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Le crâne de Cléopâtre

Un crâne de femme, exhumé près d’Alexandrie, pourrait être celui de la plus célèbre des reines d’Egypte : Cléopâtre. Une découverte qui, si elle est avérée, pourrait être la plus importante depuis l’identification de la tombe de Toutânkhamon en 1922.

Le mois dernier, alors que le chantier de fouilles était lancé, l’archéologue Zahi Hawass était optimiste, espérant faire une découverte significative : « Cela pourrait être la plus importante découverte du 21e siècle. Cet endroit est parfait pour abriter les corps de Cléopâtre et Marc Antoine ». Les archéologues en quête de la tombe de Marc-Antoine et de Cléopâtre pourraient être sur la bonne voie, a annoncé mercredi le Conseil supérieur des antiquités égyptiennes dans un communiqué.

Une équipe dirigée par le patron des antiquités égyptiennes Zahi Hawass et Kathleen Martinez, une Egyptologue de la République dominicaine, pensent qu’il existe trois sites possibles pour la tombe des deux célèbres amants près d’un temple à l’ouest d’Alexandrie (nord).

L’équipe, qui travaille sur les lieux depuis trois ans, va fouiller les trois endroits la semaine prochaine, ajoute le communiqué.

Dr. Zahi Hawass, Conseil suprême des antiquités d’Égypte « Nous avons fait des fouilles à l’extérieur du temple, et nous avons trouvé un grand cimetière près du phare. 20 tombes. On dirait des gens importants. Taillé dans le roc. À l’intérieur des tombes, nous avons trouvé 10 momies. Du nombre, deux sont magnifiquement parées d’or, et je crois que les gens qui reposent à côté de ce temple pourraient être enterrés à côté d’une personne importante, un roi ou une reine. À l’époque des Pharaons, personne n’était enterré à côté d’un temple sans raison.On enterrait toujours les gens près des pyramides. »

Ils ont été identifiés grâce à un balayage par radar du temple, celui de Tasposiris Magna, construit en l’honneur de la déesse antique Isis lors de la période grecquo-romaine.

« Il existe des preuves historiques dans les écrits du chroniqueur Plutarque, où il dit que Cléopâtre a été enterrée avec Marc-Antoine », a expliqué Mme Martinez.

Pour l’instant, les archéologues ont découvert dans 27 tombes 10 momies de nobles, laissant supposer que la tombe du couple légendaire pourrait être proche. Les scientifiques n’ont pas encore confirmé que le crâne découvert par l’équipe du Dr Hawass était celui de la souveraine égyptienne. Des tests scientifiques doivent encore être réalisés afin de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse. Les restes d’un corps complet, découvert près du crâne dans un cercueil de pierre, doivent eux aussi subir une batterie de tests afin d’en apprendre plus sur leur origine.

Des pièces de monnaie frappées à l’effigie de Cléopâtre et d’Alexandre le Grand ont également retrouvées. Vingt-deux pièces en bronze montrent ainsi le profil de la reine de l’Egypte antique.

Ces pièces ainsi qu’un buste d’albâtre indiquent qu’il s’agissait d’une « beauté », assure Zahi Hawass. « Les pièces (…) qui dépeignent son visage et son cou (…) démentent les affirmations de certains érudits qui ont dit qu’elle était très laide ».

En 2007, une étude menée par des chercheurs de l’université de Newcastle (Grande-Bretagne) avait conclu, après l’étude d’une pièce romaine bien conservée, que sa beauté avait été exagérée par la légende.

Cléopatre a régné sur l’Egypte voici plus de 2.000 ans, s’alliant avec Marc-Antoine, l’un des héritiers de l’Empire romain à l’assassinat de Jules César qu’elle a fini par épouser. Puis, leurs troupes mises en déroute par l’empereur romain Octave, les deux amants se sont suicidés.


