Le film de Danis Tanovic date de 2001 et a obtenu notamment le Prix du Meilleur Scénario au Festival de Cannes, ainsi que l’Oscar du Meilleur Film Étranger.
Les élèves de 3ème 3 et de 3ème 5 ont découvert ce film magnifique grâce au dispositif Collège au cinéma et peuvent en proposer l’étude à l’épreuve orale d’Histoire des Arts.
La fiche technique complète se trouve sur le site de « collège au cinéma ».
Quelques pistes de réflexion sur le film
1. Les affiches
? Ici l’affiche européenne du film…

? Intéressant de découvrir l’affiche américaine :

? Et voici la jaquette du DVD américain !!!

Bien racoleur et si peu fidèle à ce qu’est le film, n’est-ce pas ?
2. Filmer sa guerre
? Je vous invite vivement à lire l’interview que Danis Tanovic a accordé à un journaliste belge. Le réalisateur belgo-bosniaque y parle notamment ouvertement de son parcours, de la guerre, et de son engagement. Un entretien passionnant à découvrir ici.
? Le réalisateur s’exprime aussi dans cette présentation du film au journal télévisé :
? Pour mieux comprendre ce que signifie cette montée des nationalismes et la purification ethnique, je vous invite à lire cet extrait d’un roman de Xavier Deutsch, intitulé La Guerre que je n’ai pas voulue, à propos de la guerre en Bosnie.
3. Les bandes-annonces
? Très étonnante, la bande-annonce (le « trailer ») américaine, qui présente le film plutôt comme une comédie et qui semble insister sur le rôle des journalistes.
http://www.dailymotion.com/video/x7d9er
? La bande-annonce européenne, différente, et, me semble-t-il, plus proche du film, mais qui joue néanmoins sur le montage et sur des décalages entre le son et l’image : visionnez-la ici.
En voici la version sous-titrée en allemand
>>> D’autres mises en lumière
? Voici une critique réalisée par le concours « Jeunes critiques » auprès des collégiens en Belgique :
C’est avant tout l’histoire de deux hommes. Deux hommes que tout semblait opposer : l’un est Bosniaque et l’autre est Serbe ; et en 1993, ils sont en guerre. Ces deux hommes vont pourtant se retrouver face à face dans une tranchée abandonnée dans cette zone hostile située entre deux lignes ennemies : le no man’s land.
Ciki, le Bosniaque a perdu sa compagnie à l’aube d’une nuit brumeuse, décimée par le feu serbe. Nino, le Serbe, est un jeune soldat envoyé dans la tranchée pour tuer Ciki. Les deux personnages, dès lors coincés entre deux feux, vont tenter de s’allier.
La présence d’un troisième homme, sorte de médiateur, couché sur une mine qui l’empêche de bouger sous peine d’explosion, permettra de tempérer la confrontation tantôt tendre tantôt violente entre les deux hommes.
Telle est la situation au moment où arrive un blindé de l’ONU destiné à aider les trois hommes mais qui ne fera que ramener à la réalité et à la haine ces personnages qui commençaient à s’entendre…
Le scénariste-réalisateur-compositeur Danis Tanovic aborde ici une guerre toujours proche tant dans le temps que dans l’espace, une guerre aussi méconnue qu’amplifiée par les médias dont l’action est ici fort critiquée. Ces médias qui, à la recherche du scoop, créent des tensions et manipulent en sortant des éléments de leur contexte et en faisant des slogans.
Il dénonce aussil’inutilité, l’égoïsme et l’inaction des forces de l’ONU (surnommées ironiquement les schtroumpfs par les belligérants) qui s’occupent plus de leur image de neutralité aux yeux de la communauté internationale plutôt que d’agir efficacement sur le terrain.
C’est un film politique sur un conflit que Tanovic a vécu, où tout le monde est remis en question, aussi bien les Serbes que les Bosniaques, aussi bien l’ONU que les médias ; un film pacifiste qui dénonce l’absurdité de la guerre ; une guerre qui détruit tout sentiment humain parmi les gens.
Ce huis clos en plein air bénéficie d’un scénario blindé qui s’ouvre le matin sur le brouillard d’une situation confuse à la base, et qui se ferme le soir sur la lumière sanglante d’un conflit irrésolu. Il réalise une métaphore où chaque personnage représente un camp, et montre le caractère calme en apparence mais au fond explosif de la situation actuelle laissée par l’ONU.
La lumière éclatante d’une journée d’été fait ressortir les couleurs habilement utilisées par Walter Van den Ende et les décors magnifiques de Dusko Milavec qui mettent en relief et s’opposent à l’horreur de la guerre. On remarquera aussi la spontanéité et l’humanité des acteurs (et la remarquable engueulade de Nino et Ciki sur l’origine de cette guerre) et le montage qui nous fait partager la tension d’un déminage, la violence d’une fusillade ou le silence pesant du no man’s land.
Certains personnages témoignent aussi d’un certain décalage par rapport à leur quotidien. Ce qui donne lieu à certaines scènes cocasses dues soit à un article de presse sur le Rwanda, soi à la multiplicité des langues parlées par tous les intervenants.
Le belgo bosniaque Tanovic envoie ici une bombe sur la guerre en Bosnie et fait un sans-faute où rien ne semble avoir été négligé, ni la construction, ni le script, ni les personnages. Un résultat violent et sensible…
Un film de guerre différent où les héros ne sont pas des soldats mais des hommes condamnés par la guerre…
Romain Leloup
? La musique du film est une berceuse traditionnelle, intitulée « Uspakanva », et interprétée par Alma Bandic. A cette berceuse, Tanovic a joint la marche militaire…
? Pour le plaisir, un extrait hilarant qui joue sur la difficulté de communiquer et sur les stéréotypes… Cliquez sur ce lien : NO MAN’S LAND 4 Vous parlez français ?
>>> Enfin le questionnaire qui accompagne le visionnage des extraits concernés : pour accéder au plein écran, cliquez sur le rectangle et jouez avec la molette de votre souris pour le zoom.
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