Oct 11 2010

Marathon-lecture

Publié par Christelle dans Incitation à la lecture, Lectures à voix haute _ Animations lecture      

Voici une initiative qui me plaît beaucoup : le read-a-thon dont la dernière édition vient d’avoir lieu ce week-end du 10 octobre…

Chaque inscrit s’engage à essayer de lire pendant 12 heures ou 24 heures d’affilée. Le but n’est pas de gagner, mais de lire tous ensemble pendant la même période et pourquoi pas dans le même espace si certains souhaitent se regrouper pour pouvoir tenir le coup.

Les conseils d’anciens participants : ici, qui – avec logique – préconisent des livres qui ne demandent pas une trop grande concentration soit par le style soit par la complexité de l’intrigue… Pourquoi pas participer à une prochaine édition donc ?

Dans le même esprit, j’avais organisé un « marathon-lecture »  à l’occasion de Lire en Fête 2007  : une soirée conviviale de découverte de la section jeunesse de la médiathèque, avec lectures d’albums à voix haute et théâtre d’images.

Le principe : une alternance entre lecture solitaire / lecture avec un parent pour les plus jeunes et des lectures à haute voix par les animateurs mais aussi par les enfants participants…

Le matériel : Les éléments pour créer une ambiance coocooning propice à la lecture (coussins, lampes de chevet,…), des sélections thématiques disséminées dans les locaux de la médiathèque (par exemple : aventures, famille, ici et ailleurs, …), un tableau pour afficher les prochaines lectures « communes » et leur nombre de pages ainsi qu’une casserole pour rameuter les troupes, une feuille « compte-pages » par participant…
Pour les lectures à voix haute : un kamishibai et ses planches, des albums très grand format (collection « Les contes du tapis » chez Seuil jeunesse par exemple)…

Un exemple de feuille « compte-pages » ici : MARATHON-compte pages.

Affichette de communication : marathon lecture-CDP-31 octobre 2007


Mar 20 2010

Kamishibai : késako ??? 2-la mise en scène

Publié par Christelle dans L'univers du conte, Lectures à voix haute _ Animations lecture      

emotionheaderC’est la journée mondiale du conte !

L’occasion de reparler du kamishibai : après la découverte du matériel, comment utiliser celui-ci ?
Quels sont les éléments à prendre en compte pour la représentation ?

Le kamishibaï est autant conçu pour un large auditoire que pour des groupes très restreints.

  • Support de dimensions réduites, le kamishibaï attire son public par la confidentialité qu’il induit mais aussi par quelques constances : la concision et la concentration d’effets. Deux sens sont stimulés : l’ouïe et la vue. La dramatisation (au sens théâtral du terme) peut-être plus ou moins élaborée : aparté, dialogues, bruitage, fond sonore, musique…

Décor et ambiance

  • Une cloison unie suffit comme fond pour installer le théâtre d’images. Un mur encombré pourra disparaître sous une tenture. Rien ne doit distraire l’auditoire.

    Attention aux portes vitrées ou aux fenêtres : les passages des humains ou les oiseaux peuvent détourner l’attention. De même, le lecteur devrait porter des vêtements qui ne perturbent pas l’attention du public.

  • Le butaï sera placé sur un guéridon recouvert d’un tissu noir uni, légèrement plus haut aux yeux des enfants.

  • Un petit spot dirigé sur les images concentrera encore mieux l’attention du public installé dans une légère pénombre et procurera une ambiance théâtrale.

Mise en forme

  • Comme le conteur, le diseur de kamishibaï est face à son public, visible ou caché. Avant de raconter, il a vérifié que les images étaient bien ordonnées.

  • La séance commence toujours avec les portes fermées. Deux bouts de bois heurtés, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, peuvent annoncer le début du spectacle comme c’est la règle dans le théâtre kabuki.

  • On termine en refermant les volets un à un, avec une formulette choisie en fonction de l’histoire racontée ou en chantant le refrain qui marquait la transition d’un épisode à l’autre.

