Là d’où viennent nos pères…

Complétement inclassable, et selon moi indétrônable dans le genre, cet album (cette BD ?) sans le moindre texte, est le récit muet d’un émigrant qui quitte tout et part en terre inconnue. L’intention de Shaun Tan, auteur australien d’origine malaise, est de raconter l’histoire des réfugiés politiques, les raisons qui poussent les immigrés à quitter leurs racines.

On ressent la douleur de quitter les siens, les difficultés liées à l’arrivée dans un pays inconnu, la solitude, le choc de la différence qui est partout : les traditions, la nourriture, la culture, le langage… Les différents temps de l’exil sont représentés : de l’arrivée des migrants, leur inspection, la recherche d’un emploi, les cités-dortoirs, et dans le même temps, nous sommes plongés dans un univers fantasmagorique et allégorique : c’est une histoire universelle et intemporelle où tout est réinventé et déconcertant, depuis les étranges animaux aux bâtiments, en passant par les aliments et les objets du nouveau quotidien du protagoniste… Nous perdons tout repère, exactement comme l’immigrant confronté à un monde nouveau.

Dessiné dans des teintes sépias, entre rêve et réalité, passé et présent, le tout est extrêmement esthétique. Poétique, onirique. Plein d’espoir aussi, ce qui ne gâche rien en ce moment…

Tan Shaun, Là où vont nos pères, Dargaud, 2007.

Le site de l’auteur : ici


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