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Jusqu’ici, l’Eglise pensait à des chrétiens persécutés. Mais l’analyse des squelettes d’une catacombe de Rome oriente les chercheurs vers une épidémie.

Des martyrs ! Lorsqu’en 2003 une rupture de canalisation d’eau provoque un effondrement, à deux pas du mausolée édifié par Constantin Ier pour sa mère Hélène, le Vatican s’émeut. S’excite même, en ces temps où l’on béatifie à tout va. Car dès qu’ils creusent un peu, au cœur de la catacombe Saints-Pierre-et-Marcellin, sur la voie Labicana (sud-est de Rome), les envoyés de la commission pontificale pour l’archéologie sacrée tombent sur un mur. D’aspect antique, il est recouvert d’une fresque dont le style remonte au VIe siècle. On y distingue des visages, certains auréolés. Le tout au-dessus d’une niche où auraient pu être disposés les attirails d’un culte aux martyrs.
Du martyr, antique, en nombre… C’était attirant. Surtout que les érudits notent que ces martyrs étaient annoncés. Dans les guides du VIe siècle, qui indiquent les itinéraires du culte aux martyrs enterrés dans les catacombes, il est précisé que se trouvent ici, à Saints-Pierre-et-Marcellin, outre les deux principaux, d’autres «innombrables». On perce donc le mur antique.
De l’autre côté, les fouilleurs tombent sur des fosses, verticales, de quelques mètres de côté. Et, là, des amoncellements de cadavres entassés les uns sur les autres, par dizaines compte-t-on d’abord, puis par centaines… et, enfin, entre 3 000 et 4 000. Du martyr, donc, à foison. Du moins, c’est ce que l’on a pu croire au Vatican. Surtout qu’il n’existe aucun autre exemple de tombe collective dans les catacombes, où l’on est enterré seul, dans un loculus, ou dans des cubicula, où l’on regroupe les tombes individuelles d’une famille.

Arsenal. Le Vatican fait alors appel à une spécialiste française d’archéothanatologie, discipline récente dont l’un des maîtres, Henri Duday (CNRS de Bordeaux), a créé le vocable en 1998. Elle permet d’attirer des anthropologues biologistes dans un domaine jusque-là dominé par des archéologues de formation historienne. Et de tirer des informations précieuses de charniers (guerres, épidémies…) ou de cimetières «normaux». Dominique Castex de l’équipe d’Henri Duday, récupère le dossier «martyrs des catacombes» avec Philippe Blanchard, de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).
Pinceaux, mini-truelles, repérages, photos, prélèvements d’échantillons pour analyses… l’arsenal scientifique est déployé. A la lumière des spots, une équipe est à l’œuvre. Sous elle, dans la fosse, il reste encore «84 centimètres» de restes humains, mesure Blanchard. Mais aujourd’hui, après plusieurs campagnes d’été, plus de 300 squelettes méticuleusement fouillés, une datation au radiocarbone, c’est une tout autre histoire qui émerge, très loin des espoirs du Vatican.
L’équipe de Dominique Castex est allée de surprise en surprise. Ces cadavres ont montré une étrange homogénéité. Surtout des adultes ou des adolescents. Très peu de vieux, très peu d’enfants. Des corps entassés les uns sur les autres, mais «en rangs et pas si précipitamment» que cela, souligne l’anthropologue. La plupart sont en connexion anatomique, signe qu’ils n’ont pas été «jetés dans la fosse», mais disposés avec respect. Exit l’hypothèse d’un ossuaire, rassemblement de squelettes tirés de leurs tombes individuelles. Et l’absence de lésions osseuses, d’emblée, affaiblit l’hypothèse «martyrs».

Momification. Puis ces corps ont trahi une appartenance sociale peu commune. «Au début, un collègue m’a dit : « Tu perds tes cheveux »», s’amuse Dominique Castex. Mais non, les fils délicats que l’on trouve un peu partout, ce sont des «fils d’or pur». Parfois incrustés à la surface des os, mêlés à une trame de tissu. Et cette matière blanchâtre, ces petites paillettes rougeâtres ou cette matière qui, lorsqu’on la casse, exhale une odeur de fruits. Le blanc fait penser à la chaux, utilisée pour éloigner les miasmes d’une épidémie… mais non, c’est du plâtre. On en distingue un halo autour d’une tête : «Peut-être un masque mortuaire», glisse Blanchard. Les paillettes ? De l’ambre de la Baltique, utilisée en grande quantité malgré son prix. Quant à l’odeur agréable, elle vient de «résines» qui ont pu être utilisées pour recouvrir les corps. Une sorte de momification rudimentaire.
Enfin vient le coup de tonnerre de la datation au carbone 14 sur l’un des squelettes. Verdict du labo : entre 28 et 123 après J.-C. Or, la très grande homogénéité des pratiques funéraires suppose que ces enterrements collectifs ont été réalisés «en quelques décennies au plus», insiste Castex. Bref, explique Jean Guyon, du CNRS de Marseille, spécialiste incontesté de la catacombe Saints-Pierre-et-Marcellin, «avant les persécutions, avant que Rome ne soit habitée par une communauté chrétienne assez nombreuse… et avant même l’inauguration de la catacombe, creusée à partir d’un réseau hydraulique préexistant par une communauté chrétienne vers 250 après Jésus-Christ». Les fosses emplies de cadavres sont d’ailleurs des citernes de cet ancien réseau.
Que sont alors ces cadavres de riches, préemptés, quatre siècles après, via la fresque aux martyrs, par l’Eglise ? Dominique Castex penche pour une épidémie, en plusieurs étapes, qui a exigé des inhumations rapides. Pour l’instant, la recherche de bacille de la peste n’a rien donné, mais d’autres candidats existent : variole, typhus…
Sources : AFP, Le Monde, France 2 et 3
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http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2008/10/21/mystere-dans-les-catacombes-de-rome_1109310_3244.html
http://culture.france2.fr/patrimoine/dossiers/47839667-fr.php
http://www.la-croix.com/photo2/index.jsp?docId=2353654&rubId=4085
Publié le 26 octobre 2008 par hgdd dans
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