Les métiers de Boulbinet

Nous sommes le 23 mars 2015,il est 9h 15 lorsque nous arrivons au port de Boulbinet de Conakry. Boulbinet, le port de la capital de Guinée, est le plus ancien de la côte Guinéenne. L’ensemble des poissons destinés à la consommation était autrefois débarqué dans ce port. Ils sont désormais embarqués, prêt a être exporté.

A première vue, le port semble être un lieu dynamique; en effet, celui ci abrite une multitude de commerces tels que la vente de tabac, de fruits, de légumes et bien évidemment la vente du plat traditionnel du pays: le riz.

11De nombreux pêcheurs travaillent dans ce port mais tous n’exercent pas la même fonction :

Il y a les pêcheurs qui vont pêcher les poissons et l’amener jusqu’au port. Certains pêcheurs partent très loin au large pour pêcher différentes espèces de poissons. La plupart des pêcheurs vendent le poisson mais n’en consomment pas, la pêche est seulement un moyen de gagner de l’argent. La plupart des pêcheurs gagnent environ 60 000 francs guinéens / jours.

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Une pêche qui ne donne pas la pêche

Chaque matin des centaines de travailleurs affluent vers le port de Boulbinet. Parmi eux des pêcheurs, des vendeuses de poissons, des fumeuses de poissons etc.

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Dans cet environnement peu salubre vivent parfois des familles entières dépendantes de la pêche et de la vente du poisson.

2Nous rencontrons donc Ibrahima Sory Bangoura, 32 ans, pêcheur artisan, pour nous parler de sa vie de pêcheur guinéen :

Depuis combien de temps pêchez-vous ?

– Depuis l’âge de 13 ans. Mon père était pêcheur et je venais souvent l’aider après mes cours. Mais lorsque j’ai raté mon examen d’entrée en 7ème année (6ème), il m’a directement fait sortir de l’école pour venir le rejoindre au port.

Dure vérité, pourtant de nombreux jeunes en Guinée arrêtent leurs études pour poursuivre les travaux qu’exercent leurs parents. On constate ainsi que chaque année, plus de 40% des élèves et étudiants ayant un échec scolaire arrêtent leurs études.

Comment s’organise une journée de pêche normale ?

– Le matin, je me lève à 5h du matin chez moi à Sonfonia (à une vingtaine de kilomètres de Boulbinet) et je prends mon taxi, pour arriver au port vers 7h. Après avoir préparé les filets et les casiers avec mes collègues (nous sommes 15 par pirogue), on loue un moteur à 40 mille GNF la journée, et on embarque le tout. Le soir, on finit notre pêche à 18h et on revient sur la berge. Ensuite on doit trier les poissons et les revendre par lots aux marchandes. Après le partage, je peux gagner entre 50 000GNF (5euros) et 150 000FG (15euros) selon la fructuosité de la pêche. Je n’arrive chez moi que vers 22h ou 23h, parfois avec même pas suffisamment d’argent pour reprendre le lendemain.

Avez-vous une femme et des enfants ? Si oui, est-ce que ce que vos revenus suffisent à les nourrir ?

– J’ai une femme et 3 enfants. Mais ce que j’obtiens à la pêche ne suffit pas toujours pour les dépenses alors ma femme m’aide en vendant des légumes au marché. Et parfois, quand je sais qu’il n’y a pas assez d’argent pour nourrir les enfants, je leur apporte du poisson et ils font avec. On n’a pas le choix. 

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Au port de Boulbinet: les Sierra Léonais

Boulbinet est un petit port de Conakry ,capitale actuel de la Guinée, ancienne zone portuaire durant la période coloniale compte environ 2000 habitants d’âges, de religions , de nationalité mais surtout de culture diffèrentes .

En effet l’ambiance au port de Boulbinet est très « chaotique » , vous êtes d’abord frappé par le manque d’hygiène et des conditions de vie déplorable des habitants car le salaire moyen d’un Guinéen de dépasse pas les 41 euros par mois !

