Les abeilles salvatrices de l’humanité / Bees to save the world

En ce 12 avril que dans le Fouta en Moyenne Guinée, malgré une température plutôt élevée pour un lieu situé en altitude nous sommes partis à la rencontre d’un homme pour le moins chevronné. C’est entouré de magnifiques collines avec des forêts de pins et d’acacias que cet apiculteur exerce son métier. Le but de notre visite étant de comprendre comment il exploite ses abeilles et quel rôle elles jouent dans l’écosystème.

Djouma Barry, cultivateur, apiculteur, guide, botaniste / Djouma Barry, farmer, beekeeeper, forest guide, botanist ...
Djouma Barry, cultivateur, apiculteur, guide, botaniste / Djouma Barry, farmer, beekeeeper, forest guide, botanist …

Parlons de cet homme pour le moins fascinant du nom de Djouma Barry. Il possède une pépinière où l’on trouve une multitude d’espèces végétales telles des bananiers, des orangers ou encore des flamboyants. Et c’est de ce mini-jardin paradisiaque que l’apiculteur eut l’idée d’exercer ce métier il y a huit ans. «  Tout d’abord mon père était également apiculteur, mais il n’avait qu’une seule ruche lors de mon enfance. Au début je remarquais que les abeilles venaient souvent butiner dans ma pépinière, j’ai donc commencé à en profiter en créant des ruches non loin de là, comme ça les abeilles profitent de mes fleurs, et moi je profite des abeilles ». Grâce à cela, s’étendent sur 2040 pieds soit environ 200 mètres, 25 ruches contenant chacune une colonie de 5000 abeilles. Et toutes ces ruches sont précieusement cachées dans le décor de la forêt de pins dans laquelle elles se trouvent.

SAMSUNG CSCCes arbres, furent plantés par Djouma lui-même.  Malgré plusieurs incidents volontairement  provoqués par des villageois dont le but était de le dissuader de planter ses arbres, l’apiculteur n’a cessé de croire en sans rêve et continue à planter après que l’on lui ait volé du bois ou encore incendié ses arbres. La récolte de miel se réalise en moyenne trois fois par an. Cependant, l’année ayant été très ensoleillée, les abeilles ont pu trouver plus de fleurs à butiner : acacias, orangers ce qui permet à notre apiculteur de faire 4 récoltes cette année.

D’après Djouma le miel de ses abeilles serait très bénéfique pour la santé et pourrait soigner plusieurs maladies :

« Quels sont les avantages de votre miel ? » lui avons nous demandé.

« Tout d’abord, mes abeilles vivent ici comme vous pouvez le constatez. Elles sont au milieu d’un air non pollué et très pur dû à la présence de nombreux arbres, elles ne sont donc pas malades. De plus le miel peut soigner plusieurs douleurs, que ce soit les maux de ventre, de gorge ou encore de tête il suffit de prendre une cuillère de miel pour se sentir mieux le lendemain. Cela fonctionne également pour la constipation. Lorsque vous êtes constipé, prenez une cuillère à soupe de miel et puis un verre d’eau et le lendemain ça ira déjà beaucoup mieux. »

ruchebisAu Fouta comme ailleurs, les abeilles sont indispensables. Elles transportent le pollen d’une fleur à une autre en les butinant. Grâce à ce processus appelé pollinisation, ces fleurs seront alors fécondées, elles pourront donc se transformer en fruits pour le plus grand bien de l’Homme. L’action des abeilles ne s’arrête pas là car les fruits contiennent les graines qui permettront la multiplication et le maintien de l’espèce végétale. On se rend effectivement compte de l’importance des abeilles dans l’écosystème. Une étude a montré que si les abeilles disparaissaient il n’y aurait plus de fruits et légumes d’ici quatre ans.

Djouma participe au maintien et à la multiplication des espèces végétales à travers son métier d’apiculteur et le fait qu’il plante des arbres, il aide aussi les maraîchers qui grâce aux abeilles auront des fruits et légumes à vendre. Il aide à la fois les hommes et la nature, et vit en symbiose avec son environnement. Ce qui fait de lui un homme plus qu’admirable.

