Faut-il avoir peur des banques ?

vendredi 3 juin 2011

Une nouvelle vidéo de l’économiste Alexandre Delaigue, sur les phobies économiques : « J’ai peur de… »

Aujourd’hui, la peur des banques.

Nous avons déjà mis en ligne d’autres vidéos du même auteur : sur la peur de l’immigration, du pouvoir d’achat et des dépenses de santé.

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Keynes versus Hayek : deuxième round !

vendredi 27 mai 2011

LA SUITE DU MATCH, sous forme de battle de rap entre les deux grands économistes du siècle… Ils reviennent avec un flow d’enfer et des paroles à bien retenir pour le bac… J’adore :

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A voir : le Parlement européen comme si vous y étiez

mercredi 25 mai 2011

Le quotidien Libération met en ligne un Web-documentaire intéressant, consacré au travail du Parlement européen face à la grande crise économique et sociale depuis 2008 – en suivant la députée européenne PS Pervenche Berès.

Le documentaire est balisée par des parenthèses, sous forme d’explications, de précisions… Il montre les coulisses réelles de la vie politique (avec des mécanismes valables aussi en dehors du Parlement européen).

Et en plus, cela vous fera travailler votre anglais !  🙂

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La finance disqualifiée par ses escroqueries

mardi 10 mai 2011

Un chercheur spécialiste des marchés financiers, PAUL JORION – l’un des rares auteurs à avoir prévu la crise de 2008 -, rappelle dans Le Monde que le secteur financier a volontairement trompé ses clients, et ne peut plus inspirer confiance aux autorités publiques. On peut ajouter qu’aucun de ces quelques dizaines de spéculateurs, qui par leurs agissements frauduleux ont coûté chacun des milliards de dollars au système financier mondial, n’est allé en prison…

Lloyd Blankfein, PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs, lors d’une audience devant une commission d’enquête du Sénat américain en avril 2010.

La finance s’est disqualifiée

LE MONDE ECONOMIE | 09.05.11

Tous les efforts menés en vue d’une nouvelle régulation de la finance recourent à une même stratégie : consultation du monde financier par les autorités, puis négociation pour que se dégage un compromis entre les exigences des uns et des autres.

Mais la condition essentielle pour qu’une telle stratégie réussisse est que l’industrie financière s’identifie à l’intérêt général, qu’elle reconnaisse et promeuve la nécessité de garantir un cadre qui maintienne la pérennité des institutions financières sans affecter pour autant la bonne santé de l’économie.

Existe-t-il des éléments pour étayer l’hypothèse que chaque établissement financier fera prévaloir l’intérêt général sur son intérêt particulier ?

Hélas, non : le déroulement de la crise en 2007 et 2008 suggère au contraire qu’il s’agit d’une croyance infondée.

Le rapport du Sénat américain rendu public le 13 avril confirme ce qu’avaient déjà mis en évidence les auditions de dirigeants de la banque Goldman Sachs en avril 2010.

CONFIANCE DES MEILLEURS CLIENTS TRAHIE

A savoir qu’elle – et plusieurs autres, dont, au premier rang, la Deutsche Bank – a non seulement trahi la confiance de certains de ses meilleurs clients en leur vendant des produits financiers (les « collateralized debt obligations » – CDO) structurés de manière à être de la plus mauvaise qualité possible, mais qu’elle a mis au point de nouveaux produits dérivés (les CDO « synthétiques ») pour parier sur la perte de l’ensemble du secteur du crédit hypothécaire américain.

Elle a ainsi précipité la chute de tous ceux qui eurent la naïveté de se positionner sur l’autre versant du pari, mais aussi celle du système financier mondial dans sa globalité !

Le rapport du Sénat décrit le responsable du crédit hypothécaire chez Goldman Sachs promettant à son équipe de commerciaux des primes « ginormous » – une contraction des mots « gigantic » et « enormous » – s’ils parvenaient à vendre ces produits.

Dans un mail, l’un des dirigeants de la banque en Australie dit, à propos de la découverte d’un gogo à qui l’on pourra vendre ces produits avariés : « Je crois avoir trouvé un éléphant blanc, un cochon volant et une licorne, tout en un ! »

Les établissements financiers en question poursuivent aujourd’hui leurs activités en toute quiétude.