Voix et bruitages

  • Le texte est court et peu détaillé, laissant au conteur la liberté de l’enrichir, dans une dynamique interactive avec ses auditeurs (variations de voix, chansons rythmées et répétées). On ne fait pas que montrer l’image, on la « joue», l’adaptant au public.

  • Durant la séance, pour provoquer les images mentales des auditeurs et rendre leur écoute plus active, il est possible de recourir à des onomatopées, des bruitages, à un fond sonore. On peut demander aux élèves comment miaule le chat, comment aboie le chien, comment grince la porte, comment rient les joyeux convives…

    Faire entendre le bruitage avant de prononcer le mot, afin que l’image mentale soit la plus adéquate possible. (“Miaou !” : le chat entre dans la maison ; et non : le chat miaule : “Miaou !” en entrant dans la maison.)

  • Certaines histoires sont créées pour installer une interactivité avec les auditeurs. Le conteur pose des questions, stimule la participation du public, indique des détails sur l’image.

Présentation des images

  • Le changement des images crée un effet dramatique. Contrairement à la page tournée d’un livre, la planche suivante du kamishibaï apparaît en s’intégrant dans la scène précédente.

  • Dans un même kamishibaï, il est important de varier le rythme et la technique de l’apparition des images successives. Dans certains albums, didascalies et indications scéniques sont inscrites dans le texte par l’auteur :

    • Passage qui se fait très lentement, en continu, tandis que le conteur parle –> fondu enchaîné très apprécié par les auditeurs.

    • L’image est retirée en deux ou trois fois, en s’arrêtant aux traits tracés par l’illustrateur –> arrêt sur image qui produit une attente, un suspense auprès du public.

    • Va-et-vient de l’image –> aller-retour qui renforce l’idée de danger, d’hésitation

    • Image tirée très rapidement –> effet de surprise.

  • Le face-à-face avec l’auditoire permet au conteur de s’adapter à son public, en s’arrêtant parfois sur une image qui n’est pas bien comprise, ou en désignant du doigt un élément qui n’a pas été bien perçu, ou bien en ajoutant un commentaire oral ou une chansonnette reprise par tout le monde. Les spectateurs peuvent aussi être mis à contribution.

EN CONCLUSION : Différences et avantages par rapport à l’album

Pour le public :

  • Tous les éléments concourent à intensifier la concentration enfantine :

    • la forme du butaï et la présence des images concentrent l’attention des auditeurs.

    • les techniques de dessin des illustrations, les techniques narratives et la manière dont les images sont déroulées. Les systèmes du fondu enchaîné et des arrêts sur image, dont le conteur varie le rythme à volonté, aident le public dans son écoute. Textes et images se « soutiennent » mutuellement pour maintenir l’attention du public.

    • Tandis que le conte engage les auditeurs à se faire “leur propre cinéma” et offre la liberté d’interpréter l’histoire entendue, le kamishibaï entraîne à la lecture de l’image et soutient l’attention de tous les auditeurs grâce à ses images mobiles.

Pour les conteurs :

  • Le conteur timide peut se cacher derrière le castelet, sans préjudice pour l’histoire.

  • Pas de “trou” possible : les textes de l’histoire sont collés au dos des images ! Des moyens mémotechniques pour la mise en scène peuvent également y figurer…

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Exemples de lectures dans un cadre FLE :

sapinLa légende du sapin (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Le petit oiseau blessé, perdu au cœur de l’hiver, est chassé par tous les arbres de la forêt. Seul le sapin l’accueille. C’est pourquoi, d’après cette légende d’Alsace, il est aujourd’hui l’arbre de Noël.

Cette histoire a été racontée par les élèves de mon club-lecture qui en ont enregistré une version vidéo : 3 minutes de tendresse, c’est ici !

file_2Le petit poisson d’or (19 planches)
Conte traditionnel russe de Alexandre Sergueïevitch Pouchkine adapté par Florence Jenner-Metz, 2008

Un très vieux pêcheur vivait avec sa femme, une vieille mégère, dans une toute petite chaumière. Un jour, dans son filet, il découvre un magnifique poisson doré… De magnifique illustrations, claires pour la compréhension de l’histoire.

