Journée d’hiver
Il a plu cette nuit et l’on respire à l’aise.
Je marche sur le bord de la haute falaise
D’où je vois à mes pieds, sur ses flancs inclinés,
Le pin dont l’âme vibre en frissons alternés,
Le chêne et l’arbousier que balance la brise
Et très bleue écumeuse, en bas, la mer qui brise
Avec un bruit joyeux de cailloux crépitants.
Sous le ciel radieux les flots sont éclatants
Et frais, car un vent souffle et leur fraîcheur sereine
Se dégage et me vient dans cette douce haleine.
Le cri des moineaux francs sonne clair dans l’air pur ;
On ne voit plus flotter, éparse sous l’azur,
Pesante à respirer dans la chaude lumière,
La poussière des rocs et des fleurs, la poussière
Que tous les grands chemins livrent aux vents errants,
Et qui pâlit le vert de nos pins odorants.
L’air est plus bleu, lavé par une nuit d’averse;
Un nuage en flocons blanchissants se disperse.
A l’horizon, penchés, passent de grands vaisseaux,
Et l’on peut voir longtemps derrière eux sur les eaux,
Déroulée en ruban, la trace du sillage.
Les marins sur le pont regardent le rivage
Où tout est souriant et calme, où tout est vert.
Seuls, les ceps effeuillés m’ont rappelé l’hiver.
JEAN AICARD
Poème recopié par Thibault et Sulyvan.

Une magnifique poésie accompagnée par ses jolis dessins !
Très jolis dessins !!
Ils sont trop beaux ces dessins