Archive de octobre, 2006

Apis mellifera en danger… nous aussi !!! Dimanche, 29 octobre 2006

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Si je vous parle d’Apis mellifera… cela vous parle t-il ?
Je vous rassure vous en avez tous rencontré une au moins une fois dans votre vie, et certains d’entre vous en ont une répulsion importante, alors que d’autres se délectent de leur nectar… le miel et la gelée royale. Vous aurez compris, il s’agit des abeilles. Ces insectes fascinent les scientifiques. Comment à partir d’un si petit cerveau, ces insectes peuvent avoir une organisation sociale si élaborée, et comment à partir du même génome, certaines sont ouvrières, dévouées au bon fonctionnement de la ruche, et d’autres reines, leur activité unique est de pérenniser l’espèce ?
Ainsi, le séquençage du génome (consiste à déterminer l’ordre linéaire des nucléotides d’un acide nucléique comme l’ADN) a été réalisé par un consortium international, the Honeybee Genome Sequencing Consortium. La revue Nature présente ces travaux dans son édition du 26 octobre 2006. Ce séquençage a été effectué en 2004 et 2005 au Baylor College of Medicine de Houston (Texas). Il a permit d’identifier 10 500 gènes, ce séquençage complète le séquençage du génome de la drosophile réalisé en 2000, de l’anophèle réalisé en 2002 et du ver à soie réalisé en 2004.
Michel Solignac, généticien et professeur à l’université Paris – Sud qui a participé à l’étude, considère que « C’est une porte ouverte vers l’avenir, car, jusqu’à présent, la génétique de l’abeille était très mal connue. Les données du séquençage vont maintenant être distribuées aux différentes équipes participant au projet. Car il reste à étudier l’expression de ces gènes et leur transcription en protéines.

Cette étude a montré qu’Apis mellifera est originaire d’Afrique, et quelle a ensuite rejoint l’Europe et l’Asie. Au XVIIe siècle, deux sous-espèces ont atteint l’Amérique du Nord. De plus, l’étude a mis en évidence qu’Apis mellifera possède de nombreux gènes relatifs à l’odorat, mais peu concernant le goût, comparé à la drosophile ou au moustique.

Autre découverte importante, Apis mellifera semble être « bien moins armée que les autres insectes pour lutter contre les produits chimiques, car elle a un déficit très important en enzymes de détoxication » précise René Feyereisen, généticien moléculaire et directeur de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes). Ce qui expliquerait en partie, associé à une mauvaise résistance aux parasites, une mortalité des abeilles constatée en France depuis plusieurs années. (Une enzyme ou un enzyme est une molécule permettant d’accélérer jusqu’à des millions de fois les réactions chimiques du métabolisme se déroulant dans le milieu cellulaire ou extracellulaire).

Cette mortalité n’est pas sans conséquence à l’échelle planétaire, en effet les abeilles sont menacées sur l’ensemble du globe, alors « qu’elles sont les premiers pollinisateurs sur Terre », rappelle Gene Robinson, directeur du Bee Research Facility de l’université de l’Illinois, un des instigateurs de l’étude du génome de l’abeille. « 35 % de la production mondiale de nourriture résultent de la production de cultures dépendant des animaux pollinisateurs », rappelle une étude qui vient d’être publiée dans les Proceedings of the Royal Society.

La pollinisation par les abeilles est un facteur important dans l’évolution de la vie, on sait désormais qu’il y a 100 millions d’années, les abeilles étaient présentes et ont sans aucuns doutes participé à la pollinisation et donc à la dissémination et l’évolution de la vie. En effet, les abeilles participent ainsi à l’expansion rapide et à la diversification des plantes à fleurs qui ensuite donnent des fruits. Végétaux qui représentent 80% des végétaux sur la Terre. (La pollinisation est le fait de transporter le pollen de l’anthère au stigmate de la même fleur ou d’une autre fleur).
La plus ancienne abeille connue a donc 100 millions d’années, elle a été découverte par des chercheurs de l’université de l’Oregon. Elle est emprisonnée avec du pollen dans de l’ambre fossilisé originaire du nord de la Birmanie. Elle a été baptisée Melittosphex burmensis. Cette abeille est décrite dans la revue Science du vendredi 27 octobre 2006. Elle mesure 2.95 mm et possède des caractères des abeilles et des guêpes. (L’Oregon est un État du nord-ouest des États-Unis, sur la côte Pacifique)

