Des pratiques médicales pour sauver des vies.

INTRODUCTION:

 Près de 13 000 greffes par an sont effectuées en France. Dans les médias le problème du manque d’ organes revient souvent sur le devant de la scène. Les greffes sont prévues pour remplacer des organes malades. On pense que les greffes, les dons d’organes et les dons du sang sont indispensables pour sauver des vies. Comment les greffes et les transplantations peuvent-elles sauver des vies ? 

Sommaire

Introduction

Partie 1 : L’évolution des transplantations

Partie 2 : Les risques des transplantations

         Partie 3 : Les transfusions et les transplantations

Conclusion

Partie 1 : L’ évolution des transplantations.

 Quelques étapes historiques :

https://lewebpedagogique.com/

En 1902 : Premières tentatives de transplantations animales.

En 1948: Première transfusion avec détermination des groupes sanguins.

En 1954 : Transplantation rénale réussie entre vrais jumeaux.

En 1959 : Transplantation rénale entre faux jumeaux réussie grâce à des traitements antirejets et première transplantation réussie d’un rein.

 En 1967 : Transplantation cardiaque réussie.

 En 1968 : Transplantation réussie de moelle osseuse.

 En 1972 : Le biologiste Jean-François Borel découvre les propriétés immunosuppressives de la ciclosporine un antibiotique, cette molécule va transformer radicalement les perspectives des greffes et la durée de vies des greffons.

 En 1976 : Première transplantation du pancréas.

 En 1981 : Première transplantation coeur-poumons.

 En 1987 : Transplantation réussie d’un poumon.

 En 2003 : Transplantation réussie de la langue.

 En 2005 : Transplantation « partielle » d’un visage.

 En 2012 : Greffe simultanée de 6 organes.

 Quelques données sur les transplantations en France

D’après le premier tableau on remarque que le nombre total de transplantations a augmenté assez régulièrement de 1998 à 2006. Le nombre total de transplantations est passé de 3 115 à 4 426 greffes par ans. Les transplantations de coeur, coeur-poumon et intestins ont baissées entre 1998 et 2006, ce qui peut s’expliquer par la complexité des transplantations et le manque de donneurs de ce type d’organes.

Dans le graphique ci-dessous, le rein est l’organe le plus greffé avec une hausse de 87% sur 20 ans suivi par le foie qui a augmenté de plus de 50%. La greffe de poumon augmente de 20,4 % entre 2010 et 2011. La greffe du coeur entre 1991 et 2000 diminue en raison de l’amélioration de techniques alternatives. Les greffes de l’intestin et du pancréas des pratiques plus rares progressent doucement de 1991 à 2011. Le rein est l’organe le plus greffé avec 1979 greffes en 1991, 1924 greffes en 2000 et 2976 greffes en 2011. Puis viens le foie avec 698 greffes en 1991, 806 greffes en 2000 et 1164 greffes en 2011. Le coeur est le troisième organe le plus greffé avec 632 greffes en 1991, 328 greffes en 2000 et 398 greffes en 2011.

L’évolution des transplantations de 1998 à 2006

www.inserm.fr et www.dondorganes.fr

 

 Quelques chiffres clés :

En 2006 on a recensé 12 450 personnes qui ont eu besoin d’une greffe, 4 428 greffes ont été pratiquées. Environ 240 personnes sont décédées faute de greffon, 6% des greffes ont été réalisées à partir de donneurs vivants. Les besoins en greffes augmentent chaque années du fait de l’allongement de la durée de vie, mais aussi du fait d’un manque de greffons.

En 2007, plus de 275 000 Européens vivent avec un organe transplanté.

En 2008, 4 620 malades ont été greffés, des organes ont été prélevés sur 1 563 personnes, 5% des greffes ont été réalisées grâce à des donneurs vivants, environ 222 malades sont morts faute de greffe et environ 13 687 personnes étaient inscrites sur une liste d’attente d’organe.

 En France, 500 000 personnes ont besoin d’une transfusion sanguine pour vivre. Une étude médicale en 2005 a été élaborée et elle a montrer que 52% des transfusés ont plus de 65 ans.

 

De 1991 à 2011 il y a eu une augmentation de 41% de greffes grâce à l’amélioration de la qualité de la greffe qui a élargi les indications thérapeutiques.

Les transplantations en France ont augmenté de 45% depuis 2000. L’augmentation des maladies chroniques et le vieillissement de la population se traduisent par un accroissement des besoins de transplantations. La baisse de la mortalité accidentelle et de la mortalité par accident vasculaire cérébral conduit à un manque de donneurs potentiels.

