Les jeunes sont de plus en plus politisés

Samedi 13 novembre 2010

Une étude montre, contrairement à une idée reçue, que les 18-29 ans s’intéressent de plus en plus à la politique et s’engagent, davantage qu’il y a dix ans, pour l’extrême gauche ou la droite.

C’est ce que montre une étude de l’Injep qui a testé l’intérêt pour la politique des 18-29 ans. Selon elle 50% des jeunes jugent la politique importante, un pourcentage supérieur à celui des adultes et nettement supérieur à celui de la génération 1980 ou 1999 (31%). On observe également une forte montée des jeunes ayant participé à une manifestation ou à un boycott.

A qui profite cette politisation des jeunes ? Le positionnement politique des jeunes se fait moins à gauche et davantage aux extrêmes. 13% des jeunes se classent à l’extrême gauche (contre 7% en 1999), 23% à gauche (inchangé), 39% au centre (+3%), 13% à droite (+6%) et 4% à l’extrême droite (+1%). Les non-positionnés passent de 24 à 8% ! Un quart des jeunes veut un changement révolutionnaire de la société, c’est 4 fois plus qu’en 1999. On peut parler d’une radicalité politique.

L’étude

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Pourquoi les Français ont perdu confiance

Samedi 6 novembre 2010

DANS « LE MONDE », UNE PHILOSOPHE, SANS PRENDRE PARTI AU SENS STRICTEMENT POLITIQUE, ANALYSE LA PERTE DE CONFIANCE DES FRANCAIS EN LEURS ELITES (COMPAREES AUX ELITES DE 1940…) :

Réinventer la société de confiance

LEMONDE | 05.11.10

Michela Marzano, philosophe, professeur des universités à Paris-Descartes

Voilà quinze ans, dans un livre consacré à la « société de confiance », Alain Peyrefitte, pourtant ancien ministre du général de Gaulle, nous vantait les mérites des modèles anglo-saxons, affirmant notamment qu’ils permettaient à chacun de se dépasser constamment dans des « entreprises risquées mais rationnelles ».

Ces dernières années, les élites françaises ont cherché sans relâche à promouvoir ce modèle idéal de « confiance compétitive ». Il fallait « être performant » et « ne jamais se soucier des autres ». La confiance n’était plus synonyme que de « self estime ». L’une des raisons du succès de Nicolas Sarkozy, en 2007, a été justement sa capacité à mobiliser les électeurs autour de l’idée de réussite personnelle.

Le fameux « travailler plus pour gagner plus ». Pour quel résultat ? La crise a mis à jour les contradictions d’un tel discours. Elle a montré les limites d’un volontarisme à outrance. Les manifestations récentes contre la réforme des retraites ne sont pas, on le sait, une simple protestation contre un allongement de quelques années de cotisation mais aussi le symptôme d’une grande déception et d’un grand désarroi. Peut-on se limiter à croire, comme un Claude Bébéar, que les citoyens ne seraient descendus en masse dans la rue que parce qu’ils « dénigrent le travail, se disent fatigués et aspirent aux congés et à la retraite » (Le Monde du 1er novembre) ?

Une chose est sûre. La fatigue française est bien réelle. Mais elle n’est pas une propriété intrinsèque du « Français-paresseux-par-nature » comme voudraient le faire croire certaines élites, se berçant de telles niaiseries pour éviter de se remettre en cause. La fatigue actuelle est le résultat d’une longue suite de contes de fée et de mensonges auxquels les citoyens avaient fini par adhérer et dont ils découvrent depuis peu l’inanité.

Ce peuple qui, depuis 1789 et 1848, n’avait cessé d’opposer aux puissants du monde le rire moqueur de Gavroche, s’était progressivement laissé convaincre par les sirènes d’un certain management. Il avait accepté l’idée qu’il suffisait de croire « en soi-même » et de ne jamais compter sur les autres pour réussir sa vie. La société se partageait entre les « winners » et les « loosers », entre ceux qui croyaient n’avoir besoin de rien, ni de personne, et ceux qui avaient la faiblesse de croire aux autres.

La crise a eu le mérite de montrer qu’il ne suffit pas de « vouloir pour pouvoir » et que, sans coopération et solidarité, « notre monde peut être un enfer », comme le disait déjà Hannah Arendt. Tous les jours, dans les entreprises, ils sont des milliers à le vivre dans leur chair. Pas besoin d’aller chercher des exemples dramatiques chez France Télécom ou Renault.

