Des handicapés très capables! / A school for the (dis)ABLEd!

« Ma vie d’avant était très difficile car je n’avais ni soutien financier ni soutien familial pour vivre. Aujourd’hui grâce aux travaux certes moindres je m’occupe et cela me permet de gagner tant bien que mal ma vie. »  Le sourire de Fatoumata en dit long sur les bienfaits du centre Kounkouré Guinée Solidarité.

Guinée Solidarité est une structure fondée en 1987 par Nadine Bari. Le Centre Konkouré est un centre de réinsertion par la formation et le travail. Ouvert à Mamou depuis 2006, ils accueillent des élèves physiquement et/ou mentalement atteints d’handicaps qui viennent pour une formation professionnelle d’une durée de  2 ans. Cette formation s’adresse aux jeunes de 15 à 25 ans non scolarisés pouvant se loger a Mamou. Ils offrent une formation reconnue par l’état Guinéen et Français,  adapté aux jeunes handicapés.

C’est une seconde chance est offerte à ceux qui ont quitté l’école ou qui n’ont même pas pu y aller à cause de leurs handicaps physiques ou mentaux.

Ils proposent quatre matières distinctes.

11coutureEn couture, les élèves apprennent à créer différentes modes, apprennent la coupe, à utiliser des patrons. Ils prennent les mesures, tracent, coupent, et se servent d’outils tels que ciseaux, centimètre, règle, fer à repasser, bobine de fils, boutons, huiles de machine, tournevis et protèges doigts. La formation commence le matin par l’aménagement des tables (une par personne). Différents modèles de couture sont créés comme les Pagaïses.

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En atelier mécanique, les handicapés ne réparent que les petites machines par ce qu’ils ne peuvent pas manipuler de lourdes machines comme les moteurs de voitures.

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Par exemple : les élèves de première année ne réparent que des machines simples comme les vélos.

 

15mecaLes élèves de deuxième année réparent des machines à moteurs comme des motos et des machines de coutures (ils démontent, diagnostiquent puis remontent les machines).

Les personnes élèves ont un emploi du temps d’élèves normaux avec 2 mois de vacances et  9 mois de cours. Ils commencent la formation à 8 heure du matin puis font une pause de 2 heures jusqu’à 14 heure et finissent les cours à 16 heure. Leurs réparations sont payées par des clients qui viennent faire réparer ici leurs vélos moteurs ou engins lorsqu’ils ont des problèmes.

16layetteA l’atelier layette, on ne voit que des femmes. Elles tricotent le plus souvent des tenues pour bébé car à Dalaba il fait froid (les bébés ont besoin de chaleur après la naissance). La fabrication d’un pull peut durer 1 semaine. Les femmes travaillent 5 jours dans la semaine et 4 heures chaque jour.

Les femmes créent des petites tenues pour les enfants. Elles cousent à la main puis terminent avec des machines de finition.

Dans l’atelier machine à coudre, les élèves sont chargées de démonter, réparer et remonter la machine.

Talibé Baldé, ancien élève du centre aujourd'hui professeur / Talibé Baldé used to be a student at the centre, now he's a succesful teacher
Talibé Baldé, ancien élève du centre aujourd’hui professeur / Talibé Baldé used to be a student at the centre, now he’s a succesful teacher

Baldé Talibé est un exemple pour tous ces élèves car il a été formé pendant 3 ans dans ce centre et a fait une brochure sur les pannes qu’on peut avoir sur une machine à coudre. Il est le président de l’association des couturiers de Dalaba fondé en 2008. Baldé Talibé est aussi le professeur chargé de la formation de ces élèves, pour les former il met une panne sur les machines et demande à un des élèves de la réparer.  Si cet élève y arrive, il met lui aussi une panne sur la machine et la donne à un autre ce qui leur permet de tout connaître sur les machines.

 

Suite à de nombreuses discussions les femmes comme les hommes nous expliquent leur point de vue et leurs histoires :

« Je vivais misérablement avant. Je n’avais ni aide ni revenu et j’étais souvent regardée de travers à cause de mon handicap. Avec deux enfants je ne pouvais me contenter du revenu de ma mendicité. Mais je n’avais pas le choix on ne m’acceptait nulle part. Un jour je me suis inscrite au centre après avoir vu des affiches publicitaires. J’ai été acceptée et aujourd’hui je bénéficie de revenus financiers et d’aide morale et physique. Je suis entourée de personnes comme moi et ceci n’est plus un sujet tabou ici. » Abibatou

Grâce à toutes leurs formations ils sont aidés pour leur futur car après cela ils sont plus facilement acceptés dans des salons de coutures ou encore dans des garages (réparations de vélo, de motos). Des micro-crédits leurs sont accordés par le centre Konkouré pour qu’ils puissent débuter leur projet futur comme la création de leur propre salon de couture ou de leurs garages. Ils sont donc encadrés du début à la fin et bénéficient d’une aide extraordinaire encore rare en Guinée.

Ce centre créé sur Mamou n’apporte que des bienfaits. Ils aident une catégorie de personnes qui est souvent considérée comme inférieure dans la société. Les élèves ont aussi des cours d’alphabétisation chaque jour et des apprentissages normaux (lettres, chiffres…) et informatiques. Cela leurs offres un futur autre que la mendicité. Ils sont plus heureux et se sentent en même temps part d’une organisation au but important.

Tout va pour le mieux alors? Eh bien non, car le centre Konkouré Guinée Solidarité risque la fermeture en décembre 2016. C’est pour cela que nous sollicitons votre aide afin de permettre la construction d’un nouveau centre et la poursuite de cette aide si extraordinaire et généreuse.