Partie 2 : Les risques des transplantations

 Rejet des organes transplantés :

Une fois greffé, l’organisme du receveur considère le nouvel organe comme un objet étranger. Le malade doit donc suivre un traitement immunosuppresseur à vie pour éviter le rejet du greffon; les principaux responsables de ce phénomène sont les antigènes, les anticorps et les lymphocytes T. A la surface de toutes nos cellules sont présentes des molécules, appelées antigènes du Système H.L.A. (Human Leucocyte Antigen).Ces dernières permettent aux lymphocytes T de différencier les agents étrangers ( greffes, bactéries, virus…) de nos propres cellules. Il y a 3 types de rejets : rejets aigus, rejets aigus cellulaires et rejets chroniques. Grâce à des traitements immunosuppresseurs de plus en plus efficaces, les crises de rejet aigu survenant la plupart du temps la 1ère année après la greffe sont de plus en plus rares. La meilleure gestion de rejet au cours de la 1ère année post-greffe aura des répercussions importantes sur l’incidence du rejet chronique en retardant et en diminuant sa fréquence de survenue.

D’après le graphique en bâton le pourcentage de survie du patient greffé est identique quelque soit son âge jusqu’à 3 mois après la transplantation, par contre les chances de survie diminue fortement après 5 ans pur attendre moins de 50% au bout de 10 ans pour les greffés de plus de 65 ans.

 Compatibilité donneur-receveur (groupes sanguins) :

? Le donneur peut être de la même famille ou totalement inconnu ce qui risque d’éventuels rejets. En France, le don d’organes après la mort, repose sur le consentement présumé, le don est gratuit et anonyme. Au minimum une compatibilité au niveau du groupe sanguin est requise.

? Chaque individu porte à la surface de ces cellules des antigènes. Les personnes portant les même antigènes appartiennent au même groupe tissulaire; on dit aussi qu’ils ont le même type HLA(Human Leucocyte Antigen). Les 4 groupes sanguins du Système ABO sont : A, B, AB, et O.

Le tableau suivant résume les compatibilités entre les différents groupes sanguins des donneurs et des receveurs.

Compatiblité donneur-receveur

http://www.hema-quebec.qc.ca/donner/don-de-sang/tout-sur-le-sang/groupes-sanguins.fr et http://www.dondorganes.fr

https://lewebpedagogique.com/ et http://www.bag.admin.ch/transplantation

 

Partie 3 : Les transfusions et les transplantations  

Don d’organe et greffes :

Certains malades ont besoin de recevoir un organe pour qu’ils puissent rester encore en vie. Le malade peut recevoir un organe comme le cœur, le rein, etc ou un tissu comme la peau ou la moelle osseuse qui proviennent d’une autre personne. L’organe ou le tissu est prélevé sur un donneur puis est ensuite transplanté ou greffé sur un receveur.

 Il existe un risque de rejet du greffon pour chaque greffe ou transplantation. Il est dû aux antigènes spécifiques présents sur les cellules de tout individu. Pour augmenter les chances de réussite d’une greffe, le donneur et le receveur doivent posséder les antigènes les plus proches possibles. Des médicaments peuvent aussi améliorer l’acceptation du greffon. Les étapes du don d’organes sont :

  • Avant un don d’organes, on vérifie l’état de mort cérébrale du donneur et on s’assure qu’il ne s’était pas opposé de son vivant au prélèvement d’organe.
  • Les antigènes portés par les cellules du donneur sont ensuite comparés à ceux de malades en attente d’une transplantation
  • Une fois prélevé, le greffon est transplanté de toute urgence, dans la glace stérile ou des liquides de survie, vers l’hôpital où il sera transplanté au malade le plus compatible. 

    http://www.capucine.org

  Don de sang :

Chaque année en France, les centres de transfusion sanguine organisent des collectes de sang pour sauver des vies humaines. Trois millions de litres de sang sont nécessaires par an.

Toute personne âgée de 18 à 65 ans peut donner son sang. Le donneur n’a pas besoin d’être à jeun. Il peut donner jusqu’à 500 ml de sang sans conséquence pour sa santé. Les personnes gravement accidentés ou subissant une importante opération chirurgicale sont les personnes ayant besoin de transfusions sanguines.

Chaque composant du sang a son utilisation. Le plasma est utilisé pour le traitement des hémophiles et des grands brûlés. Les plaquettes luttent contre les hémorragies, les globules blancs sont utilisés pour le traitement des infections graves. Le sang total sert aux opérations chirurgicales et au traitement des accidentés de la route.

