| Peut-on dire | qu’ une civilisation | est supérieure à une autre ? | REPONSE |
| Est-il possible de soutenir l’idée que | 1. une civilisation = une culture comme ensemble des mœurs, des conduites, des valeurs, des croyances (mythiques ou religieuses),des caractéristiques sociales, économiques, techniques, linguistiques, inventées par les hommes et propres à un groupe humain donné à un moment donné.
2. la civilisation = un degré élevé de « civilité » , soit un ensemble de normes, universelles autant que positives (= écrites, réelles) susceptibles d’interdire certains actes et certaines pratiques que nous pourrions qualifier à juste titre de « barbares » ( = étrangers à toute culture, animaux # humains) La civilisation n’est pas le monopole d’une culture, elle est la culture , comme négation de la nature et de l’animal, volonté de s’élever en s’arrachant à la nature) |
Supérieure : situé au-dessus (comparatif)
1. jugement de fait : est supérieur dans un plan : au-dessus/au-dessous (étage supérieur/ inférieur) = différent.
2. jugement de valeur : est supérieur sur une échelle fictive = différent = inégal |
Oui,
– c’est d’ailleurs ce que pense toute culture d’elle-même : c’est ce qu’on appelle le préjugé ethnocentriste qui conduit à sur-valoriser sa culture et à rejeter comme barbares donc du côté de la nature, tout ce qui est différent. -on se définit en s’opposant – une culture= des valeurs (ce qu’on estime digne d’être désiré par tous, un idéal qu’on oppose à ce qui n’est pas désirable) = hiérarchie Valeurs ruinées si on admet des valeurs contraires égales = fin de la cohésion de la culture |
| Est-il fondé, est-ce légitime (sur des arguments rationnels, solides # sentiments, désirs) de soutenir cette idée | Non,
– simple conséquence du rapport narcissique de chaque culture à elle-même : affaire de sentiment non de raison – tous les hommes sont hommes et égaux en dignité : on ne peut dire que des hommes sont inférieurs à d’autres – les progrès d’une culture sont souvent du à d’autres et avoir réalisés ces progrès avant les autres n’est pas un signe de supériorité |
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| MAIS si toutes les cultures, les valeurs se valent :
1) risque de relativisme culturel dangereux car si tout se vaut, rien ne vaut et on est condamné à tout accepter , à ne plus rien pouvoir jugé et condamné |
« Le relativisme est la position selon laquelle on peut tout affirmer ou presque tout, et par conséquent rien. Tout est vrai, ou rien ne l’est. La vérité est alors sans signification. » POPPER | 2) tolérance de l’intolérance et de l’intolérable , danger pour la tolérance
3) argument politique pour laisser faire ailleurs ce qu’on accepterait pas chez soi ( non-ingérence bien pensante) |
4) la diversité culturelle peut entraîner la non-reconnaissance de l’unité de la nature humaine ( = prisonnier de sa culture pourtant contingente : on aurait pu naître ailleurs à un autre moment) et de valeurs universelles |
| SOLUTIONS pour éviter relativisme ET ethnocentrisme
1) Les critères politiques et éthiques sont plus fondamentaux que les critères économiques pour prononcer un jugement de valeur sur une société.(« culture du gadget », culture du désir opposée à des cultures du besoin, vie spirituelle) |
2) relativiser : ne pas tomber dans une vision binaire ( civilisés/barbares ; les bons/ les méchants) ; préférer une représentation d’un continuum vers une limite idéale d’une société pleinement réalisée, en prenant conscience que si on en est peut-être plus proche que d’autres, on est encore loin du compte. | 3) Une société ne peut prononcer légitimement des jugements de valeur sur une autre société au nom des principes de la démocratie que si elle est d’abord capable de s’appliquer à elle-même ces principes. | 4) « pluralisme critique » : pas une pensée unique ( impérialisme) mais des pensées qui peuvent cependant entrer en concurrence dans le souci du vrai |