Le Conseil suprême des antiquités égyptien a expliqué que trois sites avaient été identifiés en février dernier, durant un sondage radar du sous-sol. Parmi eux, le site hébergeant les ossements, situé près du Lac Mariut, aurait été érigé durant le règne de Ptolémée II.

Sources: Maxi-sciences, AFP, France 24, CCTV, L’Express.


Publié le 21 avril 2009 par hgdd dans histoire
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Le chant des partisans

L’écrivain et homme politique Maurice Druon est mort, mardi 14 avril à Paris, à quelques jours de ses 91 ans. Rendu célèbre par sa saga historique Les Rois maudits, il avait été, en 1973-1974, le dernier ministre des affaires culturelles de George Pompidou. Pendant plus de quatorze ans, il fut le secrétaire perpétuel de l’Académie française, où il avait été élu en 1966. Il en était le doyen d’élection. […]

Officier de cavalerie à l’école de Saumur, Maurice Druon participe en 1940 à la campagne de France. Il évoquera l’épisode dans son premier roman, La Dernière brigade (1946). Démobilisé, il demeure en zone libre et en 1942, de la Vigerie, puis pour la BBC travaille avec son oncle au programme « Honneur et patrie ». il s’engage dans les rangs de la France libre, gagne clandestinement Londres, via l’Espagne et le Portugal, devient l’aide de camp du général F. Astier.

Arrière-petit-neveu du poète Charles Cros, et surtout propre neveu de Joseph Kessel et pour mieux dire son fils spirituel, il avait rejoint à Londres en 1942 le général de Gaulle, un homme à sa mesure dont il fit un jour la description suivante : «Haut, droit, dans son uniforme et les leggings, il m’apparut comme un chevalier du Moyen Âge, majestueux et déterminé .»

Il y avait chez lui du capteur de gloire comme il y a des capteurs solaires. Il était revenu de la Deuxième Guerre mondiale auréolé d’un prestige aux rayons multiples : en 1939, il avait adressé au directeur de France Soir, Pierre Lazareff, un article intitulé «J’ai vingt ans et je pars». Et il tint parole. Quelques mois plus tard, il était sur la Loire aux côtés des cadets de Saumur et chargea l’ennemi avec une authentique bravoure. Replié avec sa troupe du côté de Bordeaux, il campa dans une propriété ; chez Montaigne, assurait-il, dont il put contempler à loisir la fameuse tour, pendant que la République s’écroulait. Il vécut ainsi la débâcle la plus littéraire qui soit.

Druon était ainsi, à la fois dans l’action et dans la représentation. En 1943, se trouvant à Londres avec son oncle prestigieux Jeff Kessel (Druon est le patronyme de son père adoptif), il composa un hymne, le « Chant des partisants», qui devient dans la Résistance un chant de marche, d’espoir et de bravade. «Ami, entends-tu». Une Marseillaise FFL. Ce refrain, composé par Anne Marly, mit le feu aux maquis, galvanisa les énergies.

Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu’on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C’est l’alarme!
Ce soir l’ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes…

Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
A la balle et au couteau
Tuez vite!
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau…
Dynamite…

C’est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève…

Ici, chacun sait
Ce qu’il veut, ce qu’il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l’ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute…

Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu’on
Enchaîne!…
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !…

Chargé de mission pour le Commissariat à l’intérieur et à l’information, il devient, en 1944, correspondant de guerre auprès des armées françaises jusqu’à la fin du conflit.[…]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QRhg-Ioik8c[/youtube]

 » Ce chant est à jamais inscrit dans l’histoire »
( Pierre SEGHERS, « La Résistance et ses poètes », Ed. Seghers, 1975).

Pour la génération qui l’a connu homme politique, il symbolisait une certaine forme de réaction culturelle. Il a résisté avec acharnement à la modernité et au changement social. Mais il avait auparavant résisté avec panache à la pire barbarie.

Sources: France 2, Le Monde.fr, Libération.fr, Académie française.


Publié le 15 avril 2009 par hgdd dans histoire
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La première enceinte médiévale de Paris

Des vestiges de la première enceinte médiévale de Paris, qui daterait des Xe-XIe siècles, ont été découverts par les archéologues en plein coeur de la capitale, près de la rue de Rivoli, a annoncé jeudi une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).

Des personnes travaillent, le 10 avril 2009, sur le chantier de fouilles des vestiges de la première enceinte médiévale de Paris – AFP

Des personnes travaillent, le 10 avril 2009, sur le chantier de fouilles des vestiges de la première enceinte médiévale de Paris

Les archéologues, qui effectuaient des fouilles préventives sur une parcelle enclavée dans un îlot d’immeubles, ont mis au jour un fossé au profil en V, d’une vingtaine de mètres de long, large d’une douzaine de mètres et profond de trois, indique un communiqué.

L'équipe de l'INRAP sur le chantier des fouilles menées jusqu'au 22 avril rue de Rivoli, à Paris. On distingue, à gauche, la pente du fossé mis au jour. Les pierres visibles à droite sont d'une époque plus récente. Crédits photo : Loïc de Cargouët/INRAP

L’équipe de l’INRAP sur le chantier des fouilles menées jusqu’au 22 avril rue de Rivoli, à Paris. On distingue, à gauche, la pente du fossé mis au jour. Les pierres visibles à droite sont d’une époque plus récente. Crédits photo : Loïc de Cargouët/INRAP

L’enceinte médiévale était constituée d’un fossé, doublé par un talus supportant probablement une palissade en bois. La levée de terre et les pieux ont disparu sans laisser de traces.

Le même type de fossé avait déjà été découvert en 1995 vers la rue du Temple, a indiqué à l’AFP Xavier Peixoto, archéologue responsable des fouilles.

Des fragments de céramique trouvés sur le site « permettront de dater la période de construction et la période d’abandon de l’enceinte », a-t-il ajouté.

Enceintes de Paris

Enceinte de Paris à travers les siècles.

Cette enceinte médiévale, la seule de la capitale à n’avoir conservé aucun vestige construit, pourrait être attribuée à Eudes, comte de Paris, puis élu roi de 888 à 893, ou à son frère Robert, roi en 922-923, voire à Hugues Capet à la fin du Xe siècle.

Les chercheurs aujourd’hui s’accordent à définir le périmètre de l’enceinte en englobant à l’est l’église Saint-Gervais, au nord l’église Saint-Merri et l’église Sainte-Opportune (aujourd’hui disparue), puis suivant l’axe de la rue de la Ferronnerie, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Seconde enceinte de Paris, elle se situe entre celle de la fin de l’Antiquité (début du IVe siècle, sur l’île de la Cité) et celle de Philippe Auguste (vers 1200, sur les deux rives).

Pour les historiens, la confrontation des données collectées en 1995 aux données obtenues aujourd’hui pourraient permettre de confirmer le tracé de cette enceinte : un arc de cercle situé sur la rive droite de la Seine, en face de l’île de la Cité. Autre défi, la datation de cette enceinte (probablement le Xe ou le XIe siècle) et le contexte politique de son édification. «Dans un Paris en plein essor économique et urbain », explique le communiqué de l’INRAP, «le Xe siècle est une période charnière qui voit l’affaiblissement des souverains Carolingiens et l’essor des Robertiens, ancêtres des Capétiens». Les Capétiens allaient notamment régner de manière continue sur la France jusqu’en 1792 .

Sources: AFP, le Figaro.fr, France 3.


Publié le 10 avril 2009 par hgdd dans histoire
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Art byzantin au petit palais

Les monastères orthodoxes du mont Athos ont exceptionnellement prêté 183 œuvres religieuses au Petit Palais, à Paris.

Pour visiter le mont Athos, cette péninsule qui s’avance dans la mer Égée, il faut être muni d’un visa de l’État grec et d’un second, décerné par les moines orthodoxes locaux. La frontière se trouve au port d’Ouranopolis, nom qui signifie «porte du ciel». Au-delà, seuls les pèlerins et les spécialistes d’art byzantin sont les bienvenus. Les femmes ne sont pas admises. Cette rigueur a traversé les âges. Toutefois, c’est à Raphaëlle Ziadé, une jeune et jolie commissaire, qu’a été confié le soin d’organiser au Petit Palais l’exposition relative aux trésors historiques du mont Athos, classé Patrimoine mondial de l’humanité par Unesco.

Simonos Petra ( Mont Athos) 

Cent quatre-trois œuvres sont présentées, qui proviennent de neuf des vingt monastères de l’enclave. De précieux psautiers et archives, souvent enluminés, qui rappellent les règles et privilèges, les premiers remontant à la création du do­maine par l’empereur, en 883 après Jésus-Christ. Et ­surtout des icônes (dont deux Vierges à l’Enfant du XIVe siècle n’ayant rien à envier à la première Renaissance italienne), des iconostases incrustées d’ivoires d’Afrique et d’Asie, des architraves rappelant les douze fêtes orthodoxes, des vestiges de fresques aux couleurs suaves (notamment Pierre et Paul s’embrassant pour symboliser l’union des Églises d’Orient et d’Occident), d’étonnantes micromosaïques, d’exceptionnels lutrins en bois ciselé, des voiles de soie brodée représentant le Christ mort, des calices mêlant le jaspe antique aux montures vénitiennes d’argent et d’or, des croix d’or et des encensoirs qui sont autant de merveilles d’orfèvrerie.«Tous ces chefs-d’œuvre n’étaient jamais sortis de leurs réserves, explique Raphaëlle Ziadé. Le Petit Palais peut en bénéficier, car il conserve la plus grande collection d’icônes en France depuis un don de 1988. Outre que les pièces sont rarissimes, chacune est toujours “vivante” : elles peuvent du jour au lendemain être réintégrées dans le culte.»

Saint Jean Baptiste, icône du XVIe siècle.

Saint Jean Baptiste, icône du XVIe siècle.

Autres preuves de la vivacité de l’art byzantin : du 3 au 6 juin, un moine peindra une icône devant le public du Petit Palais, et Sa Sainteté le Patriarche œcuménique, Bartholomée Ier, était présent, jeudi dernier, lors du vernissage. Il a sans doute prié pour Athanase. C’est cet aristocrate, enseignant à Constantinople et proche de l’empereur, qui, poussé par la crise iconoclaste, a fondé la Sainte Montagne. Il fut sanctifié pour cela. Sur place, il avait fédéré non sans mal les premiers ermites, prônant le mode de vie cénobitique. Dans l’exposition, on peut d’ailleurs repérer dans certaines peintures sur bois des sty­lites (solitaires vivant au sommet de colonnes) et autres dendrites (reclus dans les arbres).

À l’intérieur des enceintes fortifiées des monastères, souvent haut perchés (le mont Athos culmine à 2 030 m), les anciens anachorètes avaient vite afflué. Ils rejoignaient le flot des autres ­moines, principalement venus de Géorgie et des pays slaves pour traduire les textes grecs et assurer la diffusion du Message par leurs copies. «La copie était alors une activité noble, un art de vivre. La soixantaine de manuscrits présentée ici ne donne qu’une petite idée de ce que pouvait être la production au Moyen Âge», précise Raphaëlle Ziadé.

Certes, le mont Athos s’est trouvé maintes fois envahi, pillé, incendié. Cela dès les Croisés, en 1206, et jusqu’aux scientifiques européens du XIXe siècle. Paradoxalement, l’Empire ottoman s’est montré plutôt tolérant. Mais l’enclave s’est toujours régénérée. Aujourd’hui encore, 1 800 moines, de toutes nationalités, y demeurent.

Sources: AFP, info grèce.com, le Figaro.fr.

http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=6228&document_type_id=2&document_id=63261&portlet_id=14049


Publié le 10 avril 2009 par hgdd dans histoire
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