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Ma terre mon peuple je vous aime

Paul: Ma terre mon peuple je vous aime

Ma terre mon peuple je vous aime
 

Le regard profond
du ciel endormi
il me semble se morfond
en regardant ma vie.

D’un nuage invisible
coule une pluie imprévisible
une larme versée
pour une vie égarée
.

Dieu avait dit à l’homme
préserve la terre et ton corps
mais ici bas en somme
nous ne sommes que destructeurs et morts.

Le coeur de notre monde
piétiné à chaque seconde
ressemble à celui du peuple

et ne chante plus une note.
la souffrance qui nous suit
m’a tellement appris
que la laisser partir
me semble un peu mourir.

Apprendre à s’aimer
et à la respecter
agir pour le meilleur
éviter le pire
comprendre notre seigneur
l’harmonie, à vrai dire.

melina

 

Les cieux que j’ai en moi
ne te comprennent pas
abolissant les misères
je ne reconnais plus ma terre.

la goutte de pluie

Capucine: la goutte de pluie

La goutte de pluie

Je cherche une goutte de pluie
Qui vient de tomber dans la mer.
Dans sa rapide verticale
Elle luisait plus que les autres

Car seule entre les autres gouttes
Elle eut la force de comprendre
Que, très douce dans l’eau salée,
Elle allait se perdre à jamais.

Alors je cherche dans la mer
Et sur les vagues, alertées,
Je cherche pour faire plaisir
À ce fragile souvenir

Dont je suis seul dépositaire.
Mais j’ai beau faire, il est des choses
Où Dieu même ne peut plus rien
Malgré sa bonne volonté

Et l’assistance sans paroles
Du ciel, des vagues et de l’air.

sibel

encore frissonnant

Lauryne v:  encore frissonant

Encore frissonnant

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,

Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur

Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

L’arbre

Sandra: l’arbre
Il y avait autrefois de l’affection, de tendres sentiments,

C’est devenu du bois.

Il y avait une grande politesse de paroles,

C’est du bois maintenant, des ramilles, du feuillage.

Il y avait de jolis habits autour d’un cœur d’amoureuse

Ou d’amoureux, oui, quel était le sexe?

C’est devenu du bois sans intentions apparentes

Et si l’on coupe une branche et qu’on regarde la fibre

Elle reste muette

Du moins pour les oreilles humaines,

Pas un seul mot n’en sort mais un silence sans nuances

Vient des fibrilles de toute sorte où passe une petite fourmi.

Comme il se contorsionne l’arbre, comme il va dans tous les sens,

Tout en restant immobile !

Et par là-dessus le vent essaie de le mettre en route,

Il voudrait en faire une espèce d’oiseau bien plus grand que nature

Parmi les autres oiseaux

Mais lui ne fait pas attention,

Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,

Et regarder, pour mieux se taire,
uille

Il faut savoir être tout entier dans une fe
Et la voir qui s’envole.

 

Figures

Gaspar: figures

Figures

Je bats comme des cartes
Malgré moi des visages,
Et, tous, ils me sont chers.
Parfois l’un tombe à terre
Et j’ai beau le chercher
La carte a disparu.
Je n’en sais rien de plus.
C’était un beau visage
Pourtant, que j’aimais bien.
Je bats les autres cartes.
qL’inuiet de ma chambre,
Je veux dire mon coeur,
Continue à brûler
Mais non pour cette carte
Q’une autre a remplacée
:
C’est nouveau visage,
Le jeu reste complet
Mais toujours mutilé.
C’est tout ce que je sais,
Nul n’en sait d’avantage

A LA NUIT

C est vous quand vous ete partie

C’est vous quand vous êtes partie,
L’air peu à peu qui se referme
Mais toujours prêt à se rouvrir
Dans sa tremblante cicatrice
Et c’est mon âme à contre-jour

Si profondément étourdie
De ce brusque manque d’amour
Qu’elle n’en trouve plus sa forme
Entre la douleur et l’oubli.

Et c’est mon cœur mal protégé
Par un peu de chair et tant d’ombre
Qui se fait au goût de la tombe
Dans ce rien de jour étouffé

Tombant des autres, goutte à goutte,
Miel secret de ce qui n’est plus
Qu’un peu de rêve révo

PAUL


Hommage à la vie

Hommage à la vie

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,

Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,

D’avoir donné visage
À ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
À d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
À petits coups de rame

Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.
C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée

Dans cette poésie.

                                Mario

Attendre que la nuit.

mathématiques

MATHéMATIQUES

Quarante enfants dans une salle,

Un tableau noir et son triangle.

Un grand cercle hésitant et sourd

Son centre bat comme un tambour.

Des lettres sans mots ni patrie

Dans une attente endolorie.

Le parapet dur d’un trapèze,

Une voix qui s’élève et s’apaise

Et le problème furieux

Se tortille et se mord la queue.

La mâchoire d’un angle s’ouvre.

Est-ce une chienne ?

Est-ce une louve ?

Et tous les chiffres de la terre,

Tous ces insectes qui défont

Et qui refont leur fourmilière

Sous les yeux fixes des garçons.

Jules Supervielle