
Un premier squelette quasi-complet d’un enfant australopithèque de 3 ans de sexe féminin, daté de plus de trois millions d’années, a été mis au jour, à quelques kilomètres du lieu où a été découvert en Éthiopie, le 30 novembre 1974 celui de la célèbre Lucy révèle la revue NATURE du 21 septembre 2006. Ce dernier va permettre à la science de découvrir des éléments anatomiques jusqu’ici inconnus. Notre lointaine cousine se déplaçait sur ces deux jambes et grimpait sans doute aux arbres.
La découverte de ce nouveau fossile d’australopithèque, est exceptionnelle à plus d’un titre. « Il est très rare de trouver des squelettes complets aussi anciens et de retrouver des spécimens juvéniles, explique le paléoanthropologue Pascal Picq, maître de conférence au Collège de France. Or ici les deux cas de figure sont réunis. »
Il s’agit d’un squelette presque entier d’un enfant de 3 ans qui aurait vécu il y a 3,3 millions d’années, ce squelette a été analysé par un paléontologue éthiopien et une équipe internationale dont le français Denis Geraads, du CNRS. Ce fossile appartient à l’espèce Ustralopithecus afarensis. Cette petite cousine a été baptisé Selam « Paix« , mesurait environ 40 cm de haut. Ses ossements ont été découverts sur la colline de Dikika 1 située au sud de la rivière Aouche près du village de Hadar au nord-est de l’Ethiopie.
Zeresenay Alemseged, de l’Institut Max-Planck de Leipzig en Allemagne, se réjouit, ce scientifique qui a mis au jour la plus grosse partie du squelette en 2000 a été formé par Yves Coppens, papa de Lucy. «L’intérêt majeur lorsqu’on découvre un enfant est qu’il montre mieux qu’un adulte les caractères génétiques de l’espèce, explique ce dernier. Cela permet d’observer les éléments de base, parce que l’action du milieu sur la personne ne s’est pas manifestée. Voilà pourquoi la découverte est extrêmement importante. L’étude confirme le caractère bipède et arboricole de Lucy avec deux squelettes qui, entre parenthèses, sont les plus complets des australopithèques.»
L’âge de l’enfant a été déterminé par les dents de lait visible au scanner, le sexe femelle probable, lui a été déterminé par le dimorphisme sexuel observé grâce à la mesure de la canine qui est plus petite chez les femelles que chez les mâles. La forme du pied ainsi que la partie post crânienne inférieure correspondent à une locomotion de bipède (debout) à l’opposé de quadrupède (à quatre pattes). L’omoplate (la scapula), le morceau d’humérus, les phalanges courbes et l’hyoïde, petit os de la gorge lié à l’émission des sons rarement retrouvé chez les fossiles sont plutôt simiesques.
Des caractères controversés:
Tous ces éléments permettent aux scientifiques de conclure que cette cousine grimpait probablement aux arbres. L’analyse de la faune associée, équidés à trois doigts ‘hipparions », girafes, antilopes, rhinocéros blancs, rongeurs, crocodiles… indiquent qu’elle évoluait dans un milieu en mosaïque, tantôt couvert par la forêt, tantôt exposé avec des points d’eau, expliquant ainsi le mode de locomotion adapté.
C’est Yves Coppens et Brigitte Senut, maître de conférence au muséum (MNHN) qui suite à la découverte de Lucy, avait émis l’idée que les Australopithèques étaient à la fois bipèdes et arboricoles. Cette idée fait maintenant la quasi-unanimité dans le monde scientifique. Mais le fait que ces que nos premiers cousins puissent grimper dans les arbres ne fait pas encore l’unanimité. Pour certains, ces caractères primitifs conservés sont sans apports fonctionnel, pour d’autres ils sont conservés car ils utiles…
Enfin, pour Yves Coppens, Lucy est plus une cousine qu’une ancêtre de l’homme car en tant que pré humaine elle possède des caractères dérivés. Ainsi, l’arbre généalogique de l’homme ressemblerait ? un bouquet dans lequel il y aurait une inflorescence pour l’homme et une autre fleur du même bouquet serait Lucy et ses petits. Lucy serait ainsi plutôt une inflorescence Australopithèque robuste, l’homme serait plutôt Ororin (En 2000, Martin Pickford et Brigit Senut avaient mis au jour au Kenya un morceau de fémur daté de 6 millions d’années Ororin tugenensis), Toumaï (crâne fossile découvert par l’équipe de Michel Brunet, vieux de 7 millions d’années) ou Kenyanthropus (reste d’un hominidé découvert en mars 2001 au Kenya par Meave Leakey, âgé de 3,5 millions d’années. Kenyantropus avait une face plate mais avec un mélange d’autres caractères plus ou moins primitifs, volume du cerveau 400 à 500 cm3, dents recouvertes d’émail épais).
La description détaillée de ce fossile encore prisonnier de sa gangue de sédiments, devrait probablement confirmer les connaissances sur les Australopithèques.
Lucy (A.afarensis), avait été découverte par une équipe de savants venus des Etats Unis et de France, dans des collines desséchées de l’Afar, au nord-ouest de l’Éthiopie, non loin de Djibouti et de la mer rouge, elles est aussi datée de 3 millions d’années. C’était la première fois que des anthropologues mettaient à jour un ensemble de 52 ossements représentant 40 % d’un squelette.