EXEMPLARITÉ

Prenons ce salarié qui, à l’approche de la cinquantaine, et après s’être voué à son travail en essayant d’être toujours « flexible », se voit remercié car « trop coûteux ». Ou ces seniors qui connaissent un véritable parcours du combattant, se traînant d’entretien en entretien, à la recherche d’un nouvel emploi. Qui dit que ces Français ne veulent pas travailler ? Qui croit qu’ils dénigrent le travail ? Ne voudraient-ils pas simplement une société plus juste ?

Globalisation et mutation technologique poussent certes au changement. Mais elles ne poussent pas nécessairement aux dérives oligarchiques et au cynisme triomphant. Une société plus juste est toujours possible. Elle est même la condition du retour de la confiance en l’avenir. Elle passe par le refus de cette fausse « société de confiance » vantée par l’idéologie néolibérale moribonde.

Il faut retrouver le chemin de la coopération et de la confiance mutuelle. Mais cette confiance-là ne se décrète pas. Pour qu’elle puisse surgir à nouveau dans ce pays et se développer, elle doit pouvoir s’appuyer sur des preuves tangibles. Pas de confiance sans fiabilité. Or, c’est là que le bât blesse. Tout ce qui manque à nos élites, aujourd’hui, c’est d’être fiable. On dira que ce propos est « populiste ». L’accusation est commode. Jugeons sur actes. Les chefs d’entreprise, les politiques, les médias parlent d’exemplarité. Mais ce sont toujours, comme par hasard, les autres qui doivent être exemplaires. Pas ceux qui demandent des efforts. Pis. En France, un grand manager est désigné comme « courageux » lorsqu’il taille dans ses effectifs, tandis qu’il négocie âprement, et parfois en douce, ses stocks options et sa retraite chapeau.

Le pouvoir politique n’est pas en reste. Les ministres sarkozystes susurrent à l’oreille des Français la petite musique des « sacrifices nécessaires et partagés » pendant qu’ils redonnent à Mme Bettencourt et à ses semblables des millions d’euros au titre du bouclier fiscal. On pourrait multiplier à l’envi les preuves de ce double discours. Comment s’étonner que les Français doutent de la fiabilité de ceux en qui ils sont censés placer leur confiance ? C’est là que réside, en profondeur, le malaise du pays.

En a-t-il toujours été ainsi ? Les esprits cyniques tentent de s’en convaincre. Sans doute n’est-il pas aisé de demander à ceux qui nous gouvernent de ressembler aux vrais héros de l’Antiquité, toujours prêts à se sacrifier eux-mêmes avant de demander le sacrifice des autres. Mais il est des modèles plus réalistes. En 1940, les Anglais savaient bien qu’en leur proposant du « sang et des larmes », Churchill prendrait sa part de l’effort et qu’il n’irait pas se prélasser sur un yacht ou dans un paradis fiscal… A la même époque, les élites françaises de la « drôle de guerre » donnaient, elles, la triste image de pantins désabusés et insouciants, comme l’avait souligné Marc Bloch dans L’étrange défaite (Gallimard, 1990). En va-t-il si différemment aujourd’hui ?

Cette crise étrange, qui frappe l’économie réelle mais épargne les profits de la finance, empêche probablement les plus fortunés de bien en saisir les enjeux. Les élites de cette « drôle de crise » sont un peu comme les élites de la « drôle de guerre ». Elles se trompent de diagnostic. Souhaitons qu’elles sortent vite de leurs illusions pour reconquérir la confiance des Français et croire en un avenir commun.

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Selon le premier sondage public, la majorité des Français soutiennent le mouvement social sur les retraites

Vendredi 22 octobre 2010

Ce soutien de l’opinion publique a même tendance à se renforcer, par rapport aux précédents sondages. 69 % des Français interrogés soutiennent « grèves et manifestations ».

Plus surprenant : un peu plus de la moitié des personnes interrogées sont même favorables à la grève dans les transports, et presque la moitié soutiennent le blocage des raffineries.

On observe des différences d’attitude selon les générations : les personnes âgées sont plutôt contre, les jeunes massivement pour… Faut-il rappeler que ce sont les seconds qui sont concernés par ce mouvement social ?

Voir ici les résultats d’un sondage BVA, premier sondage public portant sur le mouvement social actuel, publiés aujourd’hui dans Le Monde.

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M. Sarkozy est-il le président des riches ?

Lundi 18 octobre 2010

le-president-des-riches

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon forment un couple de sociologues bien connus des élèves de série ES. Ils dissèquent depuis vingt ans le milieu de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie, avec une approche théorique proche de celle de Pierre Bourdieu.