Serait-elle l’Archéoptéryx des insectes ? Avant de pouvoir répondre à cette question, tachons de préserver ces abeilles qui semblent être l’avenir de l’homme….
Finalement encore un billet sur la pollution…

A suivre…

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Le Sahara fût une forêt humide au Miocène Jeudi, 26 octobre 2006

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Le Sahara (le plus vaste désert du monde) n’a pas toujours été tel que nous le connaissons aujourd’hui, au Miocène (première époque du Néogène s’étend de 23,0 à 5,3 millions d’années), s’était une forêt humide… C’est ce que prouve un millier de dents de petits mammifères, dont une dizaine de la famille des lémuriens, découverts par Martin Pickford, paléontologue au Muséum (MNHN) et par ses collègues de l’université de Menoufia (Egypte), dans l’actuel désert libyque d’Egypte. L’académie des sciences (Palévol 2006) publie une étude qui montre que ce lieu était beaucoup plus humide il y a entre 10 et 11 millions d’années. En effet les lémuriens actuels, petits primates nocturnes vivent dans des trous creusés dans les arbres, et se nourrissent d’exsudats, de gomme d’acacia. Par analogie nous pouvons supposer qu’il y a 10 à 11 millions d’années, au miocène une telle végétation était développée au Sahara accueillant ainsi les lémuriens. De plus chose forte intéressante, ces restes d’animaux ont été retrouvé dans des grottes sous forme de pelotes de régurgitation, laissées là par des rapaces… Dans ces pelotes, ces restes de lémuriens sont associés à des restes de grenouilles, de petits reptiles de la famille des caméléons et de certains rongeurs. Ces associations ne sont pas sans importances et sont riches d’enseignements. En effet, les restes de grenouilles indiquent de fortes précipitations, comprises entre 500 mm et 1200 mm d’eau, les petits rongeurs indiquent eux la présence de prairies.
Martin Pickford nous propose la chronologie suivante : il y a 10 millions d’années, les forêt tropicales étaient importantes de l’équateur vers les moyennes latitudes, puis l’agrandissement de la calotte arctique à la fin de Miocène aurait provoqué l’aridification du Sahara. Enfin, il y a 7 millions d’années, les forêts se rétrécissent vers l’équateur et l’Egypte débute son aridification.

A suivre.

Pourquoi le ciel est bleu ? Jeudi, 19 octobre 2006

Pour les plus petits…
Le soleil éclaire l’air qu’ils respirent. Dans cet air, il y a de l’azote, de l’oxygène, et d’autres gaz en moins grandes quantités. C’est l’azote qui donne cette couleur bleue au ciel.

Pour les plus grands…
Chaque couleur de l’arc-en-ciel, est une onde lumineuse, c’est à dire des photons qui vibrent, à une fréquence déterminée. L’atmosphère de la Terre, contient environ 70 % de diazote (N2), 28 % de dioxygène (O2), et 2 % de dioxyde de carbone (CO2). Lorsqu’un photon rencontre une molécule de diazote, il lui transmet de l’énergie qui la fait vibrer avec une certaine fréquence bien fixée, puis elle cesse de vibrer en laissant échapper ce trop-plein d’énergie, cette libération d’énergie s’accompagne d’une émission d’un photon d’une fréquence correspondante à la couleur bleue. Comme il y a beaucoup de molécules de diazote (N2) dans l’atmosphère, et encore plus de photons venus du Soleil pour les rencontrer… le ciel entier est d’un magnifique bleu.
En fait, la distance séparant les deux atomes d’Azote n’est pas fixe, elle varie au cours du temps, la molécule vibre. La vibration de la molécule, très rapide, a une propriété très particulière, elle diffuse (disperse) la lumière ( Robert John Rayleigh ( 1875 – 1947 ). C’est à dire comme nous l’avons vu lorsque la lumière arrive sur la molécule sous la forme de photon, une partie de la lumière est absorbée pour faire vibrer la molécule l’autre est restituée, dispersée. Ainsi l’énergie qui est dispersée est dans les longueurs d’ondes du bleu, le ciel nous semble bleu…

