Kamishibai : késako ??? 2-la mise en scène

emotionheaderC’est la journée mondiale du conte !

L’occasion de reparler du kamishibai : après la découverte du matériel, comment utiliser celui-ci ?
Quels sont les éléments à prendre en compte pour la représentation ?

Le kamishibaï est autant conçu pour un large auditoire que pour des groupes très restreints.

  • Support de dimensions réduites, le kamishibaï attire son public par la confidentialité qu’il induit mais aussi par quelques constances : la concision et la concentration d’effets. Deux sens sont stimulés : l’ouïe et la vue. La dramatisation (au sens théâtral du terme) peut-être plus ou moins élaborée : aparté, dialogues, bruitage, fond sonore, musique…

Décor et ambiance

  • Une cloison unie suffit comme fond pour installer le théâtre d’images. Un mur encombré pourra disparaître sous une tenture. Rien ne doit distraire l’auditoire.

    Attention aux portes vitrées ou aux fenêtres : les passages des humains ou les oiseaux peuvent détourner l’attention. De même, le lecteur devrait porter des vêtements qui ne perturbent pas l’attention du public.

  • Le butaï sera placé sur un guéridon recouvert d’un tissu noir uni, légèrement plus haut aux yeux des enfants.

  • Un petit spot dirigé sur les images concentrera encore mieux l’attention du public installé dans une légère pénombre et procurera une ambiance théâtrale.

Mise en forme

  • Comme le conteur, le diseur de kamishibaï est face à son public, visible ou caché. Avant de raconter, il a vérifié que les images étaient bien ordonnées.

  • La séance commence toujours avec les portes fermées. Deux bouts de bois heurtés, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, peuvent annoncer le début du spectacle comme c’est la règle dans le théâtre kabuki.

  • On termine en refermant les volets un à un, avec une formulette choisie en fonction de l’histoire racontée ou en chantant le refrain qui marquait la transition d’un épisode à l’autre.

Voix et bruitages

  • Le texte est court et peu détaillé, laissant au conteur la liberté de l’enrichir, dans une dynamique interactive avec ses auditeurs (variations de voix, chansons rythmées et répétées). On ne fait pas que montrer l’image, on la « joue», l’adaptant au public.

  • Durant la séance, pour provoquer les images mentales des auditeurs et rendre leur écoute plus active, il est possible de recourir à des onomatopées, des bruitages, à un fond sonore. On peut demander aux élèves comment miaule le chat, comment aboie le chien, comment grince la porte, comment rient les joyeux convives…

    Faire entendre le bruitage avant de prononcer le mot, afin que l’image mentale soit la plus adéquate possible. (“Miaou !” : le chat entre dans la maison ; et non : le chat miaule : “Miaou !” en entrant dans la maison.)

  • Certaines histoires sont créées pour installer une interactivité avec les auditeurs. Le conteur pose des questions, stimule la participation du public, indique des détails sur l’image.

Présentation des images

  • Le changement des images crée un effet dramatique. Contrairement à la page tournée d’un livre, la planche suivante du kamishibaï apparaît en s’intégrant dans la scène précédente.

  • Dans un même kamishibaï, il est important de varier le rythme et la technique de l’apparition des images successives. Dans certains albums, didascalies et indications scéniques sont inscrites dans le texte par l’auteur :

    • Passage qui se fait très lentement, en continu, tandis que le conteur parle –> fondu enchaîné très apprécié par les auditeurs.

    • L’image est retirée en deux ou trois fois, en s’arrêtant aux traits tracés par l’illustrateur –> arrêt sur image qui produit une attente, un suspense auprès du public.

    • Va-et-vient de l’image –> aller-retour qui renforce l’idée de danger, d’hésitation

    • Image tirée très rapidement –> effet de surprise.

  • Le face-à-face avec l’auditoire permet au conteur de s’adapter à son public, en s’arrêtant parfois sur une image qui n’est pas bien comprise, ou en désignant du doigt un élément qui n’a pas été bien perçu, ou bien en ajoutant un commentaire oral ou une chansonnette reprise par tout le monde. Les spectateurs peuvent aussi être mis à contribution.

EN CONCLUSION : Différences et avantages par rapport à l’album

Pour le public :

  • Tous les éléments concourent à intensifier la concentration enfantine :

    • la forme du butaï et la présence des images concentrent l’attention des auditeurs.

    • les techniques de dessin des illustrations, les techniques narratives et la manière dont les images sont déroulées. Les systèmes du fondu enchaîné et des arrêts sur image, dont le conteur varie le rythme à volonté, aident le public dans son écoute. Textes et images se « soutiennent » mutuellement pour maintenir l’attention du public.

    • Tandis que le conte engage les auditeurs à se faire “leur propre cinéma” et offre la liberté d’interpréter l’histoire entendue, le kamishibaï entraîne à la lecture de l’image et soutient l’attention de tous les auditeurs grâce à ses images mobiles.

Pour les conteurs :

  • Le conteur timide peut se cacher derrière le castelet, sans préjudice pour l’histoire.

  • Pas de “trou” possible : les textes de l’histoire sont collés au dos des images ! Des moyens mémotechniques pour la mise en scène peuvent également y figurer…

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Exemples de lectures dans un cadre FLE :

sapinLa légende du sapin (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Le petit oiseau blessé, perdu au cœur de l’hiver, est chassé par tous les arbres de la forêt. Seul le sapin l’accueille. C’est pourquoi, d’après cette légende d’Alsace, il est aujourd’hui l’arbre de Noël.

Cette histoire a été racontée par les élèves de mon club-lecture qui en ont enregistré une version vidéo : 3 minutes de tendresse, c’est ici !

file_2Le petit poisson d’or (19 planches)
Conte traditionnel russe de Alexandre Sergueïevitch Pouchkine adapté par Florence Jenner-Metz, 2008

Un très vieux pêcheur vivait avec sa femme, une vieille mégère, dans une toute petite chaumière. Un jour, dans son filet, il découvre un magnifique poisson doré… De magnifique illustrations, claires pour la compréhension de l’histoire.

L’école française du Caire en a fait un enregistrement vidéo : découvrez-le ici !

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Pour en savoir plus

– Le théâtre d’images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Edith MONTELLE, Editions Callicéphale, 2007.

Webographie du Café pédagogique,15 février 2008

– Le Kamishibaï. Animation pédadagogique, Josiane Rostagni, CPC Arpajon (91), 29 novembre 2008.

A suivre :
Kamishibai : késako ??? 3-Des scénarii d’exploitation en classe de FLE


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