L’école française du Caire en a fait un enregistrement vidéo : découvrez-le ici !

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Pour en savoir plus

– Le théâtre d’images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Edith MONTELLE, Editions Callicéphale, 2007.

Webographie du Café pédagogique,15 février 2008

– Le Kamishibaï. Animation pédadagogique, Josiane Rostagni, CPC Arpajon (91), 29 novembre 2008.

A suivre :
Kamishibai : késako ??? 3-Des scénarii d’exploitation en classe de FLE


Jan 9 2010

Kamishibai : késako ??? 1-le matériel

Publié par Christelle dans Lectures à voix haute _ Animations lecture      

du japonais kami : papier et shibaï : théâtre (drame)

Le kamishibaï est un théâtre d’images,
né au Japon il y a trois siècles.
Des conteurs se déplaçaient avec le kamishibaï
et des planches illustrées et créaient des animations de rue.

kamishibaimag

Présentation du matériel

  • versoLe castelet en bois (ou butaï) :

    • Composé de trois volets, il encadre l’image et focalise l’attention des auditeurs sur l’illustration. La forme des portes soulignent le mouvement des images quand elles sortent de la glissière.

    • Les portes en bois ont aussi leur importance : le conteur peut en jouer en les faisant claquer, en les ouvrant et en les fermant, une ou toutes, suivant l’effet désiré.

    • Les volets ouverts, la première image apparaît au centre, face au public, tandis que le texte correspondant se trouve au dos, sous les yeux du narrateur. Au fur et à mesure qu’il lit le texte, il fait coulisser les images.

  • Les images :recto

    • Le recto de l’image, tourné vers le public, est entièrement couvert par une illustration, la plus lisible possible, sans éléments susceptibles de troubler la concentration;

    • Le verso comporte une image miniature en noir et blanc reproduisant la planche suivante dans un coin supérieur droit : cette vignette permet au conteur de visualiser l’illustration dévoilée au public, et de varier les rythmes d’apparition de l’illustration suivante.

    • Le texte est écrit de façon lisible, et la manière de glisser les images est indiquée entre parenthèses et en italique.

    • En bas à droite ou en haut à gauche du texte, le numéro de l’image est écrit en gros et encerclé.

    • Quand cela est nécessaire, un petit trait vertical indique où le conteur doit s’arrêter de tirer l’image pour ménager du suspense.

Cette page permet de bien visualiser comment se présente cet outil.

Voici un exemple d’utilisation hors contexte pédagogique (en japonais !) :
Spectacle de kamishibai par le moine zen Jikiju lors de L’Instant Japon 2009 à Toulouse.

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Pour se fournir le matériel

Une documentaliste prend en photo le matériel sous toutes ses coutures : c’est ici !

Le castelet :

butaiLes éditions Callicéphale proposent des castelets en bois clair : bon de commande, mais vous pouvez demander les bons services d’un menuisier, comme je l’ai fait en Syrie et en Turquie !

Voici un modèle de plan spécialement conçu pour s’adapter aux planches des albums parus chez Callicéphale  (format des images : 37*27,5 cm), mais il y en a bien d’autres : celui-ci, ou ceux-ci 1, 2, 3. Ces plans sont bel et bien rédigés en français, mais cela me semble être du japonais. Cependant, un collègue professeur de technologie ou un menuisier devrait lui s’y repérer sans problème !
Vous pouvez même fabriquer un heurtoir pour faire le silence dans la salle avant le début du spectacle !

Les planches :

J’ai toujours eu recours aux Editions Callicéphale dont le catalogue s’enrichit régulièrement. Il n’y a pas de problème pour se faire livrer à l’étranger : ces éditions vous envoient sous pli les planche ou votre librairie locale peut passer par les éditions le Seuil qui distribuent leurs productions.

Parmi les albums que j’ai testés, voici ceux que je conseille particulièrement car ils utilisent véritablement les astuces du Kamishibai et sa plus-value par rapport  à un album classique, certaines images se dévoilant plus ou moins vite, d’autres en plusieurs temps :

sushiSushi (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Pour ne pas tourner en rond, Sushi, le petit poisson jaune part à la recherche du caillou magique… Au bout de sa quête aquatique,  Sushi trouvera un ami de taille, et vous pourrez voir,  parfois, au loin dans les vagues, un petit poisson jaune essayer de sauter plus haut que la baleine bleue.


sapinLa légende du sapin (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Le petit oiseau blessé, perdu au cœur de l’hiver, est chassé par tous les arbres de la forêt. Seul le sapin l’accueille. C’est pourquoi, d’après cette légende d’Alsace, il est aujourd’hui l’arbre de Noël.

Cette histoire a été racontée par les élèves de mon club-lecture qui en ont enregistré une version vidéo : 3 minutes de tendresse, c’est ici !


jaoJao le caméléon (18 planches)
Florence Jenner-Metz / Thierry Chapeau, 2008

Jao en a marre de changer de couleur plus vite qu’on ne change de chemise. Il veut sa couleur à lui. Dans cette histoire, le vieux sage lémurien apprendra à Jao qu’il est magnifique tel qu’il est, tel que l’aiment ses amis. Une réécriture du texte s’impose, mais l’album est si visuel qu’il peut s’accorder avec une écriture plus simple. La première planche est visible ici.

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Il faudra (18 planches)
Thierry Lenain, 2007

Un personnage sans couleur contemple le monde de son île. En spectateur, il observe les horreurs de la planète, guerre, pollution…Mais, dans la forêt, il trouve un havre de paix.


D’autres albums me plaisent même s’ils n’utilisent malheureusement pas suffisamment les effets de transition entre les différentes planches :

ambreAmbre (14 planches)
Philippe Grémy, 2001

Beaucoup de personnages à interpréter et une fin surprenante !
Ambre, la petite licorne si fière de sa beauté, s’admire tous les jours, se croit la plus belle et dédaigne les autres animaux de la forêt. Sa rencontre avec Bulle le crapaud, Châtaigne le hérisson, Grognon le sanglier, Automne l’écureuil et Brocoli le lutin vont bouleverser sa vie…



file_2Le petit poisson d’or (19 planches)
Conte traditionnel russe de Alexandre Sergueïevitch Pouchkine adapté par Florence Jenner-Metz, 2008

Un très vieux pêcheur vivait avec sa femme, une vieille mégère, dans une toute petite chaumière. Un jour, dans son filet, il découvre un magnifique poisson doré… De magnifique illustrations, claires pour la compréhension de l’histoire.

L’école française du Caire en a fait un enregistrement vidéo : découvrez-le ici !

Certains albums m’ont semblé par contre peu adaptés à des contextes FLE :

Les musiciens de Brême (16 planches)

Des illustrations stylisées certes originales mais qui n’aident pas à la compréhension de l’histoire.

L’étoffe d’un roi, Le turban du sultan, Le tigre amoureux, Les trois zouloulais et L’enfant-fleur

Ces histoires sont relativement longues, et à la formulation souvent complexe. Il est bien évidemment toujours possible de modifier les textes, mais puisque ces histoires sont essentiellement basées sur la poésie des textes, il est difficile d’en apprécier la saveur avec les seules images et un texte trop simplifié.

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Pour en savoir plus

– Le théâtre d’images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Edith MONTELLE, Editions Callicéphale, 2007.

Webographie du Café pédagogique,15 février 2008

– Le Kamishibaï. Animation pédadagogique, Josiane Rostagni, CPC Arpajon (91), 29 novembre 2008.


Voir aussi :
Kamishibai : késako ??? 2-la mise en scène