Une commission de déontologie s’était opposée à l’usage des flash-balls dans les manifestations

Vendredi 15 octobre 2010

    

 

 

Un article de Libération du 11 mars 2010 (il y a 7 mois donc) rapportait l’avis de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, concernant l’usage du flash-ball, qui avait déjà provoqué des blessures graves lors de manifestations en 2009.

Hier, un lycéen de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a reçu un tir de flash-ball dans la tête ; il pourrait perdre un oeil, alors que les policiers n’étaient en rien en situation de légitime défense. Ce drame aurait pu être évité.

UNE VIDEO D’UN JEUNE MONTRE PRECISEMENT CETTE SCENE :

http://www.dailymotion.com/video/xf7czf

Pour mieux se rendre compte du comportement de la police, voici ci-dessous le compte-rendu précis et intéressant de la journée du 14, au lycée de Montrouge (Hauts-de-Seine), par une professeure :
 
Les infos suivantes ne sont pas des rumeurs: elles ont été assemblées après une réunion aujourd’hui jeudi à 13h entre des professeurs, le proviseur et son adjoint.
 
 Hier mercredi, des jeunes non scolarisés au lycée sont venus, ont brûlé quelques poubelles et lancé des bouteilles. Les policiers sont restés à distance, les pompiers ont éteint le feu.

 Le JT de France 2 le soir a montré des images des débris, et du portail, avec le nom du lycée visible.
 
L’IA et la Préfecture avaient donc décidé d’une importante présence policière ce matin, aux deux bouts de la rue. Administration et surveillants filtraient l’accès en demandant les carnets de correspondance. Des policiers ont participé de façon peu aimable à ce contrôle.
 
Dans une rue adjacente, un automobiliste non-identifié a distribué à des élèves des badges et drapeaux
CFDT. De l’avis des profs et du proviseur, il s’agit là d’une manip’ grossière, on ne voit pas ce que la CFDT viendrait faire là.
 
Toute manifestation étant ce jour interdite devant le lycée, comme nous avons entendu des policiers le dire fort
à plusieurs reprises, les élèves ainsi équipés se sont fait charger et 4 d’entre eux arrêter. Une élève filmant la scène a été forcée d’effacer ses images, dans un véhicule policier. Des policiers (ou CRS) ont insulté des élèves (« salope, pute ») et ont brandi (sans tirer) des flashballs tout prêt des visages d’élèves.
 
Le calme étant revenu, un face à face s’est prolongé jusqu’à midi dans la rue, avec des professeurs entre les policiers et les élèves.
 
La réunion de 13h a permis d’établir tous ces éléments. Le proviseur n’est pas content qu’aucune
arrestation n’ait eu lieu le jour des violences… et que l’inverse se soit produit aujourd’hui. Il entend éclaircir cette histoire de distribution d’insignes. Et souhaite que le dispositif policier soit différent demain.
 
Vers 16h, 3 des 4 élèves avaient été relachés.
 
Des professeurs ont demandé la fermeture du lycée demain, en passant par le proviseur, pour raisons de
sécurité. L’Inspection académique a refusé.
 
Les élèves semblant préparer un blocus pour demain matin, plusieurs professeurs seront présents dès 8h, on attend aussi des éducateurs de Bagneux et des parents du lycée.
 
Les professeurs mobilisés contre la réforme des retraites regrettent que ce genre d’évènements détourne
l’attention.
 
 
Florence Arié (présente au lycée de 9h à 15h)

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Journée d’action des lycéens le 14 : ça démarre doucement…

Jeudi 14 octobre 2010

Le jeudi 14, à l’appel des organisations lycéennes (UNL, FIDL), plusieurs manifestations ont eu lieu en France. Pour le moment, le nombre de manifestants reste limité, mais le nombre d’actions et de blocages de lycée a tendance à augmenter.

Des images, par le quotidien Le Monde.

Un article sur cette journée.

Le quotidien Libération rapporte une lettre envoyée par les proviseurs aux parents, pour les inciter à interdire à leurs enfants de participer à des blocages.

Une carte des manifestations en France, toujours dans Le Monde (quotidien sérieux, « de référence »).