Il ne s’agit pas seulement d’un lieu d’amarrage de bateaux, ici on trouve de tout comme des personnes qui grillent du poisson , des cuisinières en pleine rue, des vendeurs qui déambulent partout sur la route mais on y trouve en grande majorité des personnes sans emploi.

Eh oui car malgré le peu de revenu des étrangers d’autres pays se rendent en Guinée afin d’avoir un meilleur cadre de vie !

Globalement les étrangers en questions sont des Sierra Léonais or un gros problème se pose pour eux : l’expression.

La Guinée est un pays où l’on parle généralement le français mais vous pouvez aussi trouver des langages traditionnelles tel que le Soussou, or les Sierra Léonais ne parlent que l’anglais ou d’autres langues inconnues des Guinéens .

Vous serez frappés de voir la mise à l’ écart de la plupart des Sierra Léonais aussi bien dans le port que dans les quartiers car les habitants de Sierra Leone venus à Conakry ont formé un bidonville que pour eux et qui à l’heure où je vous parle se fait détruire à coup de bulldozers !

Par Pierre Mennegaut, Elie Hadj Damane, Marius Puel et Jennifer Temminck.

La pêche fait-elle vivre les fumeuses en Guinée?

1vendeusesEn entrant dans le port de boulbinet nous avons été immédiatement submergés par d’affreuses odeurs de poissons, en marchant nous avons pu apercevoir des pêcheurs près de nombreux bateaux, d’ autres étaient occupés sur les quais , nous nous sommes avancés vers le hangar ou nous avons  vu plusieurs femmes fumer le poisson .

Nous nous sommes donc approchés d’ une jeune femme nommée Manatou Camara qui est agée de 39 ans qui nous explique en quoi consiste son travail en tant que fumeuses de poissons comme beaucoup d’entre ces femmes : “Tout d’abord j’arrive au port vers 6h du matin et à partir de 8 heures , je pars au marché acheter du poisson qui coute 80 milles francs guinéens puis, entre 9h et 10h je commence à fumer le poisson, et le mets à sécher jusqu’à 14 heures. Je travaille pour mon propre compte mais je ne gagne pas assez en une journée pour pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Je gagne environ 2000 à 3000 GNF par jour car les poissons que j’ achète sont assez chers’’ et malgré ce “revenu” très faible, Manatou Camara arrive quand même à se débrouiller pour payer les études de ses enfants, quel courage! Ce travail nécessite beaucoup d’efforts malheureusement ça ne comble pas toujours ses dépenses primaires , étant donnés que l’école est une part de l’éducation des Guinéens . Comme dans le cas de beaucoup de fumeuses au port le salaire moyen journalier équivaut a 50 centimes d’ euros,ce qui très  peu. En dépit  de tout Manatou Camara semble prendre la vie comme elle vient .

Par Moudatou et Aïssata Hann, et Kevin Yansane.

The fish swim and smoke

Boulbinet is one of the most important fishing ports in Conakry. It’s a place where we can see many people doing various activities. However, it can be noted that fishing is the heart of all of these activities. On March 23, we visited the port and talked to a few people who work there.

Alseny Camara is the headman of a group of fifty carpenters. He’s one of the bedrock of the fishing activity. Indeed, it’s thanks to him that fishermen can work. Did you guess?… Mr Camara is a canoe maker! He can build more than six canoes by himself, and make his carpenters build one in less than two weeks. The only condition and the reason of some of the delays is the money and the material given by the customers who order canoes. Besides, the man told us that the price of one canoe is about 20 or 30 million GNF (between 2500 and 4000 euros).

A pirogue sailing an ocean of waste / Pirogue voguant sur une mer de déchets © Rosane N'Gondi
© Rosane N’Gondi

Canoes, as we can see, have lots of advantages, especially regarding fishing. But they also have disadvantages on the environment that we cannot deny and neglect. One of them is deforestation. Indeed, to build one canoe, the carpenters need to use around 120 wood boards. Can you imagine all the trees cut every day, every month and every year, in order to build canoes all around the country? It’s unbelievable…

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