Leur nouvelle enquête, Le Président des riches : enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, est un livre à la fois rigoureux et militant. Chiffres et faits à l’appui, ils démontrent comment la France se transforme en oligarchie, en un régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personne, à une classe restreinte et privilégiée. Selon ces sociologues, le pouvoir actuel est au service d’une classe, la grande bourgeoisie, dont Nicolas Sarkozy s’est fait le porte-parole. Suite à la soirée au Fouquet’s, après les vacances du nouveau président sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré, les deux sociologues ont décidé de tenir un journal d’enquête qui a abouti à cet ouvrage. Ils racontent « en un récit tragi-comique, les cadeaux faits aux plus riches et les réformes rétrogrades qui conduisent à l’appauvrissement des plus pauvres. »

En compilant ces faits, les Pinçon-Charlot nous offrent un bilan d’étape de la Sarkozie, et prouvent que le gouvernement mène systématiquement une politique en faveur des nantis. Une démarche d’autant plus précieuse que le mode de gouvernement de l’ « omniprésident » privilégie à la fois l’urgence absolue (un événement en chasse un autre tous les jours), le double discours (il n’est pas rare qu’une chose et son contraire soient annoncées le même jour) mais aussi le mensonge pur et simple, en disant une chose mais faisant son contraire. Un des exemples les plus explicites concerne la « moralisation du capitalisme » et la pseudo-fin des paradis fiscaux. En atteste la vaste blague de la liste noire établie en janvier 2009 des pays « fiscalement non coopératifs », dix huit micro-Etats, qui n’accueillent que 0,6 % des 500 milliards d’euros français installés dans des paradis fiscaux !

De longs développements sont consacrés à la contre-révolution fiscale de l’été 2007, durant laquelle le seuil du bouclier fiscal a été abaissé de 60 à 50 %, de nouvelles niches fiscales créées et les droits sur les successions et donations quasiment supprimés. Six pour cent des contribuables concernés par le bouclier fiscal ont récupéré 63% du total des restitutions. Un accaparement à l’opposé du partage des richesses ! « 979 bénéficiaires du bouclier fiscal se sont vus restituer 368 millions d’euros, soit un moyenne de 376 134 euros, qui atteint les six millions pour les dix les plus favorisés. Pour Liliane Bettencourt, troisième fortune professionnelle de France, avec 17 milliards d’euros, ce sera 30 millions, soit plus de 5 % du coût global du bouclier. »

La défiscalisation quasi-totale des successions et des donations, deux mois après l’élection présidentielle, montre les honneurs que Nicolas Sarkozy octroie à un milieu dont l’héritage forme la clef de voûte. Les Pinçon-Charlot ont calculé qu’ « un enfant peut recevoir, tous les six ans, des donations pour un montant cumulé de 313 948 euros ». Ils estiment que deux milliards et demi d’euros sont octroyés chaque année pour « favoriser la transmission des patrimoines familiaux et la pérennité de la classe dominante. Le capitalisme héréditaire est assumé… » « Le sacre de Nicolas Sarkozy est celui du racisme social. L’argent ne doit plus se cacher, il est la consécration naturelle du talent, du courage, de l’utilité sociale et de toute réussite. »

Un autre épisode a permis à Sarkozy de faire sienne la devise de Guizot (ministre de Louis-Philippe, pendant la Révolution industrielle) « Enrichissez-vous » : celui du sauvetage des banques. La dette contractée par l’État pour renflouer les banques au cœur de la crise financière de l’automne 2008 creuse le déficit tout en renflouant les rentiers ! « Les coûts du remboursement de la dette, liée notamment à tous ces cadeaux faits aux riches, doivent être couverts au prix de coupes sévères dans les dépenses publiques et sociales. » Les profits restent privés mais la dette est socialisée.

Ainsi, il a été décidé d’« aider les banques… mais sans se mêler de leurs affaires. L’absence de contrôle sur l’utilisation de ces milliards d’euros a permis une relance de l’activité spéculative, qui avait justement mené à la crise ». Les Pinçon-Charlot démontrent également comment l’État organise sa propre insolvabilité (« il n’y a plus d’argent dans les caisses », « nous sommes en faillite », « l’Etat est obligé d’emprunter pour payer 10 % des retraites »…)

Des anecdotes plus personnelles sont égrenées tout au long de l’ouvrage. Quelques épisodes croustillants illustrent le népotisme (placer sa famille ou ses amis proches à des postes importants) du Président. La liste d’amis intimes directement favorisés par le pouvoir est réellement impressionnante, les détails des petits arrangements troublants. Les conflits d’intérêts fourmillent. On l’a vu quand le Président a tenté d’installer son fils à la présidence de l’EPAD (Etablissement public d’aménagement de La Défense : premier quartier d’affaires d’Europe). Garder un contrôle total du fief « Hauts-de-Seine » semble être une préoccupation majeure du Président. Ainsi, les Pinçon-Charlot montrent comment le projet de loi sur le Grand Paris favorise essentiellement les intérêts des Hauts-de-Seine (banlieue ouest, département le plus riche de France).