Enfin, une petite vidéo où des historiens analysent un terme qui revient sans cesse en ce moment : « irresponsable » en parlant des manifestants lycéens, et des adultes qui sont censés les avoir envoyés dans la rue…

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Un regard lucide sur les enfants roms

Lundi 6 septembre 2010

Terrain de jeu 

Le juge pour enfants de Bobigny, J.-P. Rosenczveig – l’un des meilleurs connaisseurs dans ce pays de la justice des mineurs – livre sur son blog une analyse sans illusions, mais aussi généreuse, concernant les problèmes de délinquances des Roms, et en particulier des mineurs.

Intéressant, pour sortir des préjugés et des solutions toutes faites…

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Faut-il faire encadrer les jeunes par l’armée ?

Dimanche 5 septembre 2010

Sur le site du Monde, un abonné – paysan de son état – réfléchit sur la solution proposée par le gouvernement (et même par la socialiste Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007) d’un encadrement des jeunes des quartiers populaires (car on n’y pense pour les jeunes de milieux favorisés) par des militaires, dans des centres fermés. Une fausse bonne idée ?

Vous verrez que la réponse de ce lecteur est assez surprenante et intéressante – ayant moi-même fait mon service militaire, je partage certains de ses constats -, et ne porte pas seulement sur les problèmes de violence dans les cités, mais sur le lien social en général.

 

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Quelques vérités sur la délinquance des mineurs

Mardi 17 août 2010

SUR SON BLOG, JEAN-PIERRE ROSENCZVEIG, président du tribunal pour enfants de Bobigny (et grand défenseur des mesures éducatives plutôt que répressives à l’égard des mineurs délinquants, pas par naïveté mais justement parce qu’il les connaît bien) fait « cinq remarques » concernant la législation vis-à-vis des jeunes délinquants et de leurs parents… et en conclut que sur ce sujet le gouvernement a « tout faux ».

 

Un autre blog « Quartiers sans cibles » (joli jeu de mot) se demande comment améliorer l’image de la banlieue, et sortir de la stigmatisation. D’abord en regardant ses habitants (même les jeunes « à problèmes ») comme des êtres humains comme nous tous, et non comme des bêtes. Si une fête populaire rassemblait des milliers d’habitants de quartiers populaires dans la joie et la bonne humeur, les médias en parleraient-ils ?

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Révisions bac : les inégalités entre générations face à l’emploi

Vendredi 11 juin 2010

Dans le contexte de vos révisions pour le bac, voici un article d’actualité utile, du mensuel Alternatives Economiques : « Emploi : les vieux restent et les jeunes trinquent ».

En effet, la dernière enquête trimestre de l’INSEE sur l’emploi indique que le taux d’emploi des plus de 55 ans augmente en ce moment, mais l’emploi des jeunes se dégrade… Un effet pervers du recul de l’âge de départ à la retraite, qui n’est pas encore définitif dans la loi, mais qui est déjà anticipé par les salariés et les entreprises.

 

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Les retraites, d’accord, mais si on parlait des jeunes ?

Jeudi 27 mai 2010

Le sociologue Louis Chauvel, que nous avons étudié en cours de terminale, dans le chapitre sur les inégalités, vient de publier un article dans Le Monde. Il reprend un thème qu’il a beaucoup étudié, depuis plusieurs années : le fait que la jeune génération actuelle (ceux qui ont 30 ans environ aujourd’hui) soit dans une situation bien plus mauvaise que la génération précédente.

Une bonne lecture en période de révisions de SES… 😉

Point de vue
Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse, par Louis Chauvel
LE MONDE | 26.05.10 
 

Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Les enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent depuis deux ans un pessimisme exceptionnel de nos concitoyens vis-à-vis de notre avenir. Au-delà des indicateurs de la conjoncture, les questions structurelles préoccupantes pour le long terme de notre pays s’accumulent et nous ne voyons dans ce contexte avec quels moyens les nouvelles générations pourraient améliorer leur sort. 
 
L’échec de la France à l’entrée dans la société de connaissance, la misère de l’université low cost, la situation toujours plus problématique de nos banlieues, voilà parmi bien d’autres les difficultés que doit affronter notre jeunesse, qui exigeraient des financements urgents et un effort de l’ensemble de la collectivité pour surmonter le défi de la décennie qui vient. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l’avenir de « notre retraite ». Peu importe l’horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d’argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens.
 
