Le centre Konkoure, un centre à sauver !

Au centre Konkouré, chaque élève choisit la section de son choix: mécanique, couture, réparation de machines à coudre ou layette. En plus de cette spécialisation tous les élèves devront obligatoirement faire 2 heures d’alphabétisation chaque jour.

Nous commençons la visite par l’atelier de réparations de machines à coudre. Le professeur explique comment il organise son cours tous les jours. Il crée une panne sur une des machines et la passe à un élève qui doit trouver la cause de la panne et la réparer; lorsque l’élève a réparé la machine il doit créer une panne et la passer à son camarade. Cette méthode de travail est originale et inventive, la machine passe entre les mains de tous les élèves jusqu’à ce que chacun ait réparé et créé une panne.

On passe ensuite à l’atelier de couture, à notre arrivée les élèves sont en train de  faire de la pratique et coudre des bazins, des pagnes etc. La classe est composée uniquement de femmes sauf un jeune garçon du nom de  Yaya qui nous présente plus tard tous les outils utilisés par les couturiers. Une élève appelée  Fatoumata nous présente les différents types de tissus et les différentes coupes sur les habits. Elle nous montre  toutes les mesures à prendre pour fabriquer un habit.

Nous arrivons ensuite dans la classe d’alphabétisation,  on rencontre la professeur d’alphabétisation. Elle nous explique que généralement les handicapés ne sont pas envoyés à l’école à la place on leur fait garder la maison. Les élèves n’ont donc pas tous le même niveau, certains n’ont aucunes notions. Dans ce cours les élèves n’apprennent pas juste à lire et à écrire mais aussi l’histoire, la Géographie, le développement durable et les mathématiques. Les mathématiques leur permettront de faire « la petite comptabilité », d’être autonomes dans leur travail en connaissant les bases des mathématiques commerciales (calculer les bénéfices et les coûts). Elle nous explique que mis à part la formation pratique que le centre délivre aux handicapés, ils apprennent aussi à s’ouvrir au monde. Chaque vendredi les 2éme années en mécanique partent en stage chez des professionnels, certains font même du théâtre tout cela leur permet de mieux répondre à la partie sociale de leurs futurs métiers, et les amène à prendre davantage de confiance en eux.

Dans l’atelier de layette, l’instituteur explique que les premières années apprennent à tricoter avec les aiguilles et certaines élèves douées commencent le crochet en 1ére années alors que les autres commencent en 2éme année.

Elle nous explique que dans le Fouta comme il fait froid les petits pulls pour bébé ont beaucoup de succès.

Pour finir on entre dans l’atelier de mécanique, dans cet atelier les première années s’occupent des vélos et s’entraînent à les réparer tandis que les deuxième années réparent des moteurs de motos ou d’autres moteurs d’engins à deux roues. En mécanique le professeur crée une panne sur les moteurs ou les vélos et le donne à ses élèves.

Dans le centre Konkouré la formation dure 2 ans. Ensuite, certains élèves ouvrent directement leur atelier, certains s’associent, d’autres sont embauchés là où ils faisaient leur stage. Les seules conditions pour entre au centre sont :

– vivre dans les alentours de Mamou  (en général les élèves se font héberger par des membres de la famille).

– Verser une petite somme symbolique de 20 000 GNF (environ 2 euros) au centre au moment de l’inscription.

Interview de Mohamed Diallo, un élève du centre :

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Sekou : « Quel âge as-tu ? »

Mohamed Diallo : « Je suis âgé de 28 ans »

Sekou : « En quel année es-tu  et quel spécialisation as-tu choisie? »

Mohamed Diallo : «  Je suis en mécanique et je suis en première année »

Sekou : « Quel est la cause de ton handicap? »

Mohamed Diallo : « Quand j’étais petit un médecin m’a mal piqué après qu’un serpent m’a mordu »

Sekou : «  Où résides-tu? »

Mohamed Diallo : « Chez mon oncle »

Sekou : «  Quels sont tes futurs projets? »

Mohamed Diallo : «  Après mon diplôme je veux ouvrir un garage avec les camarades de ma promotion où on pourra arranger des vélos, des motos et des machines à coudre.»

Le centre Konkouré est actuellement menacé, le centre est menacé de se faire éjecter de leurs locaux à cause de problèmes de financement. Ils doivent pourtant investir dans de nouveaux locaux pour ne pas se retrouver à la rue et continuer leur œuvre utile. Le centre a besoin de dons et de mécènes généreux. Vous pouvez soutenir le centre sur leur page Facebook:

facebook centre Konkouré

 

Par Maxime Dakeyo, Sekou Camara, Ronan Louessard et Falaye Keita

Photos: Calissa Roustel

Vis ma vie d’handicapé au centre Konkouré / Life at the Konkouré center

Le centre Konkouré a ouvert ses portes grâce à l’ONG Guinée Solidarité en 2006, dans la ville de Mamou en Moyenne Guinée, pour aider  les personnes en situation de handicap à vivre de leur travail, et non de la mendicité. Aujourd’hui ce centre est en difficulté car il est menacé d’expulsion.