Pour porter des coups fatals à l’oligarchie économique et financière, les Pinçon-Charlot invitent à nationaliser les banques et les agences de notations, à interdire la titrisation, et d’autres mesures radicales, sur lesquelles on n’est pas obligé de les suivre… Enfin, dans un épilogue intitulé « Que faire des riches ? », Michel et Monique nous engagent simplement à « faire des riches notre exemple », dans la mesure où leur puissance est due à leur solidarité.

 

Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Ed. Zones.

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Et si la défaite de 1940 avait été voulue ?

Samedi 9 octobre 2010

La découverte la semaine dernière d’un document autographe du Maréchal Pétain, où celui-ci durcissait lui-même les mesures de discrimination contre les Juifs en 1940, est l’occasion de revenir sur les travaux de l’historienne Annie Lacroix-Riz (ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, professeur d’université) sur l’activité des sociétés secrètes d’extrême-droite dans les années 30, visant à renverser la République et à instaurer un régime fasciste. Celles-ci n’avaient rien de folklorique, et réunissaient des personnalités influentes de la banque, de l’industrie ou de l’armée (Pétain et Weygand en faisaient partie dès les années 30 !) 

Pour ceux qui veulent comprendre l’Histoire, cette vidéo est longue mais passionnante, à ne pas manquer !

http://www.dailymotion.com/video/xztbh

Pour ceux qui ont apprécié : voici une conférence plus longue, plus développée, et tout aussi passionnante :

http://www.dailymotion.com/video/xe30j6_1940-le-choix-de-la-defaite_news

Comment comprendre l’engagement massif du patronat dans la « collaboration économique  » avec les Allemands sous l’Occupation sans s’interroger sur la phase précédente ? Pourquoi Hitler n’a-t-il pas été renversé dans les années 30, alors que tout le monde connaissait son intention de faire la guerre, mais savait que l’Allemagne n’était pas encore prête ?

À la lumière d’archives françaises et étrangères nouvelles, Annie Lacroix-Riz revient sur les origines de Vichy. On peut parler d’une approche marxiste de cette période, qui met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30, et bouleverse notre approche de la défaite française de 1940, et des relations internationales à cette époque. Cet ouvrage montre, documents à l’appui, que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir (dans ces clubs et ces sociétés secrètes) et que la transformation des institutions et la reprise en main des salariés et des syndicats, souhaitées par eux, passait par la défaite française.

L’ouvrage montre ainsi que la très surprenante défaite de 1940 ne l’est peut-être pas tant que cela, et que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions et des complots successifs menés de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin : abandon de l’Espagne républicaine, accords de Munich, trahison de l’alliance avec l’URSS (qui fut alors obligée de signer le « pacte germano-soviétique » pour gagner du temps et se préparer militairement)…

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Budget de l’Etat 2011 : la rigueur, surtout pour les ménages

Mercredi 29 septembre 2010

Le gouvernement promettait une forte remise en cause des « niches fiscales » (réductions d’impôts pour certaines catégories de la population). En réalité, le retrécissement des niches fiscales est très limité, et le budget est marqué par la « rigueur », surtout aux dépens des ménages, et en épargnant au maximum les entreprises et les plus riches (pas de suppression du fameux « bouclier fiscal », ou d’autres avantages qui ne touchent que les ménages les plus aisés).

Parmi les champs d’intervention qui vont souffrir le plus, il y a le logement social (alors qu’il manque 900 000 logements sociaux, selon la Fondation Abbé Pierre), l’Education nationale (qui connaît environ 15000 suppressions de postes par an depuis cinq ans), ou encore l’écologie, avec des niches fiscales moins intéressantes sur les équipements énergétiques et un budget en baisse (- 4 % pour le Ministère de l’Ecologie, ce qui est un peu curieux alors qu’on parle beaucoup de développement durable de nos jours).

