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Si vous avez aimé Laurent Gaudé… vendredi, 20 novembre 2009

Une lecture que je vous conseille – et qui n’est pas sans rapport avec notre sujet, l’injustice – El Dorado de Laurent Gaudé.

Et pour vous donner un avant-goût, voici quelques extraits d’une interview de notre auteur au moment de la sortie de son roman.

Comment vous est venue l’idée d’écrire un roman sur l’émigration clandestine vers l’Europe ?

J’ai des dossiers dans lesquels je conserve des articles que je découpe dans des journaux. Quand je me suis mis à travailler sur ce qui allait devenir ‘Eldorado’, j’ai ressorti le dossier émigration. Il contenait des articles de 1999-2000, que j’avais un peu oubliés, même si l’idée me trottait dans la tête. Il y a eu des éléments déclencheurs tels que l’histoire des bateaux affrétés du Liban par les services secrets syriens pour mettre la pression sur l’Europe. Cela m’avait frappé parce que je découvrais un peu naïvement qu’il y avait derrière tout ça des questions de géopolitique et de diplomatie indirecte. L’autre élément déclencheur fut d’apprendre que pour la mafia des pouilles, en Italie, l’argent généré par le trafic d’immigrés est devenu supérieur à l’argent généré pas le trafic de drogue. Ces chiffres m’ont beaucoup marqué.

Etes-vous d’accord si l’on dit qu’‘Eldorado’ est un roman humaniste ?

Je suis très pour !… si on prend l’humanisme au sens de la devise telle qu’elle était à l’origine. « Je suis homme et rien de ce qui est homme ne m’est étranger. » C’est une définition de l’écriture telle que je l’aime. Je vis en France, je suis heureux, mais par l’écriture je peux m’approprier des réalités humaines qui ne sont pas les miennes, et tenter d’en dire quelque chose par une forme de recherche et d’empathie. J’aime voir l’écriture comme une capacité de projection dans des réalités différentes, historiquement ou géographiquement, de ce que je vis moi. C’est comme ça que je vois l’humanisme : être capable d’être en sympathie – au sens étymologique – avec des choses lointaines, certes, mais humaines donc proches quand même.

Propos recueillis par Thomas Flamerion pour Evene.fr – Août 2006

De l’esclavage moderne… à la liberté vendredi, 20 novembre 2009

Nous avons abordé – rapidement – le sujet en cours… Voici donc un film à voir, si vous le pouvez: « La Promesse » des Frères Dardenne.

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RÉSUMÉ DU FILM

Comédie dramatique – Les rapports père-fils à travers Igor, quinze ans, apprenti mécanicien et fou de karting et de Roger, qui trafique dans l’immigration clandestine. Igor, impliqué dans les combines de son père, ne se pose pas trop de questions jusqu’au jour où, à cause d’une promesse, il va devoir choisir. Mais peut-il dire la vérité sans trahir son père?

CRITIQUE TELERAMA bravo Pas le temps de souffler. On est happé, submergé par la puissance des images qu’on croirait documentaires. Une réalité sordide, âpre, poisseuse . (…) Ce qui est très fort dans La Promesse, c’est que sentiments et fantasmes ne sont jamais ni plaqués ni représentés. Ils s’incarnent naturellement dans le déroulement de l’action, parfois haletante comme un thriller. Fulgurance, sécheresse et, surtout, ni jugement ni explication. Dans ce gouffre insondable de médiocrité, tout s’achète. Et tout le monde ment. Il n’y a plus que des gens enlisés, qui se débattent seuls, même si l’itinéraire d’Igor prouve que tout n’est pas perdu. (…) Pathétique et violent, à l’image de ce film, terriblement humain. Jacques Morice