Dans ce contexte, quelques voix timides s’entendent à droite et à gauche pour rappeler le relatif bien-être des retraités d’aujourd’hui, et leur capacité à contribuer ne serait-ce que modestement à l’effort de la nation : la décote de 10 % pour « frais professionnels » de l’impôt sur le revenu des retraités, l’alignement du taux de la CSG des seniors sur celle des cotisants, voilà de bien modestes propositions en regard des efforts qu’il faudrait mener urgemment pour financer notre avenir collectif. La discipline gouvernementale à droite et le bon sens politique à gauche font taire ces voix isolées qui tendent à rappeler, brisant ainsi un tabou, que les jeunes seniors auraient les moyens de contribuer à notre avenir, eux qui ont plus que profité du passé des « trente glorieuses » dans leur jeunesse et qui, souvent, leur a mis le pied à l’étrier.
 
Ce tabou est bien étrange, puisque ce n’est pas un secret statistique : par rapport au reste de la population, les 55-64 ans n’ont jamais bénéficié d’un niveau de vie aussi élevé, en moyenne. Alors que, en une vingtaine d’années, les quadragénaires n’ont connu aucun accroissement de leur niveau de vie et stagnent autour de 16 000 euros, les jeunes sexagénaires sont passés de 15 500 à 20 000 entre 1985 et 2005 (+ 29 %). Il est d’usage de s’apitoyer sur les modestes pensions des seniors, mais il est habituel de ne mentionner que la pension principale de la Caisse nationale d’assurance- vieillesse (CNAV) des titulaires de revenus sociaux qui sont souvent fort diversifiés, en omettant aussi les nombreux revenus plus ou moins défiscalisés de la propriété. Généralement, on feint d’ignorer, comme Henri Sterdyniak, que les ménages de retraités sont aussi de petite taille : alors que les salaires des quadras font vivre aussi leur progéniture, les jeunes seniors, de plus en plus d’anciens couples biactifs, sont l’exemple modal des « Dinks » (« double income no kids », deux revenus pas d’enfant) du marketing américain.
 
La réalité est que jamais le taux de pauvreté des seniors n’a été aussi bas par rapport à une jeunesse paupérisée. Jamais leur revenu moyen n’a dépassé si nettement celui des générations de travailleurs, jamais leur patrimoine net moyen accumulé n’a été aussi élevé, comparé à celui des nouvelles générations. Jamais le taux de propriété ne les a mieux protégés de la crise du logement vécue par les jeunes. Jamais le taux de suicide des jeunes retraités n’a été aussi faible, relativement à celui des quadragénaires. Jamais ils ne sont partis plus longtemps en vacances, aussi, alors que, depuis 1979, cette pratique a régressé chez les adultes d’âge actif.
 
Evidemment, ce constat tracé aujourd’hui est historiquement exceptionnel : inédit, il ne pourra se prolonger puisque les futurs jeunes seniors de 2020 connaîtront le retournement de toutes ces tendances. Générations de la crise économique, du chômage de masse à l’entrée dans la vie adulte et des salaires nets amputés par l’explosion des coûts salariaux, de la moindre accumulation patrimoniale au cours de la vie active, les jeunes seniors de 2020 seront la variable d’ajustement des problèmes de retraite, comme les jeunes chômeurs et précaires sont celle du monde du travail.
 
Nous pourrions feindre de nous étonner du silence, voire des dénégations des politiques devant le contraste des difficultés des générations actives et du festin des générations de jeunes retraités. Mais la réalité appelle non au pessimisme mais à la lucidité. Dans l’ordre des idées, la gauche devrait se préoccuper de justice sociale et remédier à ces inégalités entre générations. La droite, dans un souci légitime d’efficacité, devrait chercher les solutions pour donner plus d’incitations au travail et à l’effort, par exemple en rétribuant mieux le travail et moins le loisir, dès aujourd’hui, en agissant sur le stock des retraités aisés de maintenant.
 
