Les enfants, reporters de leurs droits avec la Consultation 2014

img_enfants_reportersD’ici le 31 mai 2014, les 6-18 ans, mais aussi les parents et les professionnels de l’enfance et de la jeunesse sont invités à participerà la Consultation nationale des 6-18 ans, via un questionnaire en ligne : www.jeparledemesdroits.fr.

Comme l’édition précédente, elle vise à évaluer le bien-être des enfants et des jeunes dans notre pays et à plaider pour un accès équitable de chacun à ses droits. Il s’agit aussi de leur permettre de s’exprimer et de prendre part aux décisions qui les concernent.

Les particularités de la Consultation 2014

Cette année, l’outil comporte quelques nouveautés. Par exemple, il permettra une enquête-miroir entre les enfants et les adultes. Il sera ainsi possible d’observer s’il existe des différences entre la perception des uns et des autres et de créer des occasions d’échanges.

Si la Consultation 2014 se concentre sur l’adolescence, les plus jeunes (les
6-11 ans) ne sont pas exclus de l’étude, bien au contraire
: leurs réponses aux questions seront précieuses, car elles permettront d’établir, sur le long terme, un
« baromètre de la situation des 6-18 ans en France ». Ce baromètre devra contribuer à pallier le manque de données en France sur la perception des enfants et des jeunes de leur quotidien, de leur bien-être et de l’application de leurs droits.

Un dossier pédagogique destiné aux enseignants du premier degré

En complément de la Consultation, l’UNICEF France propose aussi un dossier pédagogique,  Enfants reporters : de la consultation à l’action. Cet outil a été conçu pour accompagner les enseignants et les éducateurs du primaire (8-11 ans) dans la mise en œuvre d’un projet pédagogique sur le thème des droits de l’enfant au quotidien en France. S’intégrant facilement dans le temps scolaire et périscolaire, il permet aux enfants d’être des acteurs de leurs droits, dans une approche ludique et participative.

Pour participer à la Consultation : www.jeparledemesdroits.fr.

Pour télécharger le dossier pédagogique : accès au dossier pédagogique

Consultation nationale : Écoutons ce que les enfants ont à nous dire

rapport_consultÉvaluer le bien-être des enfants et des jeunes, plaider pour la connaissance et l’application de leurs droits font partie des missions de l’UNICEF en France. L’UNICEF a ainsi mené une Consultation nationale des 6-18 ans de janvier à juillet 2013, qui a permis à ces derniers de s’exprimer sur leur perception de l’application de leurs droits (voir article). Les résultats ont été publiés le 19 novembre dernier, à l’occasion de la  « Journée internationale des droits de l’enfant » (20 novembre).

Un projet innovant

Ce projet est exceptionnel par son ampleur : 22 500 enfants de 6 et 18 ans y ont participé ! La méthodologie employée est aussi l’un des grands bénéfices que l’on peut tirer de cette Consultation. Les ateliers durant lesquels le questionnaire a été présenté aux enfants et aux jeunes ont permis de les sensibiliser et de créer des espaces d’échanges au sein des centres  d’accueil périscolaires, des centres de loisirs, des écoles et  des établissements du secondaire.

Des résultats contrastés

L’analyse sociologique des résultats statistiques, menée par Serge Paugam (CNRS/EHESS/ENS) et accompagnée par Catherine Dolto (médecin et thérapeute), a mis en lumière que près d’un enfant sur cinq (soit 17 %) vit dans une situation d’intégration sociale précaire, dont 7 % sont « déjà pris dans un processus de disqualification sociale ».

Le bien-être ou le mal-être des enfants et des jeunes dépendant de multiples facteurs interconnectés, le vécu de ces enfants et adolescents dans le milieu scolaire joue aussi sur ce sentiment global. D’après le rapport, « l’école remplit parfaitement sa mission pour plus de 9 enfants sur 10 », qui disent s’y sentir bien et en sécurité et qui disent aussi y apprendre à grandir. Cependant, un enfant sur dix, soit un nombre assez conséquent, ne partage pas ces sentiments. D’autres chiffres sont d’ailleurs assez préoccupants : « 55 % des répondants disent qu’ils peuvent être harcelés ou ennuyés par d’autres enfants ou jeunes » et « 35 % avouent que des adultes leur font peur ». Les conditions générales de vie à l’école peuvent aussi être « sources de pénibilités » : pour ne citer qu’un exemple, 33 % des enfants et jeunes trouvent que les toilettes de leur établissement scolaire sont sales, tandis qu’un nombre non négligeable d’enfants trouvent que leur intimité n’y est pas respecté.