Avant tout don de sang, le donneur passe un entretien suivi d’examens médicaux. L’entretien est confidentiel et fait appel à la responsabilité du donneur. Celui-ci ne doit pas en effet cacher certains aspects à risque de sa vie comme par exemple les antécédents médicaux, la sexualité. Le don du sang est gratuit. C’est aussi un acte anonyme.

Avant la réalisation du don de sang, on s’assure que les groupes sanguins du donneur et du receveur sont semblables ou compatibles car sinon un risque d’accident mortel peut avoir lieu. La réaction d’agglutination est due à la reconnaissance d’antigènes situés sur les hématies par des molécules présentes dans le plasma et appelées agglutines. C’est pour cela qu’il est essentiel d’identifier le groupe sanguin du donneur et celui du receveur avant de procéder à une transfusion. Pour cela, un test d’agglutination est réalisé en laboratoire.

Contrairement au don d’organes, les transfusion sanguines ne cessent d’augementer de  2002 à 2008. De 1999 à 2002, celles-ci diminuaient. Mais c’est à partir e 2002 qu’une forte augmentation se produit. Et elle ne cesse de s’arrêter dans les années suivantes.

 

www.cdn-toutsurlatransfusion.appspot.com

http://sante.lefigaro.fr

 Manque de donneurs :

En France, près de 6000 malades attendent chaque année d’être greffés ou transplantés, mais seuls 40 % d’entre eux peuvent l’être. Le prélèvement se fait avec l’accord du donneur, de son vivant ou de celle de sa famille à sa mort. Or si 89 % des Français se déclarent favorables au don d’organes, 40 % des familles refusent le prélèvement au moment du décès d’un proche. Pour que les dons d’organes soient plus nombreux, il faut sensibiliser le public au don d’organes.

Le délai moyen d’attente pour recevoir un coeur est de 15 mois.

Le délai moyen d’attente pour recevoir un poumon est de 11 mois.

Le délai moyen d’attente pour recevoir coeurs-poumons est de 14 mois.

Le délai moyen d’attente pour recevoir un pancréas est de 10 mois.

Le délai moyen pour recevoir un foie est de 8 mois.

Le délai moyen d’attente pour recevoir un rein est de 23 mois.

Ces résultats montrent que les receveus doivent attendre des mois et des mois avant de recevoir un organe. Le foie est l’organe où les receveurs on le moins de mois à attentre tandis que le rein est l’organe où les receveurs doivent attendre le plus de mois. 

http://www.dondorganes.fr

Conclusion :

Nous avons pu voir à travers les documents, que les transplantations et les transfusions sont le seul moyen sauver des vies suite à des accidents ou des maladies. Nous avons également pu voir les différentes étapes des transplantations et des transfusions. Les transplantations permettent de sauver des vies mais nous constatons toujours l’augmentation des rejets et un manque de donneurs important.
Le don d’organes est une vraie course contre la montre. Il y a d’abord le prélèvement, puis le transport et enfin la greffe. Le don du sang, lui, se fait en quatre étapes :
– Inscription administrative
– Entretien médical
– Prélèvement
– Le temps de repos et la collation
C’est grâce à ces transfusions et à ces transplantations que nous arrivons ainsi à sauver des vies.

Sources :

www.dondorganes.fr

www.agence-biomedecine.fr

www.dondusang.net

www.sante.gouv.fr

www.sante.lefigaro.fr

www.cdn-toutsurlatransfusion.fr

www.hema-quebec.fr

www.greffedevie.fr

www.bag.admin.fr

www.inserm.fr

www.france-adot.fr

www.transplantation.fr

Lexique :

Système HLA : Human leukocyte antigen. Ensemble d’éléments (antigènes) communs aux globules blancs (leucocytes) et aux plaquettes du sang d’un individu, spécifiques pour chaque individu et intervenant dans la défense naturelle de celui-ci. Il en existe une immense variété de combinaisons, formant le complexe HLA, dont dépend la compatibilité des tissus lors d’une greffe.

Greffon :Nom de l’organe ou du tissu prélevé sur un donneur pour une transplantation. 

Rejet : Réaction de défense par laquelle le système immunitaire tend à détruire un tissu, un organe greffé.

Système immunitaire : Système de défense de l’organisme permettant d’éliminer naturellement des micro-organismes ayant pénétré dans notre organisme et provoqué des infections.

 Lymphocyte T : Cellule du système immunitaire qui détruit par contact des cellules infectées après avoir reconnu l’antigène responsable de ‘infection.

Anticorps : Molécules produites par les lymphocytes B qui se lient à un type d’antigène spécifique.