République et justice sociale

mercredi 23 février 2011

La prochaine émission de Raphaël Enthoven (dimanche 27) est diffusée en avant-première sur le site d’Arte.

Elle est consacrée à la République : très intéressante !

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Rencontre avec la femme idéale

dimanche 25 octobre 2009

Oui, elle existe, extrêmement intelligente, extrêmement belle ; de plus, tout un chacun peut passer une heure avec elle, et sa compagnie est extrêmement agréable.

Mais dépêchez-vous, le bonheur passe comme le vent, et la vidéo (à regarder en plein écran 🙂 ) n’est diffusée gratuitement que jusqu’au 30/10 !  Attention, n’essayez pas de l’avancer ou de la reculer, sinon elle se bloque et revient au début : ne touchez à rien, et profitez de ce moment qui vous apportera beaucoup.

« Elisabeth Badinter à contre-courant », de l’émission Empreintes sur France 5
http://www.france5.fr/videos/documentaires/?id=3884#

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« Que gagne-t-on à échanger ? » : une réponse

vendredi 19 juin 2009

«Que gagne-t-on à échanger ? Un supplément d’âme»
Le philosophe Vincent Cespedes a planché pourLibération.fr sur un des
sujets du bac de philo.

J’ajoute que cette dissertation peut aussi être lue comme une belle définition de la relation entre l’enseignant et ses élèves…


Par VINCENT CESPEDES, philosophe écrivainDe mon point de vue, «Que gagne-t-on à échanger?» est le plus beau sujet du Bac philo 2009. Beau parce que poétique (c’est-à-dire faisant trembler nos émotions les plus intimes) et politique (c’est- à-dire faisant trembler le monde). Le présupposé est facile à déceler: «Nous avons la capacité d’échanger». C’est ce verbe assez mystérieux qu’il faut interroger d’emblée.

On pense tout de suite aux transactions matérielles – troc, argent, biens divers. Puis l’immatériel nous saisit – conversation, dialogue, confidences, apprentissage, mais aussi émotions, tendresse, amour. Point commun : pour qu’il y ait échange, il faut que je prenne et que je donne, autrement dit qu’il y ait transaction entre au moins deux partis, transmission mutuelle. Comment, dès lors, parler de «gain», si la nature même de l’échange est de tendre vers la réciprocité, le donnant-donnant, l’accord des deux parties ? Inversement, si l’échange est déséquilibré, s’il induit une nette différence permettant de parler d’un «gagnant» (victorieux) et d’un «perdant» (lésé), en quoi s’agirait-il encore d’un échange, à proprement parler ?

Une distinction semble ici nécessaire. Dans l’échange matériel, ce que je donne ne m’appartient plus, je le perds au profit de ce que je reçois en contrepartie ; tandis que dans l’échange immatériel, je ne me dépossède pas de ce que je donne. L’échange matériel inverse la possession des choses, change les titres de propriété (cela vaut également pour les flux virtuels de la Bourse) ; l’échange immatériel, en revanche, est un partage. Je ne perds pas le savoir que j’enseigne, l’information que je livre ni la caresse que je prodigue.

Le commerce des biens est une translation négociée, où dans le meilleur des cas chacun ressort «gagnant» quand il atteint ses objectifs – des objectifs quantifiables ?, mais où il est coutume d’essayer de sortir plus gagnant que l’autre, voire de l’écraser. Échange d’armes, serait-elles virtuelles ou indexées sur le CAC 40. Échange-combat, fait de pressions, de chantages, de bluff ; «univers impitoyable» à la Dallas, où tout le monde essaie d’être l’arnaqueur en évitant à tout prix d’être l’arnaqué. Charles Fourier (1772-1837) va même jusqu’à dire que «le commerce est en guerre contre tout le corps social, spoliant les classes productives, les gouvernements.»Au bout de cet échange-là, si l’on pousse sans frein sa logique guerrière, il y a l’esclavage et la déshumanisation: que l’on soit riche ou pauvre, personne n’en ressort gagnant. Relisons les magnifiques pages de Benjamin Constant (1767-1830) dans De l’esprit de conquête et de l’usurpation (1814) : «La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d’arriver au même but, celui de posséder ce que l’on désire. Le commerce n’est autre chose qu’un hommage rendu à la force du possesseur par l’aspirant à la possession. C’est une tentative pour obtenir de gré à gré ce qu’on n’espère plus obtenir par la violence. Un homme qui serait toujours le plus fort n’aurait jamais l’idée du commerce. C’est l’expérience qui, en lui prouvant que la guerre – c’est-à-dire l’emploi de sa force contre la force d’autrui – est exposée à diverses résistances et à divers échecs, le porte à recourir au commerce, c’est-à-dire à un moyen plus doux et plus sûr d’engager l’intérêt des autres à consentir à ce qui convient à son intérêt.»

Le commerce dominateur et sans scrupules partage avec la guerre les mêmes objectifs: non pas l’échange, mais l’appropriation. Et c’est lorsque j’y perds matériellement (en force, en argent) que j’y gagne immatériellement (en expérience, en savoir-faire). L’échange guerrier ? commercial ou ouvertement violent – ne constitue un gain en lui-même que dans la mesure où je perds la bataille et j’apprends de mes erreurs. L’adversaire triomphant, lui, a bien tiré profit du conflit sur le plan matériel, mais n’a rien tiré de l’échange en lui-même. Il conquiert l’autre en le niant, passant donc à côté du gain lié à l’acte d’échanger : un gain foncièrement immatériel, qualitatif. Un gain d’humanité.