Un appel de l’UNICEF France pour mettre fin à la « spirale du malheur »

Ainsi, ces résultats ne font pas oublier que certains enfants cumulent toutes les difficultés à la maison, à l’école, auprès de leurs pairs, etc. Des difficultés dans un domaine impactant souvent les autres, ces jeunes sont rapidement entraînés dans la « spirale du malheur» (Catherine Dolto). Parce qu’elle met ceci en lumière, la Consultation est essentielle à l’UNICEF France pour faire en sorte que les pouvoirs publics et, plus généralement, chacun d’entre nous, aient un regard plus pertinent sur les problèmes de ces enfants  afin de mieux y répondre. et de rendre réelle l’ application de leurs droits. Parmi les éléments structurants dans la vie d’un enfant et d’un jeune, le milieu scolaire,  peut y contribuer.

Pour en savoir plus :
-Les résultats du rapport
Le rapport, son résumé, des infographies…
-Des vidéos de « libre parole » d’enfants…
-Des interviews : Catherine Dolto, Michèle Brazach…

Consultation des 6/18 ans : participez avec vos élèves !

 

© UNICEF France

L’UNICEF France lance la première consultation nationale des 6/18 ans sur la perception de l’exercice de leurs droits. Sur www.jeparledemesdroits.fr, tous les enfants, mais aussi les adultes, peuvent participer à cette étude exclusive.

De manière totalement confidentielle et anonyme, enfants et adultes peuvent répondre à notre questionnaire en ligne, découpé en 4 grandes thématiques : éducation/loisirs, santé, vie quotidienne et application des droits de l’enfant. Il propose plusieurs volets pour mettre en perspective la perception des droits, que l’on soit adulte (parents, professionnels de l’enfance, élus, enseignants), jeune (12/18 ans) ou enfant (6/12 ans). Chacun peut ainsi s’exprimer jusqu’au 15 juin 2013 sur une ou plusieurs thématiques, selon ses préoccupations.

Un outil inédit pour les droits des enfants

« Pour l’UNICEF France, cette étude est une manière d’aller plus loin dans la participation des enfants et des jeunes, estime Michèle Barzach, présidente de l’UNICEF France. Cela va nous permettre de faire un état des lieux, de mettre en lumière des pratiques locales innovantes et de trouver des pistes de solutions pour faire progresser l’application des droits de l’enfant en France ».
La consultation devrait être reconduite tous les ans et les résultats donneront lieu à la publication d’un rapport annuel national, le 20 novembre, Journée internationale des droits de l’enfant. Les conclusions de la consultation enrichiront le rapport de l’UNICEF France au Comité des droits de l’enfant des Nations unies, à Genève, lors de la prochaine audition de la France. À vos claviers !

Aidez-nous à relayer le Manifeste de l’Unicef pour l’enfance !

LABAZ pour l'UNICEF

LABAZ pour l'UNICEF

A l’approche des élections présidentielles et législatives, l’Unicef France se mobilise pour mettre l’enfance et la jeunesse au cœur des débats.

L’Unicef demande une politique de l’enfance ambitieuse et renvoie au texte de la Convention internationale des droits de l’enfant pour inciter les politiques à s’engager autour de 10 propositions et notamment :
• un accès équitable à l’éducation,
• la protection des droits des enfants fragilisés par la pauvreté,
• une réelle politique en faveur des enfants en situation de handicap,
• une justice des mineurs respectueuse des droits de l’enfant.

Selon un sondage TNS-Sofres commandé par l’Unicef, il s’avère que 79 % des adultes comme des adolescents interrogés jugent la situation des enfants et des adolescents en France préoccupante ou très préoccupante, tandis que plus de la moitié des adolescents interrogés (52 %) déclarent ne pas se sentir confiants en leur avenir.

En parallèle de ce sondage, une campagne de collecte de signatures citoyennes a déjà permis de recueillir près de 20 000 signatures, 47 000 soutiens sur Facebook, et de nombreux experts et associations dans le domaine de l’enfance, ainsi que des personnalités, ont manifesté leur engagement auprès de l’Unicef.

Pour continuer de sensibiliser les candidats, le recueil de signatures et de soutiens se poursuivra jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle, sur internet et sur Facebook.

• Lien vers le texte du Manifeste 2012
• Signez le Manifeste 2012 sur Facebook
• Relayez le Manifeste 2012

10 % d’enfants souffrent à l’école élémentaire

 [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=TKu2GE7mwQk&feature=player_detailpage[/youtube]

A l’école primaire, une majorité d’enfants disent se sentir bien. Cependant, une forte minorité affirme se sentir mal à l’aise à l’école. D’après la première enquête sur les violences à l’école élémentaire : « A l’école des enfants heureux…ou presque », certaines violences que l’on qualifie de violences à répétitions, verbales ou physiques, peuvent avoir un impact négatif sur la scolarité d’un enfant, voir même laisser des séquelles dans sa vie d’adulte. Éric Debarbieux, Chercheur et Directeur  de l’Observatoire international de la violence scolaire, témoigne.

Trois questions à notre Président, Jacques Hintzy, sur les recommandations de l’Unicef France pour la prévention de la violence scolaire.  