Aucun de leurs dirigeants n’a été inculpé. Mieux, on les retrouve assis aux tables de négociation, faisant objection aux propositions des régulateurs qui représentent la communauté dans son ensemble.

Il faut donc changer de méthode. Le régulateur doit rédiger les règles qui permettront de réduire de manière drastique le risque systémique.

Alors que les positions de couverture neutralisent un risque existant dans une perspective assurantielle, les positions spéculatives, du fait de leur nature de pari, créent, elles, un risque là où il n’existait pas préalablement.

L’apport en liquidité du spéculateur, qu’il invoque en général pour justifier sa présence, doit être ignoré : un apport en liquidité à des niveaux de prix spéculatifs est sans objet et, a fortiori, ne compense pas l’accroissement du risque systémique qu’il apporte avec lui.

Une fois définies les mesures à prendre, celles-ci doivent être mises en application, sans négociation avec l’industrie financière : l’incapacité de ses principaux représentants à s’identifier à l’intérêt général a été amplement prouvée au cours de ces trois dernières années.

Paul Jorion, économiste et ethnologue.

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L’ancien président de la FED américaine a-t-il compris la crise financière ?

jeudi 31 mars 2011

ALAN GREENSPAN, l’ancien président de la FED (Réserve fédérale américaine), considéré comme un « gourou », un magicien de la finance jusqu’à la crise des subprime, a toujours défendu la déréglementation des marchés financiers, et l’absence d’encadrement par l’Etat, en grande partie responsable de la grande crise financière de 2007-2008, et de la crise économique globale qui a suivi.

Greenspan critique aujourd’hui la nouvelle loi destinée à réguler les activités spéculatives des banques.

Crise des subprimes : Alan Greenspan ne fait pas son mea culpa

LEMONDE | 30.03.11

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.

Alan Greenspan (à gauche), président de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, et Ben Bernanke qui la dirige depuis.REUTERS/JASON REED

Londres, correspondant – Les croisés du libéralisme financier refusent à faire leur mea culpa à propos de leur rôle prépondérant dans le déclenchement de la crise des subprimes, en 2008-2009. Le dernier en date est l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, aux commandes entre 1987 et 2006.

Dans un article publié dans l’édition datée du 30 mars du Financial Times, l’ex-banquier central, âgé de 85 ans, tire à boulets rouges sur la loi Dodd-Frank de re-réglementation définie comme « une création ne pouvant que déstabiliser les marchés et une menace potentielle au niveau de vie des Américains ».

A écouter le champion du « moins d’Etat », cette législation, adoptée en juillet 2010 et destinée à contrôler l’activité des banques, ne permet qu’un « coup d’œil rapide sur les mécanismes internes du plus subtil système financier ».

HOSTILE À LA RÉGLEMENTATION DES PRODUITS DÉRIVÉS

Le message de M. Greenspan n’a pas changé d’un iota : le système est le seul qui fonctionne et il rend tout le monde plus riche, pourvu que l’Etat ne l’étouffe pas. Son hostilité, en 1998, à toute réglementation des produits dérivés l’atteste. La faillite du fonds spéculatif américain Long Term Capital Management et les risques systémiques posés à l’économie américaine reposent alors la question du contrôle des risques.

L’intervention in extremis de la banque fédérale de New York et d’un consortium de banques, pour éviter une réaction en chaîne mettant en difficulté l’ensemble des établissements financiers qui lui avaient fait crédit, soulève des interrogations sur l’absence de législation digne de ce nom sur les produits dérivés.

Brooksley Born, la présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’organisme fédéral de surveillance des marchés à terme, fraîchement nommée par Bill Clinton, propose alors d’inclure la supervision de ces instruments financiers extrêmement dangereux. Alan Greenspan, qui a siégé au conseil d’administration de la banque JP Morgan, l’une des grandes usines à produits dérivés, avant de prendre les commandes de la Fed, sort de son devoir de réserve pour torpiller cette initiative. Or, les produits dérivés adaptés aux produits financiers liés au marché immobilier, les fameux subprimes, seront l’un des facteurs de déclenchement de l’implosion des marchés à l’automne 2008.

