espace – temps – environnement
Un blog du WebPédagogique

La Charte de l’environnement 2005

La Charte de l’environnement (2005)

Annoncée le 3 mai 2001 à Orléans par le Président de la République, la Charte de l’environnement a été adossée à la Constitution en 2005. Elle confère notamment une valeur constitutionnelle au principe de précaution. Une commission présidée par le paléontologue Yves Coppens a été chargée en 2003 d’animer la réflexion et la consultation devant aboutir à cette charte.

Les conclusions de la Commission Coppens sur la Charte de l’environnement

« La Charte de l’environnement : une nécessité de notre époque

L’élaboration d’une Charte de l’environnement s’est imposée à la Commission Coppens comme une nécessité, compte tenu de la situation actuelle et des relations entre l’homme et son environnement. La commission a, certes, constaté que les capacités scientifiques et techniques donnent à l’humanité les moyens d’influer durablement sur l’ensemble de la planète, et que leurs impacts grandissant sur les conditions de la vie sur terre se traduit aujourd’hui par des effets néfastes (changement climatique, amincissement de la couche d’ozone, contamination de l’air et de l’eau, destruction d’écosystèmes, diminution de la biodiversité). Mais elle a également souligné que ces évolutions n’avaient rien d’inéluctable, et dépendaient de choix économiques et sociaux.

Pourquoi une Charte constitutionnelle ?

La commission a estimé qu’une révision de la Constitution était nécessaire pour consacrer les nouveaux droits et devoirs en matière d’environnement. Elle a également considéré que la mention de la Charte dans la Constitution ne pouvait qu’être courte, et devait être complétée par un texte pouvant revêtir trois formes différentes : une proclamation sans portée normative ; une loi organique ; ou une déclaration à valeur constitutionnelle par la référence qu’y ferait la Constitution. La commission a privilégié cette dernière option, plus forte juridiquement et politiquement, jugeant que cela contribuerait à faire de la Charte une nouvelle étape du pacte républicain, un troisième pilier fondé sur la notion du développement durable. Les concepts fondamentaux abordés : le développement durable et l’environnement comme patrimoine commun. D’après la commission, le concept de développement durable traduit notre responsabilité envers les générations futures. Il se fonde sur une solidarité entre les hommes et entre les territoires. Il nécessite de concilier le développement économique et social avec une gestion pérenne des ressources naturelles et la protection de l’environnement. Dans cette perspective, la commission a estimé qu’il fallait que l’environnement soit reconnu comme « patrimoine commun de tous les êtres humains », cette reconnaissance induisant une responsabilité particulière nouvelle, une responsabilité écologique partagée.

Les droits et les devoirs

La commission a proposé d’affirmer le droit de chacun à un environnement sain et le devoir de protéger ce patrimoine naturel et culturel à la fois commun et diversifié. La commission a par ailleurs suggéré de mettre l’accent sur le devoir d’orienter et de modifier les comportements individuels ou collectifs, les modes de consommation et de production et la façon d’occuper le territoire. Elle a estimé que ces obligations devaient s’imposer aux autorités publiques et aux personnes privées à tous les niveaux.

Les dispositions de mise en oeuvre

La Commission Coppens a enfin proposé de consacrer les outils de mise en oeuvre des droits et des devoirs fondamentaux reconnus par la Charte. Il s’agit de :

– l’intégration dans les politiques publiques de la prise en compte de l’environnement ;

– l’action préventive, le financement de celle-ci et de la réparation des atteintes ; – la démarche de précaution ;

– la démocratie participative et l’accès à l’information sur l’environnement ;

– l’éducation, la formation et l’information ; – le rôle de la recherche et de l’innovation ;

– la dimension internationale des enjeux et de l’action.

Le texte que la Commission Coppens a rédigé s’est inspiré de toutes les propositions présentées au cours de la consultation nationale pour la Charte de l’environnement qui s’est tenue au cours de l’année 2003 (en particulier en ce qui concerne les demandes de solidarité et d’éducation à l’environnement) ».

Source : Regards sur l’actualité n° 309 (2004), d’après le site du ministère de l’Ecologie et du Développement durable, www.charte.environnement.gouv.fr

> Lire le rapport de la Commission Coppens

Le texte de la Charte de l’environnement

La « Charte de l’environnement » a été adossée à la Constitution de la Cinquième République par la loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005

« Le peuple français,

Considérant :

Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ;

Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ;

Que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;

Que l’homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ;

Que la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ;

Que la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ;

Qu’afin d’assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins,

Proclame :

Article 1er. – Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Article 2. – Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Article 3. – Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences.