Par Ayoub Khafy et Robinson Vaitilimgom

Photos: Robinson Vaitinlimgom

Bees to save the world

SAMSUNG CSCOn the 12th of April, we went to Dalaba to meet a passionate beekeeper. He doesn’t earn a lot of money but he is really proud of his job. He planted lots of trees like acacias. There, Djuma has nearly 25 hives which contain each one 5000 bees spread on 200 square meter. He had the idea to start this job long time ago. In fact he has a nursery with lots of plant species like: banana tree, orange and blazing tree. At the beginning, bees came to gather in Djuma’s nursery. So he thought that if bees are taking advantage of him he could do the same.

A lot of people tried to deter Djuma from planting trees by burning or cutting them. But the brave beekeeper didn’t stop thinking about his dream and persisted. According to Djuma, his bee’s honey is healthier that the commercial one. Indeed, the bees are living in an unpolluted fresh air thanks to the trees. Because of that they aren’t sick and the honey is even better.

Some studies show that if bees disappear, there will be no fruits and vegetables left after 4 years. Bees need us to protect them, and we need bees…

Un féminisme inoubliable / Unforgettable feminism

Dalaba, un des coins paradisiaques et verdoyants de Guinée.

1Il est 16 heures. Dans la petite cour de l’association des couturières de Tangama, quelques femmes nous attendent. 16 heures, l’heure à laquelle elles retrouvent habituellement leur famille.

Le vent se lève. Des odeurs de cire et de teinture. Une femme, de grande prestance, nous accueille, souriante.

Mariama Dioulde Diallo, fonadtrice de l'ACT, une inspiration pour les femmes et pour nos élèves / The founder of ACT, an iinspiration for women and for our students
Mariama Dioulde Diallo, fondatrice de l’ACT, une inspiration pour les femmes et pour nos élèves / The founder of the association, an inspiration for women and for our students

Mariama Diouldé Diallo, femme de l’ethnie peule, a 55 ans.  Elle s’est mariée à l’âge de 19 ans. Ne pouvant plus continuer ses études à cause d’une grossesse et ne voulant pas se retrouver au foyer, sans travail et sans activité, elle décida de créer une association avec l’aide de 5 autres femmes dans la même situation: l’association des couturières de Tangama (ACT). Elle est présidente de cette association qui permet aux femmes, âgées de 15 à 70 ans, de participer activement au « gagne-pain » du foyer. L’ACT a pour but d’encourager les femmes non scolarisées et sans emploi. La cotisation symbolique, de 1000 silis  à l’origine (environ 10 000 francs guinéens, soit 1 euro) permet aux femmes, même aux revenus faibles, d’y adhérer.

En 1985, l’initiative de créer une construction pour cette association a été soutenue par les gouvernements Hollandais et Belge. Une somme de 10 000 dollars a été donnée par la Hollande, ainsi qu’une aide de la Belgique, pour la construction des bâtiments. Les femmes de l’association ont fourni 15% des financements. Une fois les travaux achevés, il leur restait un peu d’argent. Étant donnée la situation de ces femmes, elles se retrouvaient toujours avec un ou deux enfants dans le dos et à leurs côtés. Alors, elles décidèrent d’investir dans une maternelle afin de pouvoir garder et éduquer ces enfants. Au fil du temps, les enfants des autres familles de la commune ont été acceptés, entrainant alors les femmes à créer aussi une école primaire. L’ACT étant un lieu de partage et de parole, Mme Diouldé Diallo et ses consœurs se sont aperçues de la nécessité de mener d’autres actions auprès des femmes: Des cours de nutrition, destinés à informer les jeunes femmes qui ne connaissaient pas la valeur nutritive des aliments. Notamment, pour lutter contre les tabous alimentaires, comme la carotte ou le manioc, qui selon les croyances de certaines jeunes femmes, ne permettaient pas de rester vierges. Les cours de planning familial permettent d’apprendre aux jeunes filles les différents moyens de contraception. Car lorsqu’elles tombaient enceinte, elles étaient parfois désemparées, voire rejetées par leur famille.