« JE SUIS CRITIQUÉ POUR DES CHOSES QUE JE N’AI PAS FAITES »

M. Greenspan a passé la main en 2006 à Ben Bernanke, après dix-neuf ans à la tête de la banque fédérale. Aux louanges ont succédé les critiques acerbes d’une politique de laisser-faire à l’origine du tsunami financier. « J’ai été félicité pour des choses que je n’ai pas faites et je suis critiqué aujourd’hui pour des choses que je n’ai pas faites », répond-il à ses détracteurs.

Outre les apparitions télévisées et les conférences hautement rémunérées, l’expert retraité conseille le spéculateur de haut vol John Paulson – le « sultan des subprimes » – et la Deutsche Bank.

Un peu d’humilité parfois aurait mieux valu qu’une filandreuse plaidoirie. La vieillesse n’est pas une excuse. Le prédécesseur de M. Greenspan à la tête de la FED, Paul Volcker, en témoigne. Le « Maestro », âgé de 83 ans, est l’architecte de la Volcker Rule qui a inspiré le texte Dodd-Frank interdisant aux banques d’affaires de spéculer à l’aide de leurs fonds propres.

Marc Roche

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« La stratégie du choc » de Naomi Klein

samedi 5 février 2011

Voici un documentaire (2010), tiré d’un livre éponyme (paru en 2007), intitulé « La Stratégie du choc », de la célèbre essayiste antilibérale américaine Naomi Klein.

Celle-ci explique comment les gouvernements libéraux, à partir des années 1970, se sont inspirés de certaines méthodes de manipulation des individus, fondées sur les chocs et la désorientation, afin d’imposer aux sociétés contemporaines des réformes impopulaires prônées par les économistes ultra-libéraux, tels que l’Américain Milton Friedman.

Et si nos sociétés étaient moins démocratiques que nous le croyons ?

Un documentaire éprouvant (avec des séquences dures, évoquant les dictatures en Amérique latine notamment) – et sa thèse peut être discutée bien sûr – mais c’est très intéressant. (durée : 1h18)

1ère partie :

http://www.dailymotion.com/video/xffee4

2ème partie :

http://www.dailymotion.com/video/xffexu

3ème partie :

http://www.dailymotion.com/video/xfffe9

4ème partie :

http://www.dailymotion.com/video/xff6xk

5ème partie :

http://www.dailymotion.com/video/xff6pq

http://www.dailymotion.com/video/xfffe9_la-strategie-du-choc-3-5_news
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A voir : documentaire sur l’OMC

vendredi 22 octobre 2010

Je vous invite à regarder le documentaire « Pas assez de volume » (2004), afin de mieux comprendre le fonctionnement de l’Organisation Mondiale du Commerce, créée en 1995 pour succéder au GATT, et siège des négociations internationales multilatérales (appelées « cycles », rounds) visant à développer le libre-échange, à lever les barrières protectionnistes, et si possible à « réguler » la mondialisation.

Elle est aujourd’hui dirigée par le Français Pascal Lamy (qui à l’époque du film était le commissaire européen au commerce, c’est-à-dire le représentant de l’Europe aux négociations de l’OMC).

Tout le documentaire est passionnant (et bien réalisé), et fait appel à de nombreuses notions étudiées toute l’année en SES. Bien sûr, vous pourrez vous arrêter quand vous voudrez, et ce que vous aurez vu vous apportera déjà beaucoup.

Il s’agit d’un documentaire résolument altermondialiste et antilibéral, donc très critique vis-à-vis de l’OMC ; vous y rencontrerez plusieurs grandes figures altermondialistes, telles que Susan George, René Passet ou le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. 

Faites donc la part des choses, et posez-vous des questions, pour essayer de « contrer » les intervenants de ce film avec des arguments libéraux, comme dans un débat… Vous comprendrez d’autant mieux les enjeux de cette question essentielle.

Chaque extrait : 10-15 mn environ.