Mais Claire pourquoi le soir le ciel est rouge ?
Lorsque le soleil se couche le trajet de la lumière solaire à travers l’atmospère est plus important du fait de l’angle qui augmente. La diffusion de la lumière est plus importante, puisque les radiations lumineuses rencontrent davantage de molécules pendant le trajet, l’épaisseur de l’atmosphère augmentant… L’énergie restituée décroit progressivement, la diffusion s’étend alors aux radiations vertes et en partie aux radiations jaunes puis finissent aux radiations rouges…

Voilà Claire…

Alimentation : comment détecter les OGM ? Vendredi, 13 octobre 2006

Image le Monde
A lire dans Le Monde de ce 14 octobre…

« L’industrie agroalimentaire sait-elle contrôler les OGM ? La question se pose, alors que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a rendu public, mercredi 11 octobre, le bilan annuel de ses contrôles. En 2005, sur 69 échantillons prélevés dans des produits alimentaires, 17 contenaient des traces d’organismes génétiquement modifiés. Leur quantité était cependant inférieure au seuil réglementaire de 0,9 %. Cette publication intervient alors que du riz transgénique a été découvert cet été dans les circuits commerciaux, comme le confirme la DGCCRF. Mais cet épisode n’est que le plus récent d’une série commencée depuis plusieurs années. »

Pour mémoire : un OGM, Organisme Génétiquement Modifié, est un être vivant (animal, végétal ou autre) dont le patrimoine génétique a été modifié d’une manière artificielle (non naturelle). Ces modifications lui permettent dans la plus part des cas d’acquérir une ou plusieurs nouvelles fonctions.
On peut détailler la transgenèse végétale par exemple. Dans ce cas la fabrication d’un OGM peut-être découpée en 9 étapes :
1- Identification d’un gène d’intérêt, c’est à dire un codant pour un caractère intéressant, par exemple la résistance naturelle à un parasite, une maladie ou un herbicide.
2- Ce gène intéressant est isolé, par l’utilisation d’enzymes qui coupent l’ADN.
3- Le gène intéressant est modifié pour qu’il soit plus facile à utiliser, et/ou que son action soit plus efficace.
4- Le gène intéressant est inséré dans une construction génétique qui contient également des gènes marqueurs comme des gènes codant pour une résistance à un antibiotique. Cella permettra de sélectionner les individus qui ont intégré ce gène intéressant en utilisant l’antibiotique.
5- La construction génétique est multipliée un grand nombre de fois pour avoir des copies de ce gène. Le succès de la manipulation dépend du nombre de copies de gènes disponibles.
6- la construction génétique est transférée dans une cellule végétale, directement ou en utilisant des vecteurs comme les bactéries.
7- Les gènes marqueurs ici un gène codant pour une résistance à un antibiotique, permettent de sélectionner les cellules ayant intégrées ce gène intéressant à leur génome.
8- Après sélection de ces cellules, il faut régénérer de nouvelles plantes transgéniques.
9- Puis il faut incorporer le gène intéressant dans une variété commerciale, l’OGM peut ainsi se retrouver dans nos assiettes…

à suivre…

Les vaccins attendent la grippe… Jeudi, 12 octobre 2006

wikipédia
Près de treize millions de doses de vaccins antigrippaux seront distribuées dans les pharmacies à partir de ce jeudi 12 octobre pour prévenir l’arrivée de la grippe pour cette saison hivernale 2006-2007, pendant laquelle 2,2 millions de personnes risquent d’être contaminées par la grippe. Le vaccin est un composé chimique ou organique appelé antigène destiné à stimuler les défenses naturelles de l’organisme (le système immunitaire).

L’hiver dernier, onze millions de personnes avaient été vaccinées en France et 1,6 million infectées, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Chaque année en France, la grippe tue en moyenne 2000 personnes, en particulier les personnes âgées et les nourrissons qui sont plus vulnérables.

Cette année, le cocktail vaccinal est constitué à partir de deux souches de la grippe choisies suivant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le vaccin est gratuit pour les personnes les plus fragiles: personnes âgées de 65 ans et plus, personnes atteintes de certaines affections de longue durée (ALD) telles le diabète, ( Le mot diabète vient du grec dia-baïno = passer au travers. Les médecins grecs anciens avaient observé ce syndrome : les malades semblaient uriner aussitot ce qu’ils venaient de boire, comme s’ils étaient « traversés par l’eau » sans pouvoir la retenir) l’insuffisance cardiaque, l’épilepsie grave ( L’épilepsie ou comitialité, parfois nommée haut mal, mal caduc ou mal sacré, est une affection neurologique ) … Ces bénéficiaires (plus de 8 millions de personnes) reçoivent un imprimé pour obtenir gratuitement le vaccin prescrit par leur médecin.

