Pourquoi je pratique la lecture sans questionnaire ?

Avant tout parce que j’ai eu une super formation (voir lien du site en bas de l’article pour mes sources car je n’ai rien inventé). Qu’est-ce que j’en ai retenu ?

Parce que lorsque l’enfant répond à des questions, en autonomie, on part du principe qu’il est capable de le faire. On est donc en train de l’évaluer. Et il faut bien les évaluer, pas de problème avec ça. Le questionnaire peut même être une évaluation formative, pour voir où en est l’élève, et quelles compétences il a encore besoin de travailler.

Mais si on veut construire des compétences de lecteurs pour que l’élève puisse répondre seul à ces questions sur les personnages, les lieux etc, alors il faut d’abord les travailler, par l’échange, l’entraînement, à partir d’une prise de notes, d’un relevé sous forme de liste, etc…

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune trace dans le cahier, bien au contraire. On y trouve toutes nos réflexions sous forme de schémas, de collages avec des flèches et des plans de récit.

Vous l’aurez compris, les rallyes-lectures à coups de questionnaires, où il n’y aucun échange, où on ne construit quasiment rien, je n’en fais jamais. Je ne vois l’utilité que pour une mise en réseau, une culture littéraire ou un relevé d’informations (ex : les lieux dans les livres de science-fiction, le lexique du roman policier etc …) Mais les rallyes-lectures sont-ils vraiment orientés vers un de ces objectifs ? J’ai souvent l’impression dans les rallyes que les élèves ingurgitent de la lecture sans construire de véritables compétences avec leurs pairs, avec l’enseignant, et que ça ne fait que les occuper.

 

Lorsque j’étudie une oeuvre de littérature de jeunesse, je m’appuie sur :

Les personnages : leurs relations, leur portrait physique et moral, leurs actions, leurs pensées, leurs émotions … C’est sur eux que repose l’histoire.

Le plan du récit, pour un déroulé chronologique , ou un travail sur le grand texte pour mettre en relief son organisation ou une avec une carte mentale.

Le lexique : les mots difficiles, que l’on réemploie pour les mémoriser, le lexique spécifique à un genre littéraire, à une oeuvre …

Classement des verbes par intensité, lexique de la peur (Histoires pressées) :

La production d’écrits : des écrits de travail, des prises de notes, imaginer ce que ressent un personnage, rédiger ce qu’il dit, chercher et citer les inférences qui peuvent nous aider, rédiger un épisode supplémentaire, écrire une lettre à l’auteur, etc …

CLIC pour l’exploitation du Magicien d’Oz

Les connexions : avec d’autres oeuvres littéraires du même genre littéraire, sur le même thème, du même auteur, pour la culture littéraire et la lecture-plaisir, surtout !

Depuis cette formation, j’essaie de mettre en place ce que j’ai appris. Ce n’est pas parfait, mais c’est mille fois mieux que les questionnaires de lecture, quand je vois la motivation, l’émulation et les compétences de mes élèves !

Allez voir par exemple l’exploitation du Magicien d’Oz sans questionnaire qui paraphrase inutilement le texte.

Merci à Mme Leblanc, CPD Maîtrise de la Langue, Académie de Nice et à Mme Ngo Mai, PEMF et formatrice Lettres à l’ESPE de Nice, grâce à qui mon travail en Littérature a considérablement évolué, et qui sont à l’origine de cette formation en Littérature. 

 

Sylvie Hanot, Cafipemf généraliste et LVE

Mes publications :