1re partie :

http://www.dailymotion.com/video/x20yr6

2e partie :

http://www.dailymotion.com/video/x20yzu

3e partie :

http://www.dailymotion.com/video/x210jx

4e partie :

http://www.dailymotion.com/video/x210sl

5e partie

6e partie

7e partie

8e partie

9e partie

10e partie

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20 milliards d’impôts en moins pour la finance depuis deux ans !

vendredi 6 novembre 2009

 

Le président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale, Didier Migaud (socialiste) a révélé que le gouvernement avait accordé des « cadeaux » fiscaux sur les plus-values (profits financiers) de plus de 20 milliards d’euros depuis deux ans… 20 milliards, c’est une bonne partie du futur « grand emprunt » pour relancer l’économie…

Autrement dit, l’Etat déplore une baisse de ses recettes fiscales à cause de la crise, mais il est aussi pour quelque chose dans cette baisse. Le ministre du Budget, Eric Woerth, s’est justifié de cette baisse d’impôts mais le débat n’est pas terminé.

Lire les arguments des uns et des autres dans Le Monde :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/05/l-allegement-de-la-fiscalite-des-plus-values-a-coute-20-5-milliards-d-euros-a-l-etat_1263155_823448.html#ens_id=1257044

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Souviens-toi, l’hiver dernier

dimanche 25 octobre 2009

Face à l’actualité brûlante, et bruyante, transmise par les médias, il est bon de prendre parfois du recul, et de revenir sur des événements, et des documents, du passé récent. Ainsi, la crise financière, qui a connu son pic l’hiver dernier.

La crise a-t-elle été résolue ? Le fonctionnement du système financier a-t-il changé ?

Regardez ces deux beaux reportages, à la fois précis et pédagogiques, tirés de l’émission « Pièces à conviction » sur France 3 (diffusé en novembre 2008). Ils sont intéressants non seulement par leur contenu, mais pour voir la manière dont les médias ont traité cette crise (manière de poser les problématiques, d’interroger les responsables…) :

1) Peut-on faire confiance aux banques ? (la formulation de la question est de moi, et poser la question, c’est déjà y répondre 😉 )  (durée : 30 mn)

2) Comment des communes ont été ruinées (durée : 33 mn)

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L’Etat américain défend l’économie de marché ? Bien au contraire !

samedi 24 octobre 2009

L’économiste américain James Kenneth Galbraith – fils d’un autre célèbre économiste, John Kenneth Galbraith, qui critiquait déjà le capitalisme libéral depuis les années 60 – vient de publier un livre très dur contre l’alliance de l’Etat néo-conservateur américain (à la sauce George W. Bush) avec les grandes entreprises, pour se partager le pays : L’Etat prédateur. On l’a bien vu lors du démarrage de la guerre en Irak – qui avait peu de rapport avec les « armes de destruction massive », et bien plus avec de gros marchés juteux pour les amis de la famille Bush…

Contrairement à une idée reçue, le néo-libéralisme contemporain ne vise pas à laisser le marché fonctionner tout seul (dans l’esprit de la fameuse « main invisible » de Smith) ; il s’agit d’une politique volontariste (active) de l’Etat, afin de démanteler les anciennes régulations et les anciennes protections sociales, et instaurer de nouvelles règles du jeu, généralement favorables aux grandes firmes (vous vous souvenez de la notion d' »oligopole ») Jamais les grandes entreprises n’auraient pu faire autant de profits depuis vingt ans, et les riches s’enrichir autant, sans la complicité, consciente ou non, de l’Etat. Les petits producteurs, les consommateurs et les salariés, quant à eux, y ont trouvé beaucoup moins d’avantages…

Ainsi, les vrais défenseurs (naïfs) du marché seraient finalement… les responsables de gauche ! La droite dure, elle, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays, est passée à autre chose, dans l’intérêt de quelques puissants, loin bien sûr de l’intérêt général…

Il faudrait par conséquent, selon l’auteur, revenir à une notion taboue, qui semble renaître de l’époque communiste : la planification !

Lisez l’entretien avec Galbraith fils, stimulant et facile à lire, dans Libération.

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