A1Il est aux alentours de 15h, des odeurs de poussière se superposent  sur les visages enjoués des directeurs du centre qui nous accueillent.

Nous entrons dans l’atelier de mécanique, une salle divisée en deux parties. D’un côté les réparations des vélos et des motos. En effet, il est impossible pour les élèves de réparer de plus gros engins, compte tenu de leur situation de handicap. L’autre côté est dédié à la réparation des machines à coudre, effectuée par les étudiants en couture.

A2En entrant dans la salle, une dizaine de regard sont posés sur nous, un calme plat envahit la pièce…Sur le moment, les élèves montrent une grande timidité,  pourtant le guide nous présente la pièce avec enthousiasme. Après quelques questions, la situation se détend : ils nous expliquent en quoi consiste leur travail. Les élèves réparent, démontent et remontent les vélos. Pour les 1ere année, la formation consiste à apprendre les principales causes de pannes et la façon de les réparer. L’année suivante ils apprennent à diagnostiquer des  problèmes et à les résoudre .Des gens de l’extérieur amènent leurs 2 roues pour les faire diagnostiquer et payent bien sûr pour la prestation.A3

Nos regards se tournent vers un rideau de l’autre côté de la pièce. Derrière ce rideau, nous rencontrons des élèves en couture qui apprennent à réparer leurs machines. Cela leur sert à être autonomes dans le milieu de la couture.

Talibé and his students
Talibé and his students

Talibé Baldé est un ancien élève du centre ; après 3 ans de formation dans 3 spécialités différentes,  il enseigne la réparation des machines à ses successeurs. Il s’occupe de créer des pannes pour que les étudiants les réparent.

 

Nous visitons 3 autres ateliers de formation : Couture, Tricot et Alphabétisation. En couture, les femmes travaillent du lundi au mardi tandis que les hommes travaillent du mercredi au vendredi. Le samedi est occupé par les stages des A5élèves. Ils arrivent le matin au centre et repartent l’après-midi tout comme les élèves en mécanique. Ils utilisent bien sur les machines réparées dans l’atelier de Talibé.

 

A6En tricot nous rencontrons des femmes qui travaillent toute la semaine et à qui les hôpitaux commandent des habits chauds pour les nouveaux nés. 1 pull prend environ 1 semaine à être tricoté en travaillant dessus 4 heures par jour.

L’alphabétisation est la première étape de leur formation dans le centre. Elle est très importante car elle apprend aux élèves à lire, à écrire et à avoir une certaine culture générale pour les aider a poursuivre leur cursus. Ils font du théâtre, des sorties scolaires ,des recherches sur le passé de la Guinée et du monde entier puis rédigent un journal sur l’actualité du centre et de notre beau pays.

Après les visites des ateliers et rendez-vous dans la cour où les directeurs et les élèves nous ont préparé une magnifique surprise : Un quiz en équipe avec les élèves du centre et une collation.A7

Le centre Konkouré, grâce à sa créatrice Nadine Bari, aux enseignants et aux directeurs, permet à des dizaines de jeunes en situations de handicap d’avoir une culture, et d’acquérir les connaissances suffisantes pour faire un métier qui leur permettra de s’en sortir dans la vie malgré leur handicap. Car le handicap ne définit pas quelqu’un, c’est juste un état qui touche une personne.

Pour finir, nous tenons à remercier le centre Konkouré de nous avoir accueillis si chaleureusement et d’avoir pris de leur temps pour nous montrer leur quotidien. Ce souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires.

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Together / On est ensemble!

 

Par Estelle Saint Cloud et Calissa Roustel

The Albert Camus High School visited the KonKouré Center!

The Konkouré center opened its doors through the NGOs “Guinée Solidarité” ren years ago in Mamou to help people with disabilities to live from their work and not from begging. Today unfortunately the center is in trouble because it is threatened with deportation due to lack of fundings.

We visited all 4 workshops. The mechanics room is divided in 2 parts. The first part is devoted to repairing bikes and the second part is devoted to repairing sewing machine by the students. Then we met a former student of the center. After 3 years of training in 3 different specialties, he teaches how to repair machines to his successors.

Then we visited the sewing room. In this class, women work from Monday to Tuesday, and men work from Wednesday to Friday.

In the knitting workshop, we met women who work all week and who make hospitals warm clothes for babies.

Literacy is the first stage of their training in the center, it allows students to learn to read, write and have a culture.

Finally, we ended our tour with a quizz in teams with students from the center and a snack. It was great!!!

By Estelle Saint-Cloud and Calissa Roustel