Article 4. – Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.

Article 5. – Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

Article 6. – Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social.

Article 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

Article 8. – L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte

Article 9. – La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement.

Article 10. – La présente Charte inspire l’action européenne et internationale de la France ».

Annoncée le 3 mai 2001 à Orléans par le Président de la République, la Charte de l’environnement a été adossée à la Constitution en 2005. Elle confère notamment une valeur constitutionnelle au principe de précaution. Une commission présidée par le paléontologue Yves Coppens a été chargée en 2003 d’animer la réflexion et la consultation devant aboutir à cette charte.

Source :

Regards sur l’actualité n° 309 (2004), d’après le site du ministère de l’Ecologie et du Développement durable, www.charte.environnement.gouv.fr

Legifrance

– GRANIER G., VEYRET Y., Développement durable, quels enjeux géographiques ?, Documentation photographique n° 8053, 2006.

Agora21

– SMOUTS Marie-Claude (dir.), Le développement durable. Les termes du débat, Paris, Armand Colin, 2005

– BOURG Dominique, RAYSSAC Gilles-Laurent, Le développement durable, maintenant ou jamais, Paris, Gallimard (Découvertes), 2006

– VIVIEN Franck-Dominique, Le développement soutenable, Paris, La Découverte (Repères), 2005

Accessibles aux élèves

Alternatives Economiques
- Hors Série n°63 01/2005 « Développement durable » : avec une bibliographie très complète et abordable
- HS n°56 (2003) 3 articles intéressants : « Dur dur le développement pour tous » , « Des outils au secours du développement durable », « Demain une croissance verte »
- HS n° 64 (2005) « Développement durable et choix démocratique. Des perspectives pour l’après Kyoto. Le marché peut il sauver la planète ? » …


Publié le 2 août 2008 par hgdd dans EDD
Tags ::

Réflexion de géographe… qu’est-ce qu’un SIG?

La zone côtière De Guadeloupe est un espace extrêmement complexe dont le fonctionnement et l’évolution sont conditionnés par de multiples paramètres naturels et anthropiques qui interagissent à différentes échelles spatiotemporelles.

Qu’est-ce qu’un Système d’information géographique?

http://www.sig-la-lettre.com/

« Un SIG est un ensemble organisé de matériels informatiques, de logiciels, de données géographiques et de personnel capable de saisir, stocker, mettre à jour, manipuler, analyser et présenter toutes formes d’informations géographiquement référencées » (F. de Blomac)

« Un système qui permet la communication et le traitement de l’information géographique, c’est-à-dire l’information descriptive du monde terrestre » (J. Denègre et François Salgé).

Stockage d’information sous deux formes: le Raster ou le vectoriel.

La géomatique : Application de l’informatique à la géographie (par exemple sous la forme de SIG – système d’information géographique). C’est au début des années 70 qu’un ingénieur géographe employa pour la première fois le mot «géomatique» pour faire allusion au mariage des sciences de l’étude et des mesures de la Terre avec l’informatique.

L’information « géo-graphique » c’est un type d’information descriptive où la référence spatial est dominante; c’est une information qui compose un attribut quelconque d’un objet spatial avec sa localisation territoriale.

Le sig c’est un dispositif de représentation cartographique et d’analyse spatiale. Le SIG est le produit de la coalescence de personne-sig-problème-organisation dans un milieu technique-scientifique-informationnel, sous l’orientation et la direction du logiciel sig.

Un SIG est constitué de cinq composants majeurs :

1 Les logiciels

Ils assurent les 6 fonctions suivantes (parfois regroupées sous le terme des ‘6A’):

  • saisie des informations géographiques sous forme numérique (Acquisition)
  • gestion de base de données (Archivage)
  • manipulation et interrogation des données géographiques (Analyse)
  • mise en forme et visualisation (Affichage)
  • représentation du monde réel (Abstraction)
  • la prospective (Anticipation).

2 Les données

Elles sont la base des SIG. Les données géographiques sont importées à partir de fichiers ou saisies par un opérateur.

3 Les matériels informatiques

Le traitement des données se fait à l’aide des logiciels sur un ordinateur. Des systèmes client-serveur en intranet, extranet voire via Internet facilitant ensuite et de plus en plus la diffusion des résultats.