Que va faire l’Unicef France maintenant qu’elle a des données précises sur la violence scolaire ?

Nous disposons désormais d’un outil solide pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative afin que soit menées des actions de prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Nous nous engageons à inscrire ces priorités d’action dans notre partenariat avec le Ministère de l’Education nationale. Notre association invite aussi le Ministère de l’Education nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes. Nous préconisons également la valorisation de certaines expérimentations, menées en France comme à l’étranger, qui ont montré leur efficacité, et la mise en place de programmes pilotes adaptés à la réalité française et dûment évalués.

Pour quelle forme de « prévention » plaidez-vous ?

Pour une prévention précoce, basée sur l’intérêt de l’enfant et visant à développer ses aptitudes fondamentales, à construire l’estime de soi, à résoudre les conflits, à « vivre ensemble », dans le respect des autres et des règles de la vie collective. Il s’agirait de protéger les enfants victimes de violences et de harcèlement, assurer un climat scolaire paisible et favorable au développement de l’enfant, à son épanouissement et à sa réussite scolaire, et enfin lutter contre l’échec et le décrochage scolaires qui favorisent, à terme, la violence et la délinquance des enfants et des jeunes.

N’y a-t-il pas un risque que les enfants concernés soient stigmatisés ?

Nous parlons bien de prévention, et non de répression : nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant et personnels scolaires (professeurs mais aussi infirmières, psychologues, personnel de cantine…), la sensibilisation des parents et l’écoute et la participation des enfants, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant.

Pour aller plus loin :
UNICEF_FRANCE_synthese_violences_scolaires_mars_2011(1)

UNICEF_FRANCE_violences_scolaires_mars_2011(2)

A l’école des enfants heureux… ou presque

Le 29 mars, l’Unicef France rend publique l’enquête « A l’école des enfants heureux… ou presque »*, réalisée à sa demande, par l’Observatoire international de la violence scolaire. Cette enquête exceptionnelle par son approche et son ampleur constitue une première en France : menée à l’échelle nationale auprès de 13 000 enfants, elle s’intéresse  à la violence au sein de l’école primaire, en particulier chez les élèves de CE2, CM1 et CM2.

Loin d’un bilan statistique issu de l’administration, cette enquête s’intéresse avant tout au ressenti des enfants à l’école. Son auteur, Eric Debarbieux, chercheur et directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, s’est associé à Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education Nationale et membre du Conseil d’administration de l’Unicef France, pour mener ce travail, ainsi qu’à une équipe de chercheurs issus de sept universités françaises.

Un espace d’épanouissement pour la très grande majorité…


Tantôt fantasmée, tantôt niée, la violence scolaire en primaire n’avait jusqu’à maintenant jamais été explorée de manière aussi approfondie.
Compte tenu de l’importance de l’école primaire dans la construction et le développement des enfants, il était primordial pour l’Unicef France de prendre l’initiative de cette étude. Les résultats qui en ressortent sont à la fois réjouissants et préoccupants. En moyenne, 9 élèves sur 10 affirment se sentir bien ou tout à fait bien à l’école et la même proportion avoir de bonnes ou très bonnes relations avec les enseignants.

…et un lieu de souffrance pour une importante minorité

Cependant, derrière cette réalité positive se cache une importante minorité d’enfants pour lesquels l’école est un lieu de violence et de souffrance : 17% disent avoir été frappés souvent ou très souvent par d’autres élèves. Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique est estimé à environ 14% des élèves, dont 8% victimes d’un harcèlement assez sévère à sévère. De plus, 10% des élèves interrogés se disent victimes de harcèlement physique à l’école, dont 5% d’un harcèlement sévère… tous ces chiffres révèlent un phénomène qui appelle une réponse. Bien que, dans l’ensemble pourtant, les élèves aient une perception globalement positive ou très positive de leur professeur. Pourtant, un peu plus de 13% des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant et 4,6% avoir subi des attitudes racistes de la part d’un adulte dans leur école.

En conclusion, Eric Debarbieux rappelle la gravité des conséquences de ce(s) harcèlement(s) sur les enfants, tant aux plans psychologique que scolaire : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives ou suicidaires de long terme.

Un outil de travail pour l’Unicef France

Avec cette enquête, l’Unicef France dispose d’un solide outil pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative. « (…) Celle-ci devra être orientée vers la prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant », explique Jacques Hintzy, président de l’Unicef France. « Nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant, la sensibilisation des parents et la prise en compte de l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant ».

L’Unicef France s’engage à inscrire ces priorités d’action dans son partenariat avec le Ministère de l’Education nationale fixé par un accord-cadre quinquennal. Notre association invite aussi le Ministère de l’éducation nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes.

*L’enquête a été réalisée grâce au soutien financier de Nutriset. 

Pour lire la synthèse du rapport, cliquez ici.
Pour lire le rapport complet, cliquer
ici.