Pourtant, dans l’ordre de la réalité, ni les uns ni les autres, par pragmatisme électoraliste sans doute, n’ont intérêt à heurter les sensibilités d’une population de retraités qui n’ont jamais été aussi actifs politiquement. Le Parti socialiste a rendu son verdict : sa position est celle du maintien, le plus longtemps possible, des apparences de la retraite à 60 ans. Arc-boutée sur sa position fondée sur le symbole de l’héritage mitterrandiste, Mme Aubry va jusqu’à proposer à chaque Français l’horizon radieux d’une « révolution de l’âge » où les jeunes n’existent semble-t-il que pour recevoir une aide de leurs anciens. L’augmentation du taux de cotisation et l’invention de nouvelles taxes sur le capital serviraient bien sûr à combler le gouffre. Mais ces moyens nouveaux feront défaut à des besoins collectifs bien plus urgents, comme la formation efficace de nos jeunes et de nos salariés. En réalité, l’effort reposera pour l’essentiel sur les cotisations alourdies des salariés, notamment les plus jeunes, bien mal défendus par la gauche. Le gouvernement quant à lui compte bien sanctuariser les ressources économiques de seniors dont le vote sera décisif : faut-il rappeler que sans le vote des plus de 68 ans, Mme Royal eût été élue. Il n’est donc pas question de manoeuvrer le curseur le plus efficace : le niveau des pensions des retraités d’aujourd’hui.
 
C’est la force des idéologies que de fourvoyer les plus faibles, ceux qui n’y ont aucun intérêt, dans des directions qui leur seront néfastes. Le débat sur les retraites correspond bien à cela, puisque, à droite comme à gauche, les positions semblent en profonde contradiction avec la logique qui devrait guider les deux camps, à la défaveur des jeunes travailleurs, groupe social sans support politique. Du point de vue de la justice sociale, les retraités aisés doivent contribuer, mais, d’un point de vue pragmatique, ils en seront exonérés. C’est ici la conséquence du fonctionnement politique français, fondé sur un faux libéralisme qui réserve la liberté à ceux qui peuvent l’acheter et sur un faux socialisme qui a oublié ses enfants.
 
Le scénario gris foncé de l’avenir des générations de jeunes actifs d’aujourd’hui se confirme. Il en résultera que les jeunes travailleurs d’aujourd’hui sont destinés à se contenter de faibles salaires nets, à rester les victimes d’un coût du travail exorbitant, à bénéficier au bout du compte de maigres pensions, à un âge tardif, dans un contexte où les négociations sur l’aménagement de postes de travail et de conditions moins pénibles pour les actifs vieillissants seront esquivées. Tous ces constats portent vers cette conclusion : les nouvelles générations doivent faire un effort considérable de lucidité de long terme, de façon à comprendre que ce monde qui se fait politiquement sans elles se fera contre elles. Ces déséquilibres massifs exigeront bientôt un lourd réajustement : ce sera le retour du pendule. Mais l’injustice suscite l’injustice, avec l’émergence de générations doublement sacrifiées, dans leur jeunesse d’abord, puis dans leur séniorité ensuite. C’est écrit, pour 2025. 
 
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Louis Chauvel, sociologue, professeur à Sciences Po.

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Violence au lycée, violence du lycée

Dimanche 14 mars 2010

Un professeur de lettres analyse de manière très franche et pertinente la montée de la violence au lycée, et ses origines : très intéressant.

Réagissez avec vos commentaires !

http://lemonde.fr/opinions/article/2010/03/13/lycee-genese-de-la-violence-par-fabrice-humbert_1318662_3232.html

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Médias et vie privée chez les jeunes

Lundi 11 janvier 2010

Un article du Monde analyse finement les rapports entre les médias et la vie privée, dans les différentes générations. Pour celle des « parents », les exhibitions permanentes des jeunes sur Facebook ou Twitter paraissent souvent choquantes ; mais les jeunes n’ont pas du tout la même conception de la vie privée.

L’article interroge de nombreux spécialistes de la question, notamment américains :

http://lemonde.fr/technologies/article/2010/01/08/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons_1289411_651865.html

Les fondateurs de Facebook eux-mêmes ont modifié les paramètres concernant la vie privée sur leur site (ne m’en demandez pas plus au plan technique, je ne fréquente pas ces sites…), et considèrent que « la norme sociale sur la protection de la vie privée a évolué »… donc qu’ ils peuvent s’asseoir dessus pour faire leur business…

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Les jeunes sont-ils de plus en plus violents ?

Samedi 21 novembre 2009

Rien n’est moins sûr, comme le montre un article de Louis Maurin dans  Alternatives économiques :

http://www.alternatives-economiques.fr/des-jeunes-violents-_fr_art_633_45566.html?PHPSESSID=vq7ibh0ihefr1lvqcufsmn2g63

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