Par Noémie Benon et Ibrahima Sory Sylla

 

A CENTER FOR THE (DIS)ABLED

Guinée Solidarité is a structure founded in 1987 by Nadine Bari The Konkoure Center is a center of reintegration through training and work. It opened in Mamou in 2006, they welcome students suffering from mental and / or physical disabilities, who come there for a two year training. This training applies to kids between 15 to 25 years old who couldn’t get an education and who can be accommodated in Mamou. Their vocational training is recognized by the Guinean and the French States.

They have four kinds of classes: sewing, mecanics, baybywear and sewing machine repair.

Students are alphabetized and they receive great help for their future, whether financial or moral.

This center provides a great help to its students. Despite all this, the centre is threatened to be closed in December 2016, because they lack funds to builds new buildings. This is why any help at all will be needed for the construction of a new center in Mamou.

By Noémie Benon and Ibrahima Sory Sylla

Vis ma vie d’handicapé au centre Konkouré / Life at the Konkouré center

Le centre Konkouré a ouvert ses portes grâce à l’ONG Guinée Solidarité en 2006, dans la ville de Mamou en Moyenne Guinée, pour aider  les personnes en situation de handicap à vivre de leur travail, et non de la mendicité. Aujourd’hui ce centre est en difficulté car il est menacé d’expulsion.

A1Il est aux alentours de 15h, des odeurs de poussière se superposent  sur les visages enjoués des directeurs du centre qui nous accueillent.

Nous entrons dans l’atelier de mécanique, une salle divisée en deux parties. D’un côté les réparations des vélos et des motos. En effet, il est impossible pour les élèves de réparer de plus gros engins, compte tenu de leur situation de handicap. L’autre côté est dédié à la réparation des machines à coudre, effectuée par les étudiants en couture.

A2En entrant dans la salle, une dizaine de regard sont posés sur nous, un calme plat envahit la pièce…Sur le moment, les élèves montrent une grande timidité,  pourtant le guide nous présente la pièce avec enthousiasme. Après quelques questions, la situation se détend : ils nous expliquent en quoi consiste leur travail. Les élèves réparent, démontent et remontent les vélos. Pour les 1ere année, la formation consiste à apprendre les principales causes de pannes et la façon de les réparer. L’année suivante ils apprennent à diagnostiquer des  problèmes et à les résoudre .Des gens de l’extérieur amènent leurs 2 roues pour les faire diagnostiquer et payent bien sûr pour la prestation.A3

Nos regards se tournent vers un rideau de l’autre côté de la pièce. Derrière ce rideau, nous rencontrons des élèves en couture qui apprennent à réparer leurs machines. Cela leur sert à être autonomes dans le milieu de la couture.

Talibé and his students
Talibé and his students

Talibé Baldé est un ancien élève du centre ; après 3 ans de formation dans 3 spécialités différentes,  il enseigne la réparation des machines à ses successeurs. Il s’occupe de créer des pannes pour que les étudiants les réparent.

 

Nous visitons 3 autres ateliers de formation : Couture, Tricot et Alphabétisation. En couture, les femmes travaillent du lundi au mardi tandis que les hommes travaillent du mercredi au vendredi. Le samedi est occupé par les stages des A5élèves. Ils arrivent le matin au centre et repartent l’après-midi tout comme les élèves en mécanique. Ils utilisent bien sur les machines réparées dans l’atelier de Talibé.

 

A6En tricot nous rencontrons des femmes qui travaillent toute la semaine et à qui les hôpitaux commandent des habits chauds pour les nouveaux nés. 1 pull prend environ 1 semaine à être tricoté en travaillant dessus 4 heures par jour.

L’alphabétisation est la première étape de leur formation dans le centre. Elle est très importante car elle apprend aux élèves à lire, à écrire et à avoir une certaine culture générale pour les aider a poursuivre leur cursus. Ils font du théâtre, des sorties scolaires ,des recherches sur le passé de la Guinée et du monde entier puis rédigent un journal sur l’actualité du centre et de notre beau pays.

Après les visites des ateliers et rendez-vous dans la cour où les directeurs et les élèves nous ont préparé une magnifique surprise : Un quiz en équipe avec les élèves du centre et une collation.A7

Le centre Konkouré, grâce à sa créatrice Nadine Bari, aux enseignants et aux directeurs, permet à des dizaines de jeunes en situations de handicap d’avoir une culture, et d’acquérir les connaissances suffisantes pour faire un métier qui leur permettra de s’en sortir dans la vie malgré leur handicap. Car le handicap ne définit pas quelqu’un, c’est juste un état qui touche une personne.

Pour finir, nous tenons à remercier le centre Konkouré de nous avoir accueillis si chaleureusement et d’avoir pris de leur temps pour nous montrer leur quotidien. Ce souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires.

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Together / On est ensemble!

 

Par Estelle Saint Cloud et Calissa Roustel

The Albert Camus High School visited the KonKouré Center!

The Konkouré center opened its doors through the NGOs “Guinée Solidarité” ren years ago in Mamou to help people with disabilities to live from their work and not from begging. Today unfortunately the center is in trouble because it is threatened with deportation due to lack of fundings.

We visited all 4 workshops. The mechanics room is divided in 2 parts. The first part is devoted to repairing bikes and the second part is devoted to repairing sewing machine by the students. Then we met a former student of the center. After 3 years of training in 3 different specialties, he teaches how to repair machines to his successors.

Then we visited the sewing room. In this class, women work from Monday to Tuesday, and men work from Wednesday to Friday.

In the knitting workshop, we met women who work all week and who make hospitals warm clothes for babies.

Literacy is the first stage of their training in the center, it allows students to learn to read, write and have a culture.

Finally, we ended our tour with a quizz in teams with students from the center and a snack. It was great!!!

By Estelle Saint-Cloud and Calissa Roustel