« Après un début de surveillance très calme, quelques virus grippaux ont été récemment détectés ou isolés, en ville ou à l’hôpital, dans plusieurs régions », soulignent les groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog). Ils font aussi état d’une épidémie de Bronchiolite. Cette maladie virale, qui touche chaque année plus de 400 000 nourrissons, est souvent bénigne. Seuls 5% des cas nécessitent une hospitalisation.

Ministère de l’écologie et du développement durable Jeudi, 12 octobre 2006

ministère de l'écologie et du développement durable

« Il n’y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à les faire »….

le site

Politique Française pour lutter contre l’effet de serre Jeudi, 12 octobre 2006

Le rapport du Conseil d’Analyse Economique présidé par Christian de Boissieu, vient de publier un document important pour la définition de la politique française en matière de lutte contre l’effet de serre.

Son pour titre, « Facteur 4 », fait allusion à un concept de Ernst Ulrich von Weizsäcker, fondateur de l’institut de Wuppertal pour le climat. Pour lui on doit pouvoir multiplier par deux le bien-être de chacun, tout en divisant par deux l’utilisation des ressources naturelles, ce qui rappelle mon précédent billet…

Pour le Conseil d’Analyse Economique, la France doit pouvoir diviser par 4 ses rejets de gaz à effet de serre d’ici 2050. Le rapport analyse précisément ses rejets et leur évolution depuis des années. Il présente les politiques des autres pays, développés et des pays en voie de développement. Il considère que le marché seul ne pourra pas permettre de diminuer sensiblement les rejets et invite à une politique publique.

Pour arriver au Facteur 4, il mise sur 1/3 de réduction de consommations d’énergie, 1/3 d’utilisation de la biologie (biomasse, biocarburants) et 1/3 de sauts technologiques. «  Quelques ordres de grandeur permettent alors de bien apprécier la part « biologie ». Pour capter chaque année dans l’atmosphère 100 Mt CO2, il suffit de disposer de 5 M ha de «forêts» productives et exploitées (à 20 m3/ha/an) plantées sur des terres (agricoles ou forestières) pas ou peu valorisées à ce jour : ces surfaces sont accessibles, sans même compter la Guyane. Ces « lignocultures » produiront elles-mêmes 100 Mm3/an de « matériaux fibreux cellulosiques » (dont nous allons très vite manquer) pouvant remplacer dans certains cas des matériaux plus énergivores (acier, béton…) et prolonger comme matériaux le puits de carbone dû à la photosynthèse en donnant in fine (ou immédiatement pour les coproduits) une valeur énergétique « renouvelable » de l’ordre de 25 Mtep/an (bio-chaleur, biocarburants de 2ème génération …) ».

Le rapport invite donc à une politique raisonnée et cohérente de l’Etat et des collectivités locales favorisant la recherche, l’usage de la biomasse (valoriser les produits),le stockage de carbone, la taxation des appareils consommateurs d’énergie ainsi que les incitations fiscales. Des solutions proches de celles proposées par le rapport des sénateurs Laffitte et Saunier.

Que va-t-on laisser à nos enfants…
à suivre…

Le rapport

Nous vivons au dessus de nos ressources énergétiques… Lundi, 9 octobre 2006

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La new economics Foundation (nef), une organisation britanique calcule depuis 20 ans le niveau mondial de consommation des ressources naturelles. Ainsi leur postulat est simple, nous vivons au dessus de nos moyens énérgétiques. En affet nous consommons chaque années davantage de resources naturelles que ce que la planète ne peut en régénérer…
Chaque année, la NEF calcule la date à laquelle notre consommation de ressources dépasse cette capacité de renouvellement. Cette « triste » date a été baptisée éjour de la dette écologique, ou jour du dépassement » (« Overshoot day »). « Passé cette date, on est en situation d’épuisement des réserves. A partir du 9 octobre et jusqu’à la fin de l’année, l’humanité sera en dépassement sur le plan écologique, en situation de créer davantage de dette écologique« , explique la fondation.
Nul besoin de vous dire que depuis 20 ans cette date est de plus en plus précoce dans l’année, ce quui signifie que les ressources diponibles pour une année sont consommées de plus en plus vite. Pour vous en convaincre, en 1987, l’Overshoot day été le 19 décembre, en 1995 le 21 novembre…