Un commentaire d’une journaliste du Monde :

http://www.dailymotion.com/video/xf07oc

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La protestation politique serait un indice de développement

Mardi 21 septembre 2010

Des sociologues tchèques, qui mènent depuis plusieurs années une vaste étude sur les activités politiques des Européens, dans 20 pays, montrent que ce sont les citoyens des pays avec le niveau de PIB par habitant le plus élevé, le niveau d’éducation de la population le plus élevé également, et l’économie la plus moderne (avec un grand poids du secteur tertiaire) qui protestent le plus : pétitions, manifestations…

Ainsi, la protestation politique serait donc non seulement un signe de bonne santé démocratique, mais  un critère de développement, la vie politique étant corrélée au dynamisme économique.

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L’extrême-droite xénophobe entre au parlement suédois

Lundi 20 septembre 2010

La Suède est souvent désignée comme un modèle dans le domaine de la protection sociale, ou des égalités hommes-femmes. Pourtant, dans ce pays parmi les plus développés et les plus démocratiques au monde, les élections législatives ce week-end ont permis au parti d’extrême-droite, xénophobe et populiste, d’obtenir 5,8 % des voix et d’entrer ainsi au Parlement.

Comme la droite traditionnelle et la gauche ont obtenu des scores proches, aucune des deux principales formations n’arrivant à obtenir la majorité absolue, l’extrême-droite pourrait se trouver dans une position d’arbitre, pour le vote des lois, ce qui met mal à l’aise les démocrates européens… Un événement éloigné de la France, mais qui reflète la montée en Europe d’un certain état d’esprit, à l’égard des étrangers, et des valeurs d’égalité et de tolérance.

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« La Vie est à nous », film culte du Front Populaire

Mercredi 9 juin 2010

En 1936, pendant le Front Populaire, le plus grand cinéaste français de l’époque, Jean Renoir, a réalisé un film pour le Parti communiste, « La Vie est à nous », avec des acteurs non professionnels, et la participation des dirigeants communistes d’alors, Marcel Cachin, Jacques Duclos ou Maurice Thorez.

Cette « fiction documentaire », à la fois outil de propagande et oeuvre d’art, résume bien l’idéologie révolutionnaire dominante de l’époque, ainsi que le travail militant des communistes des années 30. Il vous permettra de réviser le chapitre de terminale sur les conflits sociaux, avec les concepts de classe ouvrière, de conflits de classe, etc. Et il se termine avec « L’Internationale », naturellement.

Bien entendu, le vocabulaire et les manières de parler ont vieilli, les idées aussi (le Parti communiste de l’époque baignait dans un optimisme naïf… et voulait ignorer les crimes du régime stalinien en URSS). L’économie a beaucoup changé depuis (dans la mondialisation d’aujourd’hui, où sont les « 200 familles » ?), la société aussi (les individus n’accepteraient plus de se faire embrigader comme à l’époque, et ils ont de nouvelles préoccupations en plus des anciennes, comme l’environnement ou les discriminations).

Pourtant, l’émotion est encore là, et si l’on retournait ce film avec les mêmes dialogues, mais avec des vêtements et des personnages d’aujourd’hui, il semblerait encore étonnamment moderne : la dénonciation des inégalités et des gaspillages du capitalisme, et des politiques qui mènent à la crise, à la pauvreté et au fascisme, reste d’actualité, hélas.

Voir en quatre parties (1 heure au total) :

1/4

http://www.dailymotion.com/video/xcykt7

2/4

http://www.dailymotion.com/video/xcykub

3/4

http://www.dailymotion.com/video/xcylvk

4/4

http://www.dailymotion.com/video/xcykve Tags : , , ,

Tous les juifs ne soutiennent pas les exactions d’Israël

Mardi 1 juin 2010

Il est bon de le rappeler, suite à l’assaut de la flotille d’aide humanitaire à Gaza par la marine israélienne hier, qui a fait au moins 9 morts pro-palestiniens.

En aucun cas, il ne faudrait opposer les « méchants » Israéliens aux « gentils » Palestiniens. Il existe de nombreux Palestiniens fataniques et participants actifs au terrorisme et à l’islamisme, et de plus en plus d’Israéliens – et de Juifs en dehors d’Israël – progressistes et partisans de la paix.

La pétition JCall veut faire entendre une autre voix – plus ouverte au dialogue avec les Palestiniens – dans les communautés juives dans le monde, et veut promouvoir la paix en Israel et dans les territoires palestiniens occupés.

Lire le texte de l’appel JCall.

Ce texte suscite une forte polémique entre intellectuels juifs, ce qui est sans doute une bonne chose et permettra peut-être de faire avancer le débat, et de sortir des clivages simplistes.

L’historienne Esther Benbassa a également signé un article dans Rue89 soutenant l’appel JCall, et condamnant l’intervention de la marine israélienne.

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