3Les Lépis (lés de tissu traditionnel) sont souvent faits sur des basins. Des motifs y sont imprimés à l’aide d’un tampon, trempé dans de la cire chaude, celle-ci ne retenant pas la teinture. Les basins sont trempés dans de l’eau chaude où la teinture (qui est exportée de Conakry, parfois de Chine) et le fixateur y sont mélangés. Le tissu est ensuite trempé dans de l’eau bouillante afin d’éliminer tout résidu de cire, pour ensuite être trempé dans de l’eau froide afin de fixer une dernière fois la teinture. Les Lépis sont ensuite séchés dans la cour, pendant environ une heure, selon le soleil. Ces derniers sont ensuite exposés dans le magasin de vente de l’association des couturières de Tangama à 35 000  francsGN (3,5 euros) le pagne.

4La teinture utilisée traditionnellement est faite à base des feuilles d’indigo. L’indigo est un arbre, poussant facilement en Guinée. En effet, les femmes le font pousser dans leur cour, afin de pouvoir se rappeler des techniques ancestrales à tout moment. A l’origine, tous les ingrédients de la teinture de l’indigo provenaient d’ingrédients naturels: mixture de feuilles d’indigo pour la couleur, écorce d’un arbre utilisée comme fixateur. Aujourd’hui, la concurrence des produits chimiques importés est trop rude, et pour pouvoir vendre et faire une petite marge sur leurs ventes, les femmes sont obligées de les utiliser…

Par Linda Lahlou et Linda Martin

Photos: Linda Martin

Unforgettable Feminism

As part of a school trip to Dalaba, we visited a women association. 55 year-old Mariama Dioulde Diallo, the creator of this association received us, to tell us her story. She got married at 19 and got pregnant so she couldn’t continue her studies. She didn’t want to stay home doing nothing. She wanted to help her husband, giving some money for the household and being independant so she decided to create this association, in 1985: “the Association of Tangama’s seamstresses”. To encourage her to develop, she had funding from some embassies ( 10 000 dollars- from the Netherlands and from Belgium, for the buildings). Once the constructions were done, she still had money and she used it to build a kindergarten for the seamstresses’ children. When the women came to work, they had to keep their children with them because they couldn’t leave them home. As the time went by, other moms wanted to register their child, a primary school was also created and Mrs Dioulde decided to make the school available to the other children of the village.

In the association, 165 women were trained in different fields:

  • Dyeing: They learnt the basics of dyeing, and sell their creations
  • Knitting: Their first works were woollen sweaters, for babies because the climate was very cold in Dalaba.
  • Nutrition: The nutrition classes were intended to inform young women who didn’t know the nutritional value of food.
  • Literacy: they learn the basics of the French language to be able to communicate with the consumers and other people.

They create Bazin lépis and the patterns are made with wax. Then, the Lépis are soaked in colored hot water. After that, the pieces of cloth are dried under the sun for approximately 30 minutes to 1 hour. The dye was originally made with indigo, from the leaves of tree which grows in Guinea, but today, international competition forces the women to use cheaper, faster, but more polluting chemicals…

The courage and determination of these women helped eliminate the sexist view of women in society in Guinea, especially in Dalaba where the seamstresses set a powerful example.

By Lina Lahlou and Linda Martin

Photos: Linda Martin

Le centre Konkoure, un centre à sauver !

Au centre Konkouré, chaque élève choisit la section de son choix: mécanique, couture, réparation de machines à coudre ou layette. En plus de cette spécialisation tous les élèves devront obligatoirement faire 2 heures d’alphabétisation chaque jour.

Nous commençons la visite par l’atelier de réparations de machines à coudre. Le professeur explique comment il organise son cours tous les jours. Il crée une panne sur une des machines et la passe à un élève qui doit trouver la cause de la panne et la réparer; lorsque l’élève a réparé la machine il doit créer une panne et la passer à son camarade. Cette méthode de travail est originale et inventive, la machine passe entre les mains de tous les élèves jusqu’à ce que chacun ait réparé et créé une panne.

