dix ans, celui des magazines a quadruplé depuis un quart de siècle. Presque inéluctablement, l’attention réservée à chaque titre pâtit. Or, déjà, la part de la presse ne cesse de baisser dans le budget des ménages, tentés de réorienter leurs dépenses de communication vers le téléphone portable, l’audiovisuel payant, Internes. Ainsi, en France, une famille moyenne consacre moins de 50 centimes par jour à l’achat de périodiques. Mieux vaut donc pour elle que ceux-ci soient bon marché, voire « gratuits » (4). Un tel contexte éclaire le problème existentiel des journalistes professionnels, dont la rémunération dépend de la survie de leur entreprise. Car la diffusion des périodiques chute au moment où déjà leurs recettes publicitaires s’écroulent. Celles-ci représentaient par exemple 60 % à 70 % du chiffre d’affaires du Monde il y a une trentaine d’années ; moins de 25 % aujourd’hui, suppléments compris. […]     

En termes de chiffre d’affaires, rien ne pèse aussi lourd pour les journaux que cet affaissement de leurs recettes publicitaires (- 29 % aux Etats-Unis au deuxième semestre 2009 par rapport à l’année précédente). Dotés de moyens plus performants et moins coûteux de s’adresser aux consommateurs (Internet, téléphones portables, « placement de produits » dans les films de fiction et dans les séries), les annonceurs n’excluent plus de se passer d’une presse écrite au lectorat vieillissant. Or, même aujourd’hui, la publicité continue de représenter en moyenne 43,8 des recettes des titres français, contre 32,6 % pour leurs ventes au numéro et 23,6 % pour leurs abonnements (cf. le graphique ci-dessus qui, au passage, éclaire la singularité du Monde diplomatique sur ce point aussi…).

Le glas a déjà sonné pour certains titres ; l’heure de vérité se rapproche pour d’autres. Aux Etats-Unis, quinze mille journalistes ont été licenciés l’année dernière, davantage consentent à des baisses de salaires ; afin de survivre, le New York Times a accepté un prêt à 14 % d’intérêts consenti par M. Carlos Slim, la plus grosse fortune du Mexique ; plusieurs grandes villes (Detroit, Seattle, San Francisco…) risquent de perdre leur grand journal local ; depuis que le réputé Christian Science Monitor a disparu comme quotidien imprimé, sa diffusion en ligne s’effondre. De son côté, la presse espagnole a supprimé deux mille quatre cents de ses trente mille emplois en un an.

Une fois qu’ils ont taillé dans leurs effectifs et réduit la pagination de leurs titres, les propriétaires de journaux espèrent compenser le recul de la diffusion par une augmentation du prix, laquelle provoque en général un nouveau recul de la diffusion. Pour le moment, une telle débandade n’épargne guère que l’Asie et les pays arabes.

Comment continuer à financer des entreprises journalistiques coûteuses (enquêtes au long cours, reportages à l’étranger, relecture et vérification des textes par des éditeurs, intervention des  correcteurs) quand les ressources habituelles se dérobent ? Première réponse : ne plus le faire. Le cycle est alors enclenché un déclin de la presse, en partie lié à la dégradation du journalisme, décourage un peu plus les journaux du journalisme. Et les conduit à se soumettre davantage encore aux recettes concoctées par les services du marketing : culte de l’article court, des thèmes « de société », titre criard pour annoncer une broutille, micro-trottoir, sujet « de proximité ». […]

Les nouvelles technologies de la communication ont offert au mercantilisme rédactionnel et à la paresse intellectuelle un superbe alibi. Puisqu’il y a Internet, les médias généralistes peuvent supprimer sans états d’âme leurs bureaux de correspondants à l’étranger et réduire la part des articles traitant d’autres sujets que la mort de Michael Jackson, le «sort tragique de la petite Marina», la burka, les fantasmes amoureux de M. Valéry Giscard d’Estaing, l’accouchement de Mme Rachida Dati . Quand la répression se déchaîne au Sri Lanka, le journaliste qui a d’autres affaires à traiter – et de plus lucratives – n’a plus qu’à renvoyer ceux de ses lecteurs que le sujet intéresse au site du Times of India… Avec Internet, ne sommes-nous pas devenus tous plus savants qu’Aristote puisque nos téléphones portables nous donnent accès aux archives numériques de la « bibliothèque universelle » ? »

Serge Halimi

On peut nuancer ce point de vue en rappelant que le plus souvent Internet ne fait que reprendre en boucle, avec parfois des interprétations délirantes sur les sites, et de la part des internautes, des informations produites pour l’essentiel par les médias traditionnels – comme le montre une étude américaine qui vient d’être publiée à Baltimore.

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Médias et vie privée chez les jeunes

lundi 11 janvier 2010

Un article du Monde analyse finement les rapports entre les médias et la vie privée, dans les différentes générations. Pour celle des « parents », les exhibitions permanentes des jeunes sur Facebook ou Twitter paraissent souvent choquantes ; mais les jeunes n’ont pas du tout la même conception de la vie privée.

L’article interroge de nombreux spécialistes de la question, notamment américains :

http://lemonde.fr/technologies/article/2010/01/08/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons_1289411_651865.html

Les fondateurs de Facebook eux-mêmes ont modifié les paramètres concernant la vie privée sur leur site (ne m’en demandez pas plus au plan technique, je ne fréquente pas ces sites…), et considèrent que « la norme sociale sur la protection de la vie privée a évolué »… donc qu’ ils peuvent s’asseoir dessus pour faire leur business…

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Vers un Net sous surveillance ?

dimanche 29 mars 2009

La loi HADOPI sur la surveillance d’internet et la lutte contre le piratage est actuellement discutée au Parlement . Selon certains spécialistes, elle comporte des dangers pour la liberté d’expression et d’échanges sur le Net : certains sites seraient autorisés (par une autorité administrative appellée HADOPI), tandis que d’autres seraient jugés néfastes ou illégaux… Christine Albanel elle-même, ministre de la Culture, s’est inquiétée de cette logique repressive.

Lire par ex. le point de vue de Christian Paul, député socialiste : http://www.liberation.fr/medias/0101165793-vers-une-societe-de-surveillance-sur-le-net

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« Un jour, ti auras le doigt usé ! »

mardi 6 janvier 2009

Voici un document très sérieux, scientifique même, sur l’addiction à internet, que m’a envoyé un collègue (mais je ne vois pas bien ce que l’Université de Provence vient faire là-dedans…) 🙂

http://gedfs.univ-provence.fr/COURRIER/0812191710.0/unnamed.wmv 

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