Fiche synthèse sur la culture

 

La culture, c’est ce qui a été ajouté par l’homme à la nature.

 

Le mot culture a 3 sens :

 

  1. la culture, c’est ce qui nous unit : ce qui caractérise l’homme, c’est que c’est un animal inachevé, incomplet par nature, qui a besoin de la culture pour survivre et devenir homme. Le propre de l’homme est la perfectibilité (selon Rousseau), de mettre en valeur ou de transformer la nature autour de lui par le travail et la technique et en lui par l’éducation , la civilisation (« L’homme ne veut pas rester tel que la nature l’a fait » selon Hegel). L’homme est un être prométhéen. Selon la mythologie grecque, Prométhée aurait volé aux Dieux le feu et la technique pour les donner à l’homme. Le feu symbolise la culture : cuisson des aliments, forge, lumière de la connaissance, foyer autour duquel on se réunit, feu sacré de la religion…

    On peut cependant voir le développement culturel, comme un processus de dénaturation (l’homme descendrait pour certains parfois en dessous de la bête à cause de la culture) ou comme une destruction de la nature par la main de l’homme. Cette « autoproduction » de l’homme par la culture pose le problème d’une nature humaine. Qu’est-ce qu’est l’homme avant la culture, si ce n’est une « nuée de possibilités »? Peut-on alors parler d’une nature humaine ou faut-il comme Sartre préférer parler de condition humaine, le propre de l’homme étant de n’avoir pas de propre, d’être l’être chez qui « l’existence précède l’essence »

    « S’il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de condition. Ce n’est pas par hasard que les penseurs d’aujourd’hui parlent plus volontiers de la condition de l’homme que de sa nature. Par condition ils entendent avec plus ou moins de clarté l’ensemble des limites a priori qui esquissent sa situation fondamentale dans l’univers. Les situations historiques varient : L’homme peut naître esclave dans une société païenne ou seigneur féodal ou prolétaire. Ce qui ne varie pas, c’est la nécessité pour lui d’être dans le monde, d’y être au travail, d’y être au milieu d’autres et d’y être mortel… Et bien que les projets puissent être divers, au moins aucun ne me reste-t-il tout à fait étranger parce qu’ils se présentent tous comme un essai pour franchir ces limites ou pour les reculer ou pour les nier ou pour s’en accommoder. », Jean-Paul SARTRE, L’existentialisme est un humanisme

  2. la culture, c’est ce qui peut nous diviser . Si tout homme est un être culturel, tous les hommes n’appartiennent pas à la même culture. Au sens ethnologique , une culture, c’est un ensemble de pratiques, de représentations, de croyances, de valeurs propres à une communauté ou société, dont on hérite ou s’imprègne. Malgré l’existence d’invariants que l’on retrouve dans toutes les cultures ( prohibition de l’inceste, mariages, sépultures, religion…), malgré la richesse des échanges que peut apporter cette diversité, elle peut être source de points négatifs : ethnocentrisme ( tendance à confondre culture et naturel, à croire que l’histoire est à sens unique, à rejeter dans la nature comme sauvage ou barbare, ce qui est différent de notre culture), communautarisme (repli identitaire sur sa culture) et relativisme culturel (à chaque culture, ses valeurs d’où impossibilité de porter le moindre jugement et appel à une tolérance sans limites. Tout se vaut donc plus rien ne vaut, même plus pour certains les Droits de l’homme.)

  3. la culture, c’est ce qui pourrait nous aider à dépasser nos différences et à nous réunir. la culture, c’est l’ensemble des productions de l’esprit ou de la raison qui ne répondent pas à des besoins vitaux ou économiques, comme l’art, la littérature, la philosophie… C’est la « culture cultivée », à travers laquelle on faisait jadis « ses humanités ». La culture, c’est alors ce qui touche l’universel, élève l’homme. Le beau, le vrai, l’émotion esthétique ignorent les frontières et l’usage de la raison permet de les dépasser.

 

Petit Quiz

 

  1. qui a dit « le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie » ?

    a) Claude Lévi-Strauss dans Race et histoire

    b) Montaigne dans Les cannibales

    c) Kant dans Anthropologie au point de vue pragmatique

  2. Quand a eu lieu la fameuse Controverse de Valladolid où Las Casas a défendu contre Sepùlveda (fidèle à la théorie d’Aristote selon laquelle certains hommes sont par nature inférieurs et faits pour être esclave), que les amérindiens bien que différents culturellement des espagnols n’en étaient pas moins des hommes ?

    a) 1789

    b) 1550

    c) 1492

    ( Ceci étant dit, les amérindiens doutaient aussi de l’humanité des espagnols puisqu’ils observaient leurs cadavres pour voir s’ils entraient en putréfaction comme les leurs)

  3. Quel est le philosophe qui défend l’idée que chez l’homme « l’existence précède l’essence » et qu’il ne faut donc plus parler de « nature humaine », mais de « condition humaine ». Ce qui est commun aux hommes, c’est une même situation fondamentale. Tous les hommes sont mortels, contraints de travailler et de vivre au milieu des autres hommes.

    a) Sören Kierkegaard

    b) Jean-Paul Sartre

    c) Emmanuel Kant

  4. Quel est le philosophe qui se promenait en plein jour au milieu de la foule, une lanterne à la main, en disant qu’il cherchait des hommes, et non des déchets ?

    a) Hannah Arendt

    b) Diogène

    c) Platon

  5. Complétez cette phrase d’Edgar Morin dans le Paradigme de la nature humaine (1973), « l’homme est un être culturel par nature parce que…

    a) c’est un être naturel par la culture »

    b) c’est comme ça »

    c) privé de culture sapiens serait un débile mental, incapable de survivre sinon comme un primate de plus bas rang »

 

( réponse 1. a ; 2. b ; 3,b ; 4,b ; 5 a)

 

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