On passe ensuite à l’atelier de couture, à notre arrivée les élèves sont en train de  faire de la pratique et coudre des bazins, des pagnes etc. La classe est composée uniquement de femmes sauf un jeune garçon du nom de  Yaya qui nous présente plus tard tous les outils utilisés par les couturiers. Une élève appelée  Fatoumata nous présente les différents types de tissus et les différentes coupes sur les habits. Elle nous montre  toutes les mesures à prendre pour fabriquer un habit.

Nous arrivons ensuite dans la classe d’alphabétisation,  on rencontre la professeur d’alphabétisation. Elle nous explique que généralement les handicapés ne sont pas envoyés à l’école à la place on leur fait garder la maison. Les élèves n’ont donc pas tous le même niveau, certains n’ont aucunes notions. Dans ce cours les élèves n’apprennent pas juste à lire et à écrire mais aussi l’histoire, la Géographie, le développement durable et les mathématiques. Les mathématiques leur permettront de faire « la petite comptabilité », d’être autonomes dans leur travail en connaissant les bases des mathématiques commerciales (calculer les bénéfices et les coûts). Elle nous explique que mis à part la formation pratique que le centre délivre aux handicapés, ils apprennent aussi à s’ouvrir au monde. Chaque vendredi les 2éme années en mécanique partent en stage chez des professionnels, certains font même du théâtre tout cela leur permet de mieux répondre à la partie sociale de leurs futurs métiers, et les amène à prendre davantage de confiance en eux.

Dans l’atelier de layette, l’instituteur explique que les premières années apprennent à tricoter avec les aiguilles et certaines élèves douées commencent le crochet en 1ére années alors que les autres commencent en 2éme année.

Elle nous explique que dans le Fouta comme il fait froid les petits pulls pour bébé ont beaucoup de succès.

Pour finir on entre dans l’atelier de mécanique, dans cet atelier les première années s’occupent des vélos et s’entraînent à les réparer tandis que les deuxième années réparent des moteurs de motos ou d’autres moteurs d’engins à deux roues. En mécanique le professeur crée une panne sur les moteurs ou les vélos et le donne à ses élèves.

Dans le centre Konkouré la formation dure 2 ans. Ensuite, certains élèves ouvrent directement leur atelier, certains s’associent, d’autres sont embauchés là où ils faisaient leur stage. Les seules conditions pour entre au centre sont :

– vivre dans les alentours de Mamou  (en général les élèves se font héberger par des membres de la famille).

– Verser une petite somme symbolique de 20 000 GNF (environ 2 euros) au centre au moment de l’inscription.

Interview de Mohamed Diallo, un élève du centre :

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Sekou : « Quel âge as-tu ? »

Mohamed Diallo : « Je suis âgé de 28 ans »

Sekou : « En quel année es-tu  et quel spécialisation as-tu choisie? »

Mohamed Diallo : «  Je suis en mécanique et je suis en première année »

Sekou : « Quel est la cause de ton handicap? »

Mohamed Diallo : « Quand j’étais petit un médecin m’a mal piqué après qu’un serpent m’a mordu »

Sekou : «  Où résides-tu? »

Mohamed Diallo : « Chez mon oncle »

Sekou : «  Quels sont tes futurs projets? »

Mohamed Diallo : «  Après mon diplôme je veux ouvrir un garage avec les camarades de ma promotion où on pourra arranger des vélos, des motos et des machines à coudre.»

Le centre Konkouré est actuellement menacé, le centre est menacé de se faire éjecter de leurs locaux à cause de problèmes de financement. Ils doivent pourtant investir dans de nouveaux locaux pour ne pas se retrouver à la rue et continuer leur œuvre utile. Le centre a besoin de dons et de mécènes généreux. Vous pouvez soutenir le centre sur leur page Facebook:

facebook centre Konkouré

 

Par Maxime Dakeyo, Sekou Camara, Ronan Louessard et Falaye Keita

Photos: Calissa Roustel