Ce gain de l’échange en lui-même, indépendant du bénéfice financier, est bien mis en valeur dans la pratique très orientale du marchandage. Discuter un prix, charmer, convaincre, jouer, cela vise bien plus qu’une négociation commerciale, n’en déplaise aux touristes cul-serrés. C’est le plaisir de l’échange pour l’échange, contrairement aux marchands européens qui arnaquent peut-être davantage mais en toute objectivité, puisque leurs prix sont affichés. Discuter un prix sur le marché, c’est d’abord et avant tout discuter. Le gain n’est pas d’abord un profit quantifiable mais une complicité, une énergie transmise, un enthousiasme qui rapproche. Or, ce commerce des âmes, bien plus vital que celui des biens, fait cruellement défaut aux sociétés technocratiques et informatisées. L’écrivain étatsunien Don DeLillo le note avec humour, dans sa pièce « Valparaiso » (1999) : «Elle a sa console et sa RAM. J’ai mon pauvre petit bout de papier. Mais je veux que quelque chose passe entre nous. Un soupçon d’échange humain. Une nuance.»

Cette «nuance» nous transforme, c’est cela qui est bon, et effrayant. Car échanger, c’est s’échanger. Je dirais même ? pour reprendre le concept central de ma philosophie ? : «se mélanger». Italo Calvino (1923-1985) l’écrit poétiquement : «La vie n’est qu’un échange d’odeurs». Oui, c’est de la vie qui s’échange dans l’échange immatériel, y compris les informations prétendument «objectives» dont nous abreuvent les mass media. Qui n’a pas senti dans l’échange quel qu’il soit une certaine «magie qui passe», une «bonne vibration» qui chamboule nos émotions et ancre l’autre dans notre corps, notre cœur, notre mémoire ? La philosophie française, obsédée par l’allemande, a trop longtemps dénigré et méprisé cette
expérience singulière et essentielle qui bouleverse tout un chacun.

Pour Julien Offray de La Mettrie (1709-1751), la conversation est un vital appétit d’échange qui «me rend le même service qu’un bon livre, elle relève mon âme, elle nourrit et restaure en quelque sorte un être qui mourrait comme d’inanition : c’est presque rendre la vie à un cadavre.» Dans l’échange philosophique, Socrate délivre les pédants de leurs préjugés et redonne vie à la pensée pétrifiée en dogmes. Dans l’échange pédagogique, le bon maître apprend à l’élève, mais aussi de l’élève : le cheminement de l’apprentissage s’opère par un va-et-vient passionnant. Dans l’échange amoureux véritable (à ne pas confondre avec l’encouplement qui met l’amour sous contrat !), les libertés se renforcent l’une avec l’autre, les horizons s’élargissent en se conjuguant ; les amants mélangent leurs jus et leurs joies dans une intense « percolation ». L’échange humain se décline sur le mode fertile et incontrôlable de la création.


Que gagne-t-on à échanger? – Un accroissement de vie ou, pour le dire autrement : un supplément d’âme. Un essor, aussi infime soit-il, qui déploie et vivifie grâce à l’autre nos désirs, nos rêves, notre identité, nos talents. C’est la leçon qu’Édouard Glissant nous chuchote, depuis sa Caraïbe : «Je peux changer, en échangeant avec l’Autre, sans me perdre pour autant.»Vincent Cespedes, philosophe, écrivain

auteur de J’aime, donc je suis (Larousse) un cahier de vacances philo
sur l’amour.

 

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Derniers conseils avant le bac philo

mercredi 17 juin 2009

« Le penseur » de Rodin (Musée Rodin, Paris)

 

Un professeur de philosophie, Charles Pépin, vous donne de bons conseils pour la dissertation de philo dans une vidéo :

http://www.toutpourlebac.com/conseilVideo/show/pid/350

Approfondissez votre réflexion, détendez-vous, et tout va bien se passer !  😉

 

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L’arme absolue pour le bac philo !

mardi 9 juin 2009

Vous avez peur de l’épreuve de philo à venir ? Vous ne savez pas vraiment ce que les correcteurs de philo considèrent comme une bonne dissert ? 

J’ai quelque chose qui va sûrement vous intéresser : une série d’émissions enregistrées par France Culture par de vrais profs de philo avec de vrais sujets de bac !  Moi qui aime définir les SES comme de la « philosophie appliquée », et qui ai découvert les sciences sociales en cours de philo, j’ai beaucoup aimé.

Installez-vous confortablement, cela dure à chaque fois une petite heure (avec des interruptions musicales entre les explications), c’est dense bien sûr, « prise de tête » parfois  😉  mais très intéressant, et très utile pour vous.  Essayez un sujet ou deux !

 

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Finale de foot Allemagne-Grèce

samedi 21 mars 2009

Pour vous consoler du bac blanc de philo – et de la philo en général – voici une petite vidéo des MONTY PYTHON (célèbre équipe d’humoristes anglais, spécialistes de l’absurde, ayant surtout sévi dans les années 70-80), montrant une finale de foot entre les philosophes allemands et les philosophes grecs  (match arbitré par Confucius, St Augustin et St Thomas d’Aquin).

Beckenbauer (le plus grand footballeur allemand des années 70) figure sur la feuille de match (mais le commentateur trouve cela surprenant), Aristote est « l’homme en forme du moment », on fait rentrer Marx pour renforcer l’attaque allemande, Nietzsche prend un carton pour s’être disputé avec l’arbitre, Kant conteste un but car il doute de l’existence du ballon, etc. etc. 🙂  🙂

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