« En vivant autant au-delà de nos moyens environnementaux et en amassant de la dette écologique, nous faisons deux erreurs« , avance Andrew Simms, de la NEF. « D’abord, nous privons des millions de personnes dans le monde, qui manquent de terre, de nourriture et d’eau potable, de la possibilité de satisfaire leurs besoins. Ensuite, nous mettons en danger les mécanismes de survie de la planète. » « Si par exemple on pêche davantage de poissons qu’il n’en naît, il y en aura moins l’année suivante. »

Ce concept de dette écologique est une riposte lancée par les associations de lutte pour l’abolition de la dette des pays du Sud. Cette dette écologique serait la dette accumulée par les pays industrialisés envers le Sud à cause, notamment, « du pillage des ressources » ou « des dommages causés à l’environnement » par les pays du Nord.

A titre d’exemple, à en croire la NEF, la Grande-Bretagne est passée dans une situation de dépassement des ressources le 16 avril, ce qui laisse penser que si l’humanité consommait autant de ressources que les Britanniques, il faudrait trois planètes pour permettre à la Terre de fonctionner.

« La seule façon de rétablir l’équilibre est de demander moins à la planète« , a estimé la NEF.

Que va-t-on laisser à nos enfants…
à suivre…

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Enfin la sieste reconnue… Dimanche, 8 octobre 2006

la siesteSelon une étude menée par Indrani Ganguly-Fitzgerald de l’Institut de neurosciences de San Diego, une vie sociale intense chez la drosophile nécessite des siestes plus longues pour la mise en mémoire. Conclusion : la sieste est importante pour la mémoire sociale.
Les neurobiologistes portent un grand intérêt sur l’impact du sommeil sur la mise en mémoire. C’est dernier ont démontré que l’apprentissage d’une nouvelle fonction peut-être amélioré par le sommeil, de plus les troubles du sommeil affecte cette mise en mémoire. Il semble ainsi que le sommeil soit prépondérant dans le processus d’organisation du cerveau.

Pourquoi la drosophile ?
Les drosophiles sont faciles à manipuler génétiquement, et leur comportement social a été largement observé lors d’expériences, de plus en 2000 il a démontré que les drosophiles étaient capables de dormir… durant des siestes d’une duré de 2 h 30. Pour Ganguly-Fitzgerald, « les drosophiles nous ressemblent en quelque sorte, si bien que nous pouvons les appeler des petits humains avec des ailes« .

L’expérience :
Les scientifiques ont séparé deux groupes de mouches dès leur naissance pendant quatre jours. Un premier groupe a grandi en contact d’au moins trente congénères et le second s’est développé de manière solitaire.
Les résultats sont étonnants puisqu’ils ont révélé que les mouches « sociales » dorment quatre fois plus que les mouches « solitaires » (60 min. contre 15 min). Elles gardent cependant le même comportement durant la nuit. Pour contrôler les résultats, des drosophiles ont été mutées au niveau de gènes importants pour la vue et l’odorat. Ainsi, elles sont incapables de se sociabiliser. Chez ces mouches, aucune différence dans le « pattern » (ou motif de conception, est un concept destiné à résoudre les problèmes récurrents suivant le paradigme objet) du sommeil n’est observée. Ces résultats démontrent que les siestes sont importantes pour la mise en place de la mémoire alors que le sommeil durant la nuit semble avoir différentes fonctions chez la mouche.

Les chercheurs ont approfondi ce phénomène en étudiant 49 gènes importants pour l’apprentissage de la mémoire et leur relation avec le sommeil. Ainsi, lorsque 17 de ces gènes sont inactivés, le comportement social n’affecte pas le temps de sieste. Ils sont tous impliqués dans l’apprentissage de la mémoire à long terme.
Les chercheurs espèrent désormais identifier des homologues de ces gènes chez l’humain afin de comprendre les processus biochimiques impliqués dans la consolidation de notre « mémoire sociale ».
Pour Chiara Cirelli, de l’université du Wisconsin à Madison, cette étude démontre également que les drosophiles peuvent être un vrai modèle pour ce type d’études même si la communauté du sommeil reste difficile à convaincre.

Dans le midi on fait la sieste sous les cigales… comme les drosophiles…

source

Sur une idée d’Hugo Billard…encore !!!