Archive du categorie: ‘Moi, je m’enlivre!

Pour compléter votre culture… dimanche, 22 novembre 2009

Le devoir que je viens de vous remettre a certes témoigné de votre intérêt pour certaines injustices, mais il a aussi mis en évidence certaines lacunes… Il vous faut davantage de références culturelles.

Alors, piochez donc parmi les oeuvres que je vous ai conseillées précédemment, lisez-les! Et si le thème ne vous correspond pas, en voici encore d’autres pour faire écho aux copies que j’ai lues…

Allah n’est pas obligé, d’Ahmadou Kourouma (Prix Goncourt des Lycéens et Prix Renaudot 2000)

Résumé

Birahima, le narrateur de ce roman, a une douzaine d’années et il retrace son itinéraire d’enfant-soldat de l’Afrique contemporaine, entre le Liberia et la Sierra Leone. Orphelin, jeté sur les routes en compagnie d’un marabout mi-philosophe mi-escroc, Birahima se fait enrôler dans une bande de pillards. Kalachnikov en bandoulière, pour gagner sa solde, il va bientôt participer aux pires exactions. ‘Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes les choses qu’il a créées ici-bas.’ Telle est la maxime favorite du jeune Birahima pour justifier l’avalanche de malheurs qui s’est abattue sur lui depuis sa naissance.

Je suis noir et je n’aime pas le manioc, de Gaston Kelman

Je suis noir et je n'aime pas le manioc

« Tous les Noirs sont supposés identiques, produits d’une tradition immuable, aimant les même choses, avec plein de trucs dans la peau et le sang, comme le rythme, le vol ou le mensonge.
Pourquoi m’enfermerais-je dans cette image qu’ils voudraient pétrifiée ? Dans le sang, je n’ai que des globules. J’ai le droit d’aimer Beethoven et pas forcément Beko-sade, comme Dupont aime la flûte des Andes. J’apprécie l’opérette et non le tam-tam ou le Griot que je ne connais même pas. J’ai le droit d’être de Dijon et pas du Zambèze. Je suis cadre et non éboueur. J’ai sur le front l’onction chrétienne et non musulmane. Quand je dis MOMO, je pense à Maurice et non à Mohamed. J’ai le droit de croire que l’on peut aimer les sauterelles de Ngomezap sans être plus sauvage que le mangeur de grenouille, l’amateur de corrida, ou le gobeur d’ortolans de braconnage
… »

Le Racisme expliqué à ma fille , de Tahar Ben Jelloun

Le racisme expliqué à ma fille

« Un enfant est curieux. Il pose beaucoup de questions et il attend des réponses précises et convaincantes. On ne triche pas avec les questions d’un enfant. C’est en m’accompagnant à une manifestation contre un projet de loi sur l’immigration que ma fille, âgée de dix ans, m’a interrogé sur le racisme. Nous avons beaucoup parlé. Les enfants sont mieux placés que quiconque pour comprendre qu’on ne naît pas raciste mais qu’on le devient. Parfois. Ce livre qui essaie de répondre aux questions de ma fille s’adresse aux enfants qui n’ont pas encore de préjugés et veulent comprendre. Quant aux adultes qui le liront, j’espère qu’il les aidera à répondre aux questions, plus embarrassantes qu’on ne le croit, de leurs propres enfants. »

Vous n’êtes ni enfant, ni adulte, mais certainement apte à apprécier la lecture de ce petit ouvrage.

Et puis, petit rappel, « Les Passagers du vent« , une bande-dessinée à découvrir – d’autant plus qu’elle est d’actualité, avec la parution toute récente d’un nouveau volume:

Fiche produit de Les Passagers du Vent Tome 1 : La Fille sous la Dunette Fiche produit de Les Passagers du Vent Tome 5 : Le Bois d'Ebène

« « Les Passagers du Vent » est un pur chef d’oeuvre qui ne prend pas une ride. Bourgeon a su habilement intégrer le scénario, le dessin et les dialogues, ce qui donne une série qui se lit comme on regarde un film: on a le sentiment d’entendre rugir la mer déchainée, parler les personnages, leurs attitudes sont tellement bien rendues qu’on croirait presque les voir bouger…
Au delà de la qualité du travail de Bourgeon, cette fresque romanesque est un voyage dans l’univers de la noblesse du XVIIIème siècle, celle qui colonisa l’Afrique, mais qui du aussi affronter la révolte du peuple. Il nous fait revivre de main de maître les derniers instants d’une civilisation qui se croyait indestructible.
 » (bdselection.com)

Si vous avez aimé Laurent Gaudé… vendredi, 20 novembre 2009

Une lecture que je vous conseille – et qui n’est pas sans rapport avec notre sujet, l’injustice – El Dorado de Laurent Gaudé.

Et pour vous donner un avant-goût, voici quelques extraits d’une interview de notre auteur au moment de la sortie de son roman.

Comment vous est venue l’idée d’écrire un roman sur l’émigration clandestine vers l’Europe ?

J’ai des dossiers dans lesquels je conserve des articles que je découpe dans des journaux. Quand je me suis mis à travailler sur ce qui allait devenir ‘Eldorado’, j’ai ressorti le dossier émigration. Il contenait des articles de 1999-2000, que j’avais un peu oubliés, même si l’idée me trottait dans la tête. Il y a eu des éléments déclencheurs tels que l’histoire des bateaux affrétés du Liban par les services secrets syriens pour mettre la pression sur l’Europe. Cela m’avait frappé parce que je découvrais un peu naïvement qu’il y avait derrière tout ça des questions de géopolitique et de diplomatie indirecte. L’autre élément déclencheur fut d’apprendre que pour la mafia des pouilles, en Italie, l’argent généré par le trafic d’immigrés est devenu supérieur à l’argent généré pas le trafic de drogue. Ces chiffres m’ont beaucoup marqué.

Etes-vous d’accord si l’on dit qu’‘Eldorado’ est un roman humaniste ?

Je suis très pour !… si on prend l’humanisme au sens de la devise telle qu’elle était à l’origine. « Je suis homme et rien de ce qui est homme ne m’est étranger. » C’est une définition de l’écriture telle que je l’aime. Je vis en France, je suis heureux, mais par l’écriture je peux m’approprier des réalités humaines qui ne sont pas les miennes, et tenter d’en dire quelque chose par une forme de recherche et d’empathie. J’aime voir l’écriture comme une capacité de projection dans des réalités différentes, historiquement ou géographiquement, de ce que je vis moi. C’est comme ça que je vois l’humanisme : être capable d’être en sympathie – au sens étymologique – avec des choses lointaines, certes, mais humaines donc proches quand même.

Propos recueillis par Thomas Flamerion pour Evene.fr – Août 2006

Bon appétit! vendredi, 20 novembre 2009

Voici quelques mots sur le récit de Jean Teulé, que j’ai évoqué avec vous en classe, Mangez-le si vous voulez…, un roman qui narre un fait divers réel, advenu en Périgord sous Napoléon III. La folie s’empare de villageois qui finiront par dévorer un jeune homme innocent. Hystérie collective, chemin de croix de la victime et petite »leçon de barbarie » ne vous laisseront pas indifférents, mais attention… âmes sensibles s’abstenir!

Mangez-le si vous voulez