4 Les savoir-faire

Un SIG fait appel à une connaissance technique et à divers savoir-faire et donc divers métiers qui peuvent être effectués par une ou plusieurs personnes. Le « sigiste » doit mobiliser des compétences en géodésie (connaissance des concepts de système de référence et de système de projection), en analyse des données, des processus et de modélisation (analyse Merise, langage UML par exemple), en traitement statistique, en sémiologie graphique et cartographique, en traitement graphique. Il doit savoir traduire en requêtes informatiques les questions qu’on lui pose.

5 Les utilisateurs

Comme tous les utilisateurs de SIG ne sont pas forcément des spécialistes, un SIG propose une série de boîtes à outils que l’utilisateur assemble pour réaliser son projet. N’importe qui peut, un jour ou l’autre, être amené à utiliser un SIG. Cela dit, on ne s’improvise pas géomaticien : une bonne connaissance des données manipulées et de la nature des traitements effectués par les logiciels permet seule d’interpréter convenablement la qualité des résultats obtenus.

En outre, un SIG doit répondre à cinq questions, quel que soit le domaine d’application :

  • : où se situe le domaine d’étude et quelle est son étendue géographique ?
  • Quoi : quels objets peut-on trouver sur l’espace étudié ?
  • Comment : comment les objets sont-ils répartis dans l’espace étudié, et quelles sont leurs relations ? C’est l’analyse spatiale.
  • Quand : quel est l’âge d’un objet ou d’un phénomène ? C’est l’analyse temporelle.
  • Et si : que se passerait-il s’il se produisait tel événement ?

Le sig est multidisciplinaire par nature, en tant qu’intégration de techniques et méthodes de différentes disciplines.

Le SIG ou le sig c’est la traduction de GIS: Geographic (al) Information System; la traduction perd une subtilité de l’anglais…

Geographic – sur un sens absolu de propriété, quiddité d’une chose. Par exemple, en anglais: classic, romantic.

Geographical – le suffixe al cache le sens absolu; connotation de relativité. Par exemple, an anglais: classical, romantical.

La technologie du SIG possède toutes les fonctionnalités du gestionnaire de base de données comme par exemple l’analyse statistique ou les requêtes, mais qui s’appliquent dans un environnement géoréférencé pour l’analyse et la visualisation.

Ces caractéristiques distinguent le SIG des autres systèmes d’analyse et offrent de nombreuses perspectives d’application. La majorité des problèmes auxquels l’humanité se trouve confrontée – surpopulation, pollution, déforestation, risques naturels – possède une dimension géographique essentielle. De même, l’implantation industrielle, la localisation du meilleur site pour une production agricole ou la définition d’itinéraires pour l’organisation des interventions de la sécurité civile sont des problèmes qui peuvent être traités à l’aide de la technologie SIG. Le SIG va produire des cartes, intégrer les informations, visualiser des scénarios, résoudre des problèmes complexes et proposer des solutions pertinentes.

Ouvrages généraux.
DENEGRE, J., SALGE, F., (1996), Les systèmes d’informations géographiques. Collection Que sais-je ?
Groupe DUPONT, (1994), Système d’information géographique, analyse spatiale et aménagement. Géopoint 94, 231 pages.
LAURINI, R., MILLERET-RAFFORT, F. ,(1993), Les bases de données en géomatique. Hermès, 344 pages.
Ouvrages thématiques.
BIGAJSKI, G. ,(2000), Le système d’information géographique comme outil de compréhension et de gestion de crise : cas d’une pollution accidentelle sur la Durance, UMR Espace, Avignon, 345 pages.
CHESNAIS, M. ,(1995), SIG, gérer l’information géographique. Paradigme, 217 pages.
COLLET, C. ,(1992), Systèmes d’information géographique en mode image. Lausanne, Presse polytechniques et universitaires romandes, 186 pages.
PAEGELOW, M., (1991), SIG et gestion de l’environnement. Thèse Université de Toulouse.
PANTAZIS, D., DONNAY, J.,-P. ,(1996), La conception de SIG, méthode et formalisme. Hermès, Paris. 350 pages.
PORNON, H. ,(1990), Système d’information géographique, des concepts aux réalisations. Les éditions du STU.
STAUFFACHER, M., (1994), SIG et télédétection comme outils de gestion et de compréhension de l’environnement. Université de Genève, Publication du département de géologie et paléontologie. 140 pages.

Publié le 1 août 2008 par hgdd dans géographie
Tags :: ,