Suite à une animation pédagogique assez pittoresque 🙂 j’ai décidé de lister ce que je mettais en place en classe pour travailler l’oral. D’une part ça me permet de faire le point, car il y a des activités que j’ai mises en place et que j’ai laissées tomber faute de temps mais pourquoi ne pas les refaire, et d’autre part, j’attends vos retours pour me donner d’autres idées !!

Je me suis basée sur les compétences orales du cycle 3 (ajustements des programmes 2018) pour classer mes activités. Je m’aperçois que je garde souvent une trace écrite des échanges oraux. Comme quoi, on ne peut pas se passer de l’écrit …

 

1) Ecouter pour comprendre un message oral, un propos, un discours, un texte lu.

Des textes lus à haute voix par l’enseignant : ce n’est pas de la lecture offerte. Il y a, dans ce cas, toujours des activités à mener quand je lis à mes élèves. Je lis souvent des albums ou des extraits en lien avec la littérature pour la mise en réseau. En règle général, je leur fais prendre des notes sur :

-les personnages

-les lieux

-les mots-clés ou le thème principal

Cela permet, lors de la mise en commun, de ne rien oublier, de reformuler le récit entendu en s’appuyant sur les mots-clés. J’aime bien utiliser le plan de récit ou le rappel de récit  (je vous parlerai plus bas).

Des documents vidéos : je suis une adepte de la capsule vidéo, que ce soit en français, en maths, en sciences ou en Histoire. Je fais toujours visionner 2 ou 3 fois : une fois pour avoir une idée générale, une fois pour prendre des notes et procéder à une écoute sélective, une fois pour vérifier ou compléter les notes. Ces notes servent ensuite, lors de la mise en en commun, pour un échange oral qui permettra de faire une synthèse orale sur les informations à retenir. Par exemple, j’ai travaillé sur l’actualité avec les incendies d’Australie en lien avec mes activités d’anglais. J’ai montré un reportage des infos à mes élèves et voici les notes qui ont été prises par l’un d’eux (je lui ai fait recopier sans les fautes^^).

Prise de notes d’élève recopiée au propre exprès pour l’article

Cela a servi à faire une synthèse orale de l’essentiel à retenir, ce qui débouchera sur une trace écrite. La mise en commun a permis d’éclaircir certains points obscurs et de confronter les points de vue.

Les bandes annonces de livres : là c’est pareil, c’est le même fonctionnement. 3 ou 4 visionnages, une prise de notes, une mise en commun à l’oral et une trace écrite pour plus tard, construire son propre scénario de l’histoire.

Un exemple de prise de notes corrigée qui a donné lieu, en différé, à une production d’écrits.

Le jeu théâtral me permet de travailler sur la compréhension en littérature, en se mettant à la place des personnages pour comprendre leurs émotions, leur motivation, leurs paroles voire leurs pensées.

 

2) Parler en tenant compte de son auditoire.

L’expression orale en Histoire des Arts : c’est une activité que j’ai installée en rituel hebdomadaire. En plus des dictées Histoire des Arts, j’aime bien faire analyser à l’oral des oeuvres d’arts mais centrées sur les émotions. Cela permet de réinvestir ce travail sur les émotions en littérature, pour comprendre ce que ressentent les personnages, et de réinvestir en EMC avec les messages clairs. Par exemple, nous avons travaillé sur le Désespéré de Gustave Courbet. Les élèves ont 4 questions auxquelles ils ont à réfléchir avant de s’exprimer, en écoutant les autres pour ne pas répéter la même chose : ce que je vois, ce que je ressens, ce que j’imagine et les procédés que l’artiste a employés. Une fois qu’on en a bien parlé, j’apporte quelques informations supplémentaires. Les élèves remplissent ensuite une trace écrite (travail de rédaction, différé) à coller dans le cahier d’art. Et ça permet aussi, lors des dictées Histoire des arts, d’éviter le commentaire bateau « c’est trop beau » lorsque je leur demande un avis sur les oeuvres étudiées !

Télécharger la fiche vierge sur demande dans les commentaires

Télécharger le dossier avec les oeuvres d’arts sélectionnées sur les émotions

En prolongement, mon livre source d’inspiration, pour imaginer ce qui s’est passé avant une scène de tableau :

Commander le livre sur Amazon

 

Le speed booking est une activité que j’adore ! Les élèves se promènent de table en table et écoutent un camarade qui va décrire, argumenter, répondre à des questions pour donner envie de lire le livre qu’il a choisi. Cela développe donc autant la culture littéraire que le langage oral et même  les compétences civiques, puisqu’on est dans le partage, l’autonomie, le jugement.

Et cela évite aussi le fonctionnement où un élève parle seul pour présenter son livre devant 27 autres qui écoutent, dont 3 qui posent des questions et 24 qui somnolent. C’était bien peu stimulant. Là, ils ont vu plusieurs livres et ont pu repartir avec plusieurs idées.

Télécharger la fiche d’appui pour le speed-booking

Plus de précisions ici : CLIC

Le plan de récit se fait avec la lecture d’albums ou d’un chapitre de roman par l’enseignant. Les élèves prennent (encore) des notes sur les événements importants, les personnages, les lieux, on échange énormément pour confronter les idées. A chaque lecture, l’écoute est active car il faut retrouver des informations et les dessiner. Puis, les élèves reformulent l’histoire à l’oral partir des dessins, avec leurs propres mots, et surtout chronologiquement.

Un chapitre du Magicien d’Oz, un récit dans le récit. Plan de récit qui a servi à prendre appui pour reformuler le chapitre.

Dessiner est parfois plus facile pour les enfants qu’écrire, sachant qu’on n’est pas en arts plastiques et que l’essentiel est de s’y retrouver. On observe ainsi les déplacements des personnages, les rencontres, les moments-clés. Plus de précisions ici : CLIC

Le rappel de récit est un dispositif inventé par Nathalie Leblanc, CPD. Elle le fait en cercle, mais moi je le fais en ligne, par manque de place.  Quelques élèves doivent faire un rappel de récit chronologiquement, mais ne pas en dire trop pour laisser la parole au suivant, tout en tenant compte de ce qui a été dit avant pour ne pas répéter. Derrière les élèves désignés, il y a les « souffleurs » qui chuchotent le détail manquant en cas de trou de mémoire. Les élèves adorent !

Le débat des 4 coins pour travailler l’argumentation et pour faire évoluer son point de vue. Les élèves partent avec un point de vue bien arrêté et vont se placer sous un des panneaux installés aux 4 coins de la classe. Mais à force d’écouter les autres, ils peuvent reconsidérer leur position et changer de coin. C’est l’idéal pour encourager l’ouverture d’esprit.

Tout part d’un affirmation à la suite de laquelle les élèves vont se placer sous le panneau qui correspond à leur point de vue. Cela peut être une affirmation simple : « J’adore la rentrée » ou une autre lue dans un roman en cours d’étude. Par exemple, dans Le Magicien d’Oz, l’homme de fer blanc affirme qu’il manque de coeur. En reformulant des passages du texte, les élèves vont argumenter autour de cette affirmation.

Après un temps de réflexion, on laisse à certains l’occasion de défendre leur point de vue pendant une trentaine de secondes. En général, je commence par faire parler quelqu’un qui a un avis bien tranché : pas du tout d’accord ou tout à fait d’accord. Certains s’aperçoivent d’ailleurs immédiatement que leur opinion est différente de celle de leur groupe et changent déjà de place. Si l’argument d’un élève les convainc, alors les enfants peuvent changer de coin. Une fois qu’on a bien débattu pendant 5 ou 6 mn, on se regroupe et je demande à ceux qui ont changé de place quel argument les a convaincus.

Il existe une fiche récap avec de quoi conserver une trace écrite et évaluer l’oral dans ce débat des 4 coins, mais je ne m’en suis jamais servi : CLIC

Et la poésie ? Et oui, la poésie ça se déclame et on doit faire passer des émotions et capter son auditoire dans cette activité orale. Et ça se travaille : la voix, le regard, la gestuelle, la respiration … Pour cela, il faut que l’élève ait pu choisir SA poésie. A regarder, la super vidéo de Danièle Adad sur la poésie : CLIC.

Les virelangues, pour travailler l’articulation, que l’on peut utiliser lors des activités de Brain breaks. CLIC

Des exercices d’entrainement sur les liaisons, qui serviront à la lecture orale. CLIC

 

3) Participer à des échanges dans des situations de communication diversifiées.

Le débat des 4 coins dont je parle plus haut.

-D’autres débats argumentés que je n’ai pas expérimentés en classe : le Q.sort où on note avec +2 +1 ou -1 -2 les propositions avec lesquelles on est d’accord ou non et on prépare ses arguments. Le bocal oppose 2 groupes d’élèves qui ont travaillé leur argumentation en amont sur un sujet. Le 3e groupe est constitué des auditeurs qui vont pouvoir intervenir une fois que les 2 groupes ont terminé.

On peut citer d’autres activités comme les dilemmes moraux, les conseils d’élèves et les débats philosophiques (qui diffèrent des débats argumentés justement parce qu’on n’est pas obligé d’argumenter).

 

4) Adopter une attitude critique par rapport à son propos.

Les exposés : j’observe 4 critères concernant l’oral dans un exposé (hors connaissances et documentation).

– un langage clair

– parler fort

– l’attitude dynamique pour intéresser les spectateurs

– écouter les autres pour répondre correctement aux questions

L’idéal serait de filmer et de travailler sur l’enregistrement pour avoir du recul sur sa prestation. Moi, j’ai opté pour un entretien individuel pour que l’élève puisse parler de son ressenti, des indices qui lui ont montré que « ça s’est bien passé », que les autres ont écouté.

 

Et l’évaluation de l’oral, dans tout ça ?

Moi, à part avec mes observations, je ne fais rien d’autre. Je note en revanche les progrès, pas les échecs, j’observe si le vocabulaire est réutilisé, si les phrases sont plus riches, si l’enfant prend plus souvent la parole et ce qui resterait à améliorer. Là aussi il existe un document Eduscol qui préconise de n’évaluer que quelques items en construisant ses propres outils. CLIC

Et vous, vous travaillez l’oral avec quelles activités ?

 

Sylvie Hanot, Cafipemf